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Pendant que le Mécanisme Européen de Stabilité est adopté dans la quasi-indifférence générale, le gouvernement travaille sur d’autres dossiers autrement plus décisifs. Ainsi, François Fillon, patron de l’administration française, vient de décider que Mademoiselle disparaîtrait des formulaires administratifs ainsi que les mentions « nom d’épouse » et « nom de jeune fille ». Si le PS s’est, à l’exception de quelques mohicans, piteusement abstenu sur le MES 1, rue de Solférino, on doit applaudir à cette révolution féministo-administrative.
Notons que Caroline de Haas, fondatrice de l’association Osez le féminisme, est aussi l’une des collaboratrices de Benoît Hamon. Mon excellente consoeur Coralie qui avait moqué la campagne « Mademoiselle, la case en trop » en septembre dernier, essuie aujourd’hui une défaite politique puisque le gouvernement vient de donner raison à l’association néo-féministe dont Magali de Haas, la petite soeur, occupe dorénavant le porte-parolat. Sur twitter, Caroline de Haas défend avec ardeur la décision gouvernementale et ne se place plus seulement sur le terrain de la sacro-sainte égalité Femmes-Hommes, justifiant qu’aucun terme de damoiseau ne vienne stigmatiser l’homme célibataire dans les formulaires administratifs. Désormais, elle utilise aussi l’argument du respect de la vie privée. « Bizarre ce besoin que le statut conjugal des femmes soit affiché partout. Ça regarde qui ? À part moi et mon/ma conjoint-e ? », twittait-elle ainsi mardi soir. Ce soudain souci de la vie privée ne laisse pas de nous étonner. N’est ce pas cette dame qui a fait du partage obligatoire des tâches domestiques une cause nationale, à tel point qu’Elisabeth Lévy lui avait demandé si elle comptait créer une brigade des plumeaux ?
Ce qui insupporte Osez le fĂ©minisme, c’est donc l’affichage du statut conjugal, et en particulier celui des femmes. Aussi suggĂ©rĂ©-je Ă l’honorable association une autre batterie de mesures urgentissimes. La publication obligatoire des bans devant chaque mairie devant cĂ©lĂ©brer un mariage doit donc ĂŞtre d’urgence supprimĂ©e. Ne s’agit-il pas d’une stigmatisation insupportable dĂ©signant le fait qu’une jeune fille – pardon, une dame – passe de la propriĂ©tĂ© de son père Ă celle de son futur mari ? Une campagne que l’on nommerait avantageusement « Stop les alliances ! » pourrait aussi ĂŞtre lancĂ©e par l’association. Après tout, ne s’agit-il pas lĂ aussi de montrer qu’une femme est prise en main ? Et que faire des femmes qui apprĂ©cient qu’on les nomme encore mademoiselle ou s’acharnent Ă porter une alliance2? Dans un premier temps, on privilĂ©gierait des campagnes de persuasion telles que l’immĂ©moriale « Osez le clito ».  Puis, on attendra que Caroline de Haas devienne ministre d’Etat, ministre de l’EgalitĂ© entre les genres chargĂ©e de la lutte contre le Patriarcat, pour que, enfin, l’alliance soit complètement prohibĂ©e sous peine de tranchage de l’annulaire, dont on aura Ă©videmment entre temps changĂ© le nom.
Trêve de plaisanterie. Que des associations mènent ce genre de combat, passe encore. Bernard Pivot, toujours sur twitter, les a exécutées de la plus belle  manière en se demandant si « les libellules vont demander qu’on ne les appelle plus des « demoiselles » ? Mais le Premier Ministre ! Le gouvernement de la France ! Ne peuvent-ils pas considérer que, depuis longtemps, les femmes choisissent à leur gré de cocher Mademoiselle ou Madame et que cela correspond au moins autant à leur propre décision qu’à leur statut conjugal ? Combien de femmes ont-elles été condamnées par la justice parce qu’elles cochaient Madame alors qu’elles n’étaient passées ni devant monsieur le maire, ni devant monsieur le curé ? Y avait-il urgence à priver toutes les femmes de cette liberté ?
Monsieur le Premier Ministre, sous l’amicale pression de Roselyne Bachelot, a donc cédé. A cet égard, il n’est pas complètement incongru de rappeler le discours du candidat Sarkozy à Marseille, lequel fustigeait ceux qui allaient dans le sens de la mode, en matière sociétale. Vous avez dit « campagne sur les valeurs ? »
10 commentaires
« Je prĂ©fère faire commerce de mes provocations que faire carrière de mes soumissions » a dit ce week-end Zemmour en rĂ©pondat Ă une attaque de fillon.Cette dĂ©cision prouve Ă quel point Zemmour Ă©tait,une fois de plus, dans le vrai.
Fillon n’est rien d’autre qu’un centriste mou opportuniste tendant de plus en plus vers la gauche.Qu’il aille se faire Ă©lire Ă Paris,il y sera Ă l’aise au milieu des socialos-bobos.
Joie des professeurs qui dĂ©sormais appelleront « Madame Durand » au tableau mĂŞme quand celle-ci n’aura que 15 ou 12 ans…
Et puis, comme dirait ma fille, Madame Durand* c’est toi (ou mamie), moi c’est Mademoiselle Durand…
(*) non, je ne m’appelle pas Durand
)
@DD,
Nous sommes arrivĂ©s Ă une Ă©trange station situĂ©e entre « l’eurofascisme » (TD « Todd ») et la dĂ©mocratie indirecte, laquelle n’a jamais vraiment eu de rapport avec la notion de peuple souverain.
Il paraĂ®t que c’est grande sagesse que de lever le voile sur les chaĂ®nes qui nous tiennent Ă©loignĂ©es des sphères de la conscience. A ce titre, je dĂ©couvre encore tous les jours et dans des proportions consternantes qui ne me rassurent pas sur ce qu’il me reste de chemin Ă parcourir.
Mais, le plus inquiĂ©tant, c’est que je n’ai jamais autant appris – malgrĂ© une biblio qui complexerait le directeur de la BNF lui-mĂŞme – sur le pouvoir concret et ses rĂ©seaux divers que depuis une longue et rĂ©cente pĂ©riode de vacances – rien de judiciaire… – me laissant le temps d’aller flâner sur le net.
L’organisation du dĂ©bat public par la sphère mĂ©diatique est un modèle de manipulation. Le tout est de savoir s’il s’agit d’une manipulation induisant un groupe d’intĂ©rĂŞt Ă la manoeuvre et justifiant ainsi le treme de manipulation ou s’il ne s’agit jamais que du dĂ©lire induit par la machine mĂ©diatique elle-mĂŞme, cette chose monstrueuses et auto-rĂ©fĂ©rencĂ©e fonctionnant comme un trou noir de la pensĂ©e, de l’intelligence, devant Ă terme engloutir la dĂ©mocratie.
La technique s’introduit partout et rĂ©ifie partout. L’image a pris possession du sens. DĂ©sormais, le dĂ©risoire prend place avec autoritĂ© face Ă ce que l’ancien monde qualifiait d’essentiel ou d’important. Une mention administrative vaut la première page du monde, et le MES est Ă la rubrique faits divers.
Toute la question est lĂ David : y a t-il une main invisible dont le travail est d’abrutir le peuple et d’anĂ©antir ses facultĂ©s de jugement – un grand Assommoir moderne -, oĂą s’agit-il plus simplement du dĂ©lire d’une machine mĂ©diatique que l’on ne peut stopper ?
P’tĂŞte les deux…
Le monde part en barigoule comme on dit dans l’sud.
Ubu Ubu Ubu… Ubu partout et palotins par milliers maniant des milliers de pompes Ă phynance. Moi, quand j’Ă©tait p’tit et gentil, la maĂ®tresse me donnait des images. Rien a changĂ© finalement. J’vous laisse David, j’ai un cours de Palystation tout d’suite entre deux Ă©missions hypra classieuse sur des radios jeunes.
Les mĂ©dias sont une malĂ©diction pour la dĂ©mocratie et l’intelligences des peuple ; la tĂ©lĂ©vision est une arme de destruction massive des intelligences.
Il peut sembler Ă certains (surtout des hommes je remarque) que l’interdiction de demoiselle sur les formulaires n’Ă©tait pas urgent je dis que si
C’est un combat qui remonte Ă plusieurs annĂ©es.
Mademoiselle est un terme qui m’est insupportable depuis au moins mes 20 ans… Je ne me suis jamais mariĂ©e mais j’ai toujours cochĂ© madame. Je ne vois pas en quoi ma situation matrimoniale est intĂ©ressante. Dans ce cas, crĂ©ons une case Mondemoiseau.
Il ne faut pas oublier que Demoiselle est, Ă l’origine, un synonyme de pucelle…
Vous Ă©crivez : « les femmes choisissent Ă leur grĂ© de cocher Mademoiselle ou Madame et que cela correspond au moins autant Ă leur propre dĂ©cision qu’à leur statut conjugal ? » Certes, mais dès que vous cochez Madame on exige de vous le nom de l’Ă©poux… et les logiciels sont ainsi fait que sans nom d’Ă©poux vous redevenez Mademoiselle… Et je ne parle pas des femmes mariĂ©es qui perdent leur nom dans les administrations Ă cause de ce fichu « nom d’Ă©poux ». Il Ă©tait temps que les femmes existent par elle-mĂŞme administrativement.
« Y avait-il urgence Ă priver toutes les femmes de cette libertĂ© ? » Quelle libertĂ© ? mais personne n’interdit l’emploi de Mademoiselle ! il ne figurera plus sur les formulaires, tout simplement… le mot ne disparaĂ®t pas de la langue française.
Mademoiselle est un terme qui me hĂ©risse, Mademoiselle est un terme sexiste… quand un homme s’approche de moi et me dit onctueusement Mademoiselle, c’est simple, c’est qu’il me trouve bonne Ă glisser dans son lit et pense me faire un compliment ; il se prend alors une remarque cinglante dans les dents parce qu’Ă mon âge je ne suis plus demoiselle depuis bien longtemps.
Alors oui, il y a des urgences mais il y a aussi les combats de seconds plans Ă mener et Ă gagner… car dans ce cas, face Ă la crise, l’Ă©galitĂ© salariale homme/femme c’est aussi un combat de second plan. Et on peut se battre pour (ou contre) plusieurs choses Ă la fois.
@ Khabbale
Il y a dans « Mademoiselle » de l’Ă©ternellement fĂ©minin qu’on ne retrouvera pas dans le très « administratif » Madame. Il ne viendrait Ă l’idĂ©e de personne d’appeler sa belle-mère de 45 ans « Mademoiselle ». Ne vous inquiĂ©tez pas Khabbale, cette disparition n’indique jamais que celle de toute forme de poĂ©sie dans les rapports humains au profit d’une contractualisation croissante de toutes forme de sentiments ou relations. Le monde du commerce met tout en coupe rĂ©glĂ©e et, dĂ©sormais, il s’attaque Ă la langue. Tuez donc la poĂ©sie en toute tranquillitĂ© ; celle-ci ferme toujours sa gueule quand on lui Ă©crase la tronche avec une botte d’acier ; c’est lĂ sa politesse du dĂ©sespoir. DĂ©sormais, nous serons tous des agents administratifs numĂ©rotĂ©s et uniformisĂ©s. Un bien beau monde qui s’annonce, bien moderne, que j’vous laisse Mademoiselle !
Mais de quoi se mĂŞlent donc tous ces reprĂ©sentants du sexe masculin qui critiquent cette loi que j’applaudis des deux mains ? Vous concerne-t-elle directement ? Vous enlève-elle des privilèges ? Non, alors, oĂą est le problème de votre cĂ´tĂ© ? En quoi cela vous dĂ©range-t-il que l’on se contente dĂ©sormais d’indiquer sur un formulaire si l’on est un homme ou une femme, point barre ?
N’y a-t-il pas plus urgent, dites-vous ? Oui, mais alors quand, pour cette loi, Ă la Saint-Glinglin, comme pour tant d’autres ? Il y aura toujours des râleurs pour se cramponner aux archaĂŻsmes qu’il est temps de faire disparaĂ®tre. Merci, monsieur Fillon, pour une fois que je vous dis merci, c’est rare…
Et je ne me considère pas du tout comme fĂ©ministe, c’est une simple question d’Ă©quitĂ© sociale homme / femme.
Sur cette pantalonnade dont parle DD dans cet article (« Mademoiselle »), l’excellente chronique d’Élisabeth LĂ©vy sur RTL, ce matin.
(Cette semaine, en alternance avec Éric Naulleau, elle remplaçait Éric Zemmour).
http://www.rtl.fr/emission/z-comme-zemmour/ecouter/rtl-opinion-haro-sur-la-republique-des-lobbies-7744193801
Je conseille aussi celle de lundi oĂą elle « habille pour l’hiver » (mĂŞme si la saison est bien avancĂ©e) le procureur Bernard Beffy qui a poursuivi le « grand criminel » qu’est le maire « giffleur » de Coulsore dans le Nord.
Remarquez, sur son blog, Philippe Bilger s’Ă©tait aussi demandĂ© si celui qui fut son collègue (Bilger est un avocat gĂ©nĂ©ral en retraite) Ă©tait dĂ©soeuvrĂ©.
Non, M. Bilger, au contraire : Ă la fin 2011, ce procureur (Beffy) refusait de recevoir la famille d’une jeune fille dĂ©cĂ©dĂ©e dans des conditions surprenantes car il Ă©tait « dĂ©bordĂ© ».
@ Kerstin.
On supprime la mention « Mademoiselle » ?
Pourquoi pas ? Ça ne me gĂŞne pas du tout, disons que « ça ne me fait ni chaud ni froid ». D’ailleurs, moi je dis toujours Ă une dame : « Bonjour Madame ».
La seule question qu’on peut se poser c’est : nos gouvernants sont-ils Ă ce point dĂ©soeuvrĂ©s qu’ils se prĂ©cipitent pour prendre une dĂ©cision aussi « capitale » ?
Il est vrai, « les pauvres », que leur pouvoir est limitĂ© (finance, mondialisation, Europe, cours des droits de l’homme, lobbies, etc…, etc…, etc…), il faut donc qu’ils montrent qu’ils sont encore lĂ .
Dites donc, il n’y a pas que des hommes qui critiquent cette façon de gĂ©rer.
Parmi les critiques, citons Élisabeth LĂ©vy et Natacha Polony qui ne semblent pas ĂŞtre des « femmes soumises », c’est le moins que l’on puisse dire.
Alors, pourquoi les hommes n’auraient-ils pas le droit d’ironiser aussi ?
C’est ça votre conception de l’Ă©galitĂ© hommes/femmes ?
Le « politiquement correct » a aussi frappĂ© sur un autre sujet (cf la chronique d’É. LĂ©vy).
Je n’ai pas de sympathie pour Vanneste.
Sous le couvert d’un combat lĂ©gitime contre le « lobby gay », il s’en prend en rĂ©alitĂ© aux homosexuels comme personnes.
Mais, ce qu’il a dit concernant la non dĂ©portation d’homosexuels français en raison de leur orientation sexuelle est une vĂ©ritĂ© historique, sauf en Alsace-Moselle. ConfirmĂ©e par ce « nĂ©gationnistes » qu’est probablement Serge Klarsfeld, ce que confirmait dans ses Ă©crits Pierre Vidal-Naquet (autre « nĂ©gationniste »).
Les Nazis n’ont agi ainsi qu’avec les homosexuels allemands et ils avaient rattachĂ© au Reich les 3 dĂ©partements d’Alsace-Moselle.
Et voilĂ que « le gros » de notre classe politique, de Pierre Laurent Ă Nadine Morano s’est prĂ©cipitĂ© : « nĂ©gationnisme ».
Qu’ont rĂ©ussi Ă dĂ©montrer ces gens-lĂ ?
- La confirmation de leur inculture crasse.
- Ils sont finalement les meilleurs agents de promotion de Vanneste.
Chère Khabbale, avez-vous remarquĂ© que les femmes n’ont pas de nom ? Car leur nom de jeune fille est celui de leur père, comme d’ailleurs leurs mères qui portent le nom de leur propre père…
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