Dimanche 23 avril, 20h: la droite explose

Petit essai de présidentielle-fiction (1/3)

La plupart des sondages ne voient pas François Fillon passer le premier tour de la présidentielle. Mars 2017. SIPA. 00799524_000021

Dimanche 23 avril 2017, 20h00, Rue de Miromesnil, Paris

Assis à son bureau, et accompagné de Michel Gaudin et Brice Hortefeux, Nicolas Sarkozy assistait mi-consterné mi-fataliste à l’annonce par Anne-Claire Coudray et Gilles Bouleau de l’estimation des résultats du premier tour de la présidentielle.

Anne-Claire Coudray avait annoncé la couleur, peu avant 20h : si l’institut partenaire de TF1 connaissait  les deux finalistes du second tour, il lui était impossible de déterminer avec certitude leur ordre d’arrivée au premier. De fait, selon les différents instituts, Marine Le Pen et Emmanuel Macron étaient annoncés entre 24 et 25%, avec sans doute un avantage pour la première citée. La même incertitude pesait sur l’ordre d’arrivée entre François Fillon et Jean-Luc Mélenchon (entre 15,5 et 16,5). En revanche, Nicolas Dupont-Aignan (entre 8 et 9) semblait créer la surprise en devançant Benoît Hamon (entre 6,5 et 7,5). Jean Lassalle semblait dépasser le seuil fatidique de 1%, tous les autres candidats étant en deçà de cette limite.

Brice Hortefeux osa une plaisanterie : « Imagine-t-on le général de Gaulle en dessous de 16% ? »

Nicolas Sarkozy explosa : « Jamais je n’aurais dû me laisser embarquer dans cette histoire de primaire ! Quelle connerie ! Regardez où ils sont, les vainqueurs des primaires. L’un à 16, l’autre à 7. Aucun qualifié pour le deuxième tour. On a offert des fausses légitimités démocratiques à des ectoplasmes élus par les gens les plus politisés. »

-          Hortefeux : « Dupont-Gnan-Gnan prend quand même huit points à Fillon. Sans lui, on serait au coude à coude avec les deux autres. La division nous coûte cher. »

-          Sarkozy : « Arrête tes conneries, Brice ! Tout le monde savait qu’il serait candidat. En 2012, Dupont-Aignan était en dessous de 2. Seulement c’est moi en face, pas l’autre. Quand les gens ont vu que Fillon ne pouvait plus être au deuxième tour, ils se sont dit : « foutu pour foutu, autant voter pour un type honnête ». Et puis Dupont-Aignan a aussi grappillé quelques points à Le Pen. Et peut-être même à Macron. Ce type, je l’ai méprisé. J’ai eu tort. Il est d’ailleurs moins méprisable que celui que j’ai eu à Matignon pendant cinq ans. »

-          Gaudin : Cela va partir dans tous les sens. Wauquiez est chaud bouillant pour appeler à voter Le Pen. Morano aussi. NKM est déjà sur le plateau de la 2 pour appeler à voter Macron. La droite va se péter en deux.

-          Hortefeux : Et Fillon n’est plus en état d’appeler à voter quoi que ce soit !

-          Sarkozy : Macron va se faire laminer dans le débat mais va gagner quand même. On aura un président élu plus que jamais par défaut dans un monde dangereux. Il faut dans le même temps appeler à voter pour Macron et lancer la campagne pour les élections législatives qui sont aujourd’hui la seule solution pour l’alternance. Les candidats aux législatives de Macron, de Le Pen et de Dupont-Aignan seront évidemment plus bas que leur chef à la présidentielle. Ce qui signifie que nos candidats Républicains seront bien plus hauts que le score de l’autre nul. Pareil pour les candidats PS. Ils seront plus hauts que le score de Hamon. Cela nuira aux candidats de Macron. Si la bataille des législatives est menée correctement, nous pouvons avoir la majorité et imposer une cohabitation à Macron.

-          Gaudin : Tu veux mettre Baroin sur orbite ?

-          Sarkozy : J’ai déjà désigné Baroin comme mon Premier ministre, puis comme celui de Fillon. Je ne vais pas recommencer en le désignant comme celui de Macron maintenant. Les gens vont finir par trouver ça ridicule. Il n’a pas l’autorité de toute façon. Le seul qui peut mener cette bataille, et empêcher Wauquiez d’aller chez Le Pen, c’est encore moi. Appelle Field. Je dois faire le 20h de France 2 demain. Brice, tu appelles Wauquiez. Et tu lui dis de ma part de la fermer tant que je n’ai pas parlé aux Français.

-          Hortefeux : Morano aussi ?

-          Sarkozy : Bien sûr ! Tes tympans sont moins fragiles que les miens.

 

La suite arrive bientôt…