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	<title>Antidote</title>
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	<description>Un site utilisant Réseau Causeur</description>
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		<title>First Lady, non merci</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 07:29:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Desgouilles</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sulfate]]></category>

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		<description><![CDATA[Plutôt Tante Yvonne que Carla ou Valérie]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Premières images du président élu, et premiers énervements : François Hollande, devant la cathédrale de Tulle puis, quelques heures plus tard à la Bastille, salue le peuple qui l’acclame avec sa compagne. Mais qu’est ce qu’elle fiche là ? Le mardi précédent, le Président Sarkozy prononce un discours extrêmement bien ciselé devant ses partisans en liesse au Trocadéro. Il chante ensuite l’hymne national avec les dizaines de milliers de Français réunis. Moment réussi. Et patatras ! Il revient au micro spécialement pour… remercier Carla.</p>
<p>Vous imaginez le Général de Gaulle remercier Yvonne après la Marseillaise ? Vous imaginez Danielle Mitterrand prendre autant de place que Valérie Trierweiler dans les premiers moments qui ont suivi le 10 mai 1981 à 20h00 ? A l’heure de la victoire du président « normal », on peut légitimement se demander si cette continuité entre Nicolas Sarkozy et François Hollande se situe ou non dans la norme. Et on se prend à regretter que la fameuse anaphore du 2 mai dernier n’ait pas eu une composante de plus : » Moi, président de la République, je n’exposerai pas les miens, je n’exhiberai pas mes amours, et ma compagne restera à sa place. » J’ai bien vérifié : sur les bulletins de vote, la semaine dernière, n’étaient pas inscrits sur l’un, Nicolas Sarkozy-Carla Bruni, et sur l’autre, François Hollande-Valérie Trierweiler. Nous n’avons pas voté pour un couple.</p>
<p>Bien entendu, chaque homme -ou femme- d’Etat a le droit d’être conseillé par ses proches et il peut même être influencé par celle ou celui qui partage sa vie. Mais lorsqu’il ferme la porte de ses appartements privés, je ne veux pas savoir qui l’a conseillé ou influencé. Ayant pris la décision, il est seul responsable. Ce goût pour la « transparence », cette impudeur si étrangère à notre tradition française, nous vient, dit-on, d’outre-Atlantique. C’est des Etats-Unis que nous vient cette expression détestable : « First Lady », traduite chez nous en « Première Dame de France ». Il faudra un jour expliquer pourquoi on répète à l’envi cette expression sans aucun sens. On s’en fout de Trierweiler, de Bruni, de Cécilia qui-ne-vote-pas-pour-son-mari, de Bernie. Qu’on se rassure, je ne souhaite pas la mort de <em>Point de vue</em>, de <em>Gala</em> et de <em>Voici</em>. Je ne veux pas plus de mal à la presse anglo-saxonne qui perpétue une tradition conforme aux pays où elle publie. Mais que toutes les demi-heures, les chaînes d’info continue françaises dissertent sur la volonté de la compagne de François Hollande de ne point avoir l’air d’une potiche, du fait qu’elle ait joué le rôle de videur au QG de transition<sup class='footnote'><a href='#fn-2485-1' class='scrollto' id='fnref-2485-1'>1</a></sup>, c’est trop ! Comme étaient de trop les « mon mari est formidable » de Carla après chaque meeting.</p>
<p>Que François Hollande y prenne garde. Le fameux « Carla et moi, c’est du sérieux » a davantage pesé dans l’antisarkozysme que les histoires d’enveloppes chez madame Bettencourt, n’en déplaise à Edwy Plenel. Les Français ne veulent pas à leur tête un ado boutonneux qui nous cause de sa dernière conquête. Pendant cinq ans, celui qui s’imaginait en Kennedy français et qui l’avait mis en scène, reproduisant à <em>Envoyé spécial</em> la scène de JFK et John-John jouant sous le bureau, nous en a ajouté des louches jusqu’à l’écoeurement. La séparation déchirante, l’idylle racontée maintes fois par Séguéla sur tous les plateaux et studios parisiens, Disneyland, la Jordanie, le mariage, la révérence à la Reine d’Angleterre, la chérie qui lui éponge le front. J’en oublie ? Ah oui, on nous a même servi son périnée au repas du soir lorsque sa masseuse personnelle expliquait combien il lui importait de muscler cette zone intime présidentielle.</p>
<p>François Hollande doit donc comprendre, avant qu’il ne soit trop tard, que les Français ont besoin de souffler un peu. Que Valérie Trierweiler doit être discrète. Pour son bien à elle<sup class='footnote'><a href='#fn-2485-2' class='scrollto' id='fnref-2485-2'>2</a></sup>, son bien à lui, et notre tranquillité à tous. Et parce que, il l’a promis, le changement, c’est maintenant !
<div id="post-footnotes">
<ol>
<li id='fn-2485-1'>Julien Dray en aurait fait les frais. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2485-1' class='scrollto'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-2485-2'>Cela lui évitera les surnoms animaliers donnés par des députés indélicats. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2485-2' class='scrollto'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		<title>Jean-François Copé dans le viseur de Marine Le Pen</title>
		<link>http://blog.causeur.fr/antidote/jean-francois-cope-dans-le-viseur-de-marine-le-pen,002482</link>
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		<pubDate>Wed, 09 May 2012 07:29:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Desgouilles</dc:creator>
				<category><![CDATA[Oxygène]]></category>

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		<description><![CDATA[Législatives : il aura beaucoup de mal à Meaux !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Jean-François Copé a donc accepté que la campagne des élections législatives de l’UMP soit menée par un comité stratégique. A première vue, on pourrait penser que Fillon, Juppé, Raffarin et son ennemi intime Bertrand lui ont imposé cette collégialité. Si on y regarde de plus près, on s’aperçoit qu’il ne doit pas être mécontent de ne pas porter à lui seul ce lourd fardeau à Paris pendant les prochaines semaines. En effet, c’est à quelques dizaines de kilomètres que se joue sa carrière politique perso.</p>
<p>Une étude approfondie des résultats de la sixième circonscription[1.Qui a été redécoupée en 2009, puisque le département compte aujourd’hui deux circonscriptions supplémentaires. ] de Seine-et-Marne, où Copé est candidat à sa succession, montre que sa situation est extrêmement périlleuse. Certes, Nicolas Sarkozy y a recueilli environ 52 % des voix au second tour dimanche. Mais ce chiffre constitue un trompe-l’oeil. D’abord, on sait que la participation sera moins importante aux élections législatives et que la démobilisation est toujours plus forte dans le camp défait à la présidentielle. Mais, surtout, un autre protagoniste risque fort de s’inviter à la table du second tour de la circonscription de Meaux. Il s’agit de Marie-Christine Arnautu. Cette dernière a déjà porté les couleurs du Front National en 1997 et 2007 face à Jean-François Copé et lui avait imposé une triangulaire la première fois, provoquant sa défaite. A l’époque, ils étaient tous les deux inconnus. Depuis, l’un est devenu secrétaire général de l’UMP, la seconde est vice-présidente du FN, et une fidèle parmi les fidèles de la patronne.</p>
<p>Le 22 avril dernier, Marine Le Pen a obtenu d’excellents résultats dans cette circonscription. Comme dans le reste de la France, c’est dans les campagnes qu’elle a recueilli ses meilleurs scores, davantage que dans la ville-centre, Meaux, dont Copé est le maire. Sur les cinquante-trois communes de la circonscription, elle passe la barre des 20 % dans 50 d’entre elles<sup class='footnote'><a href='#fn-2482-1' class='scrollto' id='fnref-2482-1'>1</a></sup>. Certes, on le sait, pour se maintenir au second tour, c’est le pourcentage des inscrits qui compte. Mais, là aussi, pas de quoi rassurer Copé. Marine Le Pen a obtenu plus de 17 % des électeurs inscrits sur les listes électorales<sup class='footnote'><a href='#fn-2482-2' class='scrollto' id='fnref-2482-2'>2</a></sup>.  Une sacrée belle marge ! Arnautu, qui est bien implantée, peut donc nourrir de solides espoirs quant à sa présence au second tour le 17 juin prochain. La candidate EELV-PS, Caroline Pinet, pourra alors bénéficier des reports des voix de gauche, et notamment du Front de gauche, alors que Copé n’aura plus guère de réserves. 2012 pourrait alors bien ressembler à son Waterloo de 1997.</p>
<p>Marine Le Pen a, dit-on, dressé une liste noire de candidats UMP à faire battre. On y trouverait notamment NKM, Xavier Bertrand, Rama Yade, François Fillon<sup class='footnote'><a href='#fn-2482-3' class='scrollto' id='fnref-2482-3'>3</a></sup></p>
<p>mais surtout Jean-François Copé. Pourquoi lui ? D’une part, Marine Le Pen n’a pas avalé les efforts du secrétaire général de l’UMP afin qu’elle n’obtienne pas ses parrainages cet hiver. Louis Aliot confiait à Marianne2 le 10 février 2012 : « On s’en souviendra aux législatives. Je rappelle juste à Monsieur Copé qu’il a été battu en 1997 dans un triangulaire avec le FN… Je peux même vous dire qu’un certain nombre de députés UMP serrent les fesses en priant pour que Marine puisse être candidate. » D’autre part, une défaite de Copé aux législatives sonnerait le glas de ses espoirs pour garder l’UMP. Or, Le Pen y a tout intérêt. Pour l’instant, la Droite Populaire reste fidèle à l’UMP car elle entretient de bonnes relations avec son chef, marqué à droite. Mais si Fillon en devenait le chef, Copé ainsi mis au rencard, Marine Le Pen pourrait dévorer un espace politique bien plus important.</p>
<p>Pour la patronne du rassemblement qui porte désormais son prénom, la défaite de Copé est donc stratégique. Les 9 et 17 juin prochain, elle sera mobilisée par son combat personnel à Hénin-Beaumont tout en s’informant, sans aucun doute, de ce qui se trame du côté de Meaux…
<div id="post-footnotes">
<ol>
<li id='fn-2482-1'>Meaux fait partie des trois communes où elle est en dessous, avec 17.72 % <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2482-1' class='scrollto'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-2482-2'>Nicolas Sarkozy et François Hollande sont dans un mouchoir, obtenant environ 20.7 % des électeurs inscrits. Rappelons qu’il faut réunir 12.5 % des inscrits au premier tour des législatives pour être présent au second tour. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2482-2' class='scrollto'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-2482-3'>Mais les scores du FN à Paris ne l’autorise pas à peser assez pour faire trébucher le premier ministre, surtout à Saint-Germain-des-prés. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2482-3' class='scrollto'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		<title>Lettre à Maurice Szafran</title>
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		<pubDate>Fri, 04 May 2012 08:54:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Desgouilles</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sulfate]]></category>

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		<description><![CDATA[A propos de la "pleureuse".]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cher Maurice Szafran<sup class='footnote'><a href='#fn-2478-1' class='scrollto' id='fnref-2478-1'>1</a></sup>,</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Vous devriez sermonner le stagiaire qui a fait pour vous la lecture du livre d&#8217;Elisabeth Lévy<sup class='footnote'><a href='#fn-2478-2' class='scrollto' id='fnref-2478-2'>2</a></sup>. Il n&#8217;a pas bien fait son travail. Du coup, la <a href="http://www.marianne2.fr/Elisabeth-Levy-de-la-reac-a-la-pleureuse_a217038.html" target="_blank">recension</a> que vous faites de l&#8217;ouvrage est complètement à côté de la plaque. Si je me permets de suggérer que vous avez délégué la tâche de lire l&#8217;objet du délit, n&#8217;y voyez aucune malice de ma part. Vous devez être un homme fort occupé et vous ne seriez  certainement pas le premier à procéder de la sorte. Simplement, une lecture complète et attentive ne permet pas de faire du bouquin un tel compte-rendu, à moins d&#8217;être doté d&#8217;une malhonnêteté intellectuelle hors-compétition, hypothèse que je ne peux absolument pas envisager.</p>
<p>Il se trouve que j&#8217;ai lu votre recension il y a quinze jours avant de lire l&#8217;ouvrage que je n&#8217;ai reçu qu&#8217;en début de cette semaine. Quelle fut alors ma réaction en vous lisant ? J&#8217;ai trouvé la forme plutôt inélégante notamment la méthode qui consiste à rappeler à plusieurs reprises que l&#8217;auteur est votre amie. Le &laquo;&nbsp;qui aime bien châtie bien&nbsp;&raquo; a des limites. Une seule fois aurait suffi, en intro ou en conclusion. Mais, là, c&#8217;est too much et on finit par s&#8217;interroger -sans doute à tort- que la condition d&#8217;ami de Maurice Szafran est moins enviable que celle d&#8217;ennemi. Sur le fond, oserais-je confesser que je me suis posé la question suivante : et si Elisabeth y était allée un peu fort ? Et si son livre était le reflet de ses interventions que je juge parfois taillées à la serpe lorsqu&#8217;elle intervient à l&#8217;oral, notamment sur RTL ? Il me tardait de le savoir.</p>
<p>Mis à part le titre &#8211; très mal choisi &#8211; le dernier livre d&#8217;Elisabeth<sup class='footnote'><a href='#fn-2478-3' class='scrollto' id='fnref-2478-3'>3</a></sup> est un véritable bijou. Qu&#8217;on me permette cette confidence : j&#8217;ai toujours préféré Elisabeth Lévy à l&#8217;écrit qu&#8217;à l&#8217;oral. Parfois, sur RTL ou chez Taddéi, il m&#8217;arrive de la disputer devant mon poste, de radio ou de télé. Elle ne m&#8217;entend pas, mais ça détend. Oui, parfois, elle m&#8217;énerve aussi et je suis certain qu&#8217;elle ne sera pas surprise de le lire elle-même. Un bon esprit me faisait remarquer que lire du Lévy était très agréable car c&#8217;était la seule manière de l&#8217;interrompre. Au delà de la boutade, il y a une part de vérité. Les débats entre polémistes tournent parfois en jeux de rôles et ne laissent pas toujours place à la nuance et &laquo;&nbsp;au penser contre soi-même&nbsp;&raquo;. A l&#8217;écrit, Elisabeth s&#8217;interrompt elle-même, se questionne, nuance, se remet en cause. Pardonnez-moi, cher Maurice Szafran, mais je n&#8217;ai pas toujours cette impression lorsque je lis votre édito hebdomadaire&#8230;</p>
<p>La Gauche contre le réel ne fait pas exception. Contrairement à ce que vous affirmez, Elisabeth Lévy ne s&#8217;y comporte pas en pleureuse, ne s&#8217;y lamente jamais. Tout au contraire, elle prend bien garde ne pas prêter le flanc à cette critique-là. Son récit des évènements médiatiques autour des &laquo;&nbsp;néo-réactionnaires&nbsp;&raquo; est on ne peut plus factuel. Votre recension reprend quelques phrases sorties hors du contexte et hop, le tour est joué, Mam&#8217;zelle Lévy est une pleureuse. Fumisterie ! Au contraire, l&#8217;auteur donne raison à Serge Kaganski (Les Inrocks) et finit par conclure avec lui que &laquo;&nbsp;la pensée unique, c&#8217;est toujours l&#8217;autre&nbsp;&raquo;. Ceci, votre stagiaire a oublié de le noter sur la fiche. Dommage, c&#8217;était essentiel pour vous permettre de rédiger un papier honnête.</p>
<p>Le livre d&#8217;Elisabeth Lévy est une ode au pluralisme, tout simplement. Un pluralisme que je vis au quotidien en participant à l&#8217;aventure Causeur. Permettez-moi de vous faire la confidence suivante, cher Maurice Szafran : après avoir lu votre recension et le livre qui en était l&#8217;objet, j&#8217;ai la certitude que, parmi les &laquo;&nbsp;enfants&nbsp;&raquo; de Jean-François Kahn, Elisabeth n&#8217;est pas seulement l&#8217;une des plus douées. De l&#8217;esprit JFK, elle est aussi l&#8217;une des plus fidèles. Devant vous, assurément.
<div id="post-footnotes">
<ol>
<li id='fn-2478-1'>Directeur de Marianne <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2478-1' class='scrollto'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-2478-2'><em>La gauche contre le réel</em> &#8211; Fayard. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2478-2' class='scrollto'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-2478-3'>Qui est aussi mon amie et qui m&#8217;accueille dans ses colonnes de Causeur.fr depuis trois ans et demi. Peu l&#8217;ignorent mais on ne sait jamais&#8230; <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2478-3' class='scrollto'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		<title>Rendez-nous Cheminade !</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Apr 2012 16:40:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Desgouilles</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sulfate]]></category>

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		<description><![CDATA[Air frais des petits candidats vs Combat de boue des finalistes]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pendant la campagne du premier tour, et en particulier lors des deux dernières semaines lorsque le conseil constitutionnel imposait l&#8217;égalité parfaite des candidats sur les ondes, on a pu entendre la plupart des médias de ce pays se plaindre de devoir donner autant de temps de parole à Jacques Cheminade qu&#8217;à Nicolas Sarkozy et François Hollande. Avec toute la suffisance qui les caractérise souvent, ils se sont plaint de devoir interroger celui qu&#8217;ils tenaient pour un hurluberlu au mieux, un fou dangereux au pire. On pouvait lire leur embarras parfois, leur agacement le plus souvent. Bien sûr, les liens de Cheminade avec Lyndon Larouch posaient questions, surtout lorsque l&#8217;on sait que ce dernier n&#8217;a pas hésité de comparer Obama à Hitler. Mais nous y reviendrons. Bien sûr, la colonisation de la Lune et les projets de voyage sur Mars détonnaient dans notre contexte électoral. Mais le candidat de Solidarité et Progrès était bien un arbre qui cachait la forêt de petits candidats qui constituaient autant de gêneurs.</p>
<p>Nathalie Arthaud, Philippe Poutou, Nicolas Dupont-Aignan et même Eva Joly, une fois passée la barre des 5% dans le sens descendant, agaçaient davantage puisqu&#8217;ils n&#8217;évoquaient pas, eux, de projets spatiaux étonnants et qu&#8217;il était moins facile de se moquer d&#8217;eux. Et il fallait leur donner 10 % du temps de parole chacun. Tout tournés vers la lutte pour la finale et celle, honorifique, pour la troisième place, les grands médias à quelques exceptions près, décidèrent que toutes ces candidatures étaient inutiles parce que les protagonistes n&#8217;avaient aucune chance de devenir président de la République et que, d&#8217;ailleurs, ces derniers ne prétendaient même pas le contraire. Comme si une campagne électorale était seulement l&#8217;occasion de sélectionner celui qui aurait la charge de devenir chef de l&#8217;Etat ! Comme si elle n&#8217;avait pas aussi pour but d&#8217;éclairer le débat public dans un pays qui a une tradition -qu&#8217;on le veuille ou non, c&#8217;est comme ça- de grande diversité de courants politiques comme de fromages. Imagine t-on le Tour de France avec seulement une vingtaine de coureurs, c&#8217;est à dire réduit aux équipes des trois favoris ? Imagine t-on que dans un excès de générosité, on autorise finalement la vingtaine d&#8217;équipes à concourir, mais qu&#8217;on décide néanmoins que les trois favoris ne partiront pas sur la ligne de départ avec les autres, mais quelques dizaines de kilomètres plus près de l&#8217;arrivée, parce que, les autres, on s&#8217;en fout ?</p>
<p>Il semble que le Président-sortant, lui, l&#8217;imaginait comme ça, puisqu&#8217;il s&#8217;est longuement lamenté d&#8217;avoir dû participer à une émission entre Cheminade et Arthaud. Intervenir entre ces deux manants posait visiblement des problèmes autant à son ego qu&#8217;à notre démocratie. Et de chouiner sur le fait qu&#8217;ils étaient neuf candidats contre  lui, tout seul. Le pauvre ! Tous les autres candidats étaient à un contre neuf. Et s&#8217;il était souvent davantage visé dans les diatribes des autres, c&#8217;est sans doute qu&#8217;il était sortant. Serais-je désobligeant en signalant à Nicolas Sarkozy que la meilleure solution pour éviter ce désagrément fût sans doute de ne point se représenter ? François Hollande fut plus discret sur le sujet mais il semble bien que  débattre avec d&#8217;autres personnes que Nicolas Sarkozy ne le motivait guère. Il aurait accepté le principe d&#8217;un tel débat que Nicolas Sarkozy aurait été contraint d&#8217;y participer aussi. Il a préféré être complice de son adversaire d&#8217;aujourd&#8217;hui.</p>
<p>Même sans débat, ces cinq semaines d&#8217;égalité -dont les deux dernières de manière stricte- ont été une bénédiction pour notre démocratie. Elles ont permis aux électeurs de se faire une idée en écoutant tous ceux qui avaient été sélectionnés par les élus<sup class='footnote'><a href='#fn-2474-1' class='scrollto' id='fnref-2474-1'>1</a></sup>. Alors qu&#8217;un mois avant le scrutin, on prévoyait un taux d&#8217;abstention proche des 30%, elles ont permis de redonner un oxygène à cette campagne, une fraîcheur, qui en manquait singulièrement. La campagne tournait alors au combat de boue. Cet air frais, c&#8217;est lui, avant tout, qui a permis cette participation inattendue, dont se sont glorifiés -c&#8217;est un comble- les deux futurs finalistes. Depuis dimanche soir, les gêneurs enfin éliminés, on n&#8217;est pas revenu au combat dans la boue, mais au combat dans la merde. Il est désormais loin, le portrait d&#8217;Obama avec une moustache d&#8217;Hitler qu&#8217;on montrait au pauvre Cheminade pour lui faire honte. En six jours, on a eu droit aux portraits de Pétain, aux références à Staline ou à Pierre Laval. On aussi accusé un site internet de relayer un appel de 700 mosquées alors qu&#8217;il avait seulement réalisé une enquête sur le fait qu&#8217;un individu tentait de le susciter. Aujourd&#8217;hui, c&#8217;est le fantôme de Kadhafi qui s&#8217;invite à la table et on pressent que le futur face-à-face de mercredi n&#8217;atteindra pas des sommets en matière de courtoisie républicaine. Elle va être très très longue cette dernière semaine.</p>
<p>Daniel Cohn-Bendit trouvait la campagne du premier tour chiante. Moi, je la regrette en constatant le niveau de celle du second. Rendez-nous Cheminade, parbleu !
<div id="post-footnotes">
<ol>
<li id='fn-2474-1'>Sélection dont Dominique de Villepin ou Christine Boutin et même Marine Le Pen savent qu&#8217;elle n&#8217;est pas facile. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2474-1' class='scrollto'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		<title>Le premier ministre idéal de Hollande</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Apr 2012 10:00:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Desgouilles</dc:creator>
				<category><![CDATA[Oxygène]]></category>

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		<description><![CDATA[Laisse aller, c'est un Valls]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A une question d’un journaliste sur l’identité de son futur premier ministre, François Hollande a démontré qu’il avait fort bien compris les institutions de la Ve République : » C’est la campagne qui décidera, et notamment celle du second tour ». Depuis 1958, la nomination des hôtes de Matignon répond à cette règle non écrite : le premier premier ministre du mandat est celui qui s’impose au Président alors que le second est celui que le Président impose lui-même.</p>
<p>En 1959, Le Général de Gaulle ayant fait adopter la constitution du 4 octobre 1958, il nomme à Matignon l’homme qui l’a rédigée, Michel Debré. Trois ans plus tard, il nomme un inconnu des Français, qui avait été son directeur de cabinet, Georges Pompidou. En 1965, le Président fait campagne sur la continuité et gagne sur la continuité. Il nomme donc Pompidou. Après les évènements de 1968, ceux-ci ayant eu raison de sa relation avec le Premier Ministre, il nomme Maurice Couve de Murville pour mettre en place la Participation. En 1969, Georges Pompidou est élu au second tour face au centriste Poher. Il a dû, pour réussir, rassembler une UDR (le parti gaulliste) qui lui en veut pour son « appel de Rome »<sup class='footnote'><a href='#fn-2470-1' class='scrollto' id='fnref-2470-1'>1</a></sup></p>
<p>, et doit donc nommer le baron du gaullisme le plus populaire, Jacques Chaban-Delmas. En 1972, il démissionne ce dernier et nomme Pierre Messmer, qui a été son ministre obéissant pendant des années. En 1974, Valéry Giscard d’Estaing est présent au second tour parce qu’il a réussi, grâce au ralliement de députés gaullistes -le fameux appel des 43- à passer devant Chaban. Il gagne ensuite pour avoir néanmoins fait le plein des voix chabanistes. C’est donc le chef de ces ralliés, Jacques Chirac qui entre à Matignon, lequel prend très rapidement la direction du parti gaulliste doté du groupe le plus important à l’Assemblée Nationale. En 1976, après le divorce entre les deux hommes, Giscard nomme un inconnu du grand public, Raymond Barre.</p>
<p>En 1981, la situation impose à François Mitterrand de nommer un Premier ministre qui saura gérer la présence du PCF au gouvernement et parler au fameux « peuple de gauche ». La situation impose donc Pierre Mauroy qui gère quotidiennement cette situation dans le Nord. En outre, les équilibres au sein du PS comptent : le courant Mauroy-Rocard est puissant au sein du PS, il faut le neutraliser. En 1984, c’est un autre « homme du président » qui est nommé à Matignon, le jeune Laurent Fabius. En 1988, ayant fait campagne sur la France unie et été élu au second tour avec un apport important des suffrages de Raymond Barre, Mitterrand nomme Rocard.</p>
<p>En 1992, il imite Pompidou en se débarrassant d’un chef de gouvernement plus populaire que lui et impose Edith Cresson, à la surprise générale. Si le second tour de 1995 avait vu s’opposer Jacques Chirac et Edouard Balladur, le premier aurait nommé Philippe Séguin à Matignon. Mais Chirac a affronté Jospin. Il a eu besoin des voix de Balladur et non celles de gauche pour être élu. C’est Juppé qui devient Premier ministre. On assiste en 1997 à une petite variante de la règle. Chirac impose la dissolution, et en obtient le résultat cash : un socialiste à Matignon. Cette situation ne déroge que très peu à la règle. Le Président voulait éviter de se faire imposer Séguin. Il voulait imposer le maintien de son fidèle Juppé. A tout prendre, il préférait cohabiter avec Jospin qu’avec Séguin. En 2002, élu par 82 % des Français dans la situation qu’on connaît, et alors que Nicolas Sarkozy rue dans les brancards, Jacques Chirac préfère nommer un centriste, Jean-Pierre Raffarin, tout en rondeurs. Le Président n’a pas nommé le gouvernement d’union nationale qui s’imposait. Il ne veut pas non plus faire de la provocation en désignant un chef de gouvernement trop marqué à droite. Raffarin est un compromis.<br />
En 2005, il nomme son fidèle Dominique de Villepin. En 2007, on assiste à une autre variante : Nicolas Sarkozy a fait campagne sur un changement de type de présidence. Le Premier ministre ne sera plus un véritable Premier ministre mais un simple collaborateur. Elu en tenant ce discours, il désigne donc Nicolas Sarkozy chef de gouvernement, Fillon occupant Matignon par pure forme. Après les élections régionales de 2010, convaincu que cette pratique ne convient pas aux Français, il impose un fidèle, François Fillon. Cela tombe bien, il occupe déjà Matignon.</p>
<p>Ce long dégagement historique effectué, si le lecteur n’a pas compris le fonctionnement des institutions en matière de choix de Premier ministre, c’est qu’il y a mis une certaine mauvaise volonté. Examinons donc la situation de 2012. Si Jean-Luc Mélenchon avait réalisé le score qu’on lui prêtait, tutoyant les 15 %, Martine Aubry était assurée d’entrer à Matignon. Il n’a fait que 11. Pour assurer sa victoire, et aussi pour tenir compte de l’état politique et sociologique du pays, François Hollande doit donc mettre en avant puis nommer premier ministre un homme en phase avec cet état-là. Comme Nicolas Sarkozy, il doit aussi tenir compte de la France qui a voté non en 2005 et en particulier de celle qui voté Marine Le Pen le 22 avril. L’idéal est donc de trouver une personnalité qui aurait voté non au TCE, qui aurait une image sécuritaire, n’aurait pas peur d’affronter les débats identitaires et qui soit aussi adhérent au Parti Socialiste.</p>
<p>Impossible, me rétorquerez-vous, et pourtant cet homme existe. Manuel Valls était en effet défavorable à la constitution européenne<sup class='footnote'><a href='#fn-2470-2' class='scrollto' id='fnref-2470-2'>2</a></sup></p>
<p>, possède une image d’ordre à tel point qu’on l’imagine aussi très bien Place Beauvau, et fut l’un des seuls députés PS à voter l’interdiction du port de la burqa. Arrivé à 10 ans en France de sa Catalogne natale, il est aussi un exemple d’intégration -voire d’assimilation- réussie. En outre, il a aussi l’avantage, grâce à ses positions économiques -sur la dette, notamment- de ne pas trop déplaire à l’électorat centriste.</p>
<p>François Hollande élu, s’il est conséquent, nommera donc son actuel directeur de la communication à Matignon dans trois semaines. Il n’est évidemment pas exclu que les équilibres solférinesques aient raison de cette prévision, peut-être un peu trop porté sur l’état sociologique du pays. Dans ce cas, c’est plutôt Jean-Marc Ayrault qui sera choisi. On le saura assez vite : les passages télé et radio devraient nous donner des indices. Mais pour moi, Valls s’impose !
<div id="post-footnotes">
<ol>
<li id='fn-2470-1'>Pendant la campagne référendaire de 1969, Pompidou indique, en déplacement dans la Ville éternelle, qu&#8217;il serait candidat si le non l&#8217;emportait. Ce fut interprété comme un véritable coup de poignard du côté des barons du gaullisme. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2470-1' class='scrollto'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-2470-2'>Certes timidement, puisqu&#8217;il avait milité pour le non au sein du PS, puis lors du débat référendaire avant de se plier à la discipline du parti au moment où les sondages commencèrent à donner le non gagnant, d&#8217;une manière assez inexplicable&#8230; Peur de gagner ?  <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2470-2' class='scrollto'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		<title>Marine Le Pen a séduit la France invisible</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Apr 2012 14:30:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Desgouilles</dc:creator>
				<category><![CDATA[Oxygène]]></category>

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		<description><![CDATA[Gare au péril rural !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les Essards-Taignevaux, dimanche 18h27. Je n’ai encore aucune estimation, ni sondage sorti des urnes. Et pourtant, en sortant de la mairie de cette commune du Jura, située à la limite de la Saône-et-Loire, j’ai déjà une idée précise de l’excellent score que fera Marine Le Pen une heure trente plus tard. Sur les 190 bulletins dépouillés, elle est arrivée largement en tête avec 61 voix. François Hollande suit avec 45 et Nicolas Sarkozy n’en obtient que 32. Alors que j’assiste à une fête familiale en face du bureau de vote, je vois arriver l’un des convives, assesseur au dépouillement de la seconde commune du canton. Il m’annonce que Marine Le Pen est en tête avec plus de 30 % des voix. Quelques heures après, je découvre qu’elle domine dans 10 des 17 communes des cantons ; elle obtient d’ailleurs 29 % des suffrages sur ce canton de 5216 inscrits, devançant Nicolas Sarkozy (24,5) et François Hollande (22,0).</p>
<p>Ce canton, je le connais. C’est celui où j’ai passé une partie de ma jeunesse. C’est là, aussi, que j’ai mené la campagne du non au Traité de Maastricht en 1992, lorsque je tapissais la moindre porte de transformateur électrique de l’affiche « Liberté, je chéris ton non ». Intéressante, cette campagne référendaire dans le canton de Chaussin. Alors que ses résultats étaient auparavant un copié-collé des projections données sur le plan national à 20h00, j’avais cru dur comme fer que le traité de Maastricht était rejeté par les Français constatant vers 19h00 que 55 % des électeurs de mon canton avaient voté non. Cruelle déception une heure plus tard : c’est le oui qui l’emportait avec 51 % des suffrages. Jamais une telle coupure n’avait existé entre France des villes et France des champs.</p>
<p>En vingt ans, cette fracture française, si bien décrite par Christophe Guilluy, s’est encore aggravée. La population a évolué. De nombreux pavillons ont été construits, et abritent souvent des classes populaires qui travaillent dans les agglomérations de Dole, Lons-le-Saunier et parfois Dijon<sup class='footnote'><a href='#fn-2468-1' class='scrollto' id='fnref-2468-1'>1</a></sup>.Y vivent aussi beaucoup de retraités et quelques agriculteurs, lesquels ont vu, comme ailleurs, leur nombre diminuer considérablement depuis 1992. En 2005, le TCE y était rejeté à plus de 60%. Le canton de Chaussin constitue un exemple parfait de la France du Non, draguée par les candidats favoris depuis quelques semaines et qui le sera encore davantage lors des deux prochaines. Cette France rurale, c’est Marine Le Pen qu’elle a choisi comme porte-drapeau. Mélenchon avait lui aussi parlé de ces « oubliés », de ces « invisibles », touchés de plein fouet par les insécurités économiques, sociales, physiques et identitaires. Comme Guilluy, Brustier et Huelin avaient fort bien décrit la sociologie politique de cette France-là. La gauche avait perdu ce peuple<sup class='footnote'><a href='#fn-2468-2' class='scrollto' id='fnref-2468-2'>2</a></sup> au profit d’une droite désormais culturellement majoritaire<sup class='footnote'><a href='#fn-2468-3' class='scrollto' id='fnref-2468-3'>3</a></sup>Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Gaël Brustier travaille aujourd’hui avec Arnaud Montebourg, député de la circonscription voisine et qui dès 1997, accusait le libre-échange déloyal dans sa profession de foi de candidat. En Bresse, il suffisait d’observer pour constater l’étendue des dégâts d’une mondialisation prétendument heureuse.</p>
<p>Patrick Buisson a lu Guilluy, Brustier et Huelin. Il a fait les mêmes constats qu’eux et a pensé en faire profiter Nicolas Sarkozy. C’était négliger deux éléments importants. D’une part, la personnalité de Nicolas Sarkozy et le fait qu’il avait déjà mené une campagne du même type cinq ans plus tôt. On a beau dire, on a beau faire, il est quand même difficile de faire passer les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages, ou l’inverse en l’occurrence. Les électeurs, ainsi que le note <a href="http://www.marianne2.fr/Surprise-les-Francais-ne-sont-pas-des-poissons-rouges-_a217079.html" target="_blank">Philippe Cohen</a>, ne sont pas dotés d’une mémoire de poisson rouge et se souviennent que le Président actuel est aussi celui qui a signé le Traité de Lisbonne mais aussi le Pacte budgétaire, qu’il reproche même à François Hollande de vouloir renégocier. D’autre part, cette France-là refuse l’austérité. Cette dernière s’est traduite par des postes en moins à la gendarmerie et au collège de Chaussin, comme ailleurs. Cette France rurale du non est la première à en souffrir. Voilà pourquoi, bien que le pays penche à droite, une bonne part des électeurs de Marine Le Pen, dans cette France rurale des pavillons, ne suivra pas Nicolas Sarkozy le 6 mai, et pas seulement parce que la patronne du FN le leur aura conseillé.
<div id="post-footnotes">
<ol>
<li id='fn-2468-1'>A Dole et Lons-le Saunier, les deux communes les plus importantes du département situées à 25 kilomètres du canton, Marine Le Pen a obtenu beaucoup moins que dans les campagnes environnantes, respectivement 18et 14 %. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2468-1' class='scrollto'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-2468-2'>Recherche le Peuple désespérément, Bourin Editeur. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2468-2' class='scrollto'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-2468-3'>Voyage au bout de la droite, Editions des Mille et une nuits. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2468-3' class='scrollto'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
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		<title>Estimations avant 20h00 : qui n&#8217;a pas voulu de LA solution ?</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Apr 2012 08:47:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Desgouilles</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sulfate]]></category>

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		<description><![CDATA[Monsieur Claude G. est demandé...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On ne connaît pas encore les résultats du premier tour mais on sait déjà qui sera montré du doigt dimanche. Le Grand Méchant Internet est déjà coupable car c&#8217;est muni d&#8217;un clavier et d&#8217;une souris ou d&#8217;un smartphone qu&#8217;on pourra, dès 18h30 connaître les résultats une heure et demie avant la fermeture du dernier bureau de vote.</p>
<p>Ne pas respecter la loi, c&#8217;est effectivement -par définition- répréhensible. Et il ne me viendrait pas à l&#8217;idée de m&#8217;asseoir sur elle en diffusant l&#8217;information dans ces colonnes dimanche. Non pas parce que je pense que cela pourrait avoir une influence sur le scrutin. <a href="http://opinionlab.opinion-way.com/blog_entry/27/pourquoi-lelection-ne-sera-pas-twiterisee.html#.T4bfsuNNT6U.twitter" target="_blank">Comme l&#8217;explique Bruno Jeanbart</a>, directeur d&#8217;études de l&#8217;institut Opinion Way, ces craintes sont largement exagérées. Cependant la loi est la loi et un citoyen est tenu de la respecter.</p>
<p>Cependant, on peut s&#8217;interroger au vu de la polémique qui a déjà commencé et qui désigne déjà Internet et les réseaux sociaux comme les grands coupables. Twitter n&#8217;existait pas en 2002, lorsque les Guignols de l&#8217;Info ont annoncé -de manière détournée mais tout le monde avait compris- que Jean-Marie Le Pen s&#8217;était invité au second tour de la présidentielle. Mais surtout, il y avait un moyen radical pour que le problème ne se pose pas. Il suffisait de fixer à 20h00 la fermeture de tous les bureaux de vote.  Ces estimations sont en effet obtenues grâces aux 100 premiers bulletins dépouillés dans un certain nombre de bureaux tests de donner des résultats fiables vers 18h30 avant de les annoncer officiellement à 20h<sup class='footnote'><a href='#fn-2462-1' class='scrollto' id='fnref-2462-1'>1</a></sup>. Si les instituts ont cette possibilité c&#8217;est que, mis à part dans les grandes villes, les bureaux ferment à 18h00. En décidant d&#8217;une heure unique de fermeture, les estimations seraient connues aussi une demie-heure après et on pourrait les annoncer à tout le monde en même temps sans aucune possibilité de violer la loi.</p>
<p>La commission électorale avait préconisé cette solution<sup class='footnote'><a href='#fn-2462-2' class='scrollto' id='fnref-2462-2'>2</a></sup> Le ministère de l&#8217;intérieur ne l&#8217;a pas suivie. Pourquoi ? Peut-être a t-il été jugé que des fuites n&#8217;influenceraient pas le scrutin, confirmant la thèse convaincante de Bruno Jeanbart, citée plus haut. Dans ce cas, on ose espérer que Claude Guéant ne hurlera pas au scandale dimanche quand les résultats seront connus sur toute la toile. Parce que lui seul avait la possibilité de régler définitivement le problème.
<div id="post-footnotes">
<ol>
<li id='fn-2462-1'>En général, ils ont été encore affinés pendant ce laps de temps, comme ils le seront encore tout au long de la soirée électorale. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2462-1' class='scrollto'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-2462-2'>une proposition de loi de Messieurs Sueur (PS) et Portelli (UMP) avait même été déposée au Sénat. Le gouvernement s&#8217;est opposé à son adoption. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2462-2' class='scrollto'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
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		<title>Jurassic Park socialiste II, le retour</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Apr 2012 20:45:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Desgouilles</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sulfate]]></category>

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		<description><![CDATA[Candidates PS potentiellement inéligibles mais...  maintenues !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;an dernier,<a href="http://www.causeur.fr/jurassic-park-socialiste,9219" target="_blank"> avec mon excellente camarade Muriel Gremillet</a>, nous vous expliquions l&#8217;état pitoyable d&#8217;une fédération socialiste, celle du Jura, où régnait une atmosphère digne de Dallas, et qui se préparait à porter à l&#8217;Hôtel du Département son JR Ewing, l&#8217;impitoyable Christophe Perny. Les Cantonales remportées, JR est effectivement devenu président du Conseil Général et fait la pluie et le beau temps dans le Jurassic Park socialiste. Mais la conquête d&#8217;une seigneurie ne permet pas forcément de redonner des couleurs plus saines à la fédé PS même dans un contexte de conquête de l&#8217;Elysée par François Hollande.</p>
<p>Car depuis quelques jours, on assiste à un spectacle unique en France, et sans doute en Europe. Figurez-vous que le Parti Socialiste a l&#8217;intention de présenter aux élections législatives deux candidates qui seront sans doute frappées d&#8217;inéligibilité en cas d&#8217;élection. Danielle Brulebois et Sylvie Laroche ont été investies par le PS il y a quelques mois, respectivement dans les première (Lons-le-Saunier) et troisième (Dole) circonscriptions du 3-9, la deuxième (Saint-Claude) ayant été réservée au PRG. Actuellement, toutes les circos sont détenues par l&#8217;UMP, celles qui nous intéressent l&#8217;étant par Jacques Pélissard, également président de l&#8217;association des maires de France, et Jean-Marie Sermier.</p>
<p>Pendant le mois de mars, des encarts publicitaires ont été publiés dans la presse locale annonçant des réunions pour chacune des deux candidates aux élections législatives. Pour Danielle Brulebois, ils ont été publiés dans l’édition jurassienne du Progrès du 4 mars  et du 25 mars 2012  ainsi que dans la Voix du Jura (hebdomadaire) du 1er mars 2012 . Pour Mme Laroche, le même type d’encart apparaissait dans l’édition jurassienne du Progrès du 11 mars et du 25 mars 2012. Il semble bien que le code électoral ait échappé à nos inexpérimentées candidates puisque cette pratique contrevient à son article L 52-1 : <em>&laquo;&nbsp;Pendant les six mois précédant le premier jour du mois d&#8217;une élection et jusqu&#8217;à la date du tour de scrutin où celle-ci est acquise, l&#8217;utilisation à des fins de propagande électorale de tout procédé de publicité commerciale par la voie de la presse ou par tout moyen de communication audiovisuelle est interdite&nbsp;&raquo;.</em> Quant à l&#8217;article L 90-1, il ajoute, impitoyable :<em> &laquo;&nbsp;Toute infraction aux dispositions de l&#8217;article L. 52-1 sera punie d&#8217;une amende de 75 000 euros&nbsp;&raquo;</em>. Certes, les effets juridiques de la méconnaissance de l’article L. 52-1 du Code électoral n’apparaissent qu’après le scrutin, une fois le juge de l’élection saisi (selon les élections, par un électeur, un candidat ou le préfet). La violation des interdictions électorales peut entraîner la réformation ou l’annulation de l’élection suivant l’objet de la protestation par laquelle il a été saisi. Le juge de l’élection peut alors prononcer l’inéligibilité du candidat<sup class='footnote'><a href='#fn-2460-1' class='scrollto' id='fnref-2460-1'>1</a></sup>. Pour que le juge n&#8217;invalide pas l&#8217;élection dans ces conditions, il faudrait que les candidates gagnent avec une marge très importante. Or, il paraît assez improbable que ce soit le cas, surtout dans la circonscription détenue par Jacques Pélissard, où seule une victoire au raccroc peut éventuellement être espérée.</p>
<p>Il sera d&#8217;autant plus difficile d&#8217;obtenir une victoire large dans de telles conditions que cette histoire, désormais publique puisqu&#8217;elle a fait l&#8217;objet de plusieurs articles dans la presse locale, va être utilisée à fond par les sortants UMP, qui auront beau jeu de dénoncer pendant la campagne des candidates au poste de député incapables de respecter la loi électorale. De même, les autres candidats de gauche argueront de l&#8217;inutilité de voter pour une candidate ne pouvant être élue. Toute la campagne législative de Brulebois et Laroche sera pourrie par cette boulette mémorable, à l&#8217;instar du sparadrap du Capitaine Haddock. Dès lors, la solution la plus simple serait, pour le Parti Socialiste, de changer de candidats. Pour la circonscription de Dole, le futur score de Mélenchon pourrait régler l&#8217;affaire : elle figure parmi les cibles du Front de Gauche pour l&#8217;après-présidentielle. Solférino et Perny se résoudront certainement à sacrifier Sylvie Laroche et de laisser le terrain libre à Patrick Viverge (parti de gauche). Reste la première circonscription où Danielle Brulebois n&#8217;est pas décidée à laisser la place à qui que ce soit. Ne se sentant pas responsable de la bêtise, elle veut aller jusqu&#8217;au bout, quitte à risquer de payer une amende de 75000 euros et de devoir payer sa campagne, non remboursée par l&#8217;Etat. Vous avez dit, «kamikaze&nbsp;&raquo; ?</p>
<p>Ce n&#8217;est pourtant pas Christophe Perny qui la décourage dans cette intrépide intention. C&#8217;est à se demander si le Président du Conseil Général souhaite la victoire d&#8217;un député socialiste dans son département. Mais nous sommes sans doute mauvaise langue.
<div id="post-footnotes">
<ol>
<li id='fn-2460-1'>En outre, elles pourraient avoir à payer de leur poche la campagne dont les comptes auraient été ainsi invalidés. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2460-1' class='scrollto'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		<title>Hollande au pays du Comté, un an après</title>
		<link>http://blog.causeur.fr/antidote/hollande-au-pays-du-comte-un-an-apres,002457</link>
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		<pubDate>Tue, 10 Apr 2012 23:01:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Desgouilles</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sulfate]]></category>

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		<description><![CDATA[Traité Merkozy renégocié "autant que possible" ? Y a un loup !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Que de chemin parcouru depuis le 9 mai 2011, quelques jours avant le <em>Sofitelgate</em>, lorsque François Hollande <a href="http://www.causeur.fr/hollande-au-pays-du-comte,9856" target="_blank">était de passage à Besançon</a> au début de sa campagne pour la primaire socialiste. A douze jours du premier tour de l&#8217;élection présidentielle, il faisait son retour dans la <em>vieille ville espagnole</em> chère à Victor Hugo, non plus devant deux-cent-cinquante personnes mais plusieurs milliers.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Rester attentif, concentré. Avoir de la force, de l&#8217;enthousiasme, de la cohérence&nbsp;&raquo;</em>. Un entraîneur d&#8217;une équipe favorite pour le titre n&#8217;aurait pas dit autre chose dans une conférence de presse à quelques encablures de la fin d&#8217;un championnat. Ce vocabulaire sportif, je ne l&#8217;ai pourtant pas recueilli de la bouche de Carlo Ancelotti ou de René Girard<sup class='footnote'><a href='#fn-2457-1' class='scrollto' id='fnref-2457-1'>1</a></sup> mais de Manuel Valls, directeur de la communication de la campagne de François Hollande. Un peu plus tôt, le sportif en question avait semble t-il retrouvé un peu d&#8217;allant dans une campagne qui avait tendance à s&#8217;essouffler dans les dernières semaines. Est-ce Valls, en bon supporteur du Barça, qui lui a conseillé d&#8217;abandonner cette tactique inspirée du catenaccio italien, ultra-défensive, qui vise seulement à repousser patiemment les attaques désordonnées de l&#8217;adversaire, et dégageant dans les tribunes autant qu&#8217;il le faut ? Si c&#8217;est le cas, le candidat lui devra une fière chandelle car  il semble avoir retrouvé un peu de ce qui avait fait son succès en janvier et qui lui a tant fait défaut pendant le mois de mars.</p>
<p>En ouverture de la réunion, après le défilé des féodaux locaux, maire, présidents de Conseil général et régional, c&#8217;est Jean-Pierre Chevènement, lui aussi un local de l&#8217;étape qui jouait sa partition. On a peine à croire qu&#8217;il était encore candidat il y a quelques semaines, bien décidé à faire bouger les lignes. Il ne les aura guère fait bouger, ces fameuses lignes. Certes, il dénonce le Traité Merkozy avec force et dénonce la politique du sortant, le qualifiant de &laquo;&nbsp;médecin de Molière&nbsp;&raquo;. Certes, il délivre un brevet d&#8217;homme d&#8217;Etat à son cadet sous les applaudissements polis de la salle. Mais on a furieusement envie de lui demander -de lui crier, même-  à cet apôtre talentueux du non à Maastricht et du TCE :<em> « Mais que fichez-vous donc là, à soutenir l&#8217;ancien secrétaire des clubs deloristes Témoins ? </em>» Je n&#8217;en ferai rien. Les jeunes socialistes doivent se le demander, aussi, puisqu&#8217;ils le pressent, avec un brouhaha désagréable et quelques &laquo;&nbsp;François, François&nbsp;&raquo; à finir son discours. L&#8217;impolitesse, c&#8217;est maintenant !</p>
<p>C&#8217;est Pierre Moscovici qui lui succède à la tribune. Le directeur de campagne, qui est aussi président de la communauté d&#8217;agglomération  de Montbéliard, située à quatre-vingts kilomètres au nord-est, fait office de chauffeur de salle avec un sarkobashing qui aurait été fort réussi sans un lapsus -révélateur ?- guère charitable pour celui qui l&#8217;a précédé derrière le pupitre : souhaitant évoquer le bilan de Nicolas Sarkozy, il parle de celui de &laquo;&nbsp;Jean-Pierre Ch&#8230;&nbsp;&raquo;, avant de jouer les champions d&#8217;aviron et et de rappeler combien l&#8217;action de l&#8217;ancien maire de Belfort fut bonne pour la France. Mais que fichez-vous là, cher Jean-Pierre ?</p>
<p>C&#8217;est au candidat de prendre la parole, et les calicots s&#8217;agitent, dont l&#8217;un comporte l&#8217;amusante inscription &laquo;&nbsp;Doubs Hollande&nbsp;&raquo;. Pas sûr que ce jeu de mot évoquant à la fois la douceur du candidat et le département qui l&#8217;accueille soit forcément bien choisi. Par esprit d&#8217;escalier, le &laquo;&nbsp;doux&nbsp;&raquo; s&#8217;oppose au &laquo;&nbsp;dur&nbsp;&raquo;, lequel s&#8217;oppose au &laquo;&nbsp;mou&nbsp;&raquo;. Exactement, l&#8217;image que veulent donner les adversaires de François Hollande, Martine Aubry hier dans la primaire socialiste, Nicolas Sarkozy aujourd&#8217;hui. L&#8217;enthousiasme de la salle, pourtant, est palpable, même devant l&#8217;écran géant où ont été relégués ceux qui, comme moi, n&#8217;ont pas pu entrer dans la salle où s&#8217;exprime le candidat socialiste. Figure imposée, il rend hommage à Besançon et aux noms qui l&#8217;ont liée à la gauche française. C&#8217;est à ce moment là que le préposé à la reproduction écrite du discours sur l&#8217;écran géant, pendant que le candidat le prononce, croit bon d&#8217;écrire <em>&laquo;&nbsp;le combat d&#8217;Elipe&nbsp;&raquo;</em> alors que Hollande évoque<em> le combat des Lip</em>. L&#8217;inculture, c&#8217;est maintenant ! Offensif, le candidat égrène les mesures qu&#8217;il prendra lors de ses premiers mois à la tête de l&#8217;Etat si les Français lui font confiance. <em>&laquo;&nbsp;Je suis prêt&nbsp;&raquo;</em> confie t-il, avant de se livrer à un long réquisitoire de l&#8217;action de son adversaire favori auquel tous <em>&nbsp;&raquo; les leaders conservateurs européens ont donné l&#8217;onction, si ce n&#8217;est l&#8217;extrême-onction.&nbsp;&raquo;</em> Sans doute agacé par la récente arrivée de Nicolas Sarkozy sur le terrain de l&#8217;humour de tribune, Hollande revient à ses premières amours d&#8217;orateur et se moque de son adversaire<em> &laquo;&nbsp;bling-bling, certes, mais surtout zig-zag&nbsp;&raquo;</em>. Il sait aussi mêler cruauté à gravité lorsqu&#8217;il dit ne pas avoir de leçons de laïcité à prendre de la part du ministre de l&#8217;Intérieur qui avait <em>&laquo;&nbsp;prononcé un discours devant l&#8217;UOIF avec hommes d&#8217;un côté, et femmes de l&#8217;autre.&nbsp;&raquo;</em> Nicolas Sarkozy sait désormais ce qui l&#8217;attendra lorsqu&#8217;il voudra titiller son adversaire sur les piscines de Martine Aubry lors du face-à-face traditionnel de l&#8217;entre-deux-tours. Hollande en appelle au patriotisme pour tancer ceux qui lui reprochent sa fameuse tranche à 75 %. Patrick Bruel n&#8217;est pas nommé, mais on y pense très fort. Bien involontairement, le champion de poker a rendu un fier service au candidat socialiste. Voilà des jours qu&#8217;on ne causait plus de la proposition symbolique de Hollande, mise au rencard par la montée de Jean-Luc Mélenchon. C&#8217;est lorsqu&#8217;il évoque le traité &laquo;&nbsp;Merkozy&nbsp;&raquo; que le candidat prononce une phrase qui mérite assurément d&#8217;être retenue. Ce traité, dit-il, il le renégociera <em>&laquo;&nbsp;autant que possible&nbsp;&raquo;</em>. Tiens, donc. Et si cette chère Angela lui avait déjà signifié le champ réduit du possible ? Et si, alors que ses diplomates présents à Paris l&#8217;avaient informée de la grande probabilité de la victoire de Hollande, la chancelière lui avait déjà fait passer le message qu&#8217;une renégociation cosmétique pourrait lui être concédée ? Qui a déjà vécu le maquillage du TCE en traité de Lisbonne a le droit de se méfier. François Hollande, sur ce coup là, fut le complice du Président qu&#8217;il a tant fustigé ce mardi soir.</p>
<p>Mais que fichiez-vous là, cher Jean-Pierre ?
<div id="post-footnotes">
<ol>
<li id='fn-2457-1'>Respectivement entraîneurs du Paris SG et de Montpellier. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-2457-1' class='scrollto'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
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		<title>De la Politique, de la vraie</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Apr 2012 10:02:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Desgouilles</dc:creator>
				<category><![CDATA[Oxygène]]></category>

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		<description><![CDATA[Le camarade Renaud Chenu dégaine son <em>Antimanuel de guérilla politique</em>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mon camarade de jeux causeuriens Renaud Chenu vient, en collaboration avec Jean-Laurent Lastelle, de publier un fort séduisant Antimanuel de guérilla politique. Engagé, cet abécédaire décode la novlangue des politiques et se donne pour mission -réussie- de réhabiliter les mots de la gauche contre les maux de la droite.</p>
<p>Même si le clivage droite-gauche ne constitue pas la grille privilégiée de lecture politique de votre serviteur, il encourage néanmoins le lecteur de se précipiter sur cet ouvrage qui a l&#8217;honneur et l&#8217;avantage de ne pas traiter de la politique par le petit bout de la lorgnette, contrairement aux bouquins qui nous expliquent &#8211; pour ne citer que cet exemple- qui si Nicolas Sarkozy a mal débuté son quinquennat, c&#8217;est à cause de sa foutue ex-bonne femme. De la Politique avec sa majuscule, voilà donc ce que vous trouverez dans cet antimanuel au ton grinçant, qui ne recule pas devant un certain humour, parce que le vocabulaire pseudo-gestionnaire que la politique nous impose depuis trente ans est risible et qu’il est salutaire de s’en moquer. En même temps le propos est profondément sérieux car les mots et la manière dont ils ont emprisonné la politique sont essentiels.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Antimanuel de guérilla politique, par Jean-Laurent Lastelle et Renaud Chenu (éditions JC Gawséwitch), mars 2012, 180 pages, 14,50€.</em></p>
<p align="JUSTIFY"><em>Jean-Laurent Lastelle</em> est président de L’Assaut, un « laboratoire d’idées » de gauche composé essentiellement de jeunes d’une trentaine d’années (fonctionnaires, avocats, universitaires, salariés du secteur privé… )</p>
<p align="JUSTIFY"> <em>Renaud Chenu</em> est journaliste -notamment à Causeur- et un des responsables de Gauche Avenir, un club de réflexion et de débat qui réunit des personnalités issues de diverses sensibilités de la gauche.</p>
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