Indispensable Jean-Michel Aphatie !

Il est formidable, Jean-Michel Aphatie. Je vais finir par l’aimer, finalement. Il est irremplaçable, indispensable. Et ne venez pas nous raconter l’histoire de Clemenceau sur les indispensables qui remplissent les cimetières. IN-DIS-PEN-SA-BLE, le Jean-Michel !

Hier, il avait participé à une belle joute avec Georges Frêche. Septimanie contre Sud-ouest avec chacun leur accent. Un bel évènement sportif dont l’Ogre de Montpellier est sorti vainqueur aux points. Aujourd’hui, il fallait bien qu’il se venge. Avec le sourire, néanmoins.

Donc, aux alentours de 19h30, Aphatie dégaine un article du Parisien de ce matin après avoir commenté le match d’hier. Un journaliste dudit quotidien a suivi Frêche pendant toute sa virée parisienne. Ce dernier raconte que Frêche se vante le soir au resto devant ses amis : heureux de son affrontement avec cette « tête à claques d’Aphatie » le président de la Région Languedoc-Roussillon lui mettrait volontiers « son poing dans la gueule » s’il gagnait les prochaines élections, ce dont il est certain. Notre Jean-Michel nous explique tout ça le sourire aux lèvres et donne rendez-vous à Georges en regardant la caméra bien en face.

Mais trois minutes plus tard, notre Grand-Editorialiste conte une autre histoire qui concerne cette fois-ci Eric Besson. Le ministre aurait dit, dans les couloirs de RMC avant de passer au micro de Jean-Jacques Bourdin, que « Nicolas a bien raison ; les journalistes, il faut les passer à la Kalachnikov ». Aphatie dit que ce n’est pas très élégant de la part de Besson mais ne s’arrête pas là. Il s’en prend au rédacteur en chef de RMC qui a mis l’info en ligne sur Twitter. « C’est du totalitarisme », selon lui. Si on ne peut plus rien dire sans que tout soit en ligne sur Twitter dans la minute…

Il n’a pas tort, Aphatie. Je suis même largement d’accord sur ce point avec lui. La transparence absolue, ce n’est pas non plus ma cup of tea, comme disent les sujets de Sa Majesté.

Oui mais il y a quelque chose qui n’a rien à faire dans le potage. Pourquoi ce qui est dit à des amis dans un restaurant parisien par Frêche, c’est de l’info qui peut être publié le lendemain par un quotidien et qu’un aparté, dans un couloir de station de radio, mis en ligne sur un nouveau médium, confine au totalitarisme ?

Deux poids, deux mesures, Jean-Michel Aphatie ! Cherchons un peu. Allergie aux nouveaux média ? Allergie à RMC[1. On sait que les grands interviouveurs du matin, Aphatie, Elkabbach et Bourdin se détestent cordialement.] ? Ou, tout simplement, focalisé sur le fait que « l’info » du Parisien le concernait personnellement ? Les trois à la fois ?

On souhaiterait qu’il nous réponde, notre Jean-Michel Aphatie national, mais il ne le fera sans doute pas. Dommage, mais on ne lui en veut pas. Car nous faire ce sketch en trois minutes chrono, c’est du grand art.

Vraiment.

Photo en Une : Capture d’écran du Grand Journal de C+ (J-M. Aphatie, ce soir, entre 19h30 et 19h33)