Contre les « gens intelligents », la victoire posthume de « l’ours préhistorique »

Ce vendredi, Maurice Szafran, directeur de Marianne, qui débattait avec Natacha Polony sur iTélé, nous a gratifié d’un superbe aveu. Il s’est moqué de « tous ces gens intelligents », parmi lesquels il semblait s’inclure avec humilité, qui nous avaient expliqué lors de l’adoption du traité de Maastricht, qu’il n’était nul besoin d’accompagner une union monétaire de la création d’un Etat, fédéral en l’occurrence. Ce faisant, ces fameux « intelligents » avaient, selon l’éditorialiste, commis une erreur historique dont les résultats étaient aujourd’hui sous nos yeux à tous.

Szafran a raison. Cependant, nous ne saurions, pour notre part, en rester là. Ce que l’éditorialiste nous dit aujourd’hui, Philippe Séguin l’a dit à la France il y a un peu plus de dix-neuf ans. Il nous l’a expliqué, dans son fameux Discours pour la France, prononcé  à l’Assemblée Nationale dans la nuit du 5 au 6 mai 1992, alors qu’il défendait une exception d’irrecevabilité. Il l’a redit le lendemain dans un débat animé par Anne Sinclair qui l’opposait au ministre des affaires étrangères Roland Dumas, je le cite de mémoire : « Cette Europe est une Europe à vocation fédérale. L’expression figurait dans le texte de base. Vous avez choisi de le retirer pour n’effrayer personne. C’était la cerise sur le gâteau. Vous avez enlevé la cerise mais le gâteau est toujours là ! ». Quelques mois plus tard, face à François Mitterrand, Philippe Séguin récidivait. Il rappelait que la monnaie unique ne pourrait pas fonctionner si elle n’était pas assise sur un Etat fédéral et le Président niait, remportant, de l’avis de tous les « gens intelligents », ce fameux débat à la Sorbonne.

Ce que Séguin reprocha, dans cette campagne, à la plupart des partisans du oui, c’est de ne pas annoncer honnêtement la couleur. Selon lui, le débat aurait dû porter non pas seulement sur l’union monétaire[1. La fameuse PESC (politique européenne de sécurité commune) conservait peu ou prou une substance intergouvernementale et il ne la combattait pas, ou en tout cas avec la même ardeur.], mais sur la vocation de la France -et de tous les autres peuples signataires du traité- à  transférer leur souveraineté à un Etat fédéral alors qu’il n’existait pas de peuple européen. Je ne pense pas me tromper en écrivant que si tel avait été le cas, l’issue du référendum aurait été radicalement différente. De toute évidence, François Mitterrand pensait la même chose.

C’est toute l’histoire de la construction européenne « à la Monnet ». A chaque fois, on réclame une « avancée » pour réparer les « insuffisances » de « l’avancée » précédente. Là encore, le Séguin de la campagne référendaire de 1992 dit tout : « On nous raconte que sans Maastricht, le marché unique est dangereux. Lorsqu’on nous a demandé d’adopter ce dernier, je ne me souviens de personne qui nous ait dit : vous allez voter pour un traité dangereux. » Ne soyons donc pas dupes. On nous raconte, pour la énième fois, la même histoire, afin de nous faire avaler in fine ce qu’on a toujours voulu que nous avalions, refusant même le TCE qui constituait une étape intermédiaire, les fameux « Etats-Unis d’Europe ».

Qui était donc le plus intelligent en 1992 ? Maurice Szafran, comme Claude Allègre et bien d’autres, rendent aujourd’hui hommage à Séguin ou à Chevènement, lequel mena le même combat. Mais que n’a t-on pas dit à l’époque de ces deux-là ? Je me souviens avoir écrit au journal de Szafran, L’Evènement du Jeudi[2. Qui me publia, d’ailleurs. L’esprit Jean-François Kahn flottait dans l’hebdo.], pour protester parce que les partisans du non y avaient été dépeints comme des dinosaures. Jacques Julliard, aujourd’hui éditorialiste à Marianne, mais qui écrivait au Nouvel Obs, avait surnommé quant à lui Séguin « L’ours préhistorique ». Charmant[3. Quant à Maurice Szafran, juste après avoir reconnu l’erreur des « intelligents », il se laisse aller à qualifier les partisans de la sortie de l’euro de « fous furieux ». Quel dommage, après ce témoignage de lucidité !]…

Et bien que ce débat sur la nécessité d’un Etat fédéral ait lieu. Qu’il ait lieu et qu’on vote, à la fin. En France, en Allemagne, partout en Europe. Nous nous plierons au résultat comme en 1992. Nous nous plierons au résultat comme Nicolas Sarkozy, le PS et la presse unanime ne le firent pas en 2005. Mais, cette fois-ci, nous ne nous laisserons pas faire si nous gagnons. Il n’y aura pas d’Europe fédérale, et nous retrouverons notre monnaie nationale.

Chiche ?

 

« L’euro ne nous a apporté que des problèmes »

De ma correspondante en Grèce, Olivia Giorgio

Traduction de Yannis Retsinas[1. Qu’ils en soient, tous les deux, chaleureusement remerciés.]

 

Ressentez-vous la « crise » dans la vie quotidienne ? 

Notre  manière  de  vivre  a  changé  radicalement.  Outre  le  fait  que  nous  avons  réduit drastiquement  l’achat  des  biens  de  consommation,  on  dort  et  on  se  réveille  avec  l’incertitude du lendemain et une anxiété permanente. On a perdu le sourire mais surtout notre santé psychologique.

 En  France,  il  est  dit  que  les  Grecs  refuseraient  d’échanger  leurs  euros  contre  des drachmes : info ou intox ? 

Intox ! Moi,  personnellement,  je   souhaite cet échange.  De  plus  en  plus  de  monde  veut sortir de l’euro. Il ne nous a apporté que des problèmes.

Comment envisageriez-vous un retour aux drachmes ? Cela vous fait-il peur ? 

Non  cela  ne  m’effraie  pas.  En  Grèce  on  dit :  « celui  qui  est  mouillé  n’a  pas  peur  de la  pluie ».  J’aurais préféré  les  drachmes.  Le  chemin  sera  difficile,  mais  on  arrêtera  de s’acharner sur la Grèce et peut être retrouverons-nous notre dignité.

La troïka : héros ou zéro ? 

La Troïka est composée de trois personnes, rien de plus. Son rôle et de superviser et non pas d’appliquer des mesures. Selon moi, les seuls responsables de cette soumission sont nos politiciens. Ils ont le pouvoir de dire non, mais pourquoi ne le font-ils pas ?

Pensez-vous  que  les  pays  européens  leaders  font  tout  leur  possible  pour  aider  la Grèce ? 

Non,  les  pays  européens  n’aident  pas  la  Grèce.  Ils  la  regardent  sombrer  et  n’ont  rien empêché.  Encore  maintenant,  ils n’essayent  pas  de  sauver  la  Grèce,  mais  plutôt  de sauver l’Euro, pour ne pas qu’il sombre lui aussi dans cette crise économique.

Payez-vous vos impôts ? Si non, pourquoi ? Si oui, ont-ils augmenté ? 

Les salariés, les retraités et les pauvres ont toujours payé leurs impôts. Ils payaient et ils payent toujours les impôts les plus élevés par rapport aux autres pays européens. Oui, nous les payons, même s’ils ont doublé. Mais l’année prochaine ?

Vous avez l’occasion de passer un message au peuple français, lequel serait-il ? 

Les Grecs sont un des peuples les plus fiers, travailleurs et honnêtes au monde. Si vous voulez  nous  faire  payer  une  erreur,  la  seule  chose  que  vous  puissiez  nous  reprocher c’est d’avoir « laissé » nos politiciens tricher. Cela s’est également produit dans d’autres pays, mais cela n’a jamais rompu l’honneur et la dignité d’un peuple. J’appelle le peuple français  à  nous  apporter  un  soutien  moral  et  à  aider  à  maintenir  notre  réputation  et notre dignité en tant que peuple.

Pensez-vous que la Grèce est encore un pays souverain ? 

La Grèce a perdu sa souveraineté à cause de ceux qui nous gouvernent depuis tant d’années. Ils ont brisé et vendu la Grèce en ignorant le peuple grec. Je veux croire et espére que la Grèce, un jour, redeviendra un Etat souverain et qu’elle reprendra la place qu’elle mérite.

« En Europe, nous sommes à la fois naïfs et dogmatiques »

David Desgouilles – Imaginons que vous soyez président en mai 2012. Je suppose que vous présentez votre projet de démondialisation à Angela Merkel. Comme le conseille Emmanuel Todd depuis quelques années, vous suggérez à l’Allemagne de prendre la tête d’un protectionnisme européen. Que faites-vous si Angela Merkel vous oppose un « nein » ferme et définitif ?

Arnaud Montebourg – La question du débat avec l’Allemagne est au cœur de mon livre « Votez pour la démondialisation ! ». Le « Nein », comme vous dites, ne peut pas être et ne sera pas ferme et définitif. C’est une vision erronée de l’histoire de considérer les choses comme immuables. Il n’y a pas de fatalité ni en politique ni en histoire. Les Allemands ont accepté de violer le TCE sur la monétisation de la dette, le traité de Schengen a été réformé en 48h sous la pression de 5000 migrants tunisiens.

Pour ma part, je refuse d’adopter une vision béate des relations franco-allemandes. Bien souvent, en France, nous oscillons entre le déni des problèmes que nous avons avec l’Allemagne et l’idée que l’Allemagne serait par essence dangereuse. Je ne partage aucun de ces deux points de vue. Je ne crois pas à la pensée de Bainville. Une Allemagne faible ne fait pas forcément les affaires de la France. Mais une France faible ne fait assurément pas les affaires de l’Europe.

Aussi je propose d’engager un dialogue franc avec les responsables allemands. Il faut parler de l’avenir de l’euro, placé en pilotage automatique en pleine tempête économique. Il faut parler du libre-échange, qui casse le tissu industriel, ruine les classes populaires et nous appauvrit. Il faut parvenir à mettre un pilote dans l’avion de l’euro. Il faut aussi parler de la manière dont nous allons mettre en place un protectionnisme écologique, partagé avec les pays du Nord et du Sud, et réciproque avec les grandes nations mercantiles du monde. Il nous faut convaincre l’Allemagne que son attitude actuelle n’est pas un « modèle », ni pour elle ni pour l’Europe

DD – Le thème de la démondialisation a été importé en France grâce à Jaques Sapir. Emmanuel Todd signe quant à lui la préface de votre livre. Partagez-vous les analyses de ces deux intellectuels quant à l’implosion imminente de la zone euro ?

AM – La démondialisation est un concept inventé au Sud, par un philosophe phillipin, Walden Bello, qui est aujourd’hui député dans son pays. C’est un concept qui vise à réorganiser l’économie mondiale en grandes zones régionales et à modérer un système économique devenu extrémiste. Certains continents s’organisent déjà : l’Amérique latine avec le Mercosur notamment. C’est donc un projet de régionalisation de l’économie mondiale, de rapprochement de la production du lieu de consommation, de regain démocratique également puisqu’il s’agit de redonner du poids au politique face à l’économie.

Vous évoquez la question de l’euro. Je ne souhaite évidemment pas l’implosion de la zone euro, car je ne souhaite pas le chaos. Mais la situation est sérieuse, très sérieuse. L’Euro est effectivement menacé. Menacé par les marchés, menacé aussi par le dogmatisme de la BCE. Le vrai problème de l’euro c’est la BCE ! C’est le non pilotage d’une monnaie unique qui pourrait accroitre la force économique du continent, à l’intérieur et à l’extérieur. Nous avons besoin de l’euro à condition qu’il ne serve pas la politique du patronat allemand. L’euro a besoin d’un gouvernement économique. La Fed n’est pas, aux Etats-Unis, indépendante du pouvoir politique. La Fed n’a pas non plus, dans ses objectifs, que la lutte contre l’inflation. En Europe, nous sommes à la fois naïfs et dogmatiques, sans doute même naïfs parce qu’idéologues. La gestion du yuan est aussi une gestion politique.

Comme Emmanuel Todd je suis convaincu que pour sauver l’euro, il faut adopter un protectionnisme européen. Ce protectionnisme européen est, dans mon projet, industriel, écologique et social. Il vise à stabiliser les choses, à remettre de la cohérence dans un univers instable et périlleux.

DD – Pouvez-vous expliquer en quoi consiste le capitalisme coopératif que vous appelez de vos vœux ?

AM – Pour le résumer en une phrase, le capitalisme coopératif c’est la préférence pour les salariés et non pour les actionnaires. Dans ce système les salariés travaillent pour eux-mêmes et non pour des actionnaires anonymes, éloignés de la production et indifférent au devenir industriel des villes et régions concernées. Les entreprises coopératives ont beaucoup mieux résisté à la crise que les autres : c’est une raison de les soutenir et d’aider ce secteur à se développer. Je propose de créer un fonds souverain coopératif capable de piloter la mutation vers l’organisation coopérative des entreprises ou encore de réserver des marchés publics au système coopératif. Le capitalisme coopératif c’est la préférence pour l’humain quand le capitalisme financier privilégie l’argent.

DD –  Comment voyez-vous nos relations avec les pays émergents, et en premier lieu avec Pékin ? Les dirigeants chinois ne doivent pas voir d’un bon œil certaines tentations protectionnistes en Europe. Comment éviter que l’axe Washington-Pékin, que l’on a entrevu à la conférence de Copenhague sur le climat, ne se reforme pour contrecarrer votre projet de démondialisation ?

AM – La Chine est une grande puissance qui s’est sentie humiliée. On sous-estime, parce que nos manuels d’histoire ne l’enseignent plus, les deux guerres de l’Opium et le sac du Palais d’été en 1860. Il s’en est suivi une mise en coupe réglée de la Chine par les pays européens et l’Amérique. Le siècle suivant à été celui des seigneurs de la guerre, de l’invasion japonaise etc… La Chine a retrouvé la maitrise de son destin avec Mao en 1949. Ensuite Deng Xiaoping l’a dotée d’un projet économique visant à lui donner une puissance retrouvée. Economique d’abord, politique ensuite, militaire peut-être demain, sa puissance est réelle.

Mais il ne faut pas imaginer que la Chine est hégémonique et qu’on ne peut lui résister. La Chine doit développer son marché intérieur et elle dépend au plus haut point de nos marchés. Sa fameuse classe moyenne se chiffre davantage à 80 millions de personnes qu’à 400 millions. Il faut donc prendre conscience que l’Europe peut tenir tête à la Chine et l’inciter à réorienter sa politique, à développer son marché intérieur. Pour cela il faut casser le lien qui unit la grande distribution occidentale (Wal Mart aux USA), les places financières et le PCC.

On parle beaucoup du G8 en ce moment mais pas assez du G2 et du jeu connivent entre le Parti Communiste Chinois et Wall Street, entre la Cité Interdite et le Capitole américain où sévit un fort lobby pro-chinois. Le dialogue avec l’Allemagne doit permettre de bâtir une Europe autonome, non-alignée. La France, en tout cas, sera, si je suis élu, en avant-garde dans ce combat.

Irrévocable, qu’ils disent !

Pendant que nos députés, après avoir prélevé douze milliards pour lutter contre le déficit, en  jettent quinze autres dans un puits sans fond en prétextant que c’est pour sauver la Grèce alors que c’est pour sauver l’euro, les Néerlandais, les Slovaques, les Finlandais, et certains éminents Allemands[1. Je comprends qu’il y ait de la résistance aux mesures d’austérité au sein du peuple grec, mais au final, c’est à la Grèce de savoir si elle peut remplir les conditions qui sont nécessaires pour faire partie des membres de la devise commune, Wolfgang Schäuble, ministre allemand des Finances.] se posent des questions sur le bien-fondé du maintien de la Grèce dans l’union monétaire. Les Grecs eux-mêmes doivent commencer à penser au retour à la monnaie nationale, lorsqu’on leur propose pour toutes perspectives, une contraction de leur PIB de 7 % et la mise sous tutelle de leur gouvernement.

Alors que les déclarations -notamment néerlandaises- semaient le trouble, ce n’est pas Angela Merkel ni Nicolas Sarkozy, dont les discussions avaient, paraît-il, évacué le spectre de l’éclatement, qui ont réagi mais la Commission européenne. Amadeu Altalfaj, porte-parole du commissaire aux affaires économiques a précisé lors d’un point presse aujourd’hui : « Aucune sortie, ni expulsion de la zone euro n’est possible d’après le traité de Lisbonne. La participation à la zone euro est irrévocable. Il n’y a aucune discussion à ce sujet ». En fait, il ne peut y avoir débat : c’est interdit par le Traité ! Pourtant, dans le but de sauver l’euro, la BCE a déjà violé les traités en rachetant de la dette grecque ou italienne. On n’a guère entendu à ce sujet la Commission, gardienne des Traités. Mais, cela n’a rien à voir, n’est ce pas ! C’était une question de vie ou de mort pour le Saint-Euro !

On se demande bien ce que la Commission envisage en cas de décision grecque de rétablir le cours de la Drachme. Saisira t-elle la cour pénale internationale ? L’OTAN ? Ou, plus modestement, José Manuel Barroso déclarera t-il qu’il boycotte la fêta, les matches de l’Olympiakos à la télé et ses prochaines vacances à Corfou ? Sur quelle planète vivent donc ces messieurs de la Commission ? Mesurent-ils à quel point ils se ridiculisent et, avec eux, les chefs d’Etat et de gouvernement qui tentent maladroitement de repousser l’échéance ? Ces derniers, finalement, gagneraient peut-être, afin de mettre toutes les chances de leur côté, à réduire la Commission au silence, se comportant ainsi comme de vulgaires souverainistes. Vous avez dit « paradoxe » ?

 

Inimitable Quatremer

Il paraît que Jean Quatremer est le meilleur journaliste spécialiste de l’Europe. « Cite-moi un autre journaliste spécialisé dans ce domaine » me questionnait un camarade de Twitter  alors que je me moquais gentiment de ce que ce dernier tenait, semble t-il, pour une Institution. Seulement voilà, que Quatremer connaisse par coeur les rouages de la grande machine bruxelloise, appelle commissaires et députés européens – pas Nigel Farage, faut pas charrier ! – par leurs prénoms, cela n’en fait pas pour autant un spécialiste de l’Europe. Et puisqu’il m’est donné l’occasion de montrer que j’ai l’esprit maison, Luc Rosenzweig, qui a été correspondant dans plusieurs capitales européennes, me paraît donner davantage de garanties que le titulaire d’un bureau bruxellois.

Mais revenons à twitter, puisque notre spécialiste auto-proclamé de l’Europe et son Histoire y vient, comme moi, y délivrer chaque jour quelques messages n’excédant pas 140 signes. Au moment où les chefs d’Etat et de gouvernement de l’union monétaire réanimaient l’euro en salle de soins intensifs et y parvenaient en donnant au malade un répit de quelques semaines ou quelques mois, Jean Quatremer plastronnait sur le réseau.

La veille, il annonçait la couleur : « Le sommet de l’eurozone s’annonce chaud. Angela Merkel ne veut toujours pas bouger. Sarkozy parviendra-t-il à la convaincre? »  Mais en ce 21 juillet, ce sont les Grecs qui sont habillés pour l’hiver dès le matin : « Pendant que les Européens tentent de sauver la #Grèce, les taxis grecs bloquent Athènes, Corfou, la Crète pour sauver leur statut. » ou ce charmant : « Juste pour rappel: le tourisme est la première ressource grecque #suicide ». C’est vrai, quoi, ces feignasses de Grecs, ils ne pourraient pas fabriquer des machines-outils et des bagnoles de luxe ?

Après avoir ainsi montré que ces manants hellènes ne méritaient quand même pas tant de sollicitude si ce n’était pour sauver le totem monétaire, Quatremer revenait à davantage de positive attitude comme auraient dit Lorie ou Raffarin. Et il finissait par féliciter les participants au Sommet :

Le sommet de la zone euro se dirige vers un succès. Les marchés le saluent comme tel. « Les tabous sont tombés », dit un diplomate #Grèce[1. Une semaine après, Les marchés semblent un peu moins enthousiastes et Quatremer est contraint à ravaler son optimisme.]

– Chacun a donc fait un pas vers l’autre: Allemagne, France et BCE
– Le sommet est terminé. Un succès. « Pour la 1ere fois, les chefs ont discuté dans les détails, ce qui est bien », dixit un pp de la C° #Grèce

C’est bien simple, on pourrait presque l’engager, lui-même, comme PP de la C°, c’est à dire porte-parole de la Commission.

Le troisième temps n’est pas moins caricatural. C’est au tour des europhobes de faire l’objet de la délicate attention de Jean Quatremer. Ah, ce : « Un jour noir pour les europhobes. Caramba, encore raté ! » , il m’a bien fait rire et je ne le remercierai jamais assez pour ce moment de bonheur. Impitoyable, il rosse : « @dupontaignan c’est sûr, avant l’euro, pas de chômage, que du bonheur. Il faudrait arrêter de dire n’importe quoi! #démagogie ». Le président de DLR lui avait fait remarquer que l’heure n’était peut-être pas à la satisfaction béate. Ce n’est pas comme si, pendant les années 90, l’arrimage du Franc au Mark dans l’objectif de l’union monétaire avait anémié notre économie au point de faire atteindre à notre pays les 3,5 millions de chômeurs. Plus tard dans la nuit, il fera preuve d’un mépris souverain pour Paul Jorion lequel fut tout de même l’un des seuls chercheurs à prévoir la crise des subprimes. Un économiste, lui ? Mouarf ! Les vrais économistes, il les croise tous les jours à Bruxelles, lui. Rien à voir avec cet hurluberlu.

Eric Zemmour l’avait surnommé le « curé de l’Europe ». Un côté curé, Jean Quatremer ? C’est vrai que son autre spécialité, la politisation de l’intime, pourrait renforcer cette idée. Mais, finalement,  je préfère laisser les vrais curés tranquilles. Il n’y a qu’un Quatremer. Inimitable.

 

Adresse à Mélenchon

Monsieur le Député,

Aujourd’hui, sur Europe 1, interrogé sur la sortie de l’euro, vous avez cru bon de déclarer qu’il s’agissait d’une solution d’essence « maréchaliste ». Ce propos visait Marine Le Pen, avec laquelle vous avez déjà quelques démêlés judiciaires pour d’autres noms d’oiseau.  Selon vous, refuser d’imposer à l’Allemagne une autre gestion de la monnaie unique (abandon du principe de monnaie chère, monétisation des dettes souveraines par la BCE) rappelle le défaitisme, l’esprit capitulard du Maréchal Pétain.

Permettez-moi d’abord de vous rappeler que cette référence honteuse -qui ne vous grandit pas-  vise non seulement la Présidente du Front National -qui, pourtant, s’inspire sur ce sujet d’économistes qui ne sont pas connus pour une proximité idéologique avec elle- mais aussi mon ami Nicolas Dupont-Aignan, lequel préconise  comme vous l’établissement d’un salaire maximum, et -plus grave, de votre point de vue- le Mouvement Pour une Education Populaire (M’PEP) lequel, si je ne m’abuse, fait partie du Front de Gauche. Maréchalistes aussi, Jacques Nikonoff et Aurélien Bernier ? Il faudra bien vous en expliquer avec eux et avec les électeurs de gauche qui, dans les milieux populaires, ne croient plus depuis longtemps aux bienfaits de l’union monétaire. Mais quittons ces arguments que vous pourriez trouver trop politiciens, bien qu’ils expliquent pourquoi vous n’arrivez pas encore à attirer vers vous un certain nombre d’électeurs hésitant entre la pêche et la Marine.

Il est totalement mensonger de dire que les partisans de la sortie de l’euro seraient mués par une quelconque tentation capitularde. Premièrement, certains d’entre eux -dont je suis- proposent de se tourner vers l’Allemagne et de lui proposer de transformer la monnaie unique en monnaie commune, solution qui permettrait aux Etats-Nations de retrouver leur souveraineté monétaire tout en conservant l’euro comme monnaie de réserve internationale. Si nous ne croyons plus à votre solution, c’est que nous savons que l’Allemagne d’aujourd’hui ne l’acceptera pas et qu’elle préférerait sortir elle même de la zone euro que de la voir appliquée. Peut-être, d’ailleurs, tablez-vous sur cette issue [1. Je reconnais volontiers que cette stratégie n’est pas idiote. Vous voyez : nous autres ne pratiquons pas, comme vous, l’anathème.] ? Simplement, pour nous, le temps presse. Et nous n’allons pas attendre encore quelques années que nos amis Allemands boutent Angela Merkel de la chancellerie et la remplacent par une coalition dominée par Die Linke. Notre économie ne peut faire ce pari risqué. Nous devons agir, et vite, car les peuples souffrent.

Nous savons aussi, quant à nous, que l’euro n’est pas viable en tant que monnaie unique car cette monnaie ne correspond pas à une zone monétaire optimale, lui permettant de résister à des chocs asymétriques. Trois conditions sont nécessaires pour qu’elle le devienne : un budget fédéral beaucoup plus important, une convergence macro-économique et une mobilité des travailleurs. Un Jean-Luc Mélenchon président pourrait peut-être imposer la première condition, peinerait à permettre la seconde mais ne pourrait absolument pas satisfaire la troisième. Les Andalous n’iront jamais travailler dans le froid de Hambourg d’autant que peu d’entre eux maîtrisent la langue de Goethe. Cette zone monétaire optimale n’avait jamais existé en Tchécoslovaquie, comme l’explique mon ami Laurent Pinsolle, nous ne croyons pas qu’il soit possible qu’elle existe sur quinze pays ou plus. Ou alors dans le long-terme, dans lequel, comme vous le savez, nous serons tous morts.

Enfin, notre débat n’aura peut-être bientôt plus lieu d’être. La zone euro implosera peut-être avant que les tréteaux de la campagne présidentielle ne soient installés. Que direz-vous alors ? Vous ne serez plus audible. Les Français se tourneront vers ceux qui leur auront tenu un langage de vérité. Au moins, faites comme Chevènement et ménagez-vous  un plan B. Cela vous évitera, afin de vous différencier à tout prix de Madame Le Pen, d’insulter jusqu’à vos propres amis du M’PEP.

 

Le visage de monsieur Copé

Pour tout vous dire,  les histoires entre Sarkozy, Copé et Fillon, je m’en contrefous. Le psychodrame autour du débat sur la Laïcité, auquel j’ai fait un sort il y a quelques semaines, je le trouve ridicule et dérisoire. Tous ces gens, qui découvrent après trois ans qu’on ne peut pas circuler rue Myhra chaque vendredi après-midi et qui veulent faire plus laïcs que laïcs alors que le Président actuel est précisément celui qui avait tenté d’empêcher la loi sur les signes religieux à l’Ecole en 2003  puis avait tenté de vider le concept en lui accolant le qualificatif de « positive », ne méritent que le discrédit.

Aussi, la petite phrase de Copé sur Fillon hier soir au Grand Journal de Canal + m’en a touché une sans faire bouger l’autre. En revanche, une autre phrase n’a pas suscité chez moi la même indifférence. Donnant des exemples de ce que pouvaient être des propositions d’extrême-droite, Copé a cité notamment la sortie de l’euro, ajoutant, dans sa grande ouverture d’esprit, qu’elle pouvait être aussi le fait d’extrémistes de gauche. Défendant cette proposition et l’assumant parfaitement, me voilà catalogué dans l’une ou l’autre catégorie.

Je ne suis pas seul à défendre cette idée sans pour autant adhérer au FN ni au Parti des Travailleurs. Mon ami Nicolas Dupont-Aignan vient de publier un ouvrage défendant cette thèse[1. L’Arnaque du siècle – Editions du Rocher. Ouvrage qui sera dès demain dans toutes les bonnes librairies et dont je conseille ardemment la lecture à toutes celles et ceux qui fréquentent ce blog.]. Il a d’ailleurs interpellé Copé sur twitter hier soir, lui demandant si c’est à l’extrême-droite ou à l’extrême-gauche qu’il fallait désormais le classer. Il n’a pas tort, Nicolas, d’interroger ainsi le secrétaire général de l’UMP, d’autant qu’il m’a donné une idée.

Alors, d’extrême-droite ou d’extrême-gauche, Maurice Allais, décédé dernièrement et qui fut le seul prix Nobel d’économie français ? D’extrême-droite ou d’extrême-gauche, Jacques Sapir, Emmanuel Todd et Jean-Luc Gréau ? D’extrême-droite ou d’extrême-gauche, ces économistes qui, acquis au départ à l’idée de la monnaie unique, en voient aujourd’hui toutes les limites et les dangers, Patrick Artus, économiste en chef à Banque Populaire-Caisse d’Epargne, ou Christian Saint-Etienne, qu’on croisait davantage dans les cercles centristes -si j’ose dire- qu’à la fête BBR ou à une réunion de cellule de Lutte ouvrière ?

Et d’ailleurs, pourquoi s’arrêter aux  personnalités souhaitant aujourd’hui la fin de la monnaie unique européenne ? Pourquoi ne pas s’interroger aussi, afin de plaire à Monsieur Copé, sur ceux qui l’ont combattue en 1992  ? On ne voit pas par quel miracle ils seraient dédouanés. Ainsi, d’extrême-droite ou d’extrême-gauche, Philippe Séguin et ses compagnons de route Etienne Pinte et François Fillon[2. Tiens, tiens…] ? D’extrême-droite ou d’extrême-gauche, Jean-Pierre Chevènement et Max Gallo ? Tous d’extrême-droite ou d’extrême-gauche, les 48,95 % qui ont voté avec eux contre le Traité de Maëstricht ?

Toutes ces questions démontrent à quel point le propos de Jean-François Copé n’est pas seulement ridicule mais aussi méprisant, arrogant et suffisant, toutes qualités qu’il développe à chaque fois que radio ou télévision lui offre un micro depuis une quinzaine d’années. Et on s’étonne de l’abstention dans le pays. Le dégoût qu’inspire la politique à un nombre croissant de Français a un visage, monsieur Copé.

Et ce visage, c’est le vôtre.

Un débat sur l’Euro ? Chiche !

L’autre matin, j’entendais la star des médias de la semaine dernière, Alain Juppé, qui venait de se faire piquer, par Marine Le Pen, ce statut si envié.  L’homme dont on nous raconte depuis vingt ans, avec la régularité d’un métronome, qu’il n’est pas celui qu’on croit -notamment qu’il est en fait humble et pudique-  a ainsi expliqué qu’il existait une solution simplissime pour faire baisser le Front National : expliquer son programme économique basé sur la sortie de l’euro, laquelle -on cite cet économiste si distingué, au point qu’il voulut vendre un jour Thomson pour un franc symbolique- serait atterrant et fou.

L’homme qui se tenait si droit dans ses bottes, au point de gêner dans le décor, n’imagine pas une seconde qu’une grande partie de ceux qui répondent aux sondeurs qu’ils ont l’intention de voter Marine Le Pen, savent déjà qu’elle souhaite revenir à la monnaie nationale. De même, peu lui chaut que la nouvelle présidente du Front National soit loin d’être la seule à promouvoir ce projet ; que des économistes aussi différents que Jean-Luc Gréau, Paul Krugman, Jacques Sapir ou feu notre prix Nobel d’économie Maurice Allais ne donnent -ou ne donnait- pas cher du devenir de la monnaie unique. Il tient aussi -comme les sondeurs, du reste- la candidature de Nicolas Dupont-Aignan, ce fou dangereux adversaire et déchireur d’euro, comme quantité négligeable.

Pourtant le plus probable, c’est que si davantage d’électeurs savaient que Marine Le Pen voulait sortir de l’euro, elle ne serait pas entre 17 et 24 selon les instituts mais plus proche des 30, à moins que certains d’entre eux ne soient dérangés, comme votre serviteur, par d’autres aspects du projet frontiste. N’oublions pas que des sondages évaluaient au printemps dernier à 37 % des Français ceux qui souhaitent un retour à la monnaie nationale. Cela, Nicolas Sarkozy, qui n’est certes pas dans une forme optimale en matière de choix stratégiques, arrive tout de même à le concevoir. Il faut dire qu’en matière de stratégie politique, même un Sarko aux fraises demeurera toujours infiniment supérieur à un type capable de penser qu’une dissolution de confort pouvait le reconduire tranquillou à Matignon. C’est pourquoi, vraisemblablement, ni le gouvernement ni l’UMP n’organiseront un débat sur l’euro dans les prochains jours.

Le Président me traite d’irresponsable… Et j’aime ça !

Hier soir -ou l’an dernier, c’est comme vous voulez-, j’ai écouté le Président présenter les vœux traditionnels à ses compatriotes. Je me suis fait ce devoir, entre la dégustation de deux huîtres, puisque ce rendez-vous demeure souvent l’occasion de bien rire, en particulier depuis le 31 décembre de l’an 1974.

Je ne m’y attendais pas du tout, mais le Président de la République a parlé de moi. Pas nommément, bien sûr. Ni exclusivement. Mais il a bien mis en garde les Français contre les irresponsables qui prônent la sortie de l’euro. Dont je suis : nul lecteur de ce modeste carnet ne l’ignore.

Passé le léger rougissement qui s’est manifesté sur mes joues, j’en suis venu à la réflexion purement politique : mais pourquoi donc, alors que l’Elysée nous ignorait, ou plus exactement feignait de nous ignorer, lilliputiens politiques que nous sommes, le Président de la République nous a si gentiment mis en scène à l’occasion d’une émission sans doute parmi les plus regardées de l’année ? Il aurait pu, en effet, se contenter de la seconde partie de ce passage consacré à la défense de la monnaie unique, qui consistait à raconter qu’il défendrait icelle de toutes ses forces, indiquant aux méchants spéculateurs qu’ils dépensaient leurs sous en vain. Nenni, il a ouvert sur ces irresponsables qui voient dans une sortie de l’euro un remède à la crise.

Le Président doit avoir des sondages que nous n’avons pas. Peut-être même les fameux 35 % de  partisans de retour à la monnaie nationale, annoncés par les instituts, sont-ils sous-évalués par rapport aux études dont dispose l’Elysée. Il n’est d’ailleurs pas anormal que le Président de la République puisse bénéficier de sondages secrets. Après tout, nous n’avions qu’à devenir Présidents nous-mêmes. Toujours est-il que Nicolas Sarkozy a bel et bien accrédité l’idée que notre discours progressait à grands pas dans le pays et que ce phénomène le préoccupait énormément.

Bien sûr, il y a ce qualificatif « d’irresponsables ». Que mes amis, qui pourraient s’en formaliser, se rassurent.

D’abord, être ainsi désigné par un tel spécialiste de l’irresponsabilité, cela vaut en quelque sorte adoubement. Les nombreux Français qui n’ont plus aucune confiance en Nicolas Sarkozy pourraient bien alors se demander qui sont ces irresponsables auxquels il a apporté tant d’attention en se souvenant de leurs vieux souvenirs d’algèbre : moins par moins, cela donne « plus ».

Ensuite, n’importe quel spécialiste de la conviction d’autrui, le militant politique ou tout simplement l’agent commercial, vous dira qu’il est souvent improductif -voire contreproductif- d’insulter la concurrence. Cela suscite un intérêt nouveau pour celui qui ne la connaît pas encore, ou une vexation pour celui qui a déjà été intéressé par le discours en question.

Enfin, cela nous annonce la suite. Le Figaro a publié la semaine dernière un article que Laurent Pinsolle a, mieux que je ne pourrais le faire, démonté point par point. Pour ma part, à la lecture de cet article, je n’ai pas eu le sérieux de mon confrère et néanmoins ami. J’ai été pris d’un fou rire que ni Nicolas Canteloup, ni Laurent Gerra, ni même Hervé Morin présentant ses voeux à des casseroles vides, n’ont réussi à égaler. Ne manquait à ce catalogue des malheurs -qui surviendraient en cas de sortie de l’euro- que l’invasion de sauterelles, les inondations mais aussi des séismes divers et variés. A l’évidence, le Président a donné le signal hier soir : les éléments de langage sont quasi-distribués pour l’année. Nous aurons droit aux sauterelles, aux inondations, aux séismes par l’entremise de tous les relais présidentiels mais aussi de la part de la plupart de leurs faux adversaires socialistes. On peut se demander si confier telle mission aux Copé, Paillé, Morano et consorts ne relève pas de l’imprudence. Dans leur zèle légendaire, ils pourraient bien ajouter à toutes ces catastrophes naturelles, jaunissement des dents, calvitie pour les dames et développement de l’éjaculation prématurée pour les messieurs. Toute cette débauche d’énergie ne fera que renforcer chez les Français l’idée que ces gens-là ne sont pas plus sérieux que l’euro qu’ils défendent.

Le Président est donc inquiet. Et son inquiétude lui fait faire des bêtises, de son point de vue. Pour ma part, si je n’avais qu’un vœu politique à formuler, il serait celui-ci : que 2011 éclaire encore davantage les Français sur l’irresponsabilité -réelle, celle-ci- des gens qui nous ont convaincus d’abandonner notre monnaie nationale. Afin qu’ils puissent se tourner enfin vers ceux qui les ont mis en garde, à l’exception, bien sûr, de ceux qui ont changé d’avis[1. François F., Henri G., si vous me lisez…].

Mais il n’y a pas que les vœux politiques, il y aussi ceux, de santé, bonheur et prospérité que je formule auprès de ceux qui me lisent, sur Antidote, Causeur ou Marianne2, et qui continueront de le faire en 2011, je l’espère, même lorsqu’ils ne sont pas d’accord.