Osez le pied féminin français !

Le zappeur internaute, qui ne survole souvent que les titres, croira sans doute à une allusion salace aux (més)aventures de Georges Tron. Il n’en est rien. Constatant qu’aucune organisation féministe n’est jusque là montée au créneau, c’est à moi de m’y coller, ce qui ne laissera pas d’étonner, surtout lorsqu’on a lu certaines livraisons récentes.

Il se trouve que notre équipe nationale de football féminin participe actuellement à la coupe du monde qui est organisée en Allemagne. A la fois patriote et amoureux du ballon rond, j’aurais aimé assister devant mon petit écran aux exploits de nos valeureuses footballeuses, d’autant que celles-ci obtiennent de très bons résultats. Après avoir battu le Nigéria par la plus petite des marges (1/0), nos joueuses ont étrillé le Canada 4 à 0. Rappelons qu’en Amérique du Nord, le championnat de foot féminin est professionnel alors que ce n’est pas le cas en France où seul l’Olympique Lyonnais, qui a d’ailleurs remporté la dernière Ligue des champions féminine, a permis à des footballeuses de devenir pros.

On aurait pu espérer que le service public de télévision se porte acquéreur des droits de retransmission de la compétition. On aurait aussi pu souhaiter qu’une chaîne adorant le foot comme Canal +, qui fustige souvent le sexisme des puissants, diffuse au moins les matches de l’équipe nationale. A défaut, une chaîne de la TNT, comme Direct 8, aurait pu offrir au plus grand nombre la joie d’assister aux exploits de nos Bleues.

Nenni ! Pour voir l’équipe de France de foot féminin, il faut être abonné à un bouquet comprenant la chaîne Eurosport. Croyez-moi si vous voulez, mais je suis absolument scandalisé par ce mépris de nos grandes chaînes de télé pour le foot féminin. C’est bien la peine d’avoir une femme au ministère des sports ! Jouanno, démission !

Stade MMA au Mans : allons plus loin !

Ce soir, donc, dans la bonne ville du Mans, on inaugure la MMArena. Les Mutuelles du Mans ont payé une bonne part du stade. C’est ce qui justifie, selon les autorités du foot, la municipalité sarthoise, le club local et, bien entendu, le généreux mécène, un si joli nom de baptême.

L’expérience a déjà été tentée à l’étranger. C’est notamment le cas du club londonien d’Arsenal qui évolue dans l’Emirates stadium. Il ne suffit désormais plus aux marques de coloniser les maillots, transformant les joueurs en hommes-sandwiches1, il leur faut désormais rentabiliser au maximum leur investissement en se substituant aux gloires historiques locales. Il y a vingt-cinq ans, Jean-Luc Lagardère avait déjà  transformé le vieux Racing-Club-de-France en Matra-Racing. Un échec. On a souvent tort d’avoir raison trop tôt.

Le Mans ouvre donc la voie à d’autre expériences dans le même genre. Lyon et Lille pourraient bien les imiter. Et pourquoi pas tous les autres, finalement ? Pourquoi pas un stade Cochonou, Nokia, Mac-Donald ou Edouard-Leclerc ? Malheureusement, il est trop tard pour baptiser Amora le nouveau stade dijonnais. Le moutardier vient de délocaliser l’usine. Depêchons-nous de nommer Airbus le stadium de Toulouse avant que l’avionneur ne finisse par délocaliser toute sa production hors zone-euro.

Puisque les esprits semblent davantage mûrs que du temps du Matra-Racing, le nom des clubs devraient suivre. Mais pourquoi ne pas aller plus loin encore ? Le quotidien sportif national pourrait très bien prendre le nom d’Amaury, tout comme le Tour de France dont cette famille est aussi propriétaire. Il n’y a pas de raison que seul le sport soit concerné. Le Figaro pourrait laisser place à Avion Rafale, Libé à Banque Rothschild, RTL à Bertelsmann Radio et Europe 1 à Station Lagardère.

Quant à la prochaine élections présidentielle, on dit qu’elle pourrait voir s’affronter au second tour Fouquet’s United et Penthouse Magazine. Mais l’Entente Heulliez-Chabichou AOC n’a pas dit son dernier mot. Quant à Gel douche Ushuaïa, on ne sait toujours pas s’il sera candidat. Bienvenue au XXIe siècle !

  1. Même le FC Barcelone qui avait longtemps résisté en conservant leur maillot de toute marque ont maintenant pris le pli. Dans un premier temps, le club catalan avait offert la poitrine de ses joueurs à une organisation bienfaitrice, l’Unicef. La Qatar Foundation va prendre le relais pour 33 millions d’euros.