Joffrin, réveille toi ! Ségo et Gérin sont devenus fous !

Au moment où Terra Nova, think thank proche du PS, explique que la gauche française ne doit plus compter sur les classes populaires, aux tendances forcément xénophobes et réactionnaires, au moment où le PCF reprend dans son projet un texte de Rockhaya Diallo intitulé « le communautarisme, c’est mal ? », on remarque d’autant plus facilement les voix iconoclastes.

C’est ainsi qu’André Gérin, qui avait déjà lancé l’idée d’interdiction de la burqa à un moment où le Président de la République y était opposé, a tenu conférence de presse le 20 juin. Il y a  expliqué que le PCF ne pouvait soutenir  Jean-Luc Mélenchon : « L’essentiel pour ce fidèle de Mitterrand et de l’OCI sera de négocier un ministère avec Martine Aubry et le Parti socialiste ». Mais ce n’est pas tout. Il y a  dénoncé également l’aveuglement du Parti face à l’immigration dans des termes qui ne sont pas sans rappeler un certain Georges Marchais : «  Non, l’immigration n’est pas une chance pour la France. C’est un mensonge entretenu depuis 30 ans. Oui c’est une chance pour le capitalisme financier, pour diviser, pour exploiter, pour généraliser l’insécurité sociale, exclure, ghettoïser des millions de familles et de jeunes français de la vie sociale et politique. »

Le 20 juin, c’est aussi la date choisie par Ségolène Royal pour expliquer ses différences avec Martine Aubry. Evidemment, la présidente de la région Poitou-Charentes n’a pas choisi le Grand Journal de Canal + pour y tenir de tels propos mais le cadre bien plus adapté de « Bourdin 2012» sur RMC et BFM-TV. Je laisse le lecteur visionner cette vidéo où il constatera que la candidate malheureuse à l’élection présidentielle 2007  tient des propos que ne renierait pas son plus célèbre contempteur, Eric Zemmour.

On attend avec impatience le prochain édito de Laurent Joffrin. Comment le Nouvel Obs pourrait-il passer à côté de la recrudescence d’un gaucho-lepénisme aux relents nauséabonds ?

Quand Ariane Chemin décontaminait la pensée nationaliste corse

Le Nouvel Obs a donc trouvé les coupables. Ceux qui décontaminent sans vergogne la « pensée FN ». Bien qu’ayant la particularité d’écrire pour les deux accusés principaux, Causeur et Marianne2, et d’avoir participé un jour à une université de la Fondation du 2 mars (Ex-MarcBloch) je ne reprendrai pas, point par point les actes d’accusation dressés par Laurent Joffrin et Ariane Chemin. Philippe Cohen a fait le boulot, beaucoup mieux que je ne pourrais le réaliser moi-même.

En revanche, je m’étonne que l’une des deux procureurs se trouve être précisément celle qui suivait le dossier corse pour un grand journal du soir,  entre 1999 et 2004. En se plongeant dans les archives on peut -entre autres- retrouver un portrait hagiographique de Jean-Guy Talamoni et une recension, empreinte d’admiration, de l’ouvrage de ce dernier.

Un exemple ? Dans le portrait, elle cite les paroles de Talamoni « Ni droite, ni gauche, Corse ! » qui souhaite se défendre des accusations de facho lancées par d’autres séparatistes, Santoni et Rossi. Dans le papier de ce matin, en revanche, elle cite un ex-collaborateur d’un député gaulliste qui rappelle que « les souverainistes ont été élevés dans le culte du ni droite ni gauche, qui est justement le slogan du FNJ ». Moralité : lorsque que l’on déclare s’affranchir de ce clivage, on est facho ou pas selon qu’on se trouve à Toulon ou à Bastia. Les courants marins, très certainement…

A la lecture de ces deux documents, je me suis tout de même demandé si Ariane Chemin n’avait pas pris le risque de décontaminer la pensée nationaliste corse. Quelle mauvaise langue je fais…

Références :

- Jean-Guy Talamoni, nationaliste sans cagoule. Le Monde, par Ariane Chemin. Jeudi 17 mai 2001.

- Jean-Guy Talamoni, ou le nationalisme corse raconté aux Français. le Monde, par Ariane Chemin. Mercredi 28 novembre 2001.