Sarkozy veut lancer un vaste programme de travaux publics !

J’ai attentivement écouté le discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Montpellier et consacré à l’Ecole. Sur l’éducation en question, pas grand chose à signaler à part le fait que j’ai bien cru qu’il allait réhabiliter Madame de la Fayette mais qu’il y avait renoncé -la pudeur sans doute. Cette ode à la Culture aurait sans doute été plus crédible si l’orateur n’était pas celui qui avait donné les clefs de la réforme du lycée à Richard Descoings et qu’il n’avait pas personnellement veillé à bouter la culture générale hors de la plupart des concours administratifs. De même comment le croire lorsqu’il s’est dit opposé à la suppression des notes alors que le député Grosperrin a fait de ce combat l’alpha et l’oméga de son action au secrétariat national UMP aux politiques éducatives ? Comme d’habitude, les discours sont joliment écrits lorsqu’on cause République, mérite, et travail mais l’expérience, elle, rend lucide quant aux  actes sur le terrain.

Mais le candidat-président a aussi sa mesure-phare, celle qui doit décoiffer. Il s’agit de proposer aux professeurs du secondaire d’être présent huit heures de plus dans leur établissement afin de pouvoir, notamment, rencontrer davantage les élèves, leurs parents, en échange d’une augmentation de 25 % de leur traitement. On croit la mesure révolutionnaire. Elle est juste une resucée de ce que proposait Ségolène Royal en 2007, laquelle était d’ailleurs plus ambitieuse puisqu’elle proposait, sous les lazzis de ses amis socialistes, d’obliger les profs à être présents 35 heures. Le candidat Sarkozy ne se voile pas la face. Afin que l’enseignant puisse faire ce travail, il lui faut un bureau car, précise t-il, « tout ne peut se faire dans la classe ».

Près de 400 000 bureaux doivent donc être construits dans les collèges et lycées afin de permettre cette réforme. Nicolas Sarkozy ne précise évidemment pas que ce sera aux départements, en charge de la construction des collèges, et aux régions, en charge de la construction des lycées qui devront procéder à ces gros chantiers. Un collège de 500 élèves par exemple, devra compter une quarantaine de bureaux soit un petit bâtiment supplémentaire avec tout le mobilier et équipement informatique qui vont avec, sans compter les futures dépenses supplémentaires en terme de viabilisation (électricité, chauffage) et d’entretien (embauche de personnels pour le nettoyage et la maintenance).

C’est donc bien un vaste programme keynésien d’investissement public par le bâtiment qui a été annoncé à Montpellier. Les collectivités territoriales, qu’on jugera sans doute trop dépensières dans un prochain discours consacré à la réforme territoriale ou à la dette, en seront les pivots. Personnellement je ne suis pas philosophiquement opposé à ce genre de recettes économiques à base d’investissement public.

Mais vous croyez qu’Angela est au courant ?

 

Actualisation 29/02/2012 16h00 : Il semble que Berlin ait appelé dans la nuit, affolée. Entre deux parties de sudoku, Wolfgang Schaüble, aurait pris connaissance du grand programme rooseveltien de Nicolas Sarkozy et prévenu Angela Merkel laquelle, furibarde, n’aurait pas été très tendre avec le candidat de l’UMP. Du coup, ce matin, la porte-parole de la campagne Nathalie Kosciusko-Morizet a profité d’un tchat sur le site de campagne pour rectifier le tir : » Nicolas Sarkozy propose donc qu’on aménage des espaces de travail, pas forcément un bureau pour chacun, mais un espace organisé (un bureau partagé pour quelques enseignants ou un open space avec des box pour pouvoir recevoir). En tous cas un espace mieux organisé que les salles des profs actuelles. » Voilà qui, à défaut de rassurer Angela Merkel, amusera beaucoup ceux qui connaissent la configuration des nombreux établissements neufs ou restructurés depuis vingt-cinq ans par les collectivités locales.

Je ne vous dis pas merci, Monsieur Fillon

Pendant que le Mécanisme Européen de Stabilité est adopté dans la quasi-indifférence générale, le gouvernement travaille sur d’autres dossiers autrement plus décisifs. Ainsi, François Fillon, patron de l’administration française, vient de décider que Mademoiselle disparaîtrait des formulaires administratifs ainsi que les mentions « nom d’épouse » et « nom de jeune fille ». Si le PS s’est, à l’exception de quelques mohicans, piteusement abstenu sur le MES [1. Alors que son candidat propose de renégocier l’usine à gaz dangereux montée par Angela Merkel et acceptée par Nicolas Sarkozy.], rue de Solférino, on doit applaudir à cette révolution féministo-administrative.

Notons que Caroline de Haas, fondatrice de l’association Osez le féminisme, est aussi l’une des collaboratrices de Benoît Hamon. Mon excellente consoeur Coralie qui avait moqué la campagne « Mademoiselle, la case en trop » en septembre dernier, essuie aujourd’hui une défaite politique puisque le gouvernement vient de donner raison à l’association néo-féministe dont Magali de Haas, la petite soeur, occupe dorénavant le porte-parolat. Sur twitter, Caroline de Haas défend avec ardeur la décision gouvernementale et ne se place plus seulement sur le terrain de la sacro-sainte égalité Femmes-Hommes, justifiant qu’aucun terme de damoiseau ne vienne stigmatiser l’homme célibataire dans les formulaires administratifs. Désormais, elle utilise aussi l’argument du respect de la vie privée. « Bizarre ce besoin que le statut conjugal des femmes soit affiché partout. Ça regarde qui ? À part moi et mon/ma conjoint-e ? », twittait-elle ainsi mardi soir. Ce soudain souci de la vie privée ne laisse pas de nous étonner. N’est ce pas cette dame qui a fait du partage obligatoire des tâches domestiques une cause nationale, à tel point qu’Elisabeth Lévy lui avait demandé si elle comptait créer une brigade des plumeaux ?

Ce qui insupporte Osez le féminisme, c’est donc l’affichage du statut conjugal, et en particulier celui des femmes. Aussi suggéré-je à l’honorable association une autre batterie de mesures urgentissimes. La publication obligatoire des bans devant chaque mairie devant célébrer un mariage doit donc être d’urgence supprimée. Ne s’agit-il pas d’une stigmatisation insupportable désignant le fait qu’une jeune fille – pardon, une dame – passe de la propriété de son père à celle de son futur mari ? Une campagne que l’on nommerait avantageusement « Stop les alliances ! » pourrait aussi être lancée par l’association. Après tout, ne s’agit-il pas là aussi de montrer qu’une femme est prise en main ? Et que faire des femmes qui apprécient qu’on les nomme encore mademoiselle ou s’acharnent à porter une alliance[2. Je ne vous parle même pas de celles qui portent une bague de fiancée. La notion de « promise » rappelle les heures les plus sombres du patriarcat. ]? Dans un premier temps, on privilégierait des campagnes de persuasion telles que l’immémoriale « Osez le clito ».  Puis, on attendra que Caroline de Haas devienne ministre d’Etat, ministre de l’Egalité entre les genres chargée de la lutte contre le Patriarcat, pour que, enfin, l’alliance soit complètement prohibée sous peine de tranchage de l’annulaire, dont on aura évidemment entre temps changé le nom.

Trêve de plaisanterie. Que des associations mènent ce genre de combat, passe encore. Bernard Pivot, toujours sur twitter, les a exécutées de la plus belle  manière en se demandant si « les libellules vont demander qu’on ne les appelle plus des « demoiselles » ? Mais le Premier Ministre ! Le gouvernement de la France ! Ne peuvent-ils pas considérer que, depuis longtemps, les femmes choisissent à leur gré de cocher Mademoiselle ou Madame et que cela correspond au moins autant à leur propre décision qu’à leur statut conjugal ? Combien de femmes ont-elles été condamnées par la justice parce qu’elles cochaient Madame alors qu’elles n’étaient passées ni devant monsieur le maire, ni devant monsieur le curé ? Y avait-il urgence à priver toutes les femmes de cette liberté ?

Monsieur le Premier Ministre, sous l’amicale pression de Roselyne Bachelot, a donc cédé. A cet égard, il n’est pas complètement incongru de rappeler le discours du candidat Sarkozy à Marseille, lequel fustigeait ceux qui allaient dans le sens de la mode, en matière sociétale. Vous avez dit « campagne sur les valeurs ? »

Appel au Peuple ? Mon oeil !

J’avais déjà l’intention d’écrire sur la relation délicate de Nicolas Sarkozy avec la procédure référendaire avant que Frédéric Rouvillois ne publie une excellente mise au point dans les colonnes de Causeur. Plus rapide que moi, il a donc expliqué avec des arguments incontestables à quel point le candidat-président ne constitue pas la personnalité politique la plus crédible quant à l’Appel au Peuple dont il se fait depuis samedi le zélateur.

Qu’on me permette d’ajouter trois éléments afin que le lecteur -et surtout l’électeur qui est en lui- soit convaincu, non seulement de cette non-crédibilité, mais, pis encore, de la certitude que Nicolas Sarkozy se paye notre bobine.

A l’été 2007, alors que le Président fraîchement élu rend visite aux parlementaires européens, il participe à une réunion avec les présidents de groupes politiques. Et il leur explique, avec sa franchise habituelle, pourquoi il ne soumettra pas le tout nouveau traité de Lisbonne au peuple français. Il leur assène que si c’était le cas, ses compatriotes diraient évidemment non et donc qu’il faut se passer de leur avis. Quand on fait quelque chose à quelqu’un sans son consentement, et pis, en sachant pertinemment qu’il n’est pas d’accord, comment cela s’appelle t-il ? Un viol. Au passage, tordons le cou à un canard -certes boîteux- qui déambule lorsqu’on interroge les responsables de ce viol démocratique. Ils nous racontent à l’envi que le peuple était prévenu avant de voter pour Nicolas Sarkozy, lequel avait bien spécifié qu’il n’y aurait pas de référendum. Ils oublient en général d’ajouter que ledit texte était présenté comme un « traité simplifié réconciliant la France du oui et celle du non ». Or, comme l’explique très  bien Frédéric Rouvillois, ce texte ne réconcilie rien du tout. Il reprend l’essentiel (95 % aux dires du rédacteur du TCE, l’ancien président Giscard d’Estaing, peu suspect du moindre euroscepticisme) du traité rejeté par le Peuple français en 2005.

La défiance de Nicolas Sarkozy envers l’appel au peuple ne se manifeste pas seulement envers ses indisciplinés compatriotes. Lorsque les Irlandais ont rejeté le Traité de Lisbonne -la France présidait alors l’Union européenne- il leur a expliqué qu’il ne voulait pas les juger mais que, tout de même, ils n’étaient pas très raisonnables. Magnanime, il leur a donc donné une chance de voter oui lors d’une nouvelle -et contrainte- consultation populaire.  Ainsi va l’Europe depuis cinquante ans et à laquelle participe Nicolas Sarkozy : si tu votes oui, bravo : le peuple souverain a parlé. Si tu votes non, on te refait voter jusqu’à ce que tu dises oui. Mais parfois, il y a urgence. Les Grecs n’ont même pas eu la chance de pouvoir voter oui au référendum proposé par Georges Papandréou il y a quelques semaines. Le monsieur a été convoqué et on lui a expliqué qu’il allait renoncer fissa à cette malheureuse initiative. A cette occasion, rappelons-le, les éléments de langage en vogue étaient fort différents de ceux d’aujourd’hui sur le sujet de l’appel au peuple. « Irresponsable ! », avait notamment martelé Christian Estrosi que je m’étais permis de rappeler à l’ordre.

Enfin, on attend toujours la proposition de soumettre le nouveau traité européen au peuple français. Il n’en est absolument pas question. On imagine fort bien que, si telle était son intention, le Président l’aurait annoncé dans son entretien au Fig-Mag ou en annonçant sa candidature sur le plateau de TF1.

Lorsqu’on rassemble les arguments de Frédéric Rouvillois et les miens, on ne voit finalement que deux solutions. Ou le candidat Sarkozy se fout ouvertement de la gueule du monde. Ou il s’apprête bien à inventer un nouveau genre de référendum. Nous nous rendrions tous aux urnes et il n’y aurait qu’un seul bulletin à disposition. Le oui.

 

Proportionnelle, la surprise du chef

Le Président de la République ne l’a pas caché dimanche dernier : il ne verrait pas d’inconvénient à instiller une dose de proportionnelle pour les élections législatives. Après la TVA sociale, la taxe sur les transactions financières et les autres mesures annoncées récemment, cette volonté de modifier le mode de scrutin de l’élection des députés viendrait conforter sa stratégie actuelle : bouger tout le temps afin de perturber un adversaire en avance sur lui et conforter l’idée qu’il est le réformateur dont la France a besoin, pour cinq ans supplémentaires.

Car il ne s’agirait pas, en effet, de réformer le mode de scrutin législatif pour 2017 mais bien pour juin 2012. C’est ce qu’on apprend en lisant un article très intéressant du Point.fr, intitulé « La proportionnelle, botte secrète de Sarkozy ? ». Brice Hortefeux, vice-président de l’UMP et proche parmi les proches de Nicolas Sarkozy, explique qu’on y réfléchit très sérieusement. Seulement voilà, cette volonté se heurte à d’importants obstacles, d’autant plus dommageables qu’ils ont été fabriqués par le pouvoir actuel.

Pour instiller une dose de proportionnelle et élire un certain nombre de parlementaires sur cette base, il y a trois façons.
La première, c’est par exemple d’élire une cinquantaine[1. Je choisis le chiffre de 50 au hasard. J’aurais pu dire 30, 70 ou 100. Tout dépend de la part qu’on accorde aux élus sur une base proportionnelle.]de députés sur une base totalement proportionnelle et les ajouter aux députés élus sur la base majoritaire dans les circonscriptions. Ce serait effectivement la solution la plus simple mais elle est quasi impossible car la réforme constitutionnelle de 2008, initiée par cette majorité, a limité le nombre des députés à 577, soit leur nombre actuel. Afin de modifier cet état de fait, Nicolas Sarkozy devrait donc initier une nouvelle réforme constitutionnelle en pleine campagne présidentielle, tout en donnant le sentiment aux électeurs de se renier.

La seconde, c’est de réduire le nombre de députés élus par le scrutin majoritaire dans les circonscriptions, dont il faudrait alors diminuer le nombre. Problème : cette majorité vient justement de procéder à un redécoupage des circonscriptions qui a pris des mois. Il faudrait donc redécouper d’urgence en supprimant une cinquantaine de circonscriptions et faire adopter ce nouveau schéma par les députés actuels, lesquels sont déjà en campagne électorale. Là, on entre de plain-pied dans la science-fiction. Lorsque Brice Hortefeux confie au Point qu’il veut instiller une dose de proportionnelle en ne redécoupant pas les circos et en conservant le même nombre de députés, on comprend donc que la tâche est techniquement impossible.

Il y a cependant une façon de combiner scrutin majoritaire et scrutin proportionnel en conservant le chiffre de 577 députés. Mais pour cela, il faut abandonner le caractère uninominal de cette élection. En instituant un scrutin de liste, on peut doser comme on le souhaite la part élue sur la base majoritaire, et la part élue sur la base proportionnelle. Le plus commode serait de le réaliser sur une base régionale. C’est le même principe que l’élection municipale dans les grandes villes : la proportionnelle à deux tours avec une prime majoritaire de la moitié des sièges. L’avantage, pour Nicolas Sarkozy, serait d’empêcher que les députés jouent perso et préfèrent labourer une circonscription au lieu de faire le boulot pour la campagne présidentielle. En supprimant la circonscription, le candidat à la députation est obligé de se battre pour son parti afin de figurer le plus haut possible dans la liste en juin prochain. L’inconvénient majeur, c’est qu’il faut une loi organique – c’est à dire votée dans les mêmes termes par les deux assemblées- pour imposer une telle réforme. Et qu’il n’est pas certain que le Sénat aujourd’hui dominé par les socialistes fasse un tel cadeau à Nicolas Sarkozy. Le PS vient péniblement d’investir ses candidats pour les élections de juin. Il a aujourd’hui autre chose à faire que de tout recommencer en pleine campagne présidentielle. Qui plus est, les socialistes ne voudront pas donner l’impression de changer les règles à quelques semaines de l’échéance. Une telle réforme a par conséquent peu de chances d’aboutir.

Le Président de la République ne peut ignorer toutes ces données. Nous voterons donc pour notre député dans les mêmes conditions que la dernière fois. Mais il n’est pas exclu que Nicolas Sarkozy propose la troisième option dans les jours prochains et qu’il la retire ensuite, faisant porter la responsabilité sur le refus du Parti Socialiste et son candidat. Ce ne serait pas si mal joué. De là à renverser la tendance actuelle, on en doute davantage…

L’agenda secret de Nicolas Sarkozy

28 janvier – Investiture par la CDU-CSU

29 janvier – Je passe à la télé sur toutes les chaînes sauf Equidia et Gulli.

30 janvier – Hier soir, il y avait un grand chauve qui s’appelait l’Anglais alors que mon modèle est allemand[1. Droits réservés : Coralie D.]. Virer mon conseiller média.

Sommet européen. Je continue de sauver le Deutsch Mark l’euro avec Angela.

6 février – Proposer à Lejaby d’arrêter la lingerie et de réorienter sa production vers la fabrication de culottes de peau.

9 février – Annonce de nouvelles mesures pour stimuler la croissance : organisation d’une fête de la Bière à Paris chaque mois d’octobre.

11 février – J’annonce ma mesure choc. Naturisme obligatoire sur les plages françaises à compter de cet été. Annonce sera faite au Cap d’Agde. Trois motivations:

– Limitation des importations de textile de Chine,

– Attirer nos amis allemands qui vont se dénuder sur l’Adriatique, Angela comprise,

– Faire un clin d’oeil à l’électorat écologiste en prévision du second tour.

16 février – Dans le cadre de la nécessaire harmonisation avec nos amis allemands, les Françaises pourraient à nouveau ne plus se raser les aisselles. Relancer la mode grâce aux amies du mannequinat. Voir avec Carla.

21 février – J’ai toujours trouvé que les sorties des gardiens de but français manquaient de conviction et de virilité. En parler avec Laurent Blanc et la DTN.

26 février – Annonce de ma candidature depuis Berlin, par la chancelière elle-même.

27 février – Réunion avec le comité de campagne. Choix définitif de l’hymne de campagne. Buisson propose « La chevauchée des Walkyries ». Carla note que son ami Woody suggérerait que ça donne des idées d’envahir la Pologne, ce qui n’est pas forcément le but. Je pense que j’opterai pour « Sag Warum » de Camillo.

29 février – Allemagne-France au Weserstadion à Brême. Après le match, hommage au vainqueur allemand et visite du vestiaire français avec remontée de bretelles et invitation à s’inspirer de l’adversaire en terme de rigueur, de simplicité, de volonté. Ne pas oublier de réconforter les blessés, aussi.

mars – Premier meeting de campagne. Henri doit me proposer plein de citations de Goethe, Nieztche et Sloterdijk. Il n’a droit qu’à une seule de Marx.

6 mars – Enregistrement de Trente millions d’amis avec Karlito, le berger allemand offert par Martin Schulz.

9 mars – Réunion des snipers (trouver la traduction allemande) de campagne. Accuser tout le monde d’être germanophobe et  fauteur de guerre. Charger les rosbifs aussi.

16  mars – Dépôt officiel de la candidature à la cour constitutionnelle de Karlsruhe  au conseil constitutionnel. Dire à Guéant que les parrainages des bourgmestres de Munich, Hambourg et Leipzig ne comptent pas.

25 mars – Discours en allemand devant le Bundestag. Angela ne sait pas que j’apprends sa charmante langue depuis six mois en secret grâce à une prof d’Acadomia. Je veux lui faire la surprise.

31 mars – Emu par mes gestes en faveur d’une meilleure conformité au modèle allemand, Jean-Michel Aphatie arrête le journalisme et annonce son soutien officiel à ma candidature.

4 avril – Visite au quartier allemand de la Capitale. Disneyland-Paris. S’habiller en conséquence. Bermuda beige et sandales.

9 avril – Annonce d’un moratoire sur la diffusion de la filmographie de Gérard Oury sur les chaînes de télé françaises.

15 avril – Angela tient meeting avec moi à Bercy. De nombreux pipoles : Franz Beckenbauer, Boris Becker, Dieter Bohlen et Thomas Anders[2. Du groupe Modern Talking.], Dietrich Thurau et Karl Lagerfeld.

22 avril 23h00 – Nachts geh ich dahin, ich bin allein, und frag : Warum ?

 

La tentation de Doha ?

La guerre de la com’ fait rage. Le Président de la République, qui comptait très fort sur un gadin de François Hollande au Bourget, a dû déchanter. Une seule solution aujourd’hui, apparaître comme le challenger.

L’exercice n’est pas facile. Rappelons que les seuls présidents sortants qui ont été réélus le furent au terme d’une cohabitation face au Premier Ministre qui exerçait l’essentiel du pouvoir. François Mitterrand s’était refait la cerise en deux ans, avec le talent qu’on lui connaissait, en jouant le rôle de Président-opposant-vieux sage. Jacques Chirac encaissa alors une défaite mémorable, symbolisée par le duel télévisé de l’entre-deux-tours [1. François Mitterrand l’emporta par 54 % contre 46 % à son Premier Ministre.]. Il prit sa revanche quatorze ans plus tard. Il avait eu cinq ans pour se refaire. Et comme Jospin fit une campagne catastrophique -sans doute n°1 de la Ve République dans cette catégorie, le Président n’eut pas à forcer son talent pour l’emporter, d’autant que la présence inopinée de Jean-Marie Le Pen au second tour lui apporta derechef le statut de Père de la Nation qui avait fait les beaux jours de son adversaire de 1988.

Le seul président vraiment sortant à avoir sollicité[2. Non, je n’oublie pas le Général de Gaulle en 1965. Car il n’avait pas été élu au suffrage universel direct en 1958. Il s’agissait donc là d’un cas de figure complètement différent.] le suffrage  le suffrage universel une nouvelle fois au terme de son mandat fut donc Valéry Giscard d’Estaing. C’est ce modèle là que Nicolas Sarkozy veut absolument éviter, d’autant qu’il est tentant de rapprocher les deux hommes : tous les deux ont souhaité commencer leur mandat par une rupture avec leur propre camp. Ils ont également initié, par la décrispation, pour l’un et la désacralisation pour l’autre, une manière de présider qui n’a pas eu l’heur de plaire à l’électorat droitier et conservateur qui les avait portés au pouvoir. Enfin, ils ont tous les deux affronté une crise économique mondiale. Voilà pour les ressemblances. La différence, en revanche, entre VGE et Nicolas Sarkozy, c’est que le premier était encore favori au mois de janvier face à un François Mitterrand dont le Tout-Paris moquait la ringardise et l’archaïsme. Difficile d’apparaître, dès lors, comme un challenger. A l’heure du bilan, les Français ne firent pas le choix du Président sortant.

C’est sans doute cette différence là qui rend Nicolas Sarkozy moins pessimiste. Ainsi fait-il marteler par ses chevau-légers l’antienne suivante : le candidat favori en janvier est toujours battu en mai -et parfois même en avril. Le problème, c’est que  janvier dure 31 jours. Et que, si cette antienne est vérifiée au premier du mois, elle ne l’est plus dans la deuxième quinzaine. La preuve par… Sarkozy qui passa devant Ségolène Royal au lendemain de son grand raout de la Porte de Versailles le 14 janvier 2007. Pour autant, cette volonté d’apparaître comme le challenger demeure sa seule bouée, et il s’y accroche.

La première façon d’apparaître comme tel, ce qui n’est tout de même pas aisé lorsqu’on est sortant, c’est de faire accroire que son adversaire est le candidat du système et que lui, au contraire, est un homme nouveau qui va proposer des solutions nouvelles. D’où la taxe Tobin, d’où l’éventuelle taxe anti-délocalisations et certainement d’autres propositions à venir, d’autant plus décoiffantes que l’électeur moyen pourra s’étonner qu’elles n’aient pas été mises en oeuvre plus tôt.

La seconde est arrivée ce matin. Il s’agit de le faire passer pour quelqu’un de désintéressé, de la jouer méga-modeste en envisageant sa défaite et en laissant donc fuiter dans la presse des informations dans ce sens. Ainsi, Le Monde rapporte cette citation stupéfiante : « En cas d’échec, c’est sûr, j’arrête la politique. Oui, c’est une certitude. » Nous nous en voudrions d’être discourtois avec le titulaire de la magistrature suprême mais ça nous fait quand même bien rigoler. Quand bien même, il souhaiterait poursuivre sa carrière politique que les gens de son camp le prieraient immédiatement de ne rien en faire. Pas besoin de nous rejouer le Jospin du 21 avril au soir. Fillon, Copé, Juppé et tous les autres auront tôt fait de tourner la page Sarkozy sans lui demander son avis.

Comme souvent, le Président en fait un peu trop dans le style. Et il se laisse aller à des confidences -destinées à être répétées. On voit ainsi resurgir cette fameuse idée, notamment mise en scène dans La Conquête, selon laquelle il ne ferait qu’un seul mandat et qu’il irait ensuite gagner de l’argent. A l’époque, on parlait surtout des Etats-Unis, lui qui disait être fier qu’on le surnomme « Sarko l’Américain ». Aujourd’hui, après cinq ans de présidence et avec un carnet d’adresses plus conséquent, il aurait envie de destinations davantage… émergentes, citant d’ailleurs Gerhard Schröder qui bosse pour le gazier russe Gazprom. Et si on le retrouvait chez ses amis qataris ? Juppé avait souvent évoqué jadis la fameuse tentation de Venise. Avouez que la tentation de Doha ne sonne pas forcément plus désintéressée.

Ces dernières cartouches apparaissent désespérées et pas forcément bien ajustées. Mais soyons prudents ! L’histoire de la seconde moitié de la Ve République nous a appris que même une balle perdue pouvait toucher sa cible. Ou que les adversaires eux-mêmes pouvaient se tirer dessus eux-même avec leurs propres armes.

Stand-up à Toulon

Qui a dit ?

« Il ne peut y avoir de monnaie unique sans que les économies convergent. Si les écarts de niveau de vie, de productivité, de compétitivité se creusent entre les pays, l’euro se révèlera, tôt ou tard, trop fort pour les uns, trop faible pour les autres ; et la zone euro éclatera. »

Philippe Séguin en 1995 ?

Emmanuel Todd en 1999 ?

Jean-Pierre Chevènement en 2002 ?

Jacques Sapir en 2006 ?

 

Vous n’y êtes pas, encore que toutes ces personnalités auraient pu tenir ce même discours aux dates indiquées. Mais celui qui a prononcé cette phrase, c’est Nicolas Sarkozy, ce jeudi 1er décembre à Toulon.

On croit rêver. Le Président de la République a t-il décidé de se mettre au stand-up ? Ah, ce « tôt ou tard », quel magnifique trait d’humour ! Dans le même esprit, l’amateur de vélo qu’il est aurait pu annoncer sur les Champs-Elysées, dimanche 24 juillet, que si Andy Schleck n’attaquait pas davantage en montagne, Cadel Evans pourrait bien gagner le Tour. L’Australien, en jaune et avec son bouquet, aurait hésité entre circonspection, gêne, et hilarité.

Nous le savons, c’est précisément parce que nous avons une monnaie unique depuis dix ans que les économies ont divergé, que les écarts de niveau de vie se sont creusés entre les pays et que l’euro est, depuis des années, trop fort pour les uns, trop faible pour les autres ; et qu’il va éclater sous peu.

Le Président de la République ne souhaitait évidemment pas faire d’humour. Et il est loin d’être un imbécile. Il ne reste donc qu’une seule solution : il se fiche de nous, avec des trémolos dans la voix.

Il nous a aussi parlé de souveraineté. Et de l’exercice en commun de cette dernière. Les journalistes ont traduit ceci, assez logiquement, par « partage de souveraineté ». Encore une petite devinette.  Qui a dit  :

« La souveraineté, cela ne se divise pas, cela ne se partage pas non plus et, bien sûr, cela ne se limite pas. […] Tant il est vrai que la souveraineté divisée, la souveraineté partagée , la souveraineté limitée, sont autant d’expressions pour signifier qu’il n’y a plus du tout de souveraineté ! »

Ici, c’est bien Philippe Séguin la nuit du 5 au 6 mai 1992, à la tribune de l’Assemblée nationale.  «La souveraineté exercée en commun », est une expression supplémentaire pour signifier qu’il n’y a plus du tout de souveraineté. Et là, je n’ai plus du tout envie de rire.

Hello, le soleil brille, brille, brille !

Vous souvenez-vous du film « Le Pont de la rivière Kwaï » ? Il était une fois un colonel, Nicholson. Le Colonel Nicholson était le plus gradé d’un camp de prisonniers et, pour occuper ses hommes et leur permettre de rester dignes, il se laissa convaincre de construire un pont sur la rivière Kwaï. Il en était très fier, de son pont. Mais ce dernier était dangereux, d’un point de vue stratégique pour ses compatriotes anglais et lorsque qu’ils vinrent le détruire, Nicholson tenta de s’interposer. Le pont était devenu le but en soi.

En acceptant que la Chine vienne aider financièrement au sauvetage de l’euro, les dirigeants européens semblent donc bien atteints du syndrome du Colonel Nicholson[1. Je dois cette image et cette formule à Philippe Séguin qui l’employa à propos de Pierre Bérégovoy et son obsession de l’accrochage du franc au mark, qui n’était d’ailleurs que la préfiguration de la monnaie unique.]. L’euro, notre pont de la rivière Kwaï moderne, était présenté comme l’instrument de puissance permettant de peser face aux autres géants, au premier rang desquels la Chine. Combien de fois nous a t-on asséné : « avec ses petits bras et ses petits francs, comment ferait la France ? ». Escroquerie désormais prouvée aux yeux de tous. La Chine est tellement heureuse de l’existence de l’euro, et notamment de la sous-évaluation du yuan par rapport à lui, qu’elle vient, sans hésiter, à son secours.

Nicolas Sarkozy, qui doit s’entretenir avec le président Hu-Jin-Tao aujourd’hui au téléphone, aura à répondre, avec tous ses « partenaires », de haute-trahison. Noëlle Lenoir, ancienne ministre des affaires européennes de Jacques Chirac, et qui ne passe pas pour une souverainiste échevelée, écrivait ce matin sur twitter :  » Fonds chinois pour l’Europe. Le début de la colonisation de l’Europe par la Chine a-t-il commencé ? Et la fin de son indépendance politique. » Comment  peser dans une négociation commerciale, désormais ? Comment protester du fait que la monnaie chinoise soit inconvertible et sous-évaluée ? Envolées, les possibilités de protection aux frontières européennes, la démondialisation de Montebourg, le juste-échange du PS, et la fameuse taxe carbone aux frontières européennes, que le Président souhaitait lui-même mettre en place. Imaginer que le PC chinois apporte son aide sans contrepartie tient davantage de l’esprit de Oui-Oui chauffeur de taxi que de la haute géopolitique. Cette trahison est double : non seulement les dirigeants européens actuels se lient eux-mêmes les mains, mais ils lient par avance celles de leurs successeurs.

Eux n’ont pas l’excuse du Colonel Nicholson. Eux ne travaillent pas dans un camp de prisonniers. C’est en toute liberté qu’ils ont choisi de sacrifier la liberté de leurs peuples au sauvetage de leur pont de la rivière Kwaï.

La droite est morte, la gauche aussi

Michel Sardou est un grand naïf. Je me souviens d’un Sept sur Sept de 1993. Il était l’invité d’Anne Sinclair et il avait espéré tout haut qu’Edouard Balladur, premier ministre de la seconde cohabitation, deviendrait ensuite celui d’un Jacques Chirac élu deux ans plus tard. Pourtant très jeune,  j’avais trouvé bien candide ce conscrit de mon père, qui côtoyait tout ce beau linge bien davantage que le jeune militant provincial que j’étais[1. Sardou, pas mon père !].

Près de vingt ans après, cette touchante naïveté n’a pas disparu.  Sardou narre avec étonnement sa « convocation » à l’Elysée après qu’il eût des mots sévères envers l’hôte des lieux. Cela doit faire plus de trente ans qu’il connaît Nicolas Sarkozy, et il découvre comment fonctionne le personnage. Bernard-Henry Lévy avait expliqué, sur France Info il y a deux ans environ, sa relation au Président en ces termes   : « On est avec lui ou contre lui. Il ne peut pas imaginer qu’on soit son ami et qu’on ne le soutienne pas politiquement ». Et BHL d’ajouter qu’il savait lui, dissocier amitié et proximité politique, ce qui l’avait amené à soutenir Royal en 2007 malgré son amitié pour Nicolas Sarkozy, ce dernier ne pouvant l’accepter. Sardou, l’ami, découvre aujourd’hui ce trait de caractère -guère flatteur- du Président. Sardou l’électeur, en revanche, semble déjà déçu depuis quelques mois. Dans un entretien accordé au Parisien en mai 2010, il n’était déjà guère tendre avec le Président  : « J’y ai cru, je n’y crois plus. Quand on vous promet quatorze réformes et que l’on en fait pas une…Je suis déçu. » Au point qu’aujourd’hui, lorsqu’on lui demande s’il pourrait voter à gauche, il répond : « Pourquoi pas ? »

Et là, les amis, c’est quand même une révolution. Fermez les yeux et imaginez l’auteur du « Temps des Colonies », de « Je suis pour », des « Deux écoles » et de « Vladimir Illitch » dans l’isoloir écarter le bulletin de Nicolas Sarkozy pour glisser celui de François Hollande dans l’enveloppe. Je le fais en même temps que vous. Vous y parvenez ? J’y suis parvenu sans peine. Non, je ne me drogue pas ! Et vous aussi, vous y êtes arrivés, ne mentez pas ! Parce que voter à gauche lorsqu’on est de droite en 2012, parce qu’on ne croit pas -ou qu’on ne croit plus- à son candidat, c’est aussi facile que voter à droite quand on était de gauche en 2007 parce qu’on n’imaginait pas sa candidate présidente. Parce que ce qui était inimaginable en 1974 ou en 1981 quand le clivage droite-gauche signifiait encore quelque chose, ne l’est plus à notre époque.

Ceci nous le savions déjà si on avait étudié les campagnes référendaires de 1992 et de 2005, lorsqu’on tentait d’expliquer les raisons qui poussent des ouvriers votant autrefois pour le PCF à choisir Marine Le Pen ou que, plus récemment, le projet démondialisateur d’Arnaud Montebourg intéressait, voire mobilisait, au delà des sympathisants socialistes. Mais le fait qu’un chanteur aussi populaire que Sardou envisage aussi crûment de voter à gauche constitue un signe dans les deux sens du terme. Le signe de l’obsolescence politique de ce clivage, mais aussi un signe las adressé à tous les fans de l’auteur du « France » : « Je suis comme vous, j’ai compris, ils défendent la même politique. Désormais, je fais comme vous, je zappe !».

« La Conquête », première pierre pour la reconquête ?

Il y a encore quelques semaines, on disait les gens de l’Elysée morts d’inquiétude à l’approche de la sortie du film « La Conquête ». De deux choses l’une. Soit nos services de renseignement sont complètement nuls et ont intoxiqué le Château ; soit l’Elysée a intoxiqué son monde et doit bien rire aujourd’hui de son joli coup.

Point de critique ciné ici. Juste un commentaire sur les messages politiques. Ce film constitue une propagande sarkozyste de la plus belle facture. Le réalisateur et le scénariste ont parfaitement le droit -et même le devoir- d’avoir un avis sur la guerre entre l’actuel président et le clan de son prédécesseur. Encore faudrait-il l’assumer, ce qui n’est pas le cas. La Conquête, c’est le bon (Sarkozy), la brute (Villepin) et le truand (Chirac). Le travail de sape paye. A la fin, on est presque triste de voir Charon, Louvrier, Solly et Lefebvre refoulés à l’entrée du Fouquet’s, tellement ils sont apparus sympathiques pendant une heure quarante-cinq. On se frotte les yeux. Le film ne fait rire qu’aux dépends de Chirac, Royal et surtout Villepin. Ah, la mise en scène de Sarkozy se moquant de l’ancien premier ministre à la sortie de son bain de La Baule (« On aurait dit Ursula Andress dans James Bond » lui glisse t-il malicieusement) ! Spectaculaire retournement de situation. A l’époque, c’est bien l’actuel président dont tout le monde se moquait. Montrer une supériorité psychologique de Nicolas Sarkozy à ce moment précis, et faire rire dans les salles de ciné aux dépens de Villepin, constitue une chef d’oeuvre de manipulation. De même, l’évocation de l’affaire Clearstream, semble beaucoup plus sévère que les juges de première instance[1. Et, semble t-il, des débats se tenant actuellement en deuxième instance.] sur la responsabilité de ce dernier. A la fin, le malicieux Nicolas, si humain, qui a tellement souffert, finit par gagner.

Sarkozyste, ce film l’est aussi à un second titre. Il montre à quel point les idées, les convictions ont disparu du champ politique pour ne laisser place qu’à la com’, la pub’, le marketing, les stratégies médiatiques. En politique, on se flingue et c’est normal car c’est la vie. Mais on le faisait naguère au nom d’un idéal. La Conquête montre crûment la réalité. On ne se flingue plus que par ambition pour soi, pour l’ego. On veut niquer l’autre, le baiser avec du gravier[2. Expressions fleuries, tirées du film.]. Hors de cela, point de salut. Nicolas Sarkozy est le prince de cette com’. C’est normal qu’il gagne à la fin. De ce point de vue, le film est totalement réussi car il reflète la triste réalité.

Sarkozy ne pouvait pas rêver meilleur film à sa gloire. Tous ses publicitaires, communicants et autres cartomanciennes n’auraient pu imaginer des clips de campagne plus efficaces. La Conquête constitue, à un an de la prochaine présidentielle, la première pierre dans son opération « Reconquête ».