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Mauvais genre

Ce mardi 6, c’était jour de rentrée télévisuelle pour Frédéric Taddeï qui, comme chacun sait, ne bosse plus qu’un jour par semaine. Pour des raisons que la raison ne connaît pas, son émission Ce soir (ou jamais !) a en effet été rétrogradée de quotidienne à hebdomadaire (mardi, France 3, 22 h 40). Mince lot de consolation : elle dure une demi-heure de plus. 

Au sommaire du premier numéro, entre “DSK, le retour” et les inégalités sociales – condamnées par Pierre Rosanvallon – , un sujet “sociétal” s’il en est : les études de genre. (Note à l’attention des distraits : il ne s’agit pas ici de peinture mais de sexualité.)

En cause : l’apparition, dans les manuels de biologie pour classes de première, d’un chapitre intitulé « Devenir homme ou femme ». Il y est expliqué en substance à nos chères têtes acnéiques que, selon la loi du genre ( ? ), « on ne naît pas homme ou femme : on le devient en fonction d’un choix personnel ».

Quatre-vingts députés UMP particulièrement ronchons ont signé une pétition réclamant le retrait de ce chapitre. Parmi eux, le Pr Bernard Debré – qui sera un peu seul ce soir-là pour défendre sa position face aux tenant(e)s des fameuses “études de genre”.

Leur « pape », comme dit Taddeï, c’est le sociologue Éric Fassin, auteur notamment d’un essai intitulé le Sexe politique où il prône, comme nouvelles frontières de la démocratie, « la liberté et l’égalité sexuelles ». Et pourquoi pas la fraternité, Éric ? Mais cessons de chahuter : le “pape” est sérieux ! À ses yeux, figurez-vous, c’est simple : la “problématique” des questions sexuelles “interroge” l’ordre familial traditionnel et la reproduction de l’espèce.

Hormis le jargon, on ne saurait être plus clair : il s’agit là d’une entreprise moins scientifique qu’idéologique. Son but, c’est d’institutionnaliser la remise en cause des rôles sexuels. Bien sûr, Fassin ne le dit pas comme ça : sur le plateau de Ce soir (ou jamais !), il se contente de faire le chef de choeur pour dénoncer la dictature du « déterminisme biologique ».

Mais Debré, qui en a entendu d’autres, ne se laisse pas démonter : pour lui, tout ça n’est qu’une théorie, qui a sa place peut-être dans le débat philosophique, mais sûrement pas dans les manuels scolaires ! Et s’il y a des jeunes qui ne se sentent pas bien dans leur propre sexe, faut-il pour autant semer le trouble chez tous les autres ?

Éric Fassin fait patte de velours. À l’entendre, le genre est tout sauf une théorie, encore moins une idéologie : juste « un concept qui sert à comprendre la différence entre identité et orientation sexuelle ». C’est marrant, je pense exactement le contraire : il n’y a pas d’orientation sexuelle sans identité ! L’indifférenciation sexuelle s’annonce mortifère, et pas seulement pour la “famille traditionnelle”. À titre d’exemple, quand il n’y aura plus de différences entre les sexes, je ne donne pas cher de l’homosexualité.

Publié pour Valeurs Actuelles, le 15 septembre 2011
Photo ©France3

 

8 commentaires à “Mauvais genre”

  1. Deudon
    17 Septembre 2011 à 9 h 14 min #

    « …quand il n’y aura plus de différence entre les sexes, je ne donne pas cher de l’homosexualité » Tiens donc et pourquoi ?
    Bien au contraire une fois qu’on en aura fini avec les étiquetages, qui vous fige une fois pour toute dans une pratique sexuelle pour la vie, enfin on pourra aimer des personnes et non leur sexe.
    Arrêtez l’Apocalypse.

    • Toti
      21 Septembre 2011 à 15 h 34 min #

      Je propose , de Michel Scheider : la confusion des sexes.

  2. Sophie
    19 Septembre 2011 à 0 h 18 min #

    L’identité sexuelle est la première à nous appartenir, bien avant une identité de nation, de classe, de génération,….

    Ce n’est pas un « étiquetage » qui nous fige, c’est même précisément le contraire. L’identité sexuelle est, avant tout, émancipatoire et je ne vois pas en quoi elle nous assignerait telle ou telle pratique sexuelle.

    • Deudon
      22 Septembre 2011 à 8 h 51 min #

      Dans toute une vie il peut se passer bien des choses, qui mettent en défaut l’étiquetage. Je ne vois pas en quoi indiquer des pratiques sexuelles différentes, et mouvantes mettraient en danger quoi que ce soit.
      Ne croyez vous pas qu’il y a d’autres Français que de pur souche française ? Et qu’ils apportent au plat national des épices inconnus, sans empêcher d’aimer le bifteack frites, qui d’ailleurs évolue lui aussi ? Ce qui est figé une fois pour toute finit par mourir. Qu’un sang impur abreuve nos sillons, qu’un genre impur abreuve nos sexualités, et nos identités, qu’un plat impur abreuve nos papilles curieuses d’ailleurs, etc

  3. basiledekoch
    19 Septembre 2011 à 2 h 19 min #

    Sophie, voulez-vous épouser Deudon ?

  4. Deudon
    20 Septembre 2011 à 14 h 23 min #

    J’ai demandé a avoir une épouse ?

  5. Amaury Watremez
    27 Septembre 2011 à 13 h 54 min #

    Professionnellement parlant, j’ai eu la main forcée, bien à contrecoeur, pour assister à une conférence sur le genre. J’y ai distingué ce paradoxe originel dés le début de la causerie, qui insiste bien sur les caractèristiques supposées innées dans la démonstration de la dame qui enchaine ensuite pour affirmer tout cela comme acquis et transmis par la société, qui nie l’existence d’une féminité innée (dans son cas, elle n’avait pas tort) pour ensuite affirmer toutes les qualités qui seraient spécifiques aux femmes. Beaucoup de contradictions tout du long et le regard sévère des matrones sur les quelques mâles égarés dans cette péroraison féministe…

  6. ellya
    15 Décembre 2011 à 15 h 22 min #

    ce que vous êtes simplistes, c’en est pathétique…

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