Allah à la française
Vu pour vous, jeudi dernier sur France 2, un documentaire intitulé Et Allah dans tout ça ? Blague à part, il s’agissait pour l’auteur, Philomène Esposito, de répondre à une question “centrale” : être musulman aujourd’hui en France, c’est quoi ? La réponse de Philomène, autant vous le dire d’emblée, c’est qu’il n’y a que des cas particuliers. Une communauté humaine, voyez-vous, n’est jamais que ce que ses membres en font.
C’est tellement vrai que ça en devient limite banal. Au-delà des religions, ou en deçà, la science, les progrès techniques, les idéologies et même la guitare basse ne valent que par ceux qui les pratiquent.
D’un autre côté, Mme Esposito pouvait-elle conclure autrement sans paraître islamophile ou, pis, islamophobe ?
Dans ces conditions, la forme choisie par ce documentaire s’imposait d’elle-même. Pour donner à voir la richesse de l’islam français, quoi de mieux que de s’effacer devant les témoignages les plus divers ?
Face à Tariq Ramadan et à l’imam Abdelhak Eddouk, de Grigny, ils sont huit à représenter les “musulmans d’en bas”. Il y a là un couple mixte islamo-catho ; deux frères musulmans, en désaccord sur tout ; un gay convaincu d’avoir la bénédiction du Prophète ; et surtout trois femmes que tout sépare a priori, sauf ce qu’elles ont enduré.
Diarytou, Guinéenne de 24 ans, a vécu l’enfer dans son pays. Excisée à 8 ans puis mariée de force à un quadra polygame et violent (« comme mon père », précise-t-elle), elle sera humiliée, battue et séquestrée jusqu’à finir par s’enfuir. Aujourd’hui, elle habite dans la rue.
Pour en arriver là, Chahrazade n’a pas eu besoin d’aller si loin. C’est à Ivry que son “petit ami” pakistanais l’a arrosée d’essence (et brûlée à 60 %) parce que, réflexion faite, elle ne voulait pas l’épouser.
Quant à Marie, comme son prénom l’indique, c’est à 21 ans qu’elle s’est convertie à l’« islamisme radical ». Entre la conversion, le mariage, le voile et la burqa, elle n’a pas vu le temps passer… Ce n’est que peu à peu, à force de mensonges et de violences, qu’elle a mis un nom sur cette chose-là : « une secte ».
Aujourd’hui, les trois ont pardonné à leurs agresseurs parce qu’elles continuent de croire en Allah. Ce qui a changé pour elles, Marie le résume très bien : « Maintenant, c’est entre Lui et moi. »
Cette dimension inattendue de “libre examen” dans l’islam mène l’amie Philomène, qui s’y connaît en théologie, à préciser sa question initiale : « Et Dieu donc, dans tout ça ? »La réponse claque : « Notre religion prend tellement de place qu’il n’y en a plus pour Dieu ! ».
La bonne nouvelle que nous apporte Philomène, c’est que vivre sa foi, même musulmane, c’est plus facile en France qu’en Arabie Saoudite ou en Guinée. La mauvaise, c’est qu’on savait déjà tout ça.
Publié sur Valeurs Actuelles, le 24 février 2011.





C’est elle?
http://www.lisons.info/Bah-Diaryatou-auteur-307.php
Je suis d’origine guinéenne. Je viens de donner un coup de fil à ma mère. Il n’existe pas une seule fille (ni même aucune de mes tantes) dans ma famille, même éloignée, qui ait été excisée parmi les centaines que ma propre mère est à même d’identifier. Ca ne se fait plus depuis longtemps chez nous. Vous en déduisez ce que vous voulez mais elle n’a vraiment pas eu de chance, la pauvre Daryatou. A part ça, Conakry c’est infernal mais le reste du pays est féérique. Pas de peine corporelle non plus.
RAS : Le Fouta-Djalon, quelle beauté ! Et vous aussi sans doute !
Salut Benoît
Moi je suis vilain mas le Fouta est très beau!
Ca ferait le refrain d’une chanson chouette pour qui sait jouer de la guitare.
Que du bien!