Bienvenue dans le pire des mondes

Le 23 ou 24 novembre dernier, j’ai acheté le Monde — je me souviens à peu près de la date, parce que l’événement est tellement rare qu’il fait tache : je n’ai pas trop à cœur de financer l’un des journaux officiels (avec Libé) de la mondialisation décomplexée.
Gaïdz Minassian y étalait sa bêtise et sa collaboration à la pensée unique dans une critique du livre tout frais sorti, signé du Comité Orwell, Bienvenue dans le pire des mondes (chez Plon, qui a cru vendeur de mettre Natacha Polony sur la couverture : du coup, elle est l’invité préférentielle, et même quand elle est à l’antenne avec Jean-Michel Quatrepoint, c’est elle que Ruquier fait parler, alors même qu’elle n’a pas, dit-elle, « écrit les meilleures parties du livre »).

Le Comité Orwell est composé de journalistes de tendance souverainiste — entendons qu’ils revendiquent la souveraineté de la pensée, au service de la souveraineté de la France.
(Et déjà, j’ai bien conscience de ce qu’a d’incongru une telle phrase, à une époque où parler de « la France » est une offense à la diversité, aux communautés, aux indigènes de la République et au libre droit des individus à cracher à la figure de Marianne — et à choisir la servitude volontaire).
Ils ont souvent côtoyé, justement, Marianne — le magazine, du temps où il n’était pas patronné par cette cornegidouille de Renaud Dély, qui y a ramené tout ce que l’Obs, où il sévissait auparavant, a de boboïsme vendu. Tant pis pour les amis que j’y ai encore, et qui font le gros dos en attendant que…
Le Comité Orwell, qui compte donc quelques belles intelligences, a rassemblé ses idées en un corps de doctrine, et balaye en 200 pages serrées les questions d’éducation (louanges à un livre qui explique benoîtement aux politiques aveugles que c’est la pierre fondamentale, et que Najat Vallaud-Belkacem est le bon petit soldat de l’apocalypse molle dans laquelle nous entraîne le « soft totalitarisme » — c’est le sous-titre de l’ouvrage — mis en place par la mondialisation, l’Europe bruxelloise, et l’empire américain), d’économie — analyse tout à fait lumineuse —, la démocratie, « nouvel habit de la tyrannie », et de « l’art de dissoudre les peuples » dès qu’ils ne votent pas comme vous voulez.

Revue de détail.

Orwell est convoqué — c’est bien la moindre des choses — dès les premières lignes : « Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre ». C’est que le radical de liberté a été pas mal galvaudé ces derniers temps, comme s’amuse à le faire (c’est un ouvrage très bien écrit, par des gens cultivés à l’ancienne, autant en profiter) la troisième phrase du livre : « Face à une idéologie dominante « libérale-libertaire », qui fait du libre-échange mondialisé un horizon indépassable et du primat de l’individu sur tout projet commun la condition de l’émancipation… »
Disons tout de suite que c’est là la ligne de force du livre : l’atomisation du bien commun en appétits individuels, l’exaltation de l’individu afin de mieux l’asservir à ces appétits qui ne sont plus même les siens, mais ceux des firmes qui les concoctent et les leur vendent, et la combinatoire létale du néo-libéralisme (rien à voir avec le libéralisme tel qu’on le trouve par exemple chez Stendhal, où c’est essentiellement un refus de la monarchie constipée de la restauration : le néolibéralisme est « un modèle de libre-échange total et global »), et de cette pensée libertaire, nourrie de déconstruction, de « relativisme culturel » et de pédagogisme, qui s’est infiltrée dans ce qui fut jadis la Gauche et qui est aujourd’hui l’idiot utile de la dissolution nationale et du communautarisme (un gouvernement sensé commencerait par dissoudre le Parti des Indigènes de la république, dont le livre souligne assez qu’il tient un discours raciste). De la vraie liberté, plus de nouvelles. D’où « le sentiment que, par bien des aspects, nous ne sommes plus tout à fait dans ce qu’on peut appeler un régime démocratique ». Bref, la liberté, c’est l’esclavage — mais qui a lu 1984 était au courant.
Comment ? Vous n’êtes pas pour l’ouverture ? Vous êtes donc pour la fermeture ? Le repli sur soi ? Le pouvoir a le pouvoir de manipuler les mots, il a tout ce qu’il faut de journalistes aux ordres et d’intellectuels auto-proclamés pour ça. Et ceux d’en face, ceux qui ne lèchent pas les cols de chemise de Bernard-Henry Levy, ne sauraient être que des « pseudo-z-intellectuels », comme dit l’autre.

Pourquoi « soft totalitarisme » ? Par extension sémantique du « soft power » qui a pris le pouvoir dans notre monde sans guerre (sans guerre chez nous, quoique…) en diffusant un modèle culturel unique afin de mieux vendre un système économique unique. La grande réconciliation de Marx et de Gramsci. Le « It’s the economy, stupid » de Bill Clinton nappé d’une sauce TF1 / M6, afin que vous ne réalisiez pas que ce que vous mangez vous mange. Et de convoquer cette fois Huxley : « Un état totalitaire vraiment efficient serait celui dans lequel le tout-puissant comité exécutif des chefs politiques et de leur armée de directeurs aurait la haute main sur une population d’esclaves qu’il serait inutile de contraindre, parce qu’ils auraient l’amour de leur servitude. La leur faire aimer — telle est la tâche assignée dans les Etats totalitaires d’aujourd’hui aux ministères de la Propagande, aux rédacteurs en chefs des journaux et aux maîtres d’école. » C’est dans le Meilleur des mondes, et ça date de 1932. Avant même que le Propagandaministerium donne sa pleine puissance. Le soft totalitarisme est la revanche de Goebbels. La Boétie, je t’entends ricaner dans ta tombe !
Bien sûr, c’est l’imminence de l’élection présidentielle qui a rendu urgentes la rédaction et la parution de ce livre. « Parce que la France ne peut se permettre de jouer une élection pour rien. Parce qu’elle est au bord de l’implosion, prise en tenailles entre le totalitarisme islamique et le soft totalitarisme dont la première caractéristique est qu’il ne se soucie nullement de cette barbarie qui n’entrave en rien sa progression. » Citoyen, si en avril prochain tu ne fais pas de ton bulletin de vote un pavé à lancer au visage de l’oligarchie qui ronronne aux manettes, il ne te restera plus qu’à te noyer dans le sirop d’oubli que te déversent le GAFA — Google / Apple / Facebook / Amazon — et Microsoft, qui n’entre pas dans l’acronyme, mais qui a su s’offrir l’Education Nationale française pour une poignée de cacahouètes.

« L’Ecole fut le lieu de baptême de la démocratie ; elle en sonnera le glas ».
L’accent mis sur l’oral (qui remonte quand même aux années 1960, sous la férule, à la DGESCO, d’un certain René Haby), la répudiation de toute culture autre que le fast food pour neurones atrophiés, et jusqu’à la réforme du collège et son cortège d’EPI, tout concourt à « la destruction des barrières culturelles freinant le déploiement généralisé du néolibéralisme et de son corollaire, la globalisation », et au « formatage des individus pour qu’ils adhèrent avec ferveur au modèle qui leur est proposé dans une insistance toute bienveillante ». Voilà comment en trois décennies ont a transformé en cancre un système éducatif qui fut le meilleur du monde — mais l’élitisme, c’est mal. L’éducation, rappelle les auteurs, fut jadis libérale — rien à voir avec les abus ultérieurs du terme : « Cette expression désigne une conception humaniste de la transmission des savoirs à travers l’étude des grandes disciplines » — voir la lettre de Gargantua à Pantagruel : « Maintenant toutes les disciplines sont restituées, les langues instaurées, le grec sans lequel il est honteux qu’une personne se dise savante, l’hébreu, le chaldéen, le latin. Des impressions fort élégantes et correctes sont utilisées partout, qui ont été inventées à mon époque par inspiration divine, comme inversement l’artillerie l’a été par suggestion du diable. Tout le monde est plein de gens savants, de précepteurs très doctes, de librairies très amples, tant et si bien que je crois que ni à l’époque de Platon, de Cicéron ou de Papinien, il n’y avait de telle commodité d’étude qu’il s’en rencontre aujourd’hui. » Du XVIème au XIXème siècle, magnifique progression. Du XXème au XXIème siècle, remarquable régression. Voici que l’éducation, via les « compétences » imposées par la Stratégie de Lisbonne en 2000 (« les compétences sont la version moderne et technocratique des ces « savoir-faire » et « savoir-être » que des pédagogues bienveillants ont voulu substituer aux savoirs jugés élitistes et discriminants »), n’a plus pour but que de développer l’employabilité des futurs consommateurs — un mot qui commence mal. L’employabilité, mais pas l’emploi effectif. Dans le cauchemar climatisé des transhumanistes, l’espèce humaine se robotisera ou disparaîtra. Déjà Lactalis ne fabrique plus l’infâme truc plâtreux et pasteurisé appelé « camembert Président » qu’avec deux employés. Le reste, c’est le tour de main de la machine.
Et contrairement à ce que nous serinent la plupart des politiques, « la globalisation n’a pas oublié l’éducation, c’est même son terrain de jeux prioritaire ». Parce qu’il est de toute première urgence de fabriquer les citoyens modèles d’un monde où la volonté des multinationales s’est substituée déjà au pouvoir des Etats — et que c’est l’un des enjeux centraux des échéances à venir : soit vous votez pour des partis qui veulent restaurer l’Etat et la Nation, soit vous êtes morts en croyant être vivants.
La cible de choix de ses processus déstructurants, ce sont les classes moyennes, dont la lente émergence avait constitué l’histoire du XVIIIème au XXème siècle. Parce que c’est l’envie de culture, associée à l’envie de mieux-être de ces classes mouvantes qu’il faut éradiquer — et qui est le noyau dur de la résistance à la mondialisation. Se cultiver, c’est entrer dans le champ illimité du libre-arbitre. Déculturer le peuple, c’est ce à quoi se sont ingéniées toutes les politiques éducatives depuis trente ans ou quarante ans : le livre analyse en détail ces trois temps forts que furent la renonciation à la convertibilité du dollar en 1971, le tournant de la rigueur en 1983 et la célébration du bicentenaire en 1989, coïncidant avec les premières tergiversations sur le voile islamique et à trois mois près avec la chute de la maison Russie. La méritocratie permettait à quelques fractions du peuple d’accéder à l’élite — qui n’entend plus aujourd’hui laisser la moindre part de gâteau à des enfants exogènes à l’oligarchie dominante. Voter pour les mêmes, c’est se condamner, et condamner vos enfants, à stagner à tout jamais — en fait, à régresser sans cesse jusqu’à ce qu’un salaire universel minimum — les Romains faisaient déjà ça très bien dans les cirques où étaient célébrés les jeux du cirque et de TF1, avec distributions de blé afin de nourrir les (télé)spectateurs — leur permette de végéter sur les mages d’un système qui se goinfrera sur leur dos. On y est presque — la Finlande, ce modèle des anti-modèles qu’on nous sert depuis quinze ans que PISA décide de nos destinées, vient de s’y mettre.
J’avais pris une foule de notes supplémentaires — c’est un livre très dense, dont chaque phrase fait mouche et ouvre la pensée sur les abysses de la pensée dominante. Jamais Cassandre n’a parlé avec tant d’éloquence. Mais je vais en rester là — vous n’avez qu’à l’acheter, vous ne serez pas déçus.

Jean-Paul Brighelli

219 réflexions au sujet de « Bienvenue dans le pire des mondes »

  1. C’est pas bien de fausser les comptes régressifs du trio progressiste Bergé-Niel-Pigasse en achetant le Vespéral qui perd 2 M€ sur l’exercice (perte compensée par les bénéfices de Télérama, lunette abattante sur lucarnes à besoins).

  2. « Bienvenue dans le pire des mondes, Comité Orwell, Plon »
    …p’tain ! encore un livre chroniqué par JPB que je ne lirai pas : je suis maudit. Tant pis, j’irai voir les copines !

  3. Dans l’air du temps, le papier du point qui reprend le satisfecit de Najat Belle-qui-s’aime, avec un merveilleux portrait géant en arrière-plan, digne des plus belles oeuvres du réalisme socialiste … « O Najat! Grande locomotive de l’Histoire qui purgera l’école de la pensée réactionnaire » ! http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sophie-coignard/coignard-la-lecon-d-autosatisfaction-de-najat-vallaud-belkacem-03-01-2017-2094214_2134.php

    • Meuh non ! Il s’agit du poster(e) central, centré sur les lunes de la dame.

      Mais pour les ados qui en raffolent, ce sont déjà de vieilles lunes.

  4. Il y a un vieil adage qui dit : « On ne saurait bien servir deux maîtres à la fois » ; combien l’Etat français sert-il de maîtres ? La commission de Bruxelles, les marchés financiers, l’Otan.
    Il oublie juste la nation française …

      • Ni arabe, ni occidental.

        Le doré du kitsch mondialisé.

        PS : ça me rappelle l’histoire du fils d’émir du golfe qui fait ses études à Londres et qui appelle son père en lui disant avoir un peu honte de venir en cours en Ferrari alors que ses camarades viennent en train ou en métro. Le père dit « je te verse immédiatement 25 M£ sur ton compte courant, je veux que tu aies toi aussi un métro ou un train »

  5. Je viens de relire le billet de notre cher JPB…et je tombe sur:
    « Dans le cauchemar climatisé des transhumanistes, l’espèce humaine se robotisera ou disparaîtra ».
    Là, on est vraiment dans le petit verre d’eau où l’on prend de la petite brise pour de la tempête. Plus picrocholinien qu’orwellien tout ça, clapotis dans un verre à liqueur qui se vide !
    Pour les sociétés occidentales, la technologie numérique apporte plus que la philosophie ou la littérature. D’autres sociétés ont choisi le blocage pinailleur d’arrêt-sur-place, ou le tourner-en-rond-ensemble.
    Pour nos sociétés modernes, c’est l’outil qui fait l’homme, pas l’homme qui fait l’outil.

      • Morozov récidive avec :
        LE MIRAGE NUMÉRIQUE.
        Pour une politique du Big Data
        Evgeny Morozov
        ISBN 978-2-35096-113-2

        Où il met en évidence une certaine idéologie prônant la disparition de l’état, des administrations publiques et du politique en général.
        Le pouvoir restant aux mains des mêmes et les inégalités perdurent : tout cela étant masqué par les discours sur la transparence et l’émancipation par l’innovation comme un leurre du sublime technologique.

        Voilà le résumé que j’en avais fait, là c’est beaucoup mieux :
        http://www.lesprairiesordinaires.com/mirage-numeacuterique.html

    • « .Pour les sociétés occidentales, la technologie numérique apporte plus que la philosophie ou la littérature »Je lis ça et je me dis que là on est au coeur de la question. Et voila pourquoi les peuples ont,finalement, les gouvernements qu’ils méritent. Et j’ai envie d’ajouter : C’est aussi pour ça d’Allah es grand !

  6. Jusqu’à présent c’est encore le cerveau humain qui nourri de ses propres inventions pousse à la découverte – jusqu’à la singularité (hypothétique) quand les ordinateurs prendront le pouvoir sur l’esprit !

  7. Il y a la position réductrice de Revel qui prétend que la philosophie est morte étouffée par son propre succès en ayant donné naissance aux sciences.

    Mais la philosophie est contenue dans tout langage humain ; la langue mathématique est un langage philosophique par excellence !

    Vous construisez un langage avec des 0 et des 1 – un langage binaire – et vous en avez pour des siècles à philosopher là-dessus.

    P.S Ce n’est pas fait pour les petits bourgeois étriqués du 21e siècle qui causent dans le blog.

    • Qu’est-ce qui n’est pas fait pour :
      Norbert Wiener et Cie ?
      Même si on connait depuis que l’on est tout petit ?

      Vous nous traitez comme des moujiks, il ne manque que le knout.

  8. N.B Cédric Villani a l’air d’un gugusse de cirque mais il est très érudit et très au fait de l’invention scientifique ; je vous conseille de lire les textes qu’il consacre à John Nash.
    Il dirige l’institut Henri Poincaré justement parce qu’il a une connaissance encyclopédique des maths.

  9. Norbert Wiener : « Tout travail qui est en concurrence avec le travail d’esclave doit accepter les conditions économiques du travail d’esclave. »

    Propos atroce mais qui explique pourquoi la démocratie est savamment combattue dans les cercles de la finance !

    • Là où cela se complique c’est quand les ordinateurs font mieux le travail de banquier que les banquiers eux-mêmes … que faire d’un banquier qui ne sert même plus à distribuer des crédits ?

    • Voilà la phrase la plus bête du monde.
      La seule et unique valeur sur cette terre en terme d’argent c’est le travail HUMAIN. Plus il y a d’esclaves sur terre moins il y a d’argent et donc de financier.
      Notez que depuis l’arrivée du capitalo-libéralisme, jamais les INDIVIDUS n’ont été aussi riches et n’ont travaillé aussi peu.

  10. http://www.news.gatech.edu/2016/05/09/artificial-intelligence-course-creates-ai-teaching-assistant

    Très drôle.

    Pourtant, il y a question et question. A l’étudiant qui demande « Où sont les WC quand on a cours d’étronique dans l’amphi 421 ? », l’IA chargée de TD répond mieux qu’à celui qui demande dans l’urgence « C’est où ?! »

    C’est, bien sûr, le contexte et l’intonation qui permettait à Robert Dalban, pourtant peu diplômé *, de répondre de façon rapide et pertinente à Bernard Blier dans la fameuse scène des Tontons.

    * un vague dossier de VAE pour présenter un CAP de cambrioleur-crocheteur qu’il n’a jamais obtenu.

    • « Comme ces firmes ont pris un pouvoir considérable dans les pays qui détiennent des ressources en énergies fossiles, en métaux, en minéraux, et aussi en main d’œuvre bon marché, nous aurons, si nous en prenons le contrôle, un moyen d’action concret pour changer les relations avec les pays du Sud, pour aller dans le sens d’échanges et de conditions de travail justes. »
      Il est très gentil, G.Bigot, tout plein de bon sentiments comme le comité Orwell en général. Mais enfin, comment s’y prendront ces braves gens ? Ils vont dire aux dirigeants et actionnaires de ces multinationales de se pousser de là et de leur laisser clés en main la boîte en question ? Et en plus, comment peut-on croire que dans le futur Etat rêvé par le comité Orwell, on trouvera des gens tout prêts à prendre le contrôle de ces multi nationales ( devenues nationales par un coup de baguette politique ) et surtout capables de le faire ? Quand on voit les branques inefficaces qui sont à la tête de l’état incapables de prendre en main des affaires et se perdant dans des discussions à l’infini qui hérissent le premier mec du privé qui essaie de travailler avec eux !
      On va nationaliser toutes les boîtes, on va relocaliser, on va partager les richesses, on va démondialiser, vive la nation, vive la France. Bigot dit même que dans un premier temps d’isolement obligé ( avant le grand effet d’entraînement ) on pourrait s’appuyer sur des relations avec l’Amérique du Sud et la Grèce !!!!! Ben, oui, on va aller loin ! Non, mais franchement, c’est du délire. Des idées bien sympathiques mais ce n’est pas sérieux. A chaque bouquin que je lis, on voit tomber tous leurs arguments comme des châteaux de cartes.

      • Il est quand même possible de faire un peu plus que de l’animation à Bruxelles ; pas du chantage mais presque.
        Déjà évoquer la possibilité d’un référendum en France sur le maintien ou pas de la France, façon brexit ; dans certaines négociations cela pourrait peser.
        Par contre il faut être prêt à le faire, façon ….
        http://fandavion.free.fr/kamikazes1.jpg

      • Dans le continent juste au sud du nôtre, les « braves gens » exploitent une propriété physique, aujourd’hui un peu oubliée, des dirigeants et actionnaires de tout poil : ils sont constitués de viande.

  11. À JPB:
    Merci de rappeler régulièrement dans vos articles que c’est le sieur R. Haby qui a, bien avant la gauche, et pendant plus d’une décennie * , littéralement saccagé un système éducatif qui fonctionnait bien et qui permettait alors à de nombreux enfants d’ouvriers ou de mineurs de fond de devenir ingénieur, professeur ou médecin .
    Bon, d’accord, ses successeurs ont persévéré, mais c’est lui qui a commencé la démolition .
    * Il est passé par tous les grades de l’administration, de proviseur à ministre .

    • Un peu d’air frais! Merci de remettre un peu les choses à leur place, et je ne dis pas ça pour exonérer tous les cyniques et autres incapables qui ont parachevé la destruction de l’école de la république !

  12. En rentrant, j’ai croisé mon voisin qui m’a dit (c’est un littéraire qui vient souvent ici, comme nombreux insipides à souhait):
    « J’ai un Gros Orwell dans ma culotte…ça craint un max !»
    « Oh zut » que j’y ai répondu, puis j’ai poursuivi, serviable à souhait:
    « T’inquiète, j’ai une Natacha de Gouges sous la main pas loin d’ici ! »
    Quelle époque !
    (vas comprendre pourquoi je vous raconte ça)

  13. Porco Dio ! Quel rythme ! Je venais justement de tirer de ma bibli « l’île noire », version 1943, et de le mêler au bouquin d’histoire, (celui dont un commentaire millefeuille a provoqué l’ire des grands prêtres), que je n’ai pas terminé, et à un autre sur les rapaces dans les mondes grec et romain, que je viens de commencer, et voilà que le prof que j’aurais adoré avoir, nous en conseille un autre, alors que je comptais traînasser dans les chardons écossais, à dix ans, bien au chaud à côté, à la fois de la cheminée, (tant que je n’ai pas été dénoncée) et de mon loulou, qui, étant un mâle, présente le double avantage d’avoir toujours chaud et de ne pas bouger pendant qu’il lit l’Equipe !
    «Verba rebus imprimere», quelle chance j’ai d’avoir découvert Causeur et Bonnet d’Âne ! Natacha Polony est très belle et j’ai du plaisir à l’écouter aussi pour ça, c’est injuste, je sais, mais quel plaisir ! Bon, Amazon, où es-tu ?

  14. « Gaïdz Minassian y étalait sa bêtise et sa collaboration à la pensée unique . »
    Si un lecteur,piqué par la curiosité,et se délectant par avance de cet étalage de sottise ( la bêtise des autres nous rassure quant à notre propre intelligence) cherche à suivre le lien obligeamment fourni par le Maître,il tombera sur la mention:
    « L’accès à la totalité de l’article est protégé ».
    Déçu, on se console bien vite,car ce qui est librement,généreusement,gratuitement offert c’est l’image de Natacha (« gratia plena »-Marie et non Marie Madeleine)-au décolleté particulièrement travaillé.
    Qui sait, peut-être étaitt-ce la véritable intention du Maître :nous convier à un exercice d’admiration? N’est-ce pas lui qui naguère demandait incidemment: »mais commen t fait-elle pour rester si mince? » (« en bouffant autant » -sous entendait-il à mon avis,car l’heureux homme connaît l’appétit de la belle.)

    • « L’accès à la totalité de l’article est protégé ».
      Natacha de Gouges enlève le bas dans la version débridée de l’article ..?

    • C’est ce qui m’est arrivé ; l’image de la belle faisant office de stimulus.
      L’envie m’est venue de la défendre (le poids de l’image sans doute) face à ce gueux de Minassian, qui fait des conférences sur les zones grises auprès de la gent à plume (de casoar) d’après gougleu.
      Il faudrait qu’il pense à leur demander leur avis sur ce qui suit, à l’occasion. Ainsi qu’à d’autres ; histoire de voir de ce dont il en retourne, pour les vrais gens de la vie de tout les jours (j’allais dire la vraie vie ; c’est un non sens)

      Ceci dit, il fait mine de se gausser (à deux doigts de pouffer) à l’énoncé de :
      - …  » l’école est en berne,  » …
      Si j’en crois ce que je lis ici et ailleurs, il y a quand même un petit souci à ce niveau là.
      - … » le néolibéralisme annihile nos identités  » …
      Je ne sais pas ce qu’elle en dit, ne l’ayant pas lu ce livre ; annihiler c’est un peu fort ; si j’en crois ce que je lis ici et ailleurs et ce que je vis. Je n’ai pas croisé beaucoup d’identités annihilés. Il exagère peut-être.
      Quoi qu’il en dise il n’est pas possible de nier une tendance délétère dans la conduite des affaires dans le cadre de ce que l’on nomme la mondialisation.
      - …  » l’Europe détruit les Etats
      Si elle ne les détruit pas elle joue à saute mouton avec, pour le moment ; l’exemple de la conduite de l’affaire TAFTA et le projet TAFTA lui-même, l’illustre bien d’ailleurs. D’ailleurs où en est-ce avec Trump qui veut dénoncer tous les traités ?
      - …  » la démocratie est en panne  » …
      Idem ; voyez le barnum à deux doigt d’exploser que représente la France
      - …. » le communautarisme ronge les nations  » …
      De même, la formulation est excessive, par contre que l’on ne vienne pas me dire qu’il n’y a pas de la tentation communautariste chez certains (j’ai des exemples, quasi emblématiques, plein les poches et attend tout le monde de pied ferme)

      Il ne se risque pas dans le champ de ce qui relève plus, habituellement, des incantations des nouveaux sorciers à travers l’économisme.
      Parce que je ne sais pas si c’est dans l’ouvrage, mais c’est-là et ailleurs :
      …  » Pas de bon libéralisme sans protectionnisme  » …
      in http://www.causeur.fr/liberalisme-polony-frontieres-fillon-immigration-41877.html#

      Ce que leur père à tous ( à ces nouveaux sorciers) Adam Smith, considérait déjà.
      (Il ne faut pas se laisser impressionner par des apprentis parricides)
      Il s’agira de plagier Valls pour les en convaincre :
      …  » j’aime le libéralisme  » … (au point de vouloir en prendre soin en considérant qu’un peu de protectionnisme c’est très bien)

      • D’ailleurs il est presque possible de dire que le néo/ultra libéralisme, dénoncé comme fantasme ; c’est le libéralisme sans aucun protectionnisme ou presque.
        Il faut se méfier des nouveaux sorciers ; ils jouent avec leurs mots.

  15. Premiers orgasmes idéologiques à l’Osservatore Pedago à la lecture des « projets » pour l’éducation des primitivistes du ps :

    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2017/01/04012017Article636191103376805488.aspx

    « Valls développe son idée de la « nation éducative ». Cet effort éducatif passe pour lui par un service civique obligatoire pour tous les jeunes des deux sexes mais qui se passera selon des formules différentes selon les jeunes. « Il ne s’agit pas de faire passer tout le monde sous la même toise ; il faut que chacun donne quelque chose à la République. Il pourra prendre des formes diverses, adaptées à une société ouverte sur le monde, sur les langues, mais l’objectif sera commun : apprendre à vivre ensemble, se mettre sur le chemin de la citoyenneté, mettre un pied à l’étrier pour le monde du travail ». »

    Le concept de STO renaît de ses cendres à intervalles réguliers, remettant au goût du jour le célèbre adage qui avait si bien fonctionné pour rapprocher la France et l’Allemagne : « Pour bien occuper un pays, il faut savoir occuper ses habitants ».

    Nous avions déjà eu une alerte avec le projet de STO pour vieux de Yamarade. Voici doncle STO pour djeun’s de Valls.

    Soyons juste, l’appellation STO est un peu excessive : chez Messerschmitt, dans les années mille-neuf-cents-hitler, les jeunes savaient combien ils avaient serré de boulons à la fin de leur journée de labeur ; chez Vivrensemb’ de chez Vallstar, seule une sensation persistante de bouche seiche viendra ponctuer une journée de causements globishiants sur les bienfaits du rapprochement entre les peuples, juste avant les binge drinkings qui rempliront la soirée jusqu’à ce que tout soit vraiment vide.

    • J’allais oublier de commenter le formidable « mettre un pied à l’étrier pour le monde du travail »

      Pour feindre de s’activer sur l’emploi alors qu’on en a donné les rênes depuis longtemps, il n’y a qu’une seule méthode vraiment éprouvée : la cavalerie.

  16. Peillon est amusant… Vichy, juif, Islam…
    http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2017/01/04/25002-20170104ARTFIG00059-peillon-compare-le-sort-des-musulmans-francais-a-celui-des-juifs-sous-vichy.php

    Je ne suis pas juif mais si je l’étais, je ne serai pas flatté de cette comparaison.
    Il est vrai que les musulmans sont actuellement de sympathiques concitoyens dont la présence massive ne pose aucun problème et fait faire de grands progrès à notre civilisation, notre économie, nos libertés, etc.
    Serait-ce du clientélisme ? je n’ose y croire.

    • « serait-ce du clientélisme ? »

      Possible, si on songe au statut dérogatoire taillé sur mesures par Vichy pour que les juifs puissent échapper au sto.

    • moi non plus je ne le suis pas mais j’ai de la famille par alliance qui est partie faire un voyage par la gare du Vel d’hiv… les Peillon, le PIR, Mediapart, la musulmane au ministère le plus important etc… m’ont vacciné à jamais de voter à gauche…

  17. « Marianne » est culbutée dans les champs de la presse et « La Voix du Nord » n’a plus de voix … prolétaires-journalistes unissez-vous !

    Vous clamserez dans le désert des idéologies !

  18. Hamon pond son credo sur le revenu universel :

    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/01/04/benoit-hamon-le-revenu-universel-est-la-nouvelle-protection-sociale_5057339_4854003.html

    Avec cet argument probablement suggéré par un élève de seconde qui vient juste de construire son propre savoir :

    « Quand le Conseil national de la résistance propose la Sécurité sociale au sortir de la guerre, il invite à créer un système qui va très vite peser 100 % du PIB de l’époque. Aujourd’hui, le revenu universel, ce serait 15 % à 20 % du PIB. Que s’est-il passé, en 70 ans, pour que la gauche n’arrive plus à penser ce que pourrait être une nouvelle protection sociale adaptée aux insécurités de notre temps ? »

    Y croit-il lui-même ? Le dirait-il sous penthotal ?

    • De très belles choses ans le bouquin du Comité Orwell sur le fait que le revenu universel est calqué sur les distributions de blé lors des jeux du cirque dans la Rome antique — le panem et circenses classique. Pendant ce temps les empereurs et Goldmann Sachs régnaient peinards.

      • Ce revenu universel ça m’évoque la différence entre les lapins domestiques et les lapins de garenne, dans « les garennes de Watership Down ».

  19. Vincent Peillon affirme qu’il y a quarante ans les juifs portaient l’étoile jaune en France ; c »est certainement Maurice Papon le ministre de l’amiral Giscard qui leur faisait porter ce signe d’infamie !

  20. Quand on vous disait que l’éducation nationale n’apprend plus la chronologie depuis le règne de Peillon, on oublie de dire qu’elle n’apprenait plus les soustractions bien avant lui !

  21. Je continue d’essayer de voir comment le comité Orwell prétend transformer les multinationales en dociles entreprises nationales au service de leur état fort. Et j’obtiens comme réponse en lisant ça et là leur prose qu’il suffit par exemple selon Mr Quatrepoint de trouver des politiques volontaires qui s’affronteront avec les multinationales, ( quasi citation )proposition renforcée par un autre membre du comité qui annonce que le peuple fera pression sur les politiques pour obtenir le résultat voulu.
    D’abord les multinationales ne sont pas forcément présentes sur le territoire français et une fois que le beau parti souverainiste aura refermé les frontières de notre cher pays, ils les transformeront comment les multinationales qui ne sont pas ici ? De surcroît, les quelques multinationales qui sont présentes en France vont bien sûr commencer par faire de la rétention et ne plus permettre l’importation de leurs produits. On fait quoi sans ordinateurs, ou sans matériaux pour les fabriquer ? On fait quoi sans pétrole ? On fait quoi sans … ?
    Y a-t-il un de ces souverainistes du comité Orwell qui a envisagé concrètement l’impact de leurs théories pour le moins peu crédibles ?

    • D’après Donald Trump pas encore président en fonction mais déjà en exercice, on tape du poing sur la table et on oblige Ford à ouvrir une usine dans le Michigan plutôt qu’au Mexique !

      Maintenant vous pouvez davantage faire confiance à Hollande, conseiller à la cour des comptes qui ne sait même pas compter juste car il ne travaille plus depuis l’âge de 25 ans !

      Trump était un entrepreneur célèbre il y a déjà 40 ans – il travaille depuis l’âge de vingt ans ! Les facultés intellectuelles et morales ne s’usent que si l’on ne s’en sert pas … l’entraînement de l’élève c’est tout le secret et on est écolier toute sa vie ! Sauf à être rentier …

      • « on tape du poing sur la table et on oblige Ford à ouvrir une usine dans le Michigan plutôt qu’au Mexique ! »

        Bien répondu à la fermière proustienne, Pierre ! Même dans ses rêves les plus fous, l’Humanité sait que le Droit est un objectif flou… pas une réalité.
        La Force prime toujours le Droit.
        Vive Donald la Trumpette !

    • Le pétrole, tout dépend du fournisseur. On peut arrêter les relations avec les pays arabes fournisseurs de terrorisme (et confisquer leurs biens en France) et se fournir chez Poutine — le renversement des alliances, ça sert à ça. C’est Total qui sera bien attrapé.
      Au passage les Américains flanquent d’énormes amendes aux multinationales hors USA, et nous pas. Faut s’y mettre. Je suis assez maoiste (et gramscien) pour penser que la volonté politique prime sur les réalités économiques.

    • Il ne faut peut-être pas tout prendre au pied de la lettre, c’est une direction . En plus des solutions déjà proposées (voir supra) il est possible d’en inventer d’autres.

      La pression sur les multinationales concrètement ça commence déjà par mettre une pile (sur des points précis) à des grands groupes (ou multinationales) comme Monsanto.
      Vu que nous sommes dans le filet européen, il faut s’en servir ; voyez tout ce qu’il est possible de faire au niveau des semences :
      - Ne serait-ce qu’en terme de désobéissance civique (je ne trouve pas d’autre mot, alors qu’il en existe ou alors légitime, par exemple plus que civique) déjà, d’entrée de jeu (il n’y aura pas de stades ou de prisons pleins de jardinier du dimanche, d’artisans producteurs, d’agriculteurs qui font du trafic de semences de végétaux) Je veux bien parier un œil.
      De plus cela ne ruine pas le grand groupe concerné ; c’est une restriction qui lui est imposée (c’est un peu de la régulation)

      Pour les grands groupes pétroliers, il y a déjà une solution de trouvée (en plus l’ostracisation de pays fortement soupçonnés de sponsoriser des activités dites terroristes, c’est de plus en plus tendance) ; c’est un approvisionnement stratégique ; c’est le politique qui décide (ils sont élus comme représentants du peuple Français ; c’est écrit noir sur blanc) pas des marchands de soupe ou d’autres choses (livres, fromages, produits financiers …)

      Puisque donc nous sommes tenus dans l’europe, il faut s’en servir ; voyez les histoires autour du TAFTA et les tribunaux d’arbitrage.
      Même sans être catalogué souverainiste, n’importe qui d’à peu près éveillé comprenait bien le problème.
      Il y a des possibilités de veto (ou style ; refus de ratification)

      Il y existe des possibilités avec des choix politiques comme ceux-là ; elles n’ont jamais étés tentées parce que cela ne correspond pas à l’idéologie (parce que c’est bien de cela dont il s’agit, dans le sous-jacent ; des histoires d’idéologies) de ceux qui sont à l’œuvre depuis un bail (je pense qu’il y a eu une longue dérive au fil du temps pour en arriver à ce qui est dénoncé à travers ce papier).

      Dans la réalité humaine (je ne sais pas si il y en a d’autres) peu de choses sont irréversibles (la mort, parfois le désamour, ……) dans ce qui relève de la volonté politique j’ai du mal à le penser.
      (je ne prétends pas ne pas être un idéaliste à coté de la plaque ; ça c’est dans l’après-coup que je m’en rend compte, si cela a été le cas)

      Enfin, cet exemple qui a été rapporté ici, il y a peu ; la justice anglaise renvoyant uber dans les cordes en affirmant (re- ?) que les employés étaient bien des salariés (on rêve, mais bon en est là).
      Personne n’est mort, la Grande-Bretagne existe toujours, il y a toujours des taxis et probablement des vtc.
      C’est possible.

  22. « Je suis assez maoiste (et gramscien) pour penser que la volonté politique prime sur les réalités économiques. »
    Ouais, c’est tout le problème. Je ne suis pas certaine que le politique puisse reprendre le dessus. Regardez la prétendue victoire du peuple anglais : vous croyez vraiment que le brexit va se faire ? Il va rester lettre morte à mon avis. Et fuck le peuple !
    Par ailleurs, je ne suis pas sûre que dépendre totalement de Poutine pour l’énergie soit mieux. Il est manifeste qu’il ne demande qu’à étendre sa sphère d’influence, on a bien remarqué. Et tant qu’à se faire bouffer, j’aime mieux que ce soit par les Américains que par les Russes.
    Quant aux précieux minerais dont on a besoin pour beaucoup de choses…Vous faites comment ? L’Afrique ?
    Et on va voir si Trump va réussir à convaincre les grosses entreprises. Pour l’instant, il fait du chantage et de l’intimidation mais dans tous les cas de figure, il ne prône pas la démondialisation. Il fait ce qu’ont toujours fait les USA, plus ou moins, un peu de protectionnisme. Ce n’est pas franchement nouveau.
    Et vous les trouvez où vos bonshommes politiques volontaires et courageux qui croient pouvoir mettre au pas les multinationales et les actionnaires ? J’ose espérer que vous ne comptez pas sur les guignols du FN qui mettraient le curseur vers la sociale-démocratie à peine élus ?

    • L’Afrique ; un sacré creuset.
      Pour l’accès aux ressources (pas nécessairement avec des éléphants blancs et du pillage) il y a déjà la Chine, sur le coup.
      Ceci dit, en France personne n’est en reste, un exemple ; Bolloré, je crois loin de son métier d’origine, (le grand groupe s’entend) détient un paquet d’hectares (à propos du bois, je crois, donc loin du métier d’origine ; il faudrait que je vérifie)

      Le Brexit, lettre morte ?
      Je ne suis pas sûr, par contre l’agonie de la lettre risque d’être un peu longue et de faire parler un peu d’elle.
      De part et d’autre (UE/Grande Bretagne) c’est …  » hâtons nous de ne pas se presser  » … (là je plagie quelqu’un, mais bon un petit emprunt n’a jamais tué personne)

  23. Pour ceux (ou celles) qui doutent que le pouvoir politique peut être plus fort que les réalités économiques:
    Le PIB de la Russie est nettement inférieur à celui de la France ( il est entre celui de l’Espagne et celui de l’Italie)
    Le budget militaire russe est comparable à celui de la France .

  24. Oui, Thierry L., j’entends bien ce que vous dites. Je cherche juste à y voir un peu clair avec pas tant de temps que ça pour le faire ( je ne suis pas journaliste payée pour lire ). Et je n’arrive pas à être convaincue des lectures que je fais,des articles et des bouquins que proposent des gens comme le comité Orwell. Mais bon, je persévère …

    • Et quand bien même vous auriez du temps ; il faut bien des points de vue divergents, des avis dissident sinon tout le monde retombe dans la pensée unique.
      (il existe une multiplicité de pensée unique possible)

      Vive la dissidence !
      (sans le goulag)

  25. Bien.
    Mais je doute que les pédagogos maïeutiques meirieutiques aient eu comme projet l’abrutissement de l’élève apprenant dans le but de le faire con-sommer. En bons bourdivins ils ont l’élitisme — bourgeois et/ou républicain selon leur préférence — en sainte horreur.
    Cela suffit pour araser les têtes bien faites et les rédutre en têtes bien creuses. Toutes, pour éviter que les valeureux et méritants ne redressent la leur.

  26. « 22,5 km en 1 h : pari réussi pour Robert Marchand, 105 ans »

    Ca c’est du costaud ! Quelqu’un veut-il disputer son record à Bob ?

  27. Monsieur Brighelli, arrêtez de de critiquer le coeur de lion, c’est le seul fromage à peu près potable que j’arrive à acheter à ma famille, avec mon salaire d’agrégé au bout de 10 ans de carrière quand même, avec la hors classe peut être pourrais je me payer un vrai bon from au lait cru peut être ?

    Par ailleurs, dans la fabrique du crétin vous expliquiez pourtant que vous ne pouviez pas un seul instant penser qu’un complot contre l’école existât, auriez-vous changé de point de vue depuis ? Votre dernier post le laisse penser….

    • Au niveau européen / mondial, c’est évident : la mondialisation (l’européanisation n’en est qu’un avant-goût) ne peut, s’accommoder des Etats-nations. Il faut donc éradiquer tout ce qui est par trop national — la langue, par exemple. D’où l’usage généralisé de l’anglais — un anglais basique d’ailleurs. D’où PISA et autres comparaisons internationales. Moins un complot qu’une convergence utilitaire.

    • Qu’il fasse donc du vélo et qu’il appuie fort sur les pédales jusqu’à cent cinq ans cela nous changera du petit vélo qu’il a dans la tête !

      • Peillon fait de la péniche et du canoé.

        Le munir de pédales soulignerait cruellement les convergences avec un célèbre capitaine de pédalo du même bord mais dont il aimerait tant paraître éloigné.

  28. Je rentre d’une soirée de recherche féconde à l’Institut sur l’anisette ‘GRAS’ et dois rédiger mon rapport où j’éviterai prudemment de mentionner ma vision d’un quatuor d’ours blancs qui jouait un menuet en descendant la Seine sur un morceau de banquise.
    Je ne fais que passer, mais toujours autant de plaisir insolite à lire vos com’s: quelle revue de presse ! Inutile de lire les journaux avec vous même si rien ne vaut l’original et si, comme dit Jarmusch dans Patterson, « Lire des vers traduits c’est comme prendre une douche en imperméable ».
    Question: comment des tapées d’inutiles larves politiques peuvent-elles hypnotiser votre intelligence à ce point?
    Ma catégorisation politique est hélas sommaire.
    - problématique des pauvres: roboratif, les soucis sont ailleurs, se nourrir ! Où dormir ? J’en ai croisés en rentrant chez moi.
    - problématique des riches : politique à la sauce cinéma de Bergman, vous vous en léchez les doigts ici, tortueux mais passionnant !
    Simplement, lorsqu’on est pauvre, on a autre chose à se poser comme question que les existentielles puisque l’existence est devenue tellement difficile.
    Vous voyez, je ne comprends rien à la politique mais je suis de bonne volonté.
    Je ne comprends pas grand chose non plus à la vie, mais je vais m’accrocher pour tenir longtemps, comme les pauvres…par curiosité.
    Bonne nuit mes petits chéris !

  29. JPB : « Moins un complot qu’une convergence utilitaire. »

    J’aime bien « convergence utilitaire » mais c’est une expression un peu trop forte (pour qu’il y ait convergence, il faut un comportement asymptotique déterminé, autrement dit, une lisibilité du futur).

    Je préfèrerais donc ne pas parler de « convergence utilitaire » mais plutôt « d’accointance circonstancielle » qui souligne le caractère local de ces saprophytismes politiques et sociologiques.

    Mais si la sociologie est un jeu de mots autour de la notion de « conflits de déterminismes contingents », que dire de la politique…

  30. On a dit trop de mal de l’Etat-nation, ne serait-ce qu’implicitement.
    Moi même, j’aurais tendance à me crisper (relativement à des  » engins de guerre  » que je connais bien et ne mésestime pas, je m’en méfie comme de moi ou un peu plus parfois ; c’est du vieux vécu) ; je me détend en passant par N. Elias, ce qui n’est pas la seule approche possible. Le processus de civilisation à travers les mœurs n’explique pas tout, même si cela y contribue.

    De mes souvenirs d’école primaire j’ai le souvenir, via le souvenir d’un instituteur des années 70, qui alors jeune arrivant avait voulu accompagner sa 1ère classe de CM1 à travers le CM2 (le seul que j’ai connais comme ça, c’est D. Pennac, qui lors d’une séance de dédicaces/signatures, expliquait avoir choisi l’enseignement privé car il n’y a que là qu’il avait la possibilité de suivre une classe de collège de la 6ème à la 3ème) de cette définition du  » on  » :
    - pronom imbécile, qualifie celui qui l’emploie.
    J’y pense à chaque fois que je l’emploie (fréquemment ; ne serait-ce que via ce blog)

    Donc pour en revenir au sujet ; on a dit trop de mal de l’État-nation.
    (peut-être considéré comme la cause des maux européens du XXème siècle ; je vise uniquement les 2 guerres mondiales. On pourrait tout autant sacrifier à l’économisme, à l’idéologisme … : il y a plein d’explications qui tiennent, dans la recherche des causes des deux guerres mondiales, peut-être plus voir le Viêt Nam, l’Afghanistan … du XXème siècle)
    Avec le nationalisme comme perversion potentielle … ça démarre mal avec certains, un débat avec le concept d’Etat-nation dans l’arsenal.

    Il vaut mieux le savoir ; les nouveaux sorciers ont plus d’un tour dans leur sac.

    • Après il est vrai que si l’on évoque pêle-mêle, l’Etat-Nation, l’Europe, l’histoire ; les guerres entre la France (pas seulement) et l’Allemagne reviennent souvent sur le tapis.

      C’est pourquoi il faut toujours avoir un œil sur le budget militaire Allemand et ne jamais faire moins (pour cause de 1870, 1914, mai-juin 1940 et pas par inclinaison belliqueuse)

    • Pauvre Thierry L ! Sans préjuger de votre enveloppe physique, vous êtes sûrement l’incarnation d’un échec nutritionnel et compassionnel majeur.
      Je posterai en c.c. rien que pour vous mon commentaire sur le Mur des Lamentations.
      Pour l’autre réponse à votre com, je laisse le cerf bramer sa faillite éditoriale !

      • Mais je suis plein de compassion pour les animaux et ne supporte pas leur souffrance, qui est évitable.
        Une fois morts, il ne faut pas les laisser entre les mains de gougnafiers ; il faut les cuisiner correctement, ça peut relever de l’art.
        Vous voyez bien qu’il n’y a que de l’amour là-dedans et de la compassion chrétienne (j’aime savoir mon prochain bien nourri, par des gens de l’art)

      • Les petits pois sont verts.
        Les petits poissons rouges.
        Les seins de jeunes filles sont généralement plus fermes mais moins gros que ceux des femmes mûres.
        Lorsque le Maître prend la parole,l’essaim de jeunes filles entre en transe.

  31. M. Brighelli,

    Je viens de lire dans « Le point » votre article sur vos vœux pour l’école…
    Et cela m’a donné une idée : pourquoi pas M. Brighelli ministre de l’éducation nationale ? Vous semblez être la bouée de sauvetage d’une mère de famille de 3 enfants qui se désole de jour en jour de voir l’école s’effondrer et ses enfants avec….. Je fais ce que je peux pour les maintenir à flot, mais je ne suis pas maîtresse, c’est un métier !
    La maîtresse demandait à ma fille pourquoi elle avait toujours de très bonnes notes à ses dictées…Ce à quoi ma fille a répondu : « ma mère me fait des dictées plus dures qu’à l’école……! »
    Pauvre France, je vous en supplie que notre pays soit touché par une grâce divine (et surtout pragmatique !) et retrouve le droit chemin !
    Bien cordialement.

    • Mes élèves des quartiers Nord pensent que Marine sera élue…
      Et tout musulmans qu’ils soient pour la plupart, ça ne les affole guère.
      Si Fillon ne comprend pas que le premier tour de la présidentielle n’est pas le troisième tour des primaires, il a perdu.

      • Bien sûr, Marine le Pen ne changerait rien de plus que les autres !
        Je soutiens Fillon et je suis persuadée qu’il remettra les moteurs en marche au moment voulu…..

        • « Je soutiens Fillon et je suis persuadée qu’il remettra les moteurs en marche au moment voulu »
          C’est à ce genre de commentaire qu’on voit que l’esprit madré de Fillon peut instiller des idées fausses dans le fond de l’âme torturée des enseignants en plein désarroi.
          Si tu continues à penser comme ça, ma douce, tu te retrouveras aux urgences ou dans une salle de mariage avec un type que tu crois aimer.

      • « Et tout musulmans qu’ils soient pour la plupart…, »

        Cette fois,Maître,en dépit de tous mes efforts,je ne puis m’expliquer pourquoi vous dérogez à la règle stricte.
        Je comprenais votre subjonctif dans « tout jacobin que je sois »: c’était une façon admirable de nous dire que vous n’étiez guère jacobin.
        Mais ici,la religion de vos élèves des quartiers Nord est un fait,alors pourquoi n’écrivez-vous pas: »Tout musulmans qu’ils sont… »
        Je puis bien semondre et Brunot,et Wagner,et Pinchon,rien n’y fait,rien ne me libère d’une douloureuse perplexité..
        Pour l’apaiser,je n’ai guère d’autre ressource que l’oubli,hélas temporaire:un long regard sur le décolleté de Natacha et peut-être l’amorce d’une méditation sur le « principium individuationis. »

  32. A la primaire de la gauche j’irai voter Filoche et si il n’y a pas de bulletins à son nom, je ferai un scandale en leur reprochant tout ce qu’il y a à leur reprocher.
    Je connais les lieux (d’une époque fort lointaine où je n’étais pas directement concerné) il est donc inutile d’effectuer un repérage.
    Après m’être fait éjecter, à l’usure, je reviendrai pour un lâcher de volailles atteintes de la grippe aviaire.

  33. Je me demande s’il ne faudrait pas profiter de ce drame pour légiférer afin de mieux protéger, même symboliquement, les sangliers et autres suidés des femmes qui les prennent pour leurs pères.

  34. Le mec qui doute de rien et prend tout le monde pour des demeurés.
    http://www.lepoint.fr/presidentielle/valls-beaucoup-m-aimaient-briseur-de-reves-mais-j-ai-change-06-01-2017-2094978_3121.php#xtor=RSS-221

    Tous adeptes du changement express, de l’aggiornamento éclair, de la révolution épistémologique d’un dimanche (matin) ; il n’est plus le même ; d’un seul coup, en un mois.
    Si ça ce n’est pas une preuve de l’existence de dieu.

    Il se dit qu’il n’a pas une image bien terrible, en Espagne, son deuxième pays.

    • Connaissez-vous les Maîtres chanteurs de Nuremberg ? Ce sont des artisans, cordonniers comme Has Sachs, qui une fois l’an à la Saint-Jean vont chanter en lice publique !

      Nous on appelle cela « primaires républicaines » et on attend le plus beau chant du coq pour se prononcer.

  35. C’est mon « bréviaire » actuel, à savoir selon l’étymologie « Livre dont on fait sa lecture habituelle pour en faire son modèle ». Comme vous dites, « panem and circenses », hélas, Ellas…

    • Mais nous sommes pas mal à être d’accord — y compris en dehors de Bonnet d’âne : d’ailleurs, ici, nous ne sommes pas tous d’accord, c’est ce qui fait le charme du lieu.

      • Pour en revenir au naufrage de l’école qui me navre autant que vous : prof de FLE à la Croix Rouge après avoir claqué (très fort) les portes de ce qui se nomme encore l’Education Nationale, je vois chaque jour des enfants de « migrants primo-arrivants » – puisque c’est ainsi qu’on les nomme …- qui, parlant déjà les trois ou quatre langues des pays divers qu’ils ont traversés durant leur long périple, qu’ils arrivent de grand Est, du Proche-Orient ou du Sud – apprennent le français en deux mois et ont une soif de savoir et de connaissances à faire pâlir Pic de la Mirandole lui-même… Et leurs parents, très impliqués, se débrouillent parfaitement bien pour leur trouver les meilleurs enseignants – en sus de ceux de leur classe officielle où ils tiennent la tête, (surtout les filles d’ailleurs !) Est-ce qu’il y aurait là un semblant de début d’espoir possible, venu justement de là où on ne l’attend pas ???

  36. Bonsoir M. Brighelli,

    J’ai 18 ans. Tout est parti d’une incompréhension. D’une révolte. Aux professeurs, j’ai asséné, par de petites phrases assassines, toute une colère retenue des années, bien fermentée. Infantiliser de jeunes adultes, les adoucissant ou les abêtissant – au sens propre: tel était donc leur but. Alors voilà, M. Brighelli, vous avez été, sachez-le, un père spirituel. Moi, je suis tout gâché. Je pourrais toujours m’élever seul, mais je crois que le mal est en moi: après 18 ans de vide, la lassitude et l’apathie ont pris leurs aises. Mais voilà, si l’hérésie continue, j’en sauverais quelques uns de la terrible déferlante. Je précise enfin: ceci n’est ni la complainte d’un fils de quelque salaud de bourgeois, ni la prise de conscience d’un ouvrier démuni. Aucun professeur dans ma famille. Rangez Bourdieu, cette adresse est universelle.

    • Plus qu’infantiliser, il s’agit de vous transformer en consommateurs dociles. À vous de voir d’ailleurs si en ce qui vous concerne, l’opération a été ou non réussie…
      Le problème est moins l’apathie que provoque effectivement cette politique du vide que la révolte — quand on comble le vide avec n’importe quel prêt-à-penser, n’importe quel prêt-à-tuer.

      • JPB, si tout le mal que vous avez fait est de participer à la fabrication de divers Orhans, alors il vous sera beaucoup pardonné …

        Orhan, je suis plus proche des 81 que des 18 …
        La fabrique du crétin produit de l

      • Merci de votre réponse. Je n’en attendais pas moins. Après une année de prépa HEC à Paris, totalement déprimante, il ne me reste plus qu’à postuler chez vous, en khâgne à Thiers, où les chaleurs du sud dissiperont ma molle lassitude. Je sais m’y exposer à des déconvenues, connaissant la rudesse de vos traits, et anticipe la déception que vous aurez en apercevant mon teint pâle et mon charisme d’huître. Alors j’hésite. Surveillez toutefois les listes, on ne sait jamais.

          • Ca sent trop le canular;18 ans Orhan ?
            Allons donc.
            Mais espérons qu’il y aura une suite.C’est amusant.
            Quant à HEC…on l’appelle grande école par abus de langage.
            Hollande, Pécresse en sortent:ça vous donne une idée.
            Et la bande bien soudée qui dirige tout ça s’arrange pour ne pas diffuser d’annales des épreuves orales.
            Est-ce bien républicain ?

          • Allons donc Lormier, ayez un peu d’imagination. Qui y a t-il de si original pour un gosse de 18 ans de s’adresser directement et franchement à un professeur? Quant à la prépa HEC, ce n’est plus qu’un mauvais souvenir, et j’ai pu effectivement y constater tout le mal qu’on a pris l’habitude d’en dire.

  37. Quand j’écoute le nocturne opus 3.11 de Orhan, j’ai envie d’envahir Cythère plutôt que la Pologne. Je parle d’expérience, parce qu’une copine à peine plus âgée que lui, vient de quitter mon boudoir aménagé en salle de tortures sexuelles et littéraires où coincée, apeurée, suppliante, je lui ai fait subir les derniers outrages. Ah ! Il en a pris un sacré coup son gros vide intellectuel pesant !

  38. Bouche d’Or : « Tirant sa mentule en l’air, il les compissa sy aigrement qu’il en noya deux cens soixante mille quatre cens dix et huyt – sans les femmes et les petitz enfans » in « Les contes de Jean-Paul racontés aux enfants ».

  39. Une mienne amie, tout juste retraité de l’enseignement, à qui je reprochais de s’en désintéresser totalement, m’a répondu aujourd’hui la chose suivante :
    « Je ne crois plus à la cause, franchement. Les élèves et les collègues n’ont que ce qu’ils méritent — comme dit Caligula ils n’avaient qu’à se révolter, et j’ajouterais se révolter massivement. Qu’ils crèvent dans leur lâche médiocrité. En attendant, contre la servitude volontaire on ne peut rien … Sans doute l’Ecole n’est-elle pas encore tombée assez bas… Mais je ne désespère pas de la voir toucher le fond de l’abîme. Quand on aura encore rétrogradé aux divers classements PISA Shanghai etc., qu’on n’aura plus de médailles Fields ni de Nobel pour faire illusion sur le niveau de notre recherche, quand on réalisera que des pointures comme Lévi-Strauss, Barthes, Girard, ou même Serres avant de gagatiser, n’ont pas eu de successeurs … quand nos diplômés ne vaudront pas mieux que ceux de la Hte-Volta ou de la Syldavie, quand les parents de nos zélites zautoproclamées formées dans des grrrandes écoles de pipeau managérial réaliseront qu’ils sont inemployables et pas même bons à balayer les chiottes, les choses bougeront. Peut-être.
    En attendant, que le bateau coule, il n’y a pas d’autre solution que de toucher le fond pour pouvoir remonter. Quant aux professeurs, un érythème fessier aggravé de microbracchie. C’est tout ce que je leur souhaite, les pleutres. »

    No comment.

    • J’approuve mais avec une réserve : le niveau des élèves en Afrique, il est beaucoup plus élevé que chez nous.

      On voir encore des mômes le soir sous les lampadaires apprendre des leçons qu’ils ont copiées et pas photocopiées par 40° dans des classes de 50 élèves.

      En complément la plupart des pays sont restés sur les bacs ABCD à l’ancienne.

      On peut reprocher à l’élève africain une certaine tendance à trop apprendre et à ne pas passer assez de temps à comprendre et mettre en pratique.

      Ce défaut est lié aux méthodes ultra frontales conséquences de la surpopulation des classes et à un respect culturel « exagéré » pour le maître (c’est pas chez nous que …).
      Il est très bien compensé par l’accumulation de connaissances qui fait toute la différence en post bac.

      L’antenne de Valence de l’UJF (en licence de sciences) accueille des Maliens recrutés sur concours en fin de bac C (et oui, il y a un biais statistique du fait de la sélection).
      Ils squattent TOUS la tête des promos, sont régulièrement AST à Centrale Paris, ou l’X, rentrent dans les meilleurs masters etc. lorsque les gentils petits babtou échouent à 40% en L1 et pour beaucoup atterrissent en fin de L2 en master MEEF (et on en connait le niveau !).

    • Nous, élèves, ne sommes que le reflet de l’éducation qui nous a été octroyée. Le sentiment de révolte semble pourtant bien présent en puissance chez ces jeunes, qui d’un oeil rouge constateront les ravages d’une pédagogie destructrice, surpolitisée, et libérale dans sa frange malsaine. Qui sait, dans dix, ou vingt ans… Ne voit-on pas déjà fleurir çà et là des formations pour jeunes cadres illettrés? Pleinement touchés par une crise idéologique qui les dépasse, ne serait-ce que parce qu’elle tire ses racines des élucubrations de 68 , de jeunes chiots prétentieux, louangés et presque déifiés par leurs géniteurs, se complaisent dans cette atmosphère irréaliste où le médiocre demeure glorifié. Et les praticiens sont tous tombés, ils se sont accroupis, se sont engouffrés dans la brèche. Qui pour mener le combat, à part de vieux réacs’ et de petits fanfarons, comme moi?

      • La grande différence entre les jeunes de la génération 68 (ma pomme) et ceux d’aujourd’hui, c’est que nous sortions d’un système scolaire très exigeant — les graffitis de 68 font sans cesse appel à Rimbaud, Artaud, Breton, etc. Voir Julien Besançon, les Murs ont la parole, chez Tchou — en solde pas cher chez qui vous savez (je l’ai depuis 1969, je ferai une chronique là-dessus un de ces quatre).

  40. Vous savez que la France a inventé le cinématographe puis le cinéma avec les frères Lumière et Georges Méliès ; eh bien ! depuis 1895 à ma connaissance pas une seule fois on n’a tenté de donner vie à Pantagruel et Gargantua !
    En 2011 la télévision a produit un téléfilm en deux parties « La Très Excellente et Divertissante Histoire de François Rabelais » joué par l’excellentissime Michel Aumont.
    Je dénonçais ici même la grande misère de la cinémathèque française … Voltaire se plaignait de l’absence d’esprit épique chez ses contemporains, l’oeuvre de Rabelais est pourtant la grande épopée moderne qui ouvre la Renaissance des lettres et de l’esprit de découverte.

    P.S : L’oeuvre de Swift pourtant bien moins riche a donné lieu à de nombreuses adaptations au cinéma et à la télévision, sous forme de dessins animés ou de films avec des acteurs en chair et en os dans la sphère anglo-saxonne.

  41. En France nous regorgeons de critiques qui font de la critique pour l’amour de la critique ; c’est beau c’est noble (plus ou moins) ; Sainte-Beuve est la figure tutélaire de ce monde critique qui forme un microcosme à lui tout seul ; mais le danger est de vite tomber dans le microscopique … et dans l’amour de la cuistrerie !

  42. Le premier à avoir adapté au cinéma « Les voyages de Gulliver » c’est … Méliès ! Et le seul à avoir fait une œuvre de fiction autour de la figure de Georges Méliès c’est Martin Scorsese avec son « Hugo Cabret » voyage onirique de deux enfants dans le Paris 1930 !

    P.S Nous avons pourtant une école du cinéma en France mais à quoi bon ?

  43. « Les élèves et les collègues n’ont que ce qu’ils méritent — comme dit Caligula ils n’avaient qu’à se révolter, et j’ajouterais se révolter massivement. Qu’ils crèvent dans leur lâche médiocrité. En attendant, contre la servitude volontaire on ne peut rien … »
    Les élèves prennent ce que les adultes leur donnent ou ne leur donnent pas.
    Les profs, cela ne veut pas dire grand chose et votre amie tout juste retraitée le sait. Des profs compétents qui ont choisi de faire ce métier par amour pour leur matière et par amour de l’enseignement, oui, il y en a encore, mais de moins en moins. Plus on a accepté des incompétents, plus l’idéologie mortifère a gangréné le système éducatif. Pourquoi voulez-vous que des gens recrutés sur cette base idéologique se révolte contre, une fois qu’ils sont payés pour la divulguer?
    Mettre en cause les élèves et les profs sans parler des parents qui sont les premiers concernés et qui ne disent rien depuis des années est malhonnête.
    Quand ils ont voulu garder leur école privée, ils ont fait ce qu’il fallait pour le faire savoir. S’ils avaient voulu que l’école gardât un bon niveau de transmission des connaissances et le sens de l’effort, ils auraient agi en conséquence.
    La grande majorité des profs se fait manger la laine sur le dos et ce depuis des années. Je ne défendrai jamais les collègues qui se sont compromis au point de verser dans toutes les bassesses pédagos. Mais votre collègue pourrait ne pas oublier que certains et parfois certains jeunes aussi font encore leur travail correctement .
    Cette façon de rejeter la faute sur les profs sans distinction est très peu nuancée. Le fait d’accuser les élèves qui subissent ce système éducatif est parfaitement stupide de sa part. La tirade de cette collègue montre qu’elle est pleine d’aigreur et de rancoeur. Il était temps en effet qu’elle parte à la retraite. Un prof de ce genre n’a plus rien à faire devant des élèves qui, malgré tous leurs défauts, méritent qu’on leur apporte le meilleur avec encore de l’enthousiasme même si c’est devenu très dur.
    Qu’elle ne s’intéresse plus à l’éducation me paraît une fort bonne chose.

  44. A JPB qui a écrit: « Si Fillon ne comprend pas que le premier tour de la présidentielle n’est pas le troisième tour des primaires, il a perdu. »
    Ben non seulement il n’a pas compris cela, mais il délire littéralement puisqu’il vient de prétendre que c’est grâce à lui qu’internet a pu se développer en France !
    J’ai déjà entendu des politiques affirmer des énormités, mais là, c’est du très lourd !

    • Hollande vient de déclarer : « Tout peut basculer » parlait-il du fameux scooter de la rue du Cirque ou nous prépare-t-il un numéro de trapèze volant ? En tout cas nos politiques font de la haute voltige que ce soit en Corrèze ou à Las Vegas !
      Et puis vous savez : internet c’est une mode ça passera !

  45. A mon retour, soit à 00h45 précise, j’établirai une communication quantique avec les factions sélénites de l’Institut pour leur souhaiter la bonne année.

  46. En lisant un blog comme le votre (ou Causeur) , Contrepoints, ou de temps en temps Atlantico, je ne perds pas totalement confiance sur la lucidité humaine. Mais les dégâts de ce que vous décrivez si pertinemment dans ces lignes sont tellement importants dans mon entourage que je me demande si le combat n’est pas perdu dl’avance…

    • Vous savez, je me demande chaque jour, quand je vais en cours, si le combat n’est pas déjà perdu — la plupart des commentaires de mes proches visent d’ailleurs à m’en convaincre et à me dire de laisser tomber, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité.
      « Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès !
      Non, non, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile… » (Cyrano de Bergerac, acte V, scène finale).

  47. Revenons encore sur la seule phrase intéressante de l’article:
    « Dans le cauchemar climatisé des transhumanistes, l’espèce humaine se robotisera ou disparaîtra. »
    Pas la peine d’en arriver à ces extrêmes; lorsque vous en aurez marre de porter vous-même votre génie, vous ferez appel à un domestique qui, bien content, fera le boulot à votre place.

  48. Le reste de l’article est pinaillage sodomite permettant pour la n-ième fois à nos amies les mouches du blog de pratiquer leur prosélytisme…fondamental.

    • Je n’ai VRAIMENT pas de sympathie pour MLP et le FN, je ne voterai JAMAIS pour eux (sauf peut-être face aux frères musulmans …) mais

      si le système bancaire français jouait le jeu de la démocratie et acceptait de leur prêter le fric indispensable à leurs campagnes électorales il ne seraient (peut-être) pas obligé de s’acoquiner avec de tels mafieux ?

  49. Zorglub a raison de souligner qu’il existe un réservoir (ou, si on préfère les métaphores naturalistes, un vivier) d’étudiants provenant de nos ex(?)-colonies qui savent ce que travailler veut dire et, même s’il est vrai que leur savoir est exagérément livresque, ils en ont un sur lequel un enseignement sérieux peut s’appuyer.

    Reste la petite frange de parents qui, en France, souhaiteraient agir et nourrir leurs mômes avec autre chose que l’infâme mélasse compétentielle sans rentrer dans les fantasmes chimériques de la création de structures privées hors contrat.

    On peut imaginer que, dans certaines disciplines comme la physique, on procède ainsi :
    - de la 6ème à la terminale, on extrait la liste des maigres contenus des programmes actuels et, dans une démarche éco-citoyenne, on jette tout le reste dans une décharge contrôlée et agrée pour recueillir les saloperies toxiques.
    - on remet à l’endroit, on étoffe, on prolonge chaque fois que possible mais sans faiblesse, pour obtenir des programmes définis par année cohérents, denses, progressifs et structurables.
    - comme il est totalement inutile de chercher à soulever l’enthousiasme de la masse inerte engluée, donner aux parents eux-mêmes les moyens de nourrir leurs mômes (site dédié avec, notamment, des exercices *)
    - en physique, on n’hésitera pas à introduire les notions mathématiques utiles sans attendre que les matheux eux-mêmes s’en préoccupent (qu’ils fassent des maths, des vraies, rien de pire qu’un matheux culpabilisé par les exigences particulièrement élevées de sa propre discipline et qui chercherait à « compenser » en faisant dans le pseudo-réel **)
    - on peut décrire une liste de matériels qui permettraient aux élèves de bosser chez eux. Deux à trois mille euros seraient suffisants pour acquérir du matériel *** à bas coût et de qualité, qui couvre les besoins des sept années (matériel éventuellement partageable à plusieurs). J’y travaille…

    Il est possible que certains reconnaissent une démarche en partie néo-montésaurienne qui ne s’adresserait pas aux cerveaux reptiliens mais assumerait un atypisme que tous seraient libres d’adopter ou pas. En toute responsabilité.

    Et mort aux khons !

    * qu’est-il resté de Bourbaki en dehors des exercices et problèmes dont les matheux (les vrais) font (encore) leur miel ?

    ** il ne s’agit pas d’empêcher les matheux de « partir du réel » s’ils le jugent utile mais qu’ils ne se vautrent pas dedans (que de naufrages dans la « numéracie »…) et ne confondent pas béatement le réel avec le concret…

    *** hors ordinateur, un vrai, pas une p…n de tablette. C’est valable pour la physique, reine des sciences de la nature. Pour la chimie, c’est beaucoup plus délicat (problèmes de sécurité, difficulté à se procurer certains produits, cherté). Pour les autres sciences de la nature, plus basses dans la hiérarchie comtiste, je ne sais pas. Faut voir…

    • « On extrait la liste des maigres contenus des programmes actuels et, dans une démarche éco-citoyenne, on jette tout le reste dans une décharge contrôlée et agrée pour recueillir les saloperies toxiques.
      - on remet à l’endroit, on étoffe, on prolonge chaque fois que possible mais sans faiblesse, pour obtenir des programmes définis par année cohérents, denses, progressifs et structurables ».

      Vous décrivez ce que je pratique, au grand dam de M. L’ipéaire (dixit : « c’est pas ça la science ! »…) et avec la reconnaissance des élèves et de leurs parents, auxquels se joint un chef à qui ils foutent la paix et qui me laisse en paix pour cette raison.

      Ça ne m’empêche pas d’être le sadique de service, celui qui barre rageusement les « raisonnements numériques » (aphorisme : les valeurs numériques sont accidentelles) sur les copies et qui s’offre présentement une pause alors que les trois quarts de ses ouailles de terminale S spécialité maths (oui, toute la classe, on devrait avoir une douzaine de mentions TB en juillet) résolvent un triangle rectangle à coups de « cos(90 -i1) », voire plus alambiqué encore.

  50. « La grande différence entre les jeunes de la génération 68 (ma pomme) et ceux d’aujourd’hui, c’est que nous sortions d’un système scolaire très exigeant — les graffitis de 68 font sans cesse appel à Rimbaud, Artaud, Breton, etc.  »

    Et ce système scolaire fonctionnait aussi parce que les adultes ( parents, inspecteurs, chefs d’établissement) et la société en général faisaient régner un certain ordre. Ordre contre lequel vous, les soixante-huitards vous êtes rebellés. Trop jeune pour en juger par moi-même à l’époque, je veux bien croire que cette organisation de la société avait besoin de réformes. Un père comme Oscar dans les Thibault méritait une volée de bois vert. Mais on ne peut à la fois pleurer sur un système éducatif qui part en lambeaux et glorifier la liberté individuelle et l’absence de contraintes et le refus de l’autorité qui étaient prônés en 68.
    Les étudiants de 68 étaient cultivés parce qu’ils étaient sélectionnés, « fouettés », encadrés et soumis à des autorités ( et on reprend la liste : parents, inspecteurs, chefs d’établissements …).
    Vous le dites vous-mêmes, pas d’apprentissage sans effort et vous avez raison.
    Nous, après vous, nous avons subi cette idéologie délétère. Nous avons vu le système se délabrer petit à petit, l’autorité foutre le camp. Les inspecteurs ( votre collègue et amie ne les accuse pas, alors qu’ils portent une sacrée responsabilité ) les proviseurs, se rendre complices de cet avachissement, les psy. en tout genre, la presse, les parents, bref, toute la société se faire le relais de vos revendications de 68.
    Et maintenant, vous demandez le retour de l’autorité, Brighelli ? Vous êtes prêt à vous jeter dans les bras de l’extrême droite même la pire ?
    « Vous chantiez ? j’en suis fort aise.
    Eh bien: dansez maintenant. »

    • Je travaillerai avec qui me paraîtra porteur d’espoir pour l’Ecole — et du reste, je m’en fiche. Je suis trop vieux, blanchi sous le harnois comme on disait, pour prendre encore des gants. Alors Dupont-Aignan au premier tour, son programme est le mien, et au second, Fillon bien que, ou Marine malgré que, je m’en fous. Mais pas Macron, qui est un émule du néo-libéralisme bruxellois ! Pas Valls, qui nous fourguera une Najat-bis. Pas Mélenchon, qui veut bien abolir la réforme du collège mais qui veut nous faire manger macrobio — et qui par parenthèse m’a refusé toute demande d’interview, malgré des relances multiples : qu’il aille se faire empapaouter chez les Martiens.

      • JPB, à force, vous êtes devenu maladivement monomaniaque !

        Certes l’école est un axe majeur de l’(in)action des gouvernements, mais vous semblez obsédé par cette grille de lecture au point de NE PLUS MÊME examiner les autres éléments des projets.

        Fillon nous vend du rêve sulfaté à l’eau bénite (*) : sans moi !

        MLP agite bien haut ses bras potelés afin de nous faire croire au pouvoir des politiques, au réalisme de la sortie de l’euro et de l’Europe : une blague !

        On a sans doute le plus à perdre du point de vue économique si par malheur MLP accède au pouvoir.
        Elle se sentira obligée de mener 10 à 15 mois de politique économique et financière aussi délirante que le gouvernement Mauroy 1 en 1981.
        Les « forces occultes » des marchés et du vrai pouvoir se chargeront bien vite de nous ramener au réalisme et il nous faudra 10 ans pour s’en remettre.
        Sans compter le bordel maxi planté dans les banlieues par les janissaires FN old style qui se lâcheront.

        On a beaucoup y perdre (avec les autres aussi, mais sans doute moins) et surtout rien à y gagner (versus quelques bricoles à la marge).

        Je crains de ne pas aller voter cette fois (sauf contre MLP pour les raisons précitées).

        (*) « Je suis gaulliste et de surcroît je suis chrétien, cela veut dire que je ne prendrai jamais une décision qui sera contraire au respect de la dignité humaine, au respect de la personne, de la solidarité »
        JPB vous êtes autant attaché à la laïcité que moi !
        Sans compter, vous connaissant un peu, que vous rigolez moins lorsqu’il installera une webcam dans vos alcôves afin de vérifier la conformité dogmatique de vos pratiques intimes …

    • Contresens total et classique sur Mai 68.
      Comme une certaine presse,vous croyez que 68 est une révolte de lycéens et d’étudiants.
      Pas du tout.
      Il y a eu un mouvement social d’ampleur,qui a fait trembler quelque peu nos maîtres.Puis ils se sont ressaisis.
      Vous pensez vraiment qu’une révolte de lycéens contre l’autorité aurait fait partir De Gaulle ?

      • C’est vrai et ça ne l’est pas. Les ouvriers ont effectivement manifesté avec les étudiants, la grève a effectivement té générale, mais le PC (voir le livre de Georges Séguy, alors membre du Comité central et leader de la CGT, Le Mai de la CGT) leur a tenu la bride courte pour les empêcher d’aller trop loin. De Gaulle n’a pas compris 68 — Pompidou, oui, il a vu que l’insurrection n’irait pas trop loin, que le PC respecterait Yalta et rentrerait dans un processus électoral que la Droite était sûre, de gagner, et il a tenu l’Etat au moment où De Gaulle croyait que tout était fichu et qu’il ne restait plus qu’à envoyer les paras (d’où son voyage à Baden-Baden pour rencontrer Massu). Et ce fut le déferlement de la Droite le 30 mai sur les Champs-Elysées, et lors des élections de juin.

        • Je sais tout cela, mon père m’en a assez parlé et j’ai un peu lu ( pas autant que vous, pas autant de temps ) . Mais les ouvriers ne manifestaient pas pour la liberté de jouissance individuelle sans entrave ni pour remettre en cause l’autorité à tout va.

          • Et en plus les étudiants qui manifestaient étaient les « héritiers », ( d’ailleurs ils sont nombreux à avoir viré réac. en vieillissant:-)alors que les fils de paysans et d’ouvriers étaient les flics en face. Pasolini le montre très bien cela.

          • Oui ; c’est ainsi qu’un de mes oncles est allé à la Sorbonne ; il était CRS (véridique) et petit fils de paysan, fils de gendarme.
            D’ailleurs, plus tard, j’en ai entendu sur le  » tir tendu  » (interdit) que l’on encourageait presque.

            Je n’y suis pour rien ; je n’avais pas atteint l’âge de raison à l’époque.

          • Qu’est-ce que c’est que cette vanne sur le temps dont je dispose ? J’ai passé mes vacances de Noël à corriger 48 copies d’HK et à rédiger un corrigé complet — dissert faite — d’un sujet pas commode…

  51. « Les inspecteurs ( votre collègue et amie ne les accuse pas, alors qu’ils portent une sacrée responsabilité ) »

    Ils ont pourtant le choix : démissionner et redevenir enseignants ou se faire seppuku.

    Personnellement, je préfèrerais qu’ils n’optent pas pour le premier choix.

    • Bah, il y a une forte probabilité pour qu’ils changent d’avis après un ou deux ans dans l’enfer du premier choix.
      Les djeun’z ne manqueront pas de filmer l’événement avec leur smartphone et d’en faire profiter toute la planète.

  52. Le jeune milliardaire Elon Musk a voulu se lancer dans l’industrie lourde en quittant le virtuel et ses apanages ubériens.
    Il fait construire dans le désert du Nevada la plus grande usine du monde 900.000 mètres carrés pour Tesla (la Gigafactory pas Warhol pour un sou) ; évidemment cela coûte la peau des fesses …

  53. Aux admirateurs de Fillon à qui on doit internet et l’électricité :
    En 1994, France Télécom dont les salariés étaient fonctionnaires etait laa première entreprise de France en termes de bénéfice, et le 4e opérateur de télécommunications mondial, par son chiffre d’affaires.Le réseau de télécommunications français était à l’époque reconnu comme le plus moderne et le plus performant au monde.
    Après la privatisation :
    La période post-bulle Internet (2000-2004)
    À la suite d’un changement de qualification d’une partie de la dette de « long terme » à « court terme » en vue d’obtenir un meilleur taux d’intérêt, les actionnaires s’aperçoivent que, de 2002 à 2005, France Télécom doit rembourser chaque année entre cinq et quinze milliards d’euros de de dette.
    Le cours de l’action s’effondre à 6,94 euros le 30 septembre 2002, alors qu’il était à 219 euros le 2 mars 2000. L’entreprise qui avait une capitalisation boursière de 580 milliards d’euros voit cette dernière chuter à 18 milliards d’euros.

    • Le fait que certains soient des néo-libéraux ne nous promet rien sur leurs capacités intellectuelles… Même pourcentage de sombres crétins dans tous les camps.`Les zigotos qui ont réalisé ces belles opérations ont dû partir en retraite avec les poches pleines — c’est en général ainsi que les incapables qui restent saluent les incapables qui partent.

  54. Les Américains ont élu Trump pour qu’il rapatrie l’industrie lourde sur le sol américain.
    J’ai traversé la Ruhr en 1981 c’était magnifique : des dizaines de kilomètres d’usine qui se touchaient. Si vous vous souvenez de ce qu’on appelait la ceinture rouge de Paris c’est à dire la zone industrielle qui entourait la capitale vous avez dû remarquer qu’elle a entièrement disparu en trente ans.
    L’histoire économique depuis 1984 et l’ouverture de la Chine aux capitaux étrangers c’est le transfert de l’industrie depuis l’Occident jusqu’en Chine avec sa réserve inépuisable de main d’œuvre bon marché (contrairement à la Russie post-soviétique).
    Ceci dit on est arrivé au terme de ce transfert.
    La question maintenant c’est : qu’est-ce qu’on fait ?
    Soit on institue une dictature en Occident pour empêcher la révolution inévitable des peuples soit on rebranche le circuit économique qui est devenu non-viable.

  55. Entre être perché et être aptère mon cœur balance !

    Vous savez toutes les grandes civilisations ont développé des mythologies fantasmatiques ! Alors pourquoi pas la civilisation du numérique ?

    • Les deux sont possibles, pas besoin de balancer ; vous n’entendez pas aptère dans le sens zoologique ?
      Alors considérez vous, marmoréen perché au sommet d’une colonne.

      Oui pour la mythologie, par contre dans la civilisation numérique …. cela risque de donner :
      …les grandes civilisassion on dévelopé des mitologis fantastik…
      Il suffit d’avoir écumé quelques Internet Relais Chat (dans une logique d’éclaireur ; pour voir) pour s’en convaincre.

  56. Il ne faut pas juger les esprits sur leurs rêves – que ce soit Elon Musk ou Howard Hughes – mais sur leurs réalisations. Maintenant si vous voulez faire un film sur Mark Zuckerberg ou Howard Hughes, montrez-nous votre talent ! Nous n’attendons que cela … le côté onirique – ou délirant – des grands hommes est toujours fascinant !

    Napoléon disait : « Je fais mes batailles avec les rêves de mes soldats ». Il y a un célèbre tableau qui se trouve à la Malmaison intitulé « Ossian évoque les fantômes au son de la harpe sur les bords du Lora » du baron Gérard, ce sont les fantômes de l’empereur.

    • Hughes c’est déjà fait, Zuckerberg aussi (de plus ; un grand homme c’est un grand mot)

      Le mot rêve est bien approprié par contre ; il en rêve peut-être Musk de cette histoire (sa soit disant croyance)
      Voyez :
      - … Cette architecture technologique entraînant un témoignage intégral de nos comportements permettant à l’économie du numérique de s’adosser à tous les instants de l’existence, de n’être exclue d’aucun domaine, et d’instaurer ce que je nomme une «industrie de la vie» cherchant à tirer profit du moindre de nos gestes…

      - … La nature de la technique est en train de muter. Celle qui émerge actuellement ne consiste plus à répondre à de seules tâches fonctionnelles mais à assurer une mission organisationnelle. Il s’agit là d’une rupture majeure. C’est le rôle désormais dévolu à l’intelligence artificielle, celui de gérer «au mieux» les affaires humaines.

      Dans http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/01/06/31001-20170106ARTFIG00338-eric-sadin-la-silicolonisation-du-monde-nous-menera-du-reve-au-cauchemar.php cité précédemment.

    • Le 8 Janvier 2017 à 18 h 51 min, Pierre Driout a dit :
      « Il y a un célèbre tableau qui se trouve à la Malmaison intitulé « Ossian évoque les fantômes au son de la harpe sur les bords du Lora » du baron Gérard, ce sont les fantômes de l’empereur. »
      En êtes-vous bien sûr ?
      Avez-vous des éléments probants ?
      « les fantômes de l’empereur. » L’empereur a-t-il plusieurs fantômes ?
      S’agissant du tableau de Girodet (également à la Malmaison),aucun doute:le titre est assez clair.Mais Ossian avec sa harpe ?
      « Ce tableau est un hommage aux principaux généraux morts depuis le début des guerres révolutionnaires : Desaix, Marceau, Dampierre, Kléber, Caffarelli du Falga, La Tour d’Auvergne, Joubert, Championnet, Dugommier et Hoche, tous accueillis au paradis par Ossian. »
      https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/iconographie/lapotheose-des-heros-francais-morts-pour-la-patrie-pendant-la-guerre-de-la-liberte/

      • Ossian étant une pure invention de McPherson, cela donne aux héros du bas-empire une existence purement ectoplasmique…
        Cela dit, le tableau de Girodet est une toile grandiose. Girard est un cran en dessous (et je crois me rappeler qu’Ossian n’y invoque que les « anciens dieux »). Et très en dessous encore, il y a la toile de Paul Duqueylar (l’un des Barbus — ah, les Barbus, quelle histoire…), Ossian chantant ses vers, exposée au musée Granet.
        Sinon le tableau d’Ingres sur le Songe d’Ossian (à Montauban) est splendide, dans le genre néo-classicisme tardif :
        https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/tableaux/le-songe-dossian/

  57. Quoi vous voulez dire qu’Elon Musk cherche un sens à sa réussite ? eh ! oui c’est le propre de la réussite humaine de vous coincer dans une impasse métaphysique …

  58. Si Mark Zuckerberg n’est pas un héros du numérique, il en est ce qui s’en rapproche le plus comme d’autres, Tim Berners-Lee, Linus Torvalds etc.
    Grand homme, héros que sais-je ! Superman si vous voulez … chaque époque s’incarne dans des hommes considérés comme exemplaires.

    P.S Je savais parfaitement qu’Hollywood avait filmé la saga de ces deux hommes Hughes (incarné par Léonardo di Caprio) et Zuckerberg – maintenant je n’y peux rien si le cinéma français est minable en comparaison !

    • Pierre, tu devrais aller voir « Paterson » de Jim Jarmusch que j’ai vu la semaine dernière dans une grande salle quasiment vide, pour te faire une idée des nouveaux héros des temps modernes: les poètes !
      Pitch: Adam Driver (le bien nommé) dit Paterson de la ville de Paterson (NJ), (merveilleusement filmée), chauffeur de bus dans cette ville, écrit aussi des poèmes en hommage à William Carlos Williams. Tout au long du film, on suit sur l’écran ses pensées toutes simples qui captent son quotidien: sa femme et son bouledogue !

      Le film est envoûtant et ennuyeux à la fois mais son scénario peut donner des idées à d’autres héros-chauffeurs-poètes, une race de gens éminemment maladroits dans leurs prises de décisions comme on a pu le constater récemment
      Qui peut dire qu’un poète ne va pas brûler un feu rouge ou rouler sur un trottoir surpeuplé juste pour voir voir ce que ça fait de faire flotter son autobus avec douceur sur un itinéraire inhabituel pour sortir des sentiers battus ?

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