Colloque sentimental

C’était l’heure de l’appeler. Il négligea la batterie téléphonique juste derrière lui sur sa droite, renonça à l’i-phone 4 cher à son cœur dont il n’avait pas pu se séparer tout à fait, même après avoir appris qu’il était sur écoutes, et fouilla dans le désordre de papiers et de dossiers qui encombraient l’élégant bureau Louis XV. Il eut un bref moment de panique, et remit enfin la main sur le Hoox M2, le téléphone ultra-sécurisé de Bull qu’Emmanuel lui avait recommandé — plus élégant et bien plus pratique que le Teorem de Thalès. Il fit glisser son doigt sur la bande de reconnaissance biométrique, et tapa son code — MLP2017, un sigle que personne ne pouvait décemment le soupçonner d’avoir adopté.
Ils avaient convenu de ne pas se voir, du jour où Emmanuel s’était mis en marche. Mais ils se téléphonaient tous les jours, à heure fixe, pour faire le point. C’était pour lui un plaisir ineffable que d’entendre la voix de son poulain, son fils politique, son double non boudiné. Quelles crises de rire ils s’offraient tous les deux, tous les jours !
Le portable cryptait automatiquement les conversations. Les grandes oreilles indiscrètes qui cherchaient à capter, au scanner, ce qui sortait des murs épais du Palais en seraient pour leurs frais.

- Tu as lu le Point ? dit-il de but en blanc.
- Tu as un peu forcé, quand même ! FOG s’en va claironnant partout que tu voteras pour moi !
Il paraît soudain plus pâle sous la lumière des deux grands abat-jour à six fausses chandelles posés de part et d’autre du grand bureau.
- Tu… tu n’as pas aimé ? Cette manière délicate d’insérer le mot « marche » dans ma phrase… Comme lors de l’interview à Konbini… L’histoire, elle ne s’arrête pas, donc il faut aller vers la marche du progrès. »
Un temps.
- Tu es dur, Emmanuel…
Il a, dans la manière de dire ces quatre syllabes, en particulier la première, « aime », quelque chose de douloureux — comme un reproche rentré.
- Nous étions convenus de ne pas afficher notre… grande complicité ! Je suis obligé maintenant de démentir ! Tu sais quoi ? Tu es comme le sparadrap du capitaine Haddock !
- Mais Emmanuel ! Tu as vendu toi-même la mèche, dans le Wall Street Journal il y a déjà deux ans ! Quand tu as avoué que je t’avais chargé de rassurer la Finance au moment même où je faisais semblant de la vitupérer, en 2012 !
- Nous sommes dans le présent désormais ! Déjà, le soutien de Manu, je m’en serais passé — d’autant que tu l’as plombé avec cette histoire de sondage sur la longueur de sa mèche ! Joli coup !
- Ah, tu as aimé ? Sur France 2, ils sont bien, hein ? 50 000 euros pour savoir s’il dégage le front et si son défaut de parallélisme auriculaire se voit en couverture de Match ! Enfoncé, le costard de Fillon ! Et le SIG a fait semblant de refuser de donner les contenus d’autres sondages — les gens penseront que ce qui est caché est encore plus monstrueux ! Elle peut toujours essayer de revenir en 2002, la petite tique !
- Comprends-moi : plus j’ai l’air d’être un Hollande-bis — et la couverture de Causeur, le mois dernier, m’a fait beaucoup de tort —, et moins la droite béate votera pour moi ! Faire élire aux primaires puis canarder Hamon, OK, pour faire glisser vers moi tous les vrais hollandistes, ah ah ! Mais le problème, c’est que maintenant Mélenchon…
- Ce connard de Mélenchon ! Ce qu’il a pu me les briser, quand il était au PS !
- Mélenchon passe pour être un recours à gauche — et tout le PS un peu mou qui allait voter pour moi hésite, à présent… Leurs militants, qui sont moins cons ou moins crapuleux qu’eux, ne les suivront pas ! Je vais avoir bonne mine, moi, avec Bayrou à main droite et Le Foll à main gauche — et rien derrière !
- Bon, bon, j’en ai un peu trop fait — c’est mon défaut majeur. Avec Davet et Lhomme, déjà, j’en avais remis plusieurs couches… Promis, je ne dis plus rien jusqu’au second tour !
Silence — comme dans une pièce de Beckett.
- Dis-moi… C’est toujours MLP2017, le code de ton Bull ?
- Oui — c’est drôle, hein ?
- Oui, très drôle. Tu es sûr qu’au fond, ce n’est pas ça, ton souhait réel ? Voir élire la blondasse ?
- Ecoute… Imagine que ça ne marche pas — et quand je dis « marche », hé hé…
- Tu as des infos que je n’ai pas ?
- Quatre candidats dans un mouchoir ! C’est ce que disent les RG. Eux, ils ne travaillent pas pour la télé, ils n’oublient pas la fourchette d’incertitude ! 23% pour toi, 20 pour Fillon et pour Mélenchon, rajoute et ôte 2,8 de part et d’autre, te voilà à 21,2 et l’un ou l’autre des deux suivants est à 22,8… Et la Marine caracolera en tête !
- Je ne te savais pas si doué en maths ! Et alors ?
- Bref… Imagine que tu arrives troisième — derrière Mélenchon, ou même derrière Fillon… S’ils sont élus, l’un ou l’autre, nous sommes balayés pour cinq ans au moins. Mélenchon fera du Mélenchon, c’est-à-dire n’importe quoi, Fillon fera de la droite classique, ils ne nous laisseront pas même les miettes ! Mais si tu ne passes pas au premier tour…
- Eh bien ?
- On croisera les doigts en espérant que la Marine passera. En convainquant la droite classique de ne pas voter pour Mélenchon — et puis après on dénoncera la rupture du « pacte républicain » ! Ou en suggérant à la gauche de ne pas appuyer Fillon. Elle peut passer, si je m’en occupe ! Et dans la semaine, je t’organise quelques manifs spectaculaires dans le genre « refus du fascisme », dix millions de sans-dents dans la rue, on se débrouille pour que ça dérape sérieux, que les flics interviennent, de toute façon ils votent pour elle au moins à 50%, ils adoreront casser du gaucho — et dans la foulée on fait un raz-de-marée aux Législatives, et on reprend le pouvoir — et tu es Premier ministre ! Hein ! Qu’en penses-tu ?
- Gagnant-gagnant, quoi ! Moi ou elle, ça reste toi !
- Ah, c’est comme l’Institut Montaigne — deux fers au feu, toi et Fillon. Et ne me dis pas non, moi, j’ai mes sources ! Jean-Pierre me tient au courant ! Gagnant-gagnant, comme tu dis. Mais je préfèrerais que ce soit toi !
- Ah quand même !
Silence.
- Tu es trop fort, dit Emmanuel.
Ton mi-chèvre, mi-chou.
Silence.
- Tu me manques, dit l’autre.

Jean-Paul Brighelli

119 réflexions au sujet de « Colloque sentimental »

  1. Assez saisissant. J’ai apprécié les quelques pointes comiques… Le vieux renard et le jeune ambitieux sont brillamment dépeints. Dommage que fin soit si grotesque!

    Je préfère les billets déroulant un argumentaire implacable, je m’y retrouve mieux. L’humour brighellien n’est pas toujours très finaud –  » notre grande complicité « , franchement…

    Je trouve également la figure des deux compères se complaisant dans une posture absolument cynique assez facile, un peu banale pour tout dire. J’y aurais ajouté un zeste d’idéalisme, par souci réalistique. La conversation se devait aussi d’être plus louvoyante.

    Vous faites collaborer le caricaturiste et le satiriste. L’un ou l’autre s’il vous plaît. Autrement, la toile sature très vite.

    • « J’y aurais ajouté un zeste d’idéalisme, par souci réalistique. La conversation se devait aussi d’être plus louvoyante. »

      La critique est aiséee;donnez-nous un échantillon de votre talent.

      • J’ai du talent à la critique, vous en avez un échantillon au-dessus de votre commentaire.

        Mais votre logique semble imparable :
        - un bon critique doit avoir une plume aiguisée
        - un fin gourmet excelle nécessairement aux fourneaux
        - l’âge d’un commentateur sportif n’excède jamais les 30 ans
        - etc.

        Ce blog voit se côtoyer littéraires aguerris et profs de maths à la retraite. Je vous laisse deviner l’interêt de cette dernière remarque.

          • Merci.

            Il y en a des qui, phagocytés par leur ego boursouflé, manquent à ce point d’humour qu’ils ne peuvent se détacher, ne serait-ce qu’un instant, de leur foutu esprit de sérieux.

            Et, en plus, ça a le droit de vote.

            Compissons-les avec allégresse.

          • « Prouvez-le. »

            Prouver quoi? L’effet comique de ma boutade?

            Tout ne se réduit pas en sèches démonstrations.

            Sortez donc de vos triangles.

    • « J’y aurais ajouté un zeste d’idéalisme, par souci réalistique.  »

      Il reste encore un idéale à Hollande et on ne nous a rien dit !?

    • La posture cynique est peut-être facile, mais si cela se trouve, JPB est en dessous de la réalité et en ce qui concerne la pointe d’idéalisme entre ces deux amoraux, j’ai beau me tordre les méninges, je n’arrive pas à l’imaginer.

    • Franchement, je pense qu’ils n’ont l’un et l’autre pas même un zeste d’idéalisme. Ce sont de pures machines politiques — de qualité médiocre, à vrai dire.
      C’est ce qui me chagrine le plus en ce moment : la qualité médiocre de nos politiciens. C’est peut-être à ça (entre autres) que l’on reconnaît un étatb de décadence. Nous ne sommes plus fichus de générer De Gaulle, ou Clemenceau, ou Richelieu — ni même Edgar Faure ou Mitterrand, qui étaient d’une pointure en dessous, mais fort intelligents quand même.
      Et vous avez raison sur un point : les très grandes pointures politiques ont un idéalisme qui les porte — et un pragmatisme qui les fait agir.
      Quand il ne reste plus que le pragmatisme, c’est que la taille du politicien a fortement diminué.

      • C’est exact et quand j’entends un politique dire: « Moi, je suis un pragmatique (donc sous-entendu, pas transcendental ou idéaliste) », j’ai tendance à partir en courant.

        • Macron qui -d’après un de ses camarades de classe-était déjà très doué pour les formules creuses lorsqu’il était lycéen, est pour « la transcendance ancrée dans l’immanence. »

      • Pardon, Maître, d’être aussi direct mais auriez-vous la bonté de retirer l’accent aigu du « e » de Clemenceau ?

        On dit que de son vivant,il faisait renvoyer le courrier qui lui était adressé sous ce nom mal orthographié -avec la mention: »n’habite pas à l’adresse indiquée ».

        L’immeuble où Clemenceau habita est juste à côté de l’établissement jésuite où enseignait Brigitte Macron;après la mort de Clemenceau,les propriétaires voulurent vendre l’immeuble;les Jésuites étaient très intéressés;finalement un Américain richissime, admirateur de Clemenceau, fit monter les enchères au point que les Jésuites durent lâcher prise.C’est grâce à ce généreux milliardaire que l’appartement où vécut l’anticlérical invétéré n’est pas tombé entre les mains des sectateurs d’Ignace.

        L’immeuble fut donné à une association;l’appartement de Clemenceau se visite;la bibliothèque est impressionnante.

        Pour les amateurs de petite histoire,dont je suis,une lacune assez désolante:peu de détails sur la femme ramenée des Etats Unis (une élève de Clemenceau -qui alla enseigner quelque temps là-bas):après quelques années (et quelques naissances) notre homme se lassa et « répudia » en quelque sorte cet amour de jeunesse;le musée donne peu de détails sur la façon dont il s’y prit;il l’accusa d’adultère, la fit même jeter en prison quelque temps.

    • Quant au caractère louvoyant… Tout à fait d’accord, mais ça ferait plusieurs pages… Je m’amusais — en tâchant de vous amuser aussi — je n’écris pas une pièce de théâtre.

    • J’admets que ce n’est pas dans ce genre que le talent de J.P. Brighelli est le mieux employé cependant je ne comprends pas pourquoi dire que la fin est grotesque. S’il s’agit d’écrire qu’en cas de second tour sans Macron, l’Elysée sera à la manœuvre pour faire élire « la blondasse », cela me semble, en tout cas, fort crédible et non pas grotesque.

  2. Y’en a des qui découvrent béatement que l’intelligence artificielle hérite naturellement de la khonnerie humaine :

    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/04/15/quand-l-intelligence-artificielle-reproduit-le-sexisme-et-le-racisme-des-humains_5111646_4408996.html

    La solution est peut-être de connecter les machines à la base épistémique d’un imbécile heureux comme Chance, le personnage joué par Peter Sellers dans Being There.

    Bien sûr, il faudra écarter le Dalaï Lama qui occupe déjà le créneau de l’aphorisme vaseux. Comme c’est le Bien de l’humanité qui est en jeu, il acceptera de s’effacer.

    Deep Toufriquet, c’est de l’IA 0.5 de la World Company, du politicien algorithmique qui ne dit vrai ni ne ment. Qui jacte…

  3. Vous avez écrit des polars sous quel nom ? J’aime ces débuts qui commencent l’air de rien, banals, et pourtant, on sent tout de suite le danger. Qui pourrait dire à Hollande de se taire ? Plus il parle, plus il se ridiculise, piètre prestidigitateur qui dévoile le mécanisme tout en faisant de grands gestes de chauve-souris et parfait goujat. Le godelureau se croit plus fort, (tellement qu’il se laisse aller, croyant les micros fermés), hum, je leur donne, allez, deux ans, avant de se fâcher à mort. Ce ne sont pas des humains intéressants, pas du tout !

    • J’ai sorti un polar en 2003 sous mon nom — intitulé d’abord « Pur porc », puis réédité chez un autre éditeur sous le titre « Viande froide ».
      Et j’en sors un autre dans un mois qui s’intitule « Noirs dessins ».
      Ce sont les romans érotiques qui sont sous pseudos :-) )

      • Et,sous le pseudonyme de Natacha Polony, vous publiez, dans le Figaro du jour, un essai éclatant ,destiné à devenir un classique,intitulé:  » Vous avez dit président de la République ? »

        A partir de la question posée en introduction: « Qu’est-ce qu’un « président de la République française ? » se déploie une logique implacable,irréfutable.d’où une prose immarcescible.

        C’est une illustration,dans le domaine de l’argumentation de votre théorie des enchaînements nécessaires.

  4. Vous savez que Hollande ne veut pas que les caméras filment une passation de pouvoirs entre lui et Marine Le Pen ? Passation qui aura bien lieu de toutes manières puisque les codes des clefs nucléaires doivent être transmises en mains propres.
    La question c’est : est-ce qu’il veut bien serrer la main à Mélenchon devant les caméras au cas où celui-ci l’emporte ?

  5. Pour éviter une passation de pouvoirs humiliante son seul moyen serait de démissionner le 8 mai au matin et de laisser le président par intérim se charger de la passation.

    Ou alors le coup d’Etat comme celui de Napoléon III ! Mais c’est une autre affaire …

  6. En réalité il est impossible d’empêcher les caméras et les photographes de filmer et photographier la rencontre entre le président sortant et le président entrant. Il reste qu’au mépris de toute politesse il peut refuser de serrer la main de son successeur … comme Philippe Poutou a refusé d’être sur la photo avec les dix autres candidats et comme il a manifesté son dédain pour la politesse bourgeoise pendant le débat télévisé.

  7. La vraie question que se poserait un président de la république – s’il y en avait un en poste – ce serait de savoir si la France doit rendre les armes parce que l’esprit du temps demande sa capitulation sans conditions !

  8. Acheté les deux. Dommage, pas de kindle pour le premier, j’aurais commencé tout de suite ! Et le deuxième pour le 31 Mai ! Patience ! comme disait la Passionaria, celle de Guareschi.

      • Vous auriez pu rajouter…mais pourtant,une fois la première phrase écrite,l’auteur n’a plus aucune liberté.

        Une couverture de Causeur a causé du tort à Toufriquet;et la lettre à Brigitte ?

          • Il y aura donc un jour:un « Maintenant,je peux tout dire » de Brighelli ?

            Enfin,on aura oublié Najat.

          • L’extraordinaire lien fourni ci-dessous par Dugong prouve que le jour où l’on pourra tout dire n’est pas prêt d’arriver.

          • De manière diverse et variée, le peuple a aussi envie de solder les comptes, et il n’y aura aucun cadeau (que du rétro actif), et sans doute pas autant d’abstentionnistes qu’en 2012. Quel que soit le milieu, ça grogne.
            Les législatives, selon le votre scénario, seraient propices à Jean-Luc, à François, certainement pas aux frondeurs, mais ni à « l’institutionnalisé » (Valls le colle comme le sparadrap du capitaine Haddock).

          • Je crois que ça se jouera au quatrième tour — après les législatives, à la rentrée, dans la rue.

    • On me disait que Giscard d’Estaing peignait la girafe en attendant le retour en grâce sous Saint-Macron ; il serait nommé par le nouveau président « délégué aux causes perdues d’avance », un clou de plus dans sa chaussure (il prie beaucoup d’ailleurs Saint-Maclou).

      • Je pense aussi qu’il faut entrer en résistance contre toutes les fadaises des dernières réformes de l’EN, et remettre quelque chose dans la tête des jeunes : le goût du travail et l’ambition, par exemple plutôt que d’attendre l’âge de toucher le revenu universel.
        Pas la peine d’aller jusqu’à l’extrême droite pour demander de l’ordre et du respect.

  9. à propos des « détecteurs de faux pas »:

    Le plus étonnant dans cet article,c’est que l’auteur trouve cette façon d’envisager la littérature à peu près normale.
    J’ai eu la curiosité d’aller lire l’original;je ne dirais pas que la traduction soit exagérément infidèle ou fautive mais bien des détails piquants passent à la trappe.
    Sachant que les deux compères (D et B) ne sont pas qu’unilinguistes je leur propose humblement une petite comparaison.
    « dudes doing keg stands » traduit par  » piliers de comptoirs »; hum, ce n’est pas exactement ça… Si vous voulez savoir en quoi consiste cette acrobatie pour buveurs de bière,voyez:

    http://www.wikihow.com/Do-a-Keg-Standhttp://www.wikihow.com/Do-a-Keg-Stand

    PS Dans une séance de « Polonium » consacrée aux effets de la peaurneaugraphie et où le Maître tenait la vedette,le Maître insista sur le fait qu’à cause de la peaurneaugraphie,la jeunesse n’a plus guère accès à la fiction et au fantasme;des étudiants à qui on cherche à faire goûter l’érotisme de la scène où Julien prend la main de Madame de Rênal ne veulent savoir qu’une chose: »il l’enc*le ou il l’enc*le pas ? »
    Peaurneaugraphie ou pas, aux Etats Unis, la confusion entre le réel et la fiction est maintenant totale chez bien des gens.Autrement dit, la possibilité même de comprendre la fiction a disparu.

    • Notre époque fonctionne sur ce principe de confusion entre le réel et la fiction, ce qui explique aisément et aussi clairement les « fakes news » que l’irruption de Macron.
      C’est comme cela que commence les dictatures douces, qui ne tardent pas à se durcir !
      Mélenchon défend le contraire de ce que préconisait la gauche, Le Pen a pris la place de la droite gaulliste (au moins pour les positions politiques), etc.
      Tout est devenu fiction, illusion. Brighelli dirait (je suppute, là !) que nous vivons une époque baroque, si tant est qu’il puisse s’y glisser du tragique.
      La fiction ne peut plus être comprise car elle n’existe plus, elle n’est même plus concevable. Il faudrait que notre temps retrouve le réel, celui où !’eau mouille, la guerre est la guerre et où les journalistes daignent expliquer aux spectateurs incultes pourquoi la bombe s’appelle MOAB. Il faudrait à nouveau pouvoir vivre dans le réel mais ceci nous est interdit et nous sommes renvoyés sans cesse au récit fictionnesque de la presse et des institutions (que dire sur les livres scolaires, pures fiction, en SVT, par exemple.).
      En attendant nous errons dans des séries, nous y vivons, nous devenons les personnages de la série, au grand bénéficie des metteurs en scène, Hollande ou Macron. Plus belle la vie!

      • Si vous avez eu le courage de regarder le film depuis le début,vous aurez constaté que la la compétitrice n’a nul besoin de gonflette.
        NB en argot américain moderne,ce type de morphologie est parfois décrit comme « top-heavy »-adjectif qui en anglais « standard » s’applique par exemple à un bateau mal conçu:trop de poids u-dessus de la ligne de flottaison,d’où risque de chavirage.

    • En tout cas, le concept de keg stand est intrinsèquement porteur de magnifiques travaux personnels encadrés : chaque membre d’un trio sera encadré par ses deux acolytes (alcoolytes ?) et suivi par un maximum de capteurs lui-même supervisé par un système de Mesures de Keg Stand Automatisé (système MKSA).

      Bien sûr, pas de compétition entre les membres du trio mais une appréciation globale rédigée dans la bienveillance selon les saintes règles de Meiriol et Dubenet, célèbres moines-bistroquets, afin que, « de la confrontation sereine des différences, émerge un projet commun à l’horizon du possible ».

      Evoé ! Evoé !

  10. ¡ Holá damas y caballeros !

    Encore une petite semaine au Mexique où, des terres révolutionnaires zapatistes, les yeux tordus vers les cieux infinis avec l’air extatique du gendarme je lance ce dimanche, jour du Seigneur, un grand concours destiné aux commentateurs de BdÂ, afin de susciter des vocations électorales futures et surtout m’aider à finir ce voyage à l’aide d’une petite pièce afin de rester digne et propre…blablabla, blablabla…:

    « REVEILLEZ LE TYRAN QUI SOMMEILLE EN VOUS ! »

    Les statuts de notre nouveau mouvement révolutionnaire, le FRIC, i.e. le mouvement des Forces Révolutionnaires Impérialistes Capitalistes, seront déposés en Préfecture de Mexico DF par un groupe de jeunes spontanéistes organisés, qui lancent un appel aux forces vives du pays:
    Rentiers, rentières, unissez-vous ! Le FRIC est notre combat –surtout le mien– et notre combat c’est le vôtre !
    Envoyez vos candidatures, photos en treillis révolutionnaires, joindre liste réduite de vos projets, liste honorifique de vos condamnations judiciaires, et surtout vos dons à:
    hervé, poste restante, Mexico.

    Au nom de la France, terre de vos débiles aïeux, merci!
    …uhuhu !

  11. Hollande court le Chemin des Dames ! Halte là la consigne est de garder le casque avant de proférer des conneries, petit bonhomme en mousse !

  12. Emma Morano qui vient de mourir à 117 ans était réputée la dernière personne au monde à être née avant 1900 donc au 19e siècle.

    Certains vivent encore au 19e sans le savoir.

  13. C’est l’impérialisme qui a causé la guerre de 14 pas le nationalisme c’est à dire l’aspiration des peuples d’Europe à avoir des patries !

    Quel fameux contresens d’un président de la république qui ne connaît même pas ses classiques !

  14. Comme nous sommes dimanche et que je ne veux pas laisser les Français dans l’ignorance répandue par un âne bâté & couronné voici quelques points de repères :
    - 28 Juin 1914 Sarajevo l’archiduc d’Autriche – l’héritier du trône – est abattu par un Serbe de Bosnie alors sous domination autrichienne.
    - 23 juillet l’empire austro-hongrois en accord avec l’empire allemand lance un ultimatum à la Serbie, royaume démocratique et indépendant (qui n’a rien à voir avec le crime de Sarajevo).
    - 30/31 juillet mobilisation générale dans l’empire russe et autrichien.

    C’est donc bien la domination impérialiste des empires centraux contre les aspirations aux libertés nationales la cause première de la guerre de 14 !
    Ne renversons pas l’ordre de consécution.

    • C’est comme si vous disiez que l’aspiration des polonais à retrouver une patrie déchirée et démembrée à maintes reprises & alors sous domination russe, allemande et autrichienne qui serait la responsable de la guerre de 14/18 !
      Il faut vraiment avoir la tête d’un pion qui sèche ses cours comme Hollande pour proférer de telles sottises.
      Ces corniauds de Bruxelles qui ignorent l’histoire de la Hongrie et de la Pologne patries écrasées pendant des siècles et démembrées par les Ottomans, les Russes et les autres ne comprennent rien aux aspirations à la liberté de ces peuples d’Europe centrale.

    • Un commentateur s’insurge:

      « S’ils sont restés bloqués aux XII ème siècle il va falloir attendre longtemps, contrairement à la soumission il y a des religions de liberté ! »

      Malaise : les mathématiciens arabes rayonnaient au XIIe siècle. Quant à l’expression « religions de liberté », que dire…

      L’intention était bonne.

      • Il me semble qu’un bon nombre de savants « arabes » du Moyen Age étaient en réalité persans, et parmi les autres, notamment ceux d’Espagne, je ne suis pas sûre qu’ils aient été si bien vus que ça par les pouvoirs en place sur le moment.

  15. Dans Le Point, le Maître écrit:

    « Il est loin, le temps où le grand mathématicien perse Al-Khwârizmî (VIII IXes siècles) donnait à l’humanité les mots algorithme et algèbre.  »

    En quel sens peut-on dire qu’Al-Khwârizmî a « donné » à « l’humanité » le mot « algorithme » ?

    Il est vrai que le mot « algorithme » est dérivé de son nom;mais quand est-il apparu ?
    Est-il raisonnable de penser qu’à l’instar d’un petit morveux de notre époque, il ait pu s’autoriser à baptiser (si j’ose dire) à partir de son propre nom une notion -dont d’ailleurs la profondeur et la fécondité ne lui apparaissaient peut-être pas clairement?

    Je pose la question,je ne suis pas assez savant pour y répondre.
    Quant à l’algèbre, on peut lire sous la plume de Morris Kline ( Mathematics and the physical world p.69) que le mot est arabe, provient d’un traité d’Al-Khwârizmî et signifie quelque chose comme « égalisation,équilibrage » (le folklore veut que les algébristes travaillent avec des égalités alors que les analystes font leur miel des inégalités).

    Anecdote curieuse de Morris Kline :en Espagne,à une époque « relativement récente »,on pouvait encore trouver des enseignes disant « Algebrista y Sangrador » (barbier-chirurgien et rebouteux-rééquilibreur des articulations).

    Les lecteurs du Qijote auront tôt fait de se remémorer le chapitre 15:

    « En esto fueron razonando los dos, hasta que llegaron a un pueblo donde fue ventura hallar un algebrista, con quien se curó el Sansón desgraciado. »

    http://cvc.cervantes.es/literatura/clasicos/quijote/edicion/parte2/cap15/default.htm

  16. Madre de dios, los gringos!
    Avec mon sombrero, ma chemise cubaine ouverte sur ma musculeuse anatomie et mon cactus en plastique, j’aurais dû emballer grave comme un gnou aujourd’hui ! Les mexicaines en rut, séduites par mon côté « commercial du café équitable » quand je plongeais la main dans mon sachet de plátanos fritos, ont rapidement déchanté quand j’ai cru bon pour tirer mon coup, de compter sur le charisme de ma carte de fidélité Auchan sortie avec ostentation pour payer mes tacos, geste qui fût, contre toute attente, une fin de non-recevoir.
    Ah les chiennes, qui ne connaissent même pas la valeur de tous mes points de remise accumulés depuis le 1er janvier, alors qu’on m’avait dit qu’elles étaient toujours prêtes à se mettre à poil devant un occidental comme des putes avides dans un bordel de Tijuana, pour pouvoir bénéficier d’une journée de paiement en quatre fois sans frais.
    Enfin, je rentre bientôt en France où l’on dit qu’après l’élection de Mélenchon ou de Marraine la Pine, le portrait de Bolivar pourrait remplacer celui de Marianne dans les établissements publics, ce qui me fera moins regretter tous ces poils longs, noirs, velus, fournis, sur les jambes et les cuisses des femelles indigènes mexicaines !
    Pâmoison garantie…aargh !

    p.s. Ta gueule, raclure de Dugong !

  17. Hervé Mitchum, racontez-nous plutôt une rencontre avec une Linda Darnell délicieusement provocante et vous, amoureux transi. J’entends d’ici les ricanements, mais ce matin, avec les oiseaux qui nous touchent au cœur après l’oreille et le lilas qui parfume le jardin avec sa générosité habituelle, juste avant ces saloperis de tondeuses et de petits avions rageurs, j’ai envie de tendresse douce, « Les filles à la taille fine, avancer à petit pas…»

  18. Pour ceux qui voudraient un éclairage « intérieur » du passage historique à la tradition en terres d’islams (avec, pour conséquence, la mort rapide de l’esprit de recherche, notamment scientifique), voir le livre d’entretien avec Abdus Salam, musulman *, Pakistanais, prix Nobel de physique 1979.

    https://books.google.fr/books?id=Zn6wMoLLr3UC

    * évidemment, pas de la bonne obédience

  19. Au fond du temple Auchan
    Paré de fleurs et d’or
    Une femme apparaît !
    Une femme apparaît !
    Je crois la voir encore !
    Je crois la voir encore !

    La foule prosternée
    La regarde, étonnée,
    Et murmure tous bas :
    Voyez, c’est la déesse
    Des coupons de réduction …

    Son voile se soulève !
    O vision ! ô rêve !
    La foule est à genoux !

    Ce sont les Pâques Auchan !

  20. L’express titre : « Des millions de spectateurs captivés par la naissance en direct d’un bébé girafe »

    Chez nous on a les mêmes, fascinés par la naissance en direct d’un bébé-nigo créé par immaculée conception.

    Toufriquet, c’est la poursuite du nigolisme par d’autres moyens.

  21. « E. Macron refuse de réciter ses tables de multiplication à J.J Bourdin »
    Ceci dit ce sont plutôt les additions et les soustractions qui craignent gros avec ce genre de zazou !

  22. Fontenelle disait « qu’il n’aimait pas les choses qui veulent être trop respectées  » ; c’est pourquoi il aimait la compagnie des femmes …

    Ceci dit sans tomber dans le culte des vieilles choses comme les tables de multiplication, ni dans le culte de la personnalité comme en Corée du Nord, à Cuba, au Vénézuela et autres lieux fameux où règne la plus grande liberté de penser, d’agir, de vivre et de dire, il serait bon qu’une certaine distance se maintienne entre les différents acteurs de la vie politique, citoyens-électeurs et élus même putatifs !

  23. Qu’est ce qu’une « péniche insoumise » ?

    Un élément de réponse a peut-être été donné dans un commentaire du Vespéral que je reproduis :

    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/reactions/2017/04/17/jean-luc-melenchon-vogue-a-bord-de-sa-peniche-insoumise_5112660_4854003.html

    « Comme je descendais des Fleuves impassibles,
    je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
    Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
    les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

    J’étais insoucieux de tous les équipages,
    porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
    Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
    les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.
    … »

    Les peaux-rouges criards de nuit assis-debout forment l’étrange cortège qui tribule autour du tribun comme des Chinois perdus dans le lointain Venezuela.

  24. Avoir convenu ou avoir fait Normale Sup
    C’est comme picoler
    Il fait choisir
    Tout d’un coup
    Patatras
    Le prof s’écroule, ridicule
    Et avec, ses analises (lol)

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