Emmanuel Macron et la « décomposition française »

J’étais en train de lire Décomposition française, le beau livre de Malika Sorel paru le 12 novembre 2015 — la veille des attentats du Bataclan —, qui vient opportunément de paraître en Poche, quand Emmanuel Macron a fait en Algérie les déclarations que nous savons sur la colonisation (« crime contre l’humanité », etc.) et a, quelques jours plus tard, aggravé son cas en reprenant, en meeting à Toulon, la déclaration quelque peu ambiguë de De Gaulle aux Pieds-Noirs en 1958, le célèbre « Je vous ai compris ».
Je dis « ambiguë » parce que sur le coup, la foule massée à Alger n’a pas bien compris ce que MonGénéral (comme l’écrivait à l’époque le Canard enchaîné) était en train de lui faire — collectivement. Mais ils ont pigé assez vite.

J’ai donc eu l’idée de demander son avis à Malika Sorel, ancien membre de ce Haut Conseil à l’intégration dissous sur décision du gouvernement Ayrault (on sait que le PS ne joue pas l’intégration, mais la dispersion façon puzzle de l’identité française en communautés susceptibles de voter pour lui).
Je reviendrai sur Décomposition française (beau titre !) en évoquant le livre qui vient de sortir d’Amine El Khatmi (Non, je ne me tairai plus, chez Lattès). En attendant, merci à Malika Sorel d’avoir bien voulu répondre aux questions de Bonnet d’âne

JPB.  De passage à Alger, Emmanuel Macron fait les yeux doux à la télévision algérienne et décrète que le colonialisme est globalement « un crime contre l’humanité ». Que vous inspire cette déclaration péremptoire et unilatérale ?

Sa déclaration constitue une accusation lourde contre plusieurs générations de militaires français. Une accusation qui ravive par ailleurs des plaies encore douloureuses et qui dresse, de fait, les populations les unes contre les autres. Cela ne contribue pas à la pacification des esprits mais entretient la bataille des mémoires et la pente victimaire. L’effet peut être désastreux sur des enfants ou adolescents issus de l’immigration algérienne qui éprouveraient un malaise ou un inconfort sur le plan de leur identité personnelle. La comparaison de la démographie algérienne de 1962 à celle de 1830 met en lumière un fort développement qui invalide le jugement d’Emmanuel Macron. Ce qui est navrant, c’est aussi l’absence de sagesse. Pourquoi ouvrir un tel sujet alors que nous sommes en état d’urgence ? La France se trouve justement ciblée en raison même d’une haine tenace qui puise sa source dans tout ce qu’elle est ou a été.

JPB.  Quel bénéfice électoral Macron espère-t-il d’une telle prise de position ?

Il convient de rappeler qu’il n’est pas le premier candidat à aller faire la danse du ventre à Alger dans l’espoir de séduire, en France, une portion de l’électorat issue de l’Algérie et plus largement des anciennes colonies. Les politiques parient sur le fait qu’une part conséquente de l’immigration ne s’est pas assimilée et continue de vibrer au diapason de sa terre d’origine. Et pour cause ! Ils ont eux-mêmes créé les conditions d’une quasi impossibilité d’intégration culturelle : flux migratoires si importants qu’ils ont aidé à la duplication des cultures d’origine sur la terre d’accueil ; évolution des programmes scolaires et des horaires alloués à la langue française dans le sens d’une dégradation constante de la transmission du patrimoine culturel français… Alain Viala, qui avait présidé en 2000 la commission chargée de réformer les programmes d’enseignement du français, l’avait reconnu dans un entretien avec Marcel Gauchet, consigné dans la revue Le Débat. Il s’agissait alors d’adapter les programmes à « l’arrivée des nouveaux publics, autrement dit d’adolescents venant de milieux ne leur permettant pas d’avoir une maîtrise suffisante (de la langue française)» selon ses propres termes. Le misérabilisme d’une partie de nos élites, la propension à penser que les enfants de l’immigration extra-européenne ne seraient pas capables de s’élever comme les autres enfants sont terriblement injustes et blessants. Au fil des accommodements, il est devenu presque impossible aux enfants issus de l’immigration de s’assimiler. De ce fait, nombre d’élus ou de ceux qui aspirent à l’être se croient contraints, en raison de l’évolution de la composition du corps électoral, d’adapter par anticipation leur comportement. Ils pratiquent un clientélisme ouvert ou larvé, pensant ne pas disposer d’autre choix. Ce faisant, ils se lient les mains.

JPB.  En meeting à Toulon quelques jours plus tard, réalisant la bronca que suscitent ses propos parmi les Pieds-Noirs et leurs descendants (mais pas seulement), Macron lance : « Je vous ai compris ». Cynisme ou gaffe — les ex-rapatriés se souvenant dans leur chair du discours de De Gaulle utilisant cette formule au moment même où il entamait des négociations secrètes avec le FLN ?

Contrairement à un certain nombre de ses collègues dans le monde politique, Emmanuel Macron ne peut bénéficier de l’excuse de l’ignorance. Cet homme semble disposer d’une solide culture. Il connaît l’histoire, la littérature et le poids des mots. En utilisant cette phrase devenue célèbre du général de Gaulle pour s’excuser auprès de ceux qu’il a pu blesser, il a aggravé son propre cas. Est-ce du cynisme ? De la perversité ? J’ai tendance à penser que c’est surtout un homme pressé qui s’est pris les pieds dans le tapis de son opportunisme. Capable de faire feu de tout bois pour satisfaire son ambition d’accéder à la fonction suprême. Examinez attentivement ce passage de son meeting : « Je le dis aujourd’hui, à chacun et chacune dans vos conditions, dans vos histoires, dans vos traumatismes, parce que je veux être président, je vous ai compris et je vous aime. »

JPB.  Le discours anti-colonialiste de Macron est-il à rapprocher des suggestions déjà anciennes de Terra Nova conseillant à la gauche de chercher un nouveau socle électoral chez les immigrés et leurs descendants ? À ce titre, le candidat d’En marche pourrait-il être le fils commun de Terra Nova et de l’Institut Montaigne, de Hollande et de Juppé, de la carpe et du lapin ? Mais est-ce vraiment la carpe et le lapin ?

Je ne sais pas quels sont au juste ses « géniteurs ». Vous auriez pu tout aussi bien joindre à votre liste Jacques Attali, le conseiller de François Mitterrand qui recommandait en 2008 au Président Nicolas Sarkozy de relancer l’immigration (Rapport pour la libération de la croissance française). Votre rappel des recommandations de Terra Nova est tout à fait pertinent. Nous sommes en effet dans la continuité de ce rapport, qui a ensuite donné vie à la fameuse refondation des politiques d’intégration en 2013. Cette volonté de refondation s’était alors traduite en un premier temps par un rapport sur la France inclusive, puis par cinq rapports truffés d’un grand nombre d’assertions et de recommandations toutes plus sidérantes les unes que les autres. Souvenons-nous : il y était question de « faire France en reconnaissant la richesse des identités multiples », de « nous inclusif et solidaire », d’un « vivre-ensemble égalitaire », de « faire de l’en-commun ». Le prix à payer par notre société y était annoncé sans ambages : « apprentissage d’un savoir-faire avec l’hétérogénéité et dans la conflictualité », car « la rencontre interculturelle doit être conçue comme un échange entre personnes, ou groupes de personnes, de différentes cultures permettant l’émergence d’un espace de négociation », nous prévenait-on. Rendez-vous compte : la conflictualité érigée en promesse de progrès. Du cynisme à l’état pur ! Lorsqu’Emmanuel Macron assène dans l’un de ses meetings « il n’y a pas de culture française. Il y a une culture en France. Elle est diverse », il s’érige en digne héritier et défenseur de cette idéologie. Dans le livre des journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme, François Hollande le dit : « Emmanuel Macron, c’est moi ». CQFD.

JPB.  De façon plus générale, le discours culpabilisateur, qui a déjà de belles années derrière lui, n’est-il pas en train de s’essouffler — ou pire, de susciter une réaction inverse ? Une partie du vote FN ne s’explique-t-elle pas ainsi ?

Malgré les apparences, ce discours a triomphé. Il a imprégné bien des esprits, à telle enseigne qu’un grand nombre d’accommodements déraisonnables de nos principes républicains ne suscitent aucune indignation dans l’opinion publique. Voyez à quel point l’idéologie de culpabilisation-repentance a inspiré l’action du politique ! Prenons simplement ici un domaine que vous connaissez parfaitement, celui de l’éducation-instruction. Nombre des réformes qui ont été déployées depuis 1981 en procèdent. Lorsqu’en 2004 Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre, institue la Charte de la diversité qui s’appuie sur le rapport Les oubliés de l’égalité des chances rédigé sous l’égide de l’Institut Montaigne, il persiste dans la voie qui a été ouverte par la gauche : le renoncement au respect du principe républicain d’Égalité, au profit de la discrimination positive introduite par la circulaire du 1er juillet 1981 qui porte création des Zones d’Éducation Prioritaires. L’évolution du contenu des manuels scolaires, la réforme des programmes de français évoquée ci-dessus avec Alain Viala dont on mesure à présent les conséquences dramatiques au travers du classement PISA, les pédagogies mises en œuvre, la manière dont sont parfois notées les copies… Dans un autre domaine, la loi dite SRU procède de la même veine. Quant au vote FN, il faut le lire à l’aune des enquêtes qui se suivent et se ressemblent et qui illustrent le divorce des Français avec leur classe politique. Dès 1997, l’historien Jacques Julliard relevait que « nulle part le divorce entre le peuple et les élites n’apparaît de façon aussi éclatante qu’à propos de l’immigration ». Tout se passe, disait-il, « comme si les classes populaires s’exaspéraient de la sollicitude de la gauche intellectuelle, et même de la classe politique tout entière, envers les immigrés et à leur détriment ». Méditez bien ce « à leur détriment ». Aujourd’hui, Jacques Julliard pourrait ajouter « les classes moyennes ». La clé de décryptage du vote FN est là et nulle part ailleurs. Tous les partis, sans exception, doivent entendre le cri de détresse du peuple français qui a droit au respect de ses fondamentaux culturels et de son identité, comme c’est le cas pour tout peuple sur un territoire qui est sa propriété.

Malika Sorel et Jean-Paul Brighelli

PS. 7 mars 2017, Georges Bensoussan vient d’être relaxé de tous les chefs d’accusation de racisme et d’anti-islamisme. Le Parquet et le CCIF sont déboutés et dépités. Champagne !

268 réflexions au sujet de « Emmanuel Macron et la « décomposition française » »

  1. « Rendez-vous compte : la conflictualité érigée en promesse de progrès. Du cynisme à l’état pur ! »

    Pourtant, Héraclite le clamait déjà il y a lurette : Conflit est père de toute chose. Toute chose naît et meurt selon le conflit et la nécessité.

    • Votre interprétation est discutable. Le conflit est inscrit dans l’histoire parce que l’homme ne regarde pas l’autre comme son image. Vivre « ensemble » nécessite la recherche d’un ailleurs qui implique la part la plus haute de chacun. Le conflit est cette recherche mais le cynisme consiste ici à penser qu’il porte pour soi ce qu’il peut engendrer.

  2. Je vous propose un grand jeu spécial élections présidentielles 2017 :
    - Quel est l’animal totem de chacun des candidats ?

  3. Conditions requises.
    L’animal-totem doit avoir un appétit solide et un estomac à toute épreuve ; n’oubliez pas qu’il doit avaler un poison en grande quantité : le suffrage universel !

    Par exemple le poisson-chat c’est l’idéal, c’est l’égout des rivières, il ouvre grand sa gueule armée de barbillons et avale tout ce qui passe à sa portée.

  4. « Décryptage » ? C’est pourtant clair ! Le peuple a pigé vite, habitué qu’il est à prendre des coups ! La classe moyenne, qui se la pète un peu, a mis plus de temps, n’y croyant pas ! Reste ceux qui estiment que parce qu’ils ont deux ou trois millions, ils sont à l’abri. Ceux-là discutaillent et choisissent le candidat qui veut supprimer l’ISF. Macron veut le conserver pour la partie non financière, quant aux objets d’art, pas touche ! Ils vendront un tableau de temps en temps, et iront en mettre le produit dans des contrats au Luxembourg, alors les petites filles en tenue islamique dans des « écoles » clandestines, ils s’en tapent ! Or, le sujet principal est là, sans compter les morts !

  5. Je viens de voir MS au côté de FF au Trocadéro, c’est quelqu’un pour qui j’avais de l’estime (pour autant que je la connaisse), mais maintenant, j’ai des doutes …

  6. Mais non, tout n’est pas gâché chez LR. Une candidature bovine spontanée pourrait emporter une adhésion quasi consensuelle au niveau du sens moral et de la sociabilité :

    http://www.lepoint.fr/science/l-intelligence-des-animaux-d-elevage-2-la-vache-26-02-2017-2107683_25.php

    Evidemment, la sympathie spontanée dont bénéficierait une telle candidate, due aux récentes affaires de conditions d’abatage ne doit pas faire tomber dans les pièges les plus évidents comme le choix d’une hollandaise ou d’une limousine toutes deux trop proches de l’actuel président. Encore moins d’un taureau qui lui aliénerait ipso facto l’électorat féminin (?) et renverrait immédiatement au bouché de Sablé ni une béarnaise, ni une marine landaise, ni une blonde d’Aquitaine pour d’évidentes raisons.

    Une Aubrac peut-être ?

      • Quel scoop ! C’était soit Juppé soit Babouin, la petite frappe.
        Et Valérie qui tourne et virevolte et virevolte encore. Du solide, du sérieux, chez les Républicains !
        Tout ça est très farce.

      • Il n’y a personne pour leur dire qu’ils ont mis en place les Primaires et que des corniauds sont allés voter !
        Quant à Macron, on en est à apprendre que Madame aime les mini jupes ! Formidable programme !

  7. Que de complications ! Une bonne bière marseillaise et on n’entend plus parler du Fillon.
    Je vous le fais façon puzzle congolais ou marteau de Vulcain disait Robert Dalban – qui se soucie de Jimmy Hoffa ?

  8. Au sujet de Marseille je voyais hier un reportage sur un jeune Marseillais – tout à fait de souche – parti à Miami pour y faire fortune – il avait investi toutes ses économies pour y devenir broker de yachts de luxe – il finissait par vendre le yacht à 40 millions de dollars d’un ancien vendeur de voitures !
    Question : s’il fait fortune aux Etats-Unis reviendra-t-il à Marseille comme Paulin Talabot qui se fit construire une villa-château au Roucas Blanc ou restera-t-il à Miami ?

    • L’épouse de Talabot, Marie était une humble servante qui en guise de revanche sociale se fit construire un énorme mausolée de marbre blanc dominant son village natal en Aveyron (Saint Geniez d’Olt) !

  9. La situation politico-économique est bien résumée par Macron ; il n’y a plus de places de cadres disponibles en France car il n’y a plus de croissance – la fausse croissance nominale consiste à faire grossir la masse du lumpen prolétariat africain des cités – donc créons des emplois-uber.

    La politique est un des seuls domaines où l’on pouvait créer des places de cadres sans contrepartie (sans création de richesse) mais malheureusement les Fillon et autres ont tout volés et entièrement vidées les caisses de l’Etat depuis quarante ans ! Il ne reste plus que des miettes à se partager … d’où dilemme pour les deux partis PS et LR qui voler pour survivre encore ?

    • Il reste beaucoup de pauvres (travailleurs) à voler, par le biais des taxes, afin de subventionner de pseudo pauvres (qui ne travaillent pas) qui voteront pour eux. C’est ce qui se passe déjà.

  10. « les Fillon et autres ont tout volés et entièrement vidées les caisses
    depuis quarante ans « …
    Ce blog n’est plus tenu .

  11. Que Brighelli me donne 200.000 euros pour ma prestation sur son blog et je vous fournis mes excuses gratos en plus comme Fillon !

    Signé : Un emploi-uber

  12. Signe indubitable de la montée en puissance de Toufriquet 1er, son site contient enfin une boutique :

    https://boutique.en-marche.fr/

    Ceci dit, c’est limité et désespérément convenu : pas de caleçon « En marche », pas même de thermomètre que les fans pourraient s’introduire pour se mesurer la fièvre libérale.

    Il paraît que deux modèles (PS ou LR) d’attestation d’allégeance seront bientôt disponibles.

      • Ça lui va bien, hein ?

        Ce qui est beaucoup moins rigolo c’est sa probable présence au 2ème tour…

        Une bonne moitié du corps électoral n’aura pas envie de voter et, probablement, ne se déplacera pas. La caissière le sait et spécule là-dessus (d’où les bougies dans la boutique ?)

      • Je prolonge le scénario :

        2ème tour : Toufriquet vs Caissière.
        Vote blanc massif, Caissière mal élue.
        Emeutes, ambiance révolutionnaire, le peuple dans la rue, on fait respecter le bordel.

        • Les émeutes ont déjà commencé depuis un petit moment, prenant prétexte de la mésaventure du dénommé Théo. Sauf que les médias n’évoquent presque pas lesdites émeutes, trop occupés à glorifier le télévangéliste.

  13. Du côté de la caissière, on sent la boutique qui a des heures de vol :

    http://www.boutique-fn.net/

    Les fans de la caissière regretteront sûrement que les innombrables bougies disponibles ne comportent aucune indication de diamètre ou de longueur. Aucun spéculum non plus. Ce n’est pas sérieux, il y a une telle demande de la part des fions et des moules marinières !

  14. Nous souhaitons d’abord éviter que la représentante gauloise de la meute nationaliste précipite la France et l’Europe dans une fatale régression. Or, à l’évidence, le candidat d’En marche ! apparaît être le mieux placé pour rassembler ceux qui veulent par-dessus tout conjurer le pire. Pas seulement au deuxième tour de l’élection présidentielle.

    Si nous le voulons, dès le premier tour, un cinglant désaveu électoral peut être infligé à Marine Le Pen (et, en même temps, aux dérives réactionnaires d’une droite à la mode Fillon), événement politique majeur qui viendrait casser la dynamique de l’illusion populiste, identitaire et passéiste souvent présentée comme une irrésistible ascension.

    Cependant, en tant qu’écologistes, nous n’irons pas voter pour Emmanuel Macron faute de mieux, en choisissant seulement le meilleur bouclier. Nous choisissons Emmanuel Macron en positif, pour ce qu’il impulse et permet d’envisager : la mobilisation des sociétés française et européenne, hors des totems hypnotiques et des fétiches rassurants, afin qu’elles saisissent la chance de sortir des modèles finissants. Une dernière chance peut être : les Français et les Européens sont à bout, meurtris de peurs, accablés de fractures, en même temps qu’impatients d’espérer et de faire, hors des catégories et des vieux schémas.

    Nature hétérodoxe

    L’offre d’Emmanuel Macron et la mise en marche du mouvement massif dont il a eu l’intuition tombent à pic. Si cette perspective polarise si positivement et de manière si inattendue, c’est qu’elle incarne un point d’équilibre hors duquel, chacun le sait, aucune construction durable n’est possible.

    Sa force réside dans sa nature hétérodoxe, au-delà des camps retranchés idéologiques, privilégiant un état d’esprit positif. Les citoyens ne sont pas des imbéciles. Ils savent qu’on ne bâtit qu’à partir du réel et de ses aspérités, en intégrant la complexité, en ouvrant les yeux sur le contexte libéral et mondialisé. Ils savent aussi que l’impuissance n’est pas une fatalité, qu’il est possible au contraire d’agir, expérimenter, créer, innover, développer des alternatives.

    Entre réel et idéal, le point d’équilibre qu’incarne Emmanuel Macron peut à nos yeux constituer le point de départ d’un ressaisissement collectif afin que la transformation écologique, sociale et démocratique tant espérée ne reste pas une proclamation et que la radicalité soit effective.

    Dépasser la vitrification gauche-droite

    Il devient réaliste d’articuler positivement ambition et modération, contraintes et émancipation, libertés et protections, flexibilité et sécurité du travail, marché et régulation, tolérance et valeurs fondamentales, protection de la nature et activités humaines, singularités et biens communs, intelligence des compromis et espérance du futur.

    Une opportunité inédite se présente donc de rassembler tous ceux et toutes celles qui aspirent au progrès humain. Il devient crédible qu’un mouvement massif se construise pour aller vers une nouvelle société où l’autonomie individuelle ne soit pas contradictoire avec l’intérêt général.

    Nous disons à tous nos amis dispersés du côté de Benoît Hamon ou de Jean-Luc Mélenchon : aujourd’hui, à notre sens, c’est plutôt du côté d’En marche ! que les majorités d’idées et les coalitions de projets peuvent se construire, déborder des digues doctrinaires, dresser le pont des convergences, c’est là que les dynamiques sociales et que les transformations systémiques peuvent surgir dans la liberté de chacun et la solidarité de tous. Faudrait-il être aveugles pour ne pas voir où le courant porte, rester prisonniers des représentations du vieux monde et des rhétoriques de l’entre soi pour ne pas s’y inscrire ?

    Nous pensons aussi qu’il est temps de dépasser la vitrification gauche-droite et ses simulacres de guerre civile. Mais cette vision doit être clarifiée et confortée pour que le cap ne se réduise pas à un mol tour de danse centriste – un pas à droite, un pas à gauche – mais, au contraire, dessine une nouvelle offre politico-culturelle diffusant progressivement une transformation structurelle de la société. Elle sera ce que les acteurs politiques, professionnels, syndicaux et associatifs qui s’y investiront en feront.

    Nous ne jouons pas aux gogos

    Passer de l’ordre cannibale à la société durable suppose d’avancer sans œillères mais sans baisser les yeux. Autrement dit, il s’agira aussi de rompre des lances avec les pesanteurs du système, qui sont lourdes, et avec les partisans du statu quo, qui sont puissants. Mesures techniques, pragmatisme et bonnes volontés ne suffiront pas à relever les immenses défis de l’avenir, du changement climatique aux crispations identitaires et religieuses… Il y faudra beaucoup de bienveillance mais encore plus de détermination.

    Nous ne jouons pas aux gogos. A nos yeux, le programme d’En marche ! n’est pas un nouveau catéchisme, pas plus qu’Emmanuel Macron n’incarne le messie. Nos nuances et nos réserves existent. Mais nous n’avons rien lu ou entendu de réellement rédhibitoire. Son « Contrat avec la Nation », que nous appuyons, reste à enrichir, compléter, muscler.

    Nous aimerions, par exemple, qu’il fasse moins preuve de timidité sur la proportionnelle, qu’il s’engage sur un projet plus explicite et solidaire sur la restructuration de la dette des Etats européens, qu’il se montre plus volontariste sur la taxation des transactions financières, qu’il porte un vrai projet sur les mobilités douces et les alternatives à la voiture, qu’il propose de repenser les règles du commerce international pour le rendre écologiquement et socialement compatible, qu’il renforce les engagements de la France sur la solidarité internationale, notamment pour rembourser notre dette écologique envers les pays en développement, qu’il aborde sérieusement la question du pourrissement de certains quartiers en envisageant la légalisation du cannabis, qu’il clarifie l’avancée sociale qu’une flexisécurité du travail permettrait…

    Associer les convergences

    En tout cas, nous préférerons toujours prendre le risque de mettre en œuvre quelque chose d’inachevé au confort des postures sur des doxa apparemment plus abouties mais qui moisiront dans un tiroir.

    Emmanuel Macron propose une démarche et, avec En marche !, ouvre une porte. Nous nous réjouissons de cette volonté de rassembler les énergies positives, de faire sauter les verrous, de dépasser les systèmes de pensée confits dans leur glaciation. Associer les convergences plutôt qu’exacerber les clivages, affronter les complexités plutôt qu’asséner des diktats binaires, convaincre plutôt que contraindre, bâtir des majorités démocratiques plutôt que de passer en force, impliquer la société plutôt que la diriger, écouter l’autre plutôt que le vaincre, chercher les solutions plutôt que flatter les colères…

    N’est-ce pas le projet que nous avions avec Europe écologie ? L’écologie et l’Europe, deux « fils rouges » qu’Emmanuel Macron revendique et que nous aimerions qu’il renforce encore parce qu’ils sont aussi les nôtres.

    Jean-Paul Besset (Ancien député européen EELV), Daniel Cohn-Bendit (Ancien député européen EELV) et Matthieu Orphelin (Ancien porte-parole de la Fo…

    • C’est le discours de ceux qui attendent l’homme qui tombe à pic.
      Dans tomber à pic, il y a tomber (ce qui est bien avec un quinquennat c’est que cela se voit vite ; c’est le seul bon coté)

      Je n’ai rien trouvé de terrible dans son office de ministre de l’économie. Comme conseiller de Hollande, avant, non plus.
      La politique de l’offre comme panacée, on fait mieux d’ailleurs.
      Son Europe est bien celle des marchands (de soupe ou autre) ; il y a mieux faire.
      Ça manque de projet locomotive.

      Le voilà rejoint par des  » a été  » et des danseuses du PS qui fuient celui qui a été désigné par la primaire du parti qui les a conduit au râtelier.

      Une bien belle équipe ; je suis ravi de ne pas être embarqué dans un truc pareil (pour plus tard ; ne pas avoir à rougir de mettre commis) ; j’ai souvent le nez fin.
      On le sait après (c’est le problème) et parfois en attendant on est un peu esseulé.

      Une opérette en vue avec gueule de bois à l’arrivée.
      (je m’en fiche, je n’en serai pas ; je m’étais positionné avant l’élection, c’est à dire en ce moment)

    • Les signataires de ce manifeste n’ont pas encore compris (mais comprendront-ils jamais?) que leur discours est typiquement celui que récusent les français. La plus belle phrase du genre étant sans doute:
      « Associer les convergences plutôt qu’exacerber les clivages, affronter les complexités plutôt qu’asséner des diktats binaires, convaincre plutôt que contraindre, bâtir des majorités démocratiques plutôt que de passer en force, impliquer la société plutôt que la diriger, écouter l’autre plutôt que le vaincre, chercher les solutions plutôt que flatter les colères… », Un régal du genre poncif.

  15. « Je vous ai compris ». Cynisme ou gaffe…ou auto-absolution d’une profondeur de bêtise difficile à égaler à l’instar de la contemplation idiote du gosse qui vient de tuer son petit frère avec le fusil de chasse de papa : « Qu’est ce que j’ai fait…? »

    • Il ne pouvait pas jouer le rôle de Tony Montana dans Scarface et dire : « Je vous encule ! »
      De deux mots choisir le moindre …

    • Je pencherais pour cynisme !
      Quel texte indigeste, long, long, long, pour le faire paraître intelligent ! Tout va vraiment à l’envers ! Et voilà le putride qui parle de ce qu’il ne connaît pas, le pauvre ! Rien ne va plus !

      • Nous finirons,je le crains, par demander à l’ONU de nommer un pro-consul qui administre nos affaires jusqu’à ce que nous ayons trouvé des candidats acceptables.

        Serions-nous lassés de la république serions-nous des grenouilles qui demandent un roi ?

  16. Dans les années 1980, il y avait Tapie
    En 2017, il y a Macron.
    La bête a évolué
    Ce sont tous les deux des missiles ; chacun lancé par tout le monde sait qui.
    Le moins marrant c’est qu’il n’y a pas la case prison (avant le théâtre) dans l’horizon de Macron, à priori.
    Il est possible de se rattraper en lui imaginant un destin à la Kennedy ; peu de temps après avoir été élu (au cas où)

  17. Une de mes amis, sous emprise, me disait qu’avec Macron ça allait être le changement.
    Las, pour couper le son (il s’agissait d’une conversation téléphonique) j’ai été méchant en rappelant qu’il était probablement le candidat de Hollande et que le changement c’était il y a 5 ans.

    On croit connaitre les gens me suis-je dit.
    Puis en fait oui, je m’en doutais (c’est ce que l’on se dit dans l’après-coup) il a toujours eu ce coté d’enthousiaste naïf pour des trucs de pacotille. (le football par exemple, y ayant joué étant gamin ) ou tonitruants, voués à une dissolution rapide même dans les scénarios (il n’est plus obligatoire d’écrire scenarii, parait-il) de science-fiction les moins évolués.

    Vu le temps mis par Hollande pour se dissoudre une fois élu :
    combien de trimestres tiendra Macron si il était élu, avant de commencer à fondre comme neige au soleil ?

    Que ferons nous de ses fans, désespérés devenus ?
    (il existe des techniques pour soutenir les personnes qui sortent de milieux relevant de dérives sectaires)

    • Macron et son :… » parce que je veux être président, je vous ai compris et je vous aime  »…
      Je ne veux pas être aimé par Macron et les siens.
      Qu’ils me comprennent, c’est bien.
      Le moment venu je ferai en sorte qu’ils comprennent rien.

      Le petit fait un caprice ; je veux être Président.
      On sait qu’il a commencé tout petit avec les caprices ; il a voulu épouser son professeur de Français.

      Il n’a pas compris qu’à un moment il risque d’être le président d’un pays où plein de gens s’en tapent de son amour et n’aiment (pas lui ) ce qu’il représente.
      Les histoires d’amour finissent mal parfois.

      • Il manque des mots ; c’est de la faute du clavier qui est trop lent. A force j’oublie de corriger.
        Tout va trop vite.
        Le minitel s’était mieux.

          • Je ne le sens pas le 2ème tour de la présidentielle.
            Hors de question de voter en se pinçant le nez.

            J’adore la noce de rats en cours en au PS ; ils se jettent sur Macron (une bouée, pour ceux qui ne savent pas nager).
            Si il se plante, ils seront carbonisés (tant mieux)
            Si il ne se plante pas aussi, mais plus tard (tant mieux aussi)

            Delanoe rejoint le vote utile (dit-il)

            Il y en a eu un paquet, amenés à tenir les rênes du pays par la grâce d’un vote utile ; après on se demande quelle utilité cela pouvait représenter.

  18. A propos de la continuité entre la guerre et la politique, de l’une à l’autre et vice versa (en fonction de la perspective et des auteurs auxquels cela renvoie) ; en politique un mort ne veut pas dire que quelqu’un est mort.
    C’est bien de définir les termes employés.
    Dans la guerre, il convient d’avoir un langage que l’adversaire ne comprend pas et de comprendre celui de l’adversaire (cela fait partie des objectifs convenables même si ils sont insuffisants)

    Comment parlent-ils?
    https://theconversation.com/formation-des-managers-greed-is-not-good-anymore-74032

    Je sais que le  » globish  » qui a déjà été évoqué dans ce blog est à prendre en compte aussi. (comme tant de choses)

    • Ils ont l’air de ne plus savoir où ils habitent chez les Républicains ; un jour c’est blanc, le lendemain c’est noir.
      Cela n’aidera pas d’éventuels électeurs un peu désorientés, il me me semble.

      Y-aura-t-il un impact de tout cela dans 1,2, 3 ans sur la présidence (son exercice) à venir ?
      Dans le titre du sujet il y a  » décomposition  »
      Ne pourrait-on pas pas insérer un mot entre  » décomposition  » et  » française  »

      Je me sens français et pas franchement décomposé (inutile de se presser ; tout vient à point à qui sait attendre) d’où l’idée saugrenue de reformuler le titre du papier.
      Cela risque d’être les élections de la décomposition ; certains, au petit matin du 8 mai (mais avant nous aurons le plaisir du 1er tour), seront décomposés.
      Comme à chaque élection.

    • Un copain toubib m’a dit et répété (était-ce un aveu ? parfois…) que l’hôpital est l’endroit par excellence du crime parfait, parce qu’on s’attend à ce que vous mouriez…

      • L’avenir est aux injections létales. Une hospitalisation pour un truc assez bénin, de jeunes internes incapables de calculer une dilution, et hop !

        C’est quand même plus propre qu’une strangulation à la main qui laisse toujours des traces (les profanes n’ont pas les compétences pour pratiquer le serrement d’Hippocrate qui, lui, est indolore).

  19. Macron c’est Merkel au masculin – enfin quoiqu’on ne sache lequel ferait l’homme ou la femme dans un tel couple … l’un et l’autre hétérosexuels de circonstance puisqu’en fait ils ne voulurent pas d’enfants – on le suppose avec raison.
    Hétérosexuels putatifs donc qui adoptèrent toute l’immigration du monde, c’est à dire tous les enfants qu’ils sacrifièrent à leur carrière.
    On ne devient pas prétendant à la présidence à 38 ans sans quelque opération douloureuse et intime ! La politique esthétique a ses nécessités.

    • Vous savez que pour se faire beau on se fait faire des injections de botox ? C’est à dire littéralement qu’on s’injecte un poison mortel sous la peau ….

  20. A ce rythme il n’y aura bientôt plus que les pédés qui voudront se marier et élever des enfants dans la joie et le plus grand naturel ! Ce sera alors le comble de l’artifice …

    P.S Ceci est une private joke (un fake new on dit aussi).

    • Hélas « new » n’est pas un substantif.

      Et le substantif « news » n’est pas un pluriel.

      Si vous écoutez londres, vous entendrez le carillon de Big Ben…puis « Here IS the news ».

  21. Vous savez que le 15 mars prochain on tourne un épisode de « Plus belles les menottes » sit-com franco-française où l’on se choisit un politicien à mettre sur la sellette, à cuisiner à petit feu et à garrotter si besoin est. C’est tourné au château d’If …

  22. « Je le dis aujourd’hui, à chacun et chacune dans vos conditions, dans vos histoires, dans vos traumatismes, parce que je veux être président, je vous ai compris et je vous aime. »

    Elle est complètement débile cette phrase et d’une confusion extrême ne servant qu’à attirer le niais comme la lumière attire l’insecte.
    Il faut se méfier de ces politiciens démago/démocrates qui en général ne flattent le bon peuple que pour entreprendre avec patience de lui vendre –aux riches au comptant, aux pauvres à terme– ou de lui voler quelque chose.

  23. Donald Trump disait aux Américains : « Je vais vous construire un mur magnifique tel qu’on n’en vit plus depuis Jéricho » – mur qui existait déjà d’ailleurs, je rajoute entre parenthèses.

    Emmanuel Macron dit aux Français : « Je vais vous bâtir des portes splendides pour vous ouvrir à la vie. »
    Ceci dit si cela ouvre sur un précipice et que vous tombez dans le vide vous n’aurez à vous en prendre qu’à vous-même !

  24. Comme disait le suspect de meurtre à Columbo qui faisait enlever un pilier de fondation au cas où un cadavre serait caché dessous : « Nerveux lieutenant ? Je vous comprends ! On ne devient pas architecte en un jour ! »

  25. Après le café et les croissants, il paraît qu’on entendait certains fredonner cet air discret:

    C’était un politique véreux
    Tous derrière tous derrière
    C’était un politique véreux
    Tous derrière et lui heureux

  26. Moi, ce qui me sidère le plus dans le discours d’EM, c’est son « je vous aime »… une bribe de dialogue mal traduit (tel l’« I love you » que le héros hollywoodien dit à son fils avant d’aller sauver le monde), typique de ces séries Z qui phagocytent les écrans télé et les esprits dès la maternelle. C’est la marque de cette américanisation qui rend les nouvelles générations de Français totalement formatées. Même les « élites » a priori très cultivées sont déjà franchi le Rubicon sans même s’en rendre compte, ils pensent et parlent désormais globish-traduit-en-français… triste époque.
    Sans parler de itélé relooké cnews… on dirait un cnn traduit en live par google translate. Y a même un journaliste américain francophone au débit hésitant… pour faire discrimination positive j’imagine ?

    • voilà que lemonde fait un sondage auprès de ses abonnés pour lancer une édition en anglais… pour ma part, rien à foutre. Si je veux lire de l’english je sais où aller.
      En revanche, je préférerais qu’ils continuent à jacter français.
      Il veulent lancer un « nouveau produit éditorial digital »… moi je veux juste du numérique, pour les trucs avec les doigts j’ai ma moitié, ça me suffit amplement.

  27. Le nom du parti de monsieur Fion est: les Républicains.
    je veille donc à dire(ou à penser):…chez les les Républicains…(c’est un exemple)
    je sais,c’est ridicule mais ce sont eux qui l’ont voulu.

  28. http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/03/07/31001-20170307ARTFIG00201-jerome-sainte-marie-la-voie-etroite-de-francois-fillon.php

    On ne pourra pas lire cet article réservé aux abonnés.
    Mais le nom de l’auteur autant que le titre se suffisent à eux-mêmes.

    Si les culs bénis sont fort coincés quant à l’usage de leurs orifices ils ont moins d’hésitations pour celui de leurs ouailles dans lequel ils s’introduisent volontiers.
    Grâce (c’est le cas de le dire) à cet article on sait ouske Fillon rêve de nous la mettre.

    • En même temps, face à tant de sèches chantepleures offertes et de politiciens qui ne remplissent pas leurs o(ri)fices, la tentation est grande de s’insinuer (il y a beaucoup de voies à prendre).

      La Flèche de Sablé promeut le don de soi comme l’enfant batave de la digue et ne veut laisser à personne le soin de se faire une place de bouche-trou.

      La digue, la digue !

  29. France Culture (je sais !) annonce recevoir demain matin dans La fabrique de l’Histoire (vers 9h00 donc) ….. tenez vous bien …………………… Emmanuel Macron (en pleine campagne ; tiens donc !) pour parler de sa vison de l’histoire (minuscule ; obligatoire ment)

    Je me tâte, pour savoir si cela vaut le coup d’entendre
    Quelque part cela peut fournir des arguments pour, plus tard, clouer le bec de macroniens (des unicellulaires eucaryotes proches des amibes ; eucaryotes car il y a bien un noyau, tout le monde connait)

  30. Connaissiez-vous le « Projet Aladin » ?

    Pas moi — mais je me suis renseigné à la source :

    http://www.lepoint.fr/invites-du-point/jean-paul-brighelli/brighelli-le-projet-aladin-les-lumieres-contre-l-extremisme-08-03-2017-2110139_1886.php

    Et comme l’article depuis 10 mn est réservé aux abonnés, voici le verbatim de l’interview — c’est long mais intéressant :

    Jean-Pierre Obin s’est fait connaître en 2004 avec un rapport sur « Les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires » — un rapport soigneusement enterré à l’époque. Dorénavant Inspecteur Général Honoraire, il a repris son bâton de pèlerin pour porter la bonne parole dans tous les rectorats. Le Projet Aladin, impulsé par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, est dirigé par Anne-Marie Revcolevschi et cherche à tisser du lien au moment même où d’autres flattent les communautarismes parfois les plus extrémistes. Rencontre avec deux bons samaritains de l’antiracisme.

    Jean-Paul Brighelli. Pouvez-vous nous présenter globalement le projet Aladin — et la Fondation pour la mémoire de la Shoah, qui en est le maître d’œuvre ?

    Anne-Marie Revcolevschi. Le Projet Aladin est une ONG internationale de droit français, créée en 2009, à l’initiative de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS), sous le parrainage de l’UNESCO.
    Nos actions, par l’Education et la Formation, combattent le racisme, le négationnisme et l’antisémitisme notamment dans le monde arabo-musulman, œuvrent aux rapprochements interculturels, en particulier entre Juifs et Musulmans, et s’attachent à promouvoir une culture de paix et de dialogue dans l’espace euro-méditerranéen. Dès son lancement à l’Unesco, les représentants notamment du Maroc, de Tunisie, de Turquie, du Sénégal, d’Egypte, de Jordanie, de Mauritanie, du Bahreïn, d’Indonésie, présents, ont tous salué notre initiative.
    La Fondation pour la Mémoire de la Shoah est une fondation française créée en 2000 ; ses fonds ont été constitués par les biens des Juifs Français déportés et assassinés, restés jusque-là en déshérence dans des banques françaises et à la Caisse des dépôts, sans qu’il ait été possible de les restituer à des personnes. Madame Simone Veil en a été la première présidente. David de Rothschild lui a succédé.
    La FMS a été le maître d’œuvre du Projet Aladin de 2007 à 2009. Depuis 2009, le Projet Aladin est une organisation indépendante que je préside. Notre Conseil est composé de trente personnalités – quinze femmes et quinze hommes- reflétant une diversité de compétences, nationalités, sensibilités culturelles, politiques et religieuses. Son directeur est Abe Radkin, d’origine iranienne, ancien directeur de l’Association britannique pour les Droits de l’homme.

    JPB. Quelle était la cible du projet, à son commencement ?

    Anne-Marie Revcolevschi. Quand, de 2007 à 2009, j’ai imaginé puis créé le Projet Aladin — j’étais alors la Directrice générale de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah -, il s’agissait de contrer avant tout la politique négationniste du Président Ahmadinejad, ses ravages en Iran et plus largement dans le monde arabo-musulman : le« mythe de l’holocauste » était devenu un des axiomes essentiels et constants de ses déclarations et de sa politique étrangère.

    JPB. Comment les intentions de départ se sont-elles traduites, pratiquement ?

    Anne-Marie Revcolevschi. Le moyen choisi nous a, en fait, été dicté par une découverte fortuite : zéro livre sur la Shoah ni en farsi ni en arabe…et très peu en turc. La décision de traduire puis de diffuser par internet 9 livres de référence, dans les deux langues, a aussitôt été prise… avec des historiens proches de la FMS ; parmi ces livres, bien sûr le Journal d’Anne Franck, Si c’est un homme de Primo Levi — mais aussi la Destruction des Juifs d’Europe de Raoul Hilbert. (Voir ici la liste des publications).
    Nous avons en même temps créé un site multilingue donnant des informations simples sur la Shoah : son originalité venait de ce que nous ne traduisions pas en arabe, farsi ou turc, un site déjà créé pour des Européens ou des Américains mais écrivions pour des lecteurs de culture arabo-musulmane, non seulement totalement ignorants mais « désinformés ».
    Malheureusement l’Iran continue de bloquer l’accès de notre site en farsi — mais pas nos livres ! Un site iranien diffuse d’ailleurs le Journal d’Anne Franck que nous avons traduit, mais avec un titre différent « le journal d’une jeune fille », et une couverture différente sur laquelle la photo d’Anne Franck a disparu !
    Après les livres téléchargés par centaines de milliers depuis notre site et les nombreux autres sites en langue perse et arabe, en lien avec le nôtre et nés depuis lors, nous avons sous-titré en arabe, farsi et turc, les neuf heures du film de Claude Lanzmann, Shoah, diffusé pendant neuf semaines sur une des chaînes nationales turque mais également vers l’Iran, depuis une chaîne satellitaire, en Californie. Ce sont des millions de téléspectateurs qui pour la première fois ont vu les images de Shoah !

    JPB. Quel a été l’accueil dans les pays de culture musulmane ? Quels pays ont été favorables au projet ? Quels pays y ont été hostiles ?

    Anne-Marie Revcolevschi. Avec des universitaires et certains de nos administrateurs (dont Serge Klarsfeld, Claude Lanzmann, André Azoulay, Jacques Andréani, Ali El Saman, Annie Dayan Rozenman, Abdou Fillali Ansari, Jean-Claude Lescure), nous sommes allés présenter l’histoire de la Shoah avec le Livre de Primo Levi Si c’est un homme et organiser des débats à Bagdad, Erbil, Istanbul, Tunis, Rabat, Jérusalem, Abou Dhabi, Le Caire, devant des milliers d’intellectuels et étudiants musulmans. Nous avons pu réussir ces rencontres grâce à la coopération formidable des services culturels des ambassades de France dans ces pays et du Quai d’Orsay à Paris — mais nous n’avons pu aller ni en Algérie, ni en Syrie, ni en Iran. Nous avons surtout rencontré un très bon accueil de la part d’un public « étonné », très curieux et rarement hostile, sauf à de très rares exceptions chargées de suspicion « sioniste », parce que nous sommes toujours, tous, restés fidèles au principe que nous avions adopté: admettre que telle page d’Histoire pouvait ne pas intéresser certains. Mais on ne peut nier l’Histoire ! Et nier l’existence de l’extermination de six millions de juifs n’est pas acceptable. Cette histoire est une histoire précise, à la fois spécifique, celle du génocide des Juifs, en Europe, mais aussi universelle, avec les leçons de Primo Levi sur les engrenages du nazisme, de l’antisémitisme, du fascisme, de toute forme de déshumanisation, de discrimination… La question du conflit israélo palestinien fut parfois esquissée, mais n’entrava jamais de revenir au sujet de la Shoah.
    Nos séminaires, organisés par la suite en coopération avec l’Unesco, pour la première fois en Turquie et au Sénégal, sur l’histoire de la Shoah, et à Dakar sur la prévention des génocides dans les pays de l’Afrique sub-saharienne, ont réuni de nombreux enseignants qui ont été formés ensuite plus longuement à l’Institut israélien de Yad Vashem à Jérusalem , au Musée de l’holocauste de Washington et au Mémorial de la Shoah à Paris.
    De ces débats, de ces rencontres, nous sommes alors revenus avec le même constat : une ignorance quasi-totale de cette page de l’histoire de la Seconde guerre mondiale, jamais enseignée — comme si c’était une question taboue.
    Mais nous avons aussi constaté une ignorance de l’histoire des Juifs dans les différents pays arabo-musulmans d’où ils ont pratiquement disparu, à l’exception de l’Iran et de la Turquie.
    C’est ainsi qu’est née, après les pages brèves traitant de ces sujets sur notre site et complétant une présentation de l’islam et du judaïsme, l’idée de notre Collection « Histoire partagée », chez Tallandier, dirigée par le Professeur israélien Michel Abitbol de l’Université hébraïque de Jérusalem, et le Professeur marocain Abdou Fillali Ansari, Président du Comité scientifique de la Collection. Quatre premiers livres ont déjà été publiés, en français, et suscitent un grand intérêt en France, mais également au Maroc et en Tunisie : les relations judéo-musulmanes en Israël/ Palestine (Amnon Cohen), en Algérie (Lucette Valensi), en Tunisie (Abdelkrim Alhagi), et au Maroc (Mohamed Kenbib). En Algérie, pour l’instant, pas de réaction !
    Ces ouvrages, que nous traduirons aussi en arabe, devraient permettre aux enseignants et aux jeunes générations d’avoir ainsi accès à cette histoire commune, comportant des périodes de conflits et de tensions mais aussi de cohabitation et d’échanges.
    Enfin, depuis 2013, nos universités d’été (soutenues par le Programme européen Erasmus+) qui se sont déroulées successivement à Istanbul, Berlin, en Cappadoce et à Bakou, accueillent des étudiantes et des étudiants de 30 universités prestigieuses : chaque année, nous proposons à des étudiants américains, brésiliens, palestiniens, turcs, égyptiens, israéliens, marocains, tunisiens, français, allemands, anglais, italiens, sénégalais, futurs leaders de demain, de travailler ensemble avec des professeurs d’université, sur des thématiques historiques et politiques, et de découvrir des cultures et des histoires autres que les leurs ; ces étudiants s’impliquent ensuite dans des travaux de recherche dont nous récompensons les meilleurs. Aujourd’hui, il s’agit d’un réseau exceptionnel de quelque 250 étudiantes et étudiants Aladin, porteurs des valeurs du dialogue interculturel et de tolérance qui s’est constitué.
    De plus, les bouleversements dans le monde arabe et en Turquie, le terrorisme islamique, l’influence de l’islam radical sur les jeunes générations euro-méditerranéennes, tout cela nous a amenés à nous interroger également sur l’importance de la parole des leaders religieux des trois monothéismes. Aussi un nouveau projet, complètement inédit, sur lequel nous travaillons depuis quelques années, devrait bientôt voir le jour : intégrer dans la formation des jeunes leaders religieux, rabbins, imams, prêtres, pasteurs « la connaissance de la religion de l’autre ». Un livre écrit à plusieurs voix devrait très bientôt paraître aux Editions « Parole et Silence », comme base de ces formations. Il est placé sous l’autorité de très hautes personnalités religieuses internationales des trois religions.

    JPB. Globalement quel est aujourd’hui le bilan ?

    Anne-Marie Revcolevschi. Certes le négationnisme n’a pas disparu et nos livres n’ont pas été lus par des millions de lecteurs !
    Pourtant, sur le Net, quand on tape le mot « holocaust » en arabe et persan, les sites négationnistes n’arrivent plus dans les premières pages. On trouve au contraire les informations que diffusent les sites du Projet Aladin, du Musée de Washington, de l’Unesco et de Yad Vashem.
    Nous avons ouvert une brèche grâce aux traductions, aux livres, aux conférences, aux salons du livre où nous étions présents, et notre réseau de personnalités dans le monde arabo musulman s’est formidablement développé. Mais nous devons investir davantage les réseaux sociaux.

    JPB. À quel moment vous est-il apparu qu’un projet qui visait principalement l’étranger avait toute sa place en France ?

    Anne-Marie Revcolevschi. Je suivais la montée de l’antisémitisme des banlieues depuis longtemps, à travers notamment le travail que menait l’Association de l’amitié judéo-musulmane dirigée par le Rabbin Serfati et l’Imam Mohamed Azizi ; à travers également les actions des étudiants juifs de France (programme « Co-exist »). J’avais aussi été alertée par la lecture du rapport de Jean-Pierre Obin et le départ en nombre des élèves juifs qui quittaient les écoles publiques. J’avais lu bien sûr il y a quelques années les Territoires perdus de la république, textes de professeurs rassemblés par Georges Bensoussan, dont je n’avais pas à l’époque perçu toute la justesse ; je suivais l’actualité du négationnisme de Dieudonné et la montée de l’antisionisme/antisémitisme qui explosait à chaque nouveau conflit israélo-palestinien. Anne Hidalgo, membre de notre C.A., alertée par la montée du racisme et de l’antisémitisme, avait dès 2010 suggéré que nous travaillions aussi en France et avait organisé une première réunion de travail avec deux autres administrateurs : Hakim El Karaoui (trésorier d’Aladin) et Martine Ouaknine (adjointe à la mairie de Nice auprès de C. Estrosi). J’y étais peu favorable, pensant que nous devions concentrer nos actions vers l’étranger que nous étions les seuls à mener, pensant que ne saurions pas faire mieux que les associations anti-racistes existant en France.
    Mais, en 2012, alors que je participais à Tel Aviv à un Colloque, les enfants de l’Ecole Ozar hatora de Toulouse ont été assassinés : j’ai assisté à l’enterrement des enfants Sandler et de leur père, dans un cimetière proche de Jérusalem. Ce moment a été pour moi un vrai choc et dès le jour de mon retour, j’ai changé d’avis. Nous allions bien sûr continuer nos projets à l’étranger. Mais nous ne pouvions pas rester là, en France, les bras croisés ! Il nous fallait alors ni dupliquer ce que nous faisions à l’étranger et concurrencer le travail du Mémorial de la Shoah en France ; nous n’allions pas non plus dupliquer le travail des associations antiracistes comme la LICRA ou SOS racisme… Nous devions choisir une autre voie : casser les clichés et transmettre la connaissance de l’Histoire, l’histoire des relations millénaires entre juifs et musulmans: face à l’inculture des jeunes générations musulmanes en France issues comme les juifs sépharades des pays du Maghreb, nous allions donc commencer par proposer des formations aux enseignants d’histoire dont l’ignorance sur ces sujets était également patente…
    Ce sont ces formations (soutenues par la DILCRAH et organisées en 2015 et en 2016 dans les Académies de Toulouse, Créteil, Lyon, Angers ) que nous avons alors testées et proposées depuis 2015 dans plusieurs académies et qui ont déjà rassemblé quelque 800 professeurs : des formations, animées par des universitaires renommés, dont le succès revient à l’expérience et à l’autorité de l’Inspecteur général Jean-Pierre Obin, président de notre Comité scientifique, assisté aujourd’hui de Jean-Pierre Lauby, Inspecteur d’académie en histoire et qui se poursuivent dans plusieurs académies, en 2017.

    JPB. Les Territoires perdus de la République, le livre dirigé par Georges Bensoussan, remonte à 2002. Votre rapport sur « Les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires » remonte à 2004 — et il a été publié sous la direction d’Alain Seksig, avec quelques analyses de complément, dans l’Ecole face à l’obscurantisme religieux en 2006 — l’année où je publiais moi-même Une école sous influence. L’affaire Merah, elle, est de 2012 — et précède de peu les attentats aveugles de ces dernières années. Comment expliquez-vous que pendant plus de dix ans, on ait été à ce point aveugle à la montée de l’antisémitisme et du fondamentalisme religieux qui trop souvent le justifie ?

    Jean-Pierre Obin. Les Territoires perdus comme mon rapport ne traitaient pas uniquement ou principalement des propos et comportements antisémites de certains élèves. Et l’antisémitisme n’a pas toujours, loin de là, une légitimation religieuse, comme l’attestent le meurtre d’Ilan Halimi et surtout une étude de Nonna Mayer qui montre que le nombre d’actes antisémites en France est essentiellement lié aux évènements du conflit israélo-palestinien (Nonna Mayer et Guy Michelat, La Lutte contre le racisme et la xénophobie, rapport 2004 de la CNCDH, Paris : La Documentation française, 2006).
    Ce qui apparaît comme nouveau à partir du milieu des années 1990, c’est la montée d’un fondamentalisme politico-religieux islamiste, notamment chez les jeunes, qui recycle en les relégitimant des convictions et des comportements anciens, qu’on pourrait qualifier de « traditionnels », comme l’antisémitisme mais aussi le sexisme, l’homophobie, l’obscurantisme, le refus de la liberté de pensée, l’apologie de l’inégalité, etc.
    Ce que nous n’avions pas anticipé, c’est l’émergence (en raison de la politique des néo-conservateurs américains au Proche Orient !) d’un mouvement qui allait être en mesure d’intégrer dans une lutte armée globale le repli identitaire de ces jeunes, de les conduire au terrorisme, à l’assassinat de masse, au sacrifice de leur vie pour certains et de tuer indistinctement tout ce qui n’est pas conforme au nouvel « homme nouveau », le « Musulman » : juifs, chrétiens, mécréants, yézidis, chiites et autres « mauvais musulmans ».
    Quant au silence de dix ans sur le rapport, il s’explique en partie par la pusillanimité de certains gouvernants (je rappelle que le ministre qui a enterré mon rapport, non par conviction mais simplement par peur des remous, s’appelait François Fillon) mais aussi par la rapidité de ce mouvement de l’histoire et par l’effet de sidération qu’il a produit. Les attentats terroristes nous ont cruellement ouvert les yeux, mais bien plus sûrement que toutes les études alarmantes publiées sur la dérive politico-religieuse de certains jeunes.

    5. Pourquoi invoquer Aladin, le héros des Mille et une nuits ? Est-ce à cause de la lampe merveilleuse qu’il est allé chercher dans les profondeurs de la Terre ? Pensez-vous, comme d’autres, que les Lumières, en ce moment, ont un peu de mal ?

    Jean-Pierre Obin. Le Projet Aladin est à l’origine essentiellement tourné vers le monde arabo-musulman avec pour objet la diffusion de connaissances dans les langues de ces pays, la lutte contre le négationnisme et l’obscurantisme. Son comité de parrainage a été principalement composé de personnalités représentatives de ce monde et de cette civilisation, son action s’appuie le plus souvent possible sur des chercheurs et des enseignants de ces pays. Aladin et sa lampe sont les symboles de ces Lumières-là, sur lesquelles il nous faut nous appuyer car la lutte contre l’obscurantisme dans les banlieues est indissociable d’une lutte globale à l’intérieur de la civilisation musulmane

    JPB. Dans le cadre strictement français, quelles actions sont entreprises en ce moment ? Quels sont les rendez-vous que vous pouvez donner pour les mois à venir ?

    Anne-Marie Revcolevschi. En France, le Projet Aladin a lancé en 2015 des journées de formation à une meilleure connaissance des relations croisées entre les cultures juives et musulmanes, principalement destinées aux professeurs d’histoire et de lettres. Ces journées se sont déjà déroulées dans les académies de Toulouse, Créteil, Lyon, Limoges et Nantes. D’autres sont prévues d’ici la fin de l’année scolaire dans celles d’Orléans-Tours, de Grenoble, de Clermont-Ferrand et de Bordeaux. Ces actions sont financièrement soutenues par la Dilcra. Leur organisation et leur suivi pédagogique sont assurés par Jean-Pierre Lauby, IPR honoraire d’Histoire et Géographie.
    Des ressources en ligne sont progressivement constituées. Une collection « Histoires partagées » est en cours d’édition, avec la parution, notamment, des histoires des relations entre juifs et musulmans dans chacun des trois pays du Maghreb.
    Une remarque pour conclure : l’importance que nous attribuons au Savoir, qui concerne les histoires collectives de tel pays, de telle culture, de telle communauté, comme l’importance que nous attribuons à la Connaissance de l’autre, qui concerne l’histoire individuelle de chacun, peuvent sembler dérisoires pour réduire le climat de violence que nous connaissons. Pourtant ces combats contre l’extrémisme, le racisme, l’antisémitisme, la radicalisation d’une partie de notre jeunesse à la dérive, peuvent être gagnés si tous ensemble, société civile et politiques, nous rassemblons nos forces en France, en Europe et sur les autres rives de la Méditerranée.
    Face au pessimisme de la Raison, il y a toujours une porte entrouverte par laquelle le respect d’autrui et la fraternité peuvent se glisser… Et pour Aladin, ce sont ces portes qu’il convient de garder toujours ouvertes !

    • JPB, vous allez finir devant les juges, comme Mr Bensoussan, en relayant de telles informations.
      Ne savez-vous pas que s’indigner de l’antisémitisme d’origine arabo-musulman est passible des tribunaux?

      • pffff….
        pas de risques: ce bla-bla-bla institutionnalisé n’est que rustine sur une outre surgonflée…Comme telle, elle ne tiendra pas longtemps avant l’explosion de haine.

        • Le CCIF a fait appel ! Ils ne lâchent pas comme ça.
          Je viens de lire l’interview du comité Aladin, la seule excuse que je peux trouver à leur aveuglement est que, peut-être, ils ne vivaient pas en France ! Mais je suis atterrée, à chaque fois, de constater que des gens intelligents, cultivés, généreux, sont malgré tout, victimes de leur idéologie. Ont-ils une si haute idée d’eux-mêmes qu’ils ne peuvent envisager l’idée de s’être trompés ?
          Enfin, c’est très intéressant de lire qu’un certain Fillon a enterré un rapport par peur des vagues. L’alternative est simple finalement, soit nous élisons un pleutre, soit quelqu’un de courageux. Et il faut se dépêcher, les Nike et autres clubs de football, pendant que d’autres discutent, montrent le chemin et il plaît déjà !

          • Dans sa cervelle mytheuse, allons bon tisse, en pénélope activiste, le camaïeu des amalgames : « ccif et comité Aladin, même combat ! »

            Allez, pour commencer, comparons la liste des membres du ca du comité Aladin :
            http://www.projetaladin.org/fr/conseil-dadministration.html
            et celle du ccif : à part la bande des trois (Debah, Charef, Muhammad) qui apparaît sur les « rapports », wallou.

            Aladin sane !

      • Fautes de frappe:
        Hilberg.
        The Destruction of the European Jews. Raul Hilberg G
        David Hilbert T ,mathématicien,l’homme du « programme de Hilbert »
        https://plato.stanford.edu/entries/hilbert-program/#4

        une des chaînes nationales turque turques S

        « nos livres n’ont pas été lus par des millions de lecteurs ‘
        phrase quelque peu ambigüe: elle peut signifier « des millions de lecteurs ne les ont pas lus »-ce qui n’exclut pas que d’autres millions les aient lus ou bien : » le nombre de lecteurs est bien inférieur au million ».

    • Moi, je connais.
      J’ai commencé a en parler à une époque, puis vu les réactions de certains, je m’y suis attelé plus sérieusement,en septembre dernier.
      Cela ne plait pas à tout le monde (d’où mon entêtement) ; plutôt en ligne, dans ma vie de tous les jours actuelle j’ai peu l’occasion d’en parler et comme ceux à qui cela pourrait déplaire connaissent déjà mes positions, cela ne donnera rien.

      J’ai même relancé avec le texte de K. Akouche, que j’ai déjà cité ici (cela illustre très bien je trouve)
      J’en ai parlé de ce texte et de la situation décrite ; dans la vie de tous les jours. Je n’ai essuyé que des refus polis. (c’est bon signe)
      cf. : http://www.causeur.fr/israel-antisionisme-algerie-antisemitisme-40297.html

      J’ai quelques liens qui conduisent à des positions de rejet par rapport au projet Aladin.
      Des qui se définissent comme antisionistes ; inutile de développer.

      • l’antisionisme est le cache-sexe de l’antisémitisme d’extrême-gauche, une extrême-gauche devenue aujourd’hui la supplétive de l’extrême-droite salafiste.

        • Voilà, je disais que bien souvent on retrouve un antisémitisme masqué en antisionisme.

          … une extrême-gauche devenue aujourd’hui la supplétive de l’extrême-droite salafiste…
          Du rouge-brun-vert (le vert cela vient de la source de financement)

  31. Vive la jurisprudence bonnetdâne ! Pardonnez moi , la destruction des juifs d Europe est de Raul Hilberg et c est Anne Frank . Bonne journée !

  32. Une information capitale vous aura certainement échappé : L’ambassadeur Thierry Dana refuse de servir les petits fours à Marine Le Pen ! Mais que va devenir la France ? On ne plaisante pas avec les petits fours dans la famille Le Pen.

  33. http://www.lexpress.fr/actualite/politique/monsieur-fillon-c-est-bien-vrai-que-vous-n-etes-pas-autiste_1886350.html#xtor=AL-447

    Je n’apprécie pas Fillon. Son programme économique ultralibéral est aussi brutal que celui de…Macron.
    Cependant, après BFMacron TV, un autre média du groupe Drahi accable Fillon: on va jusqu’à instrumentaliser le handicap pour soutenir le télévangéliste…

    Fillon ne devrait pas s’entêter: bientôt il sera accusé d’être un ancien criminel de guerre nazi, un pédophile, un serial killer ou un alien cannibale et pétomane. Et si cela ne suffit pas, le système médiatico-judiciaire menacera de faire coffrer sa femme et ses gosses. Le fait que d’innombrables députés et sénateurs salarient également leurs femmes, enfants ou maîtresses n’y changera rien.

    Un quarteron de milliardaires des médias a décidé que Macron serait président et il le sera. Fillon devrait s’y faire.

    Nous devrons nous y faire.

    Et c’est ainsi que Macron est grand.

    • Note d’un professeur de mathématiques:
      Quarteron signifie un quart (25 %) de quelque chose et non pas quatre ; c’est une des très rares erreurs des discours De Gaulle qui a utilisé ce mot au sens de quatre et que FF, – qui la nuit et parfois le jour se prend pour De Gaulle, a reprise allègrement.

      • Les mathématiques doivent s’incliner devant le Général, premier (et malheureusement dernier) Président de la Vème République.

    • C’est quand même oublier que si la droite qui avait un boulevard devant elle ne l’a plus, c’est de sa faute et uniquement de sa faute. Facile d’accuser toujours le voisin. Si la droite perd, elle aura tout fait pour et toute seule comme une grande. On ne va pas pleurer. Quelques cierges pour se faire absoudre ( volés, les cierges, on ne perd pas ses bonnes habitudes ) et on rentre au château. La vie ne sera pas trop dure.

      • Les erreurs, la médiocrité et l’avidité de la droite ne doivent pas non plus occulter le putsch médiatico-judiciaire qui se déroule sous nos yeux pour imposer le candidat de la finance mondialiste sur le trône élyséen.

        • Bof ! Les médias ont mis du temps… On ne peut pas dire qu’ils lui aient été favorables d’emblée, ni qu’ils le soient encore. Les Echos, ce journal souvent maudit, sait le critiquer aussi.
          Quant à la justice, vous êtes fort peu crédible. Tous des gauchistes…comme disent les mémères en fourrure de Fion-Fion.

  34. On parle de Fillon comme seul et unique exemplaire de sa race … mais en vérité je songeais au conseiller d’Etat Richard Descoings qui propulsé à la tête de Sciences Po’ s’octroya un salaire faramineux de 537 000 euros pour l’année 2010 et non content de cela fit embaucher sa femme comme co-directrice !

    En vérité la gangrène a gagné toute la haute fonction publique qui non contente de comploter à la disparation de la France veut encore s’approprier les dépouilles de la nation.

    • La disparition – comme dirait Perec – qui entraînera nécessairement le tarissement des ressources de l’Etat français.
      Moralement parlant la situation de ces gens-là est très fragile car si leur situation financière est florissante leur légitimité est quasi-nulle !

    • Oui, il y a aussi l’ancienne directrice de l’INA et ses énormes (le mot est faible) factures de taxi .
      Mais parmi ceux là, seul FF se prend pour De Gaulle
      - la nuit et un peu aussi le jour

    • Il fallait bien que le piriforme de l’ena case bobonne dont il n’avait que faire. Il avait lapepy du pouvoir que rien ne pouvait étancher.

  35. Pas facile de se maintenir à jour tellement d’infos capitales nous parviennent jour après jour:
    Par exemple:
    Un bureau du Conseil régional des Pays de la Loire était aménagé en salle de prière à l’époque où François Fillon siégeait dans l’exécutif de la région (1998-2004), affirme Le Canard enchaîné dans son édition de mercredi.
    Comme j’ai lu par ailleurs que le manoir de l’ensablé contenait aussi une chapelle, j’en déduis hâtivement que cet homme priait beaucoup:
    C’est donc quelqu’un qui s’appelle François en signe de pauvreté, d’espérance et soumission à Dieu comme le pape .
    Saint François donc.
    Et puisque maintenant sa candidature est parfaitement assise:
    Saint François d’Assise.
    (en italien pour la duchesse si elle nous lit: Francesco d’Assisi)
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_d'Assise

    • « Et puisque maintenant sa candidature est parfaitement assise:
      Saint François d’Assise. »
      …Ombrie pour vous mon pauvre abc…

    • Et sachez que De Gaulle employait « Quarteron » au sens de petit groupe indéfini de personnes, pas au sens d’un quart de cent !
      Décidément, on continue d’enfiler les mouches à n’en plus finir en Bd au nom d’egos pour gogos; si ça continue ici, on enfilera des cirons pour cause de sténose cérébro-génitale.

      • En 1961, personne utilisait le mot quarteron et encore moins dans le sens figuré actuel que Wikipédia évoque, vous n’étiez d’ailleurs pas né mais vous avez raison:
        L’erreur de Gaulle dans l’emploi du mot « quarteron » à la place du mot « quatuor » était probablement volontaire : L’emploi d’un mot inusité et sa sonorité en on permettait d’affubler les quatre généraux (qui n’étaient d’ailleurs pas à la retraite, deuxième erreur volontaire) d’une image négative. Ses allusions péjoratives étaient plus fines que les vôtres .

  36. Ah, la grande époque des avions renifleurs et des diam’s!
    La feuille de chou spécialiste du petit coin-coin se déchaine toujours au moment opportun.
    Ah ah ah.

    • Un inspecteur de la place Beauvau me disait que cette feuille de chou avait la réputation d’une feuille à chantage … vieille rumeur sans doute !

  37. Je me demande si les nerveux qui s’expriment par ici ont lu autre chose que le chapeau de cet article ? Coupez le sifflet de l’oiseau moqueur ne l’empêche pas de voler. Malika Sorel a bien des choses à nous apprendre, dommage pour eux.

  38. Je profite de la lecture cette excellente interview pour faire part de mon admiration pour Madame Sorel, me lamenter de ce que les personnes de qualite sont bien rares et que cela ne semble pas devoir s’ameliorer!

  39. Ce que dit Macron n’a aucune importance : il est jeune, moderne (il apparaît de gauche tout en étant de droite et réciproquement) et il plaît.

    Le causement macronieux * est évanescent, l’évidence Macron renaît en permanence : il est jeune, moderne (il apparaît de droite tout en étant de gauche et réciproquement) et il plaît.

    Macron, de droite, de gauche, un et même. En 2012, Nigo était fait roi sur le thème du « changement maintenant ». En 2017, Toufriquet 1er sera couronné sur le thème du mobilisme invariant.

    * bientôt ses discours commenceront par « Matrogneux, Macronieux ! »

  40. J’ai trouvé :
    - Macron est le petit nom de la bactérie mangeuse de chair française
    - Fillon est le stade avancé de la gangrène gazeuse de droite

  41. Le thème de l’énergie a occupé environ 0,01% de la campagne électropale * (estimation perso au doigt mouillé **, selon les experts, ce serait plutôt 0,009%). Les télécommeux sont dans les starting-blocks :

    https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0211856379000-une-ouverture-plus-lente-que-dans-les-telecoms-2070930.php

    Tout cela va favoriser une saine concurrence dont l’effet principal sera une hausse drastiques des tarifs.

    Enjoy !

    * que mille éoliennes fleurissent dans nos champs
    ** J. Attali, gourou monophasé, aurait dit récemment : « le doigt mouillé constitue une opportunité de pénétration des segments susceptibles de promouvoir les énergies nouvelles »

  42. Je n’aime pas dire du mal des gens (!) mais nous faire croire que maman est belle et dynamique (sous-entendu jeune) est quand même un premier mensonge… Elle est une pub vivante contre les méfaits du soleil…

    • Il ne faut pas oublier que c’est une femme de 60 ans, elle s’entretient (et elle a raison) et il semblerait qu’elle n’ait pas eu recours à la chirurgie. Nous sommes tellement marqués par le jeunisme qui touche cette classe médiatico-show biss que la moindre ride est perçue comme anormale. Nous aurons toutes les mêmes effets sur le visage à son âge.

      • En vérité, je vous le dis : si la véritable beauté est intérieure, il s’ensuit que les cons ridés ne sont pas forcément appréciables.

        Et je vous le dis aussi : Mme Toufriquet nous coûtera cher en lait d’ânesse.

  43. A titre purement documentaire, si la France avait connu le même développement démographique que l’Algérie à partir de 1830, elle aurait eu 120 millions d’habitants en 1962.

  44. Monsieur Brighelli,
    Je ne partage pas les convictions que vous exprimez. En revanche, je sais que vous êtes un homme juste et dont j’admire la qualité et la finesse de l’argumentation. Je sais que vous connaissez la valeur des mots et que vous savez en extirper la valeur profonde, c’est pourquoi je veux vous dire ce qui suit
    Le 4 Juillet 1958, petit pieds noir de 13 ans, j’étais sur le forum du GG d’Alger. Autour de moi, il y avait un demi million de personnes (approximativement) d’une foule mixte Arabes et Pieds Noirs pratiquement à égalité dont la revendication était accessoirement « l’Algerie Française » et principalement « l’intégration » et la « disparition du « statut indigène »".
    Pour être plus précis, voici la transcription du discours de de Gaulle:
    « Je vous ai compris… Je sais ce qui s’est passé ici… Je vois ce que vous avez voulu faire . Je vois que la route que vous avez ouverte en Algérie, c’est celle de la rénovation et de la fraternité…

    Je dis la rénovation à tous égards. Mais très justement, vous avez voulu que celle-ci commence par le commencement, c’est-à-dire par nos institutions, et c’est pourquoi me voilà…

    Et je dis la fraternité parce que vous offrez ce spectacle magnifique d’hommes qui d’un bout à l’autre, quelles que soient leurs communautés, communient dans la même ardeur et se tiennent par la main…

    Eh bien ! De tout cela je prends acte au nom de la France… et je déclare qu’à partir d’aujourd’hui la France considère que dans toute l’Algérie, il n’y a qu’une seule catégorie d’habitants… il n’y a que des Français à part entière… des Français à part entière avec les mêmes droits et les mêmes devoirs…

    Cela signifie qu’il faut ouvrir des voies qui jusqu’à présent étaient fermées devant beaucoup.

    Cela signifie qu’il faut donner les moyens de vivre à ceux qui ne les avaient pas…

    Cela signifie qu’il faut reconnaître la dignité de ceux à qui on la contestait…

    Cela veut dire qu’il faut assurer une patrie à ceux qui pouvaient douter d’en avoir une… (…)

    Français à part entière dans un seul et même collège, nous allons le montrer, pas plus tard que dans trois mois dans l’occasion solennelle où tous les Français, y compris les dix millions de Français d’Algérie, auront à décider… auront à décider de leur propre destin…

    Pour ces dix millions de Français-là, leurs suffrages compteront autant que les suffrages de tous les autres…

    Ils auront à désigner, à élire, je le répète en un seul collège, leurs représentants pour les Pouvoirs publics, comme le feront tous les autres Français…

    Puissent-ils participer en masse à cette immense démonstration, tous ceux de vos villes, de vos douars, de vos plaines, de vos djebels.

    Puissent-ils même y participer ceux-là, qui par désespoir ont cru devoir mener sur ce sol un combat dont je reconnais, moi, qu’il est courageux, car le courage ne manque pas sur la terre d’Algérie… qu’il est courageux, mais qu’il n’en est pas moins cruel et fratricide.

    Moi, de Gaulle, à ceux-là j’ouvre la porte de la réconciliation…

    Jamais plus qu’ici et plus que ce soir, je n’ai senti combien c’est beau, combien c’est grand, combien c’est généreux la France ! ».

    • Et au même moment il ouvrai des négociations avec le FLN — alors même que la bataille d’Alger était gagnée. Et les harkis ont été la monnaie d’échange de ces bons procédés. Messmer, en révélant les clauses secrètes des accords d’Evian, a expliqué beaucoup plus tard que De Gaulle n’envisageait pas un instant de garder l’Algérie afin d’éviter aux Français, disait-il, d’avoir un président musulman vingt ans plus tard.
      Ma foi, il l’auront cinquante ans plus tard.

  45. L’Europe étant devenue une pétaudière, Hollande veut la sauver – avec l’aide de Miss Macron au beau décolleté sans doute – ah ! le saint homme comme on dit dans Tartuffe !

  46. Une sortie la France de la zone euro occasionnerait :

    une dépréciation importante (de l’ordre de 15 %) de la nouvelle monnaie en circulation ;
    une perte de pouvoir d’achat des Français du fait de la montée de la dépréciation de la nouvelle monnaie et de l’inflation ;
    une perte de compétitivité des entreprises du fait de la hausse des charges (inflation sur les produits importés et les salaires, hausse des taux d’intérêt).
    Estimation chiffrée de l’impact d’une sortie de l’euro

    Le chiffrage de l’impact de la sortie de la zone euro est un exercice qui nécessite de prendre un certain nombre d’hypothèses. Il doit être considéré avec prudence, mais il permet d’approcher les ordres de grandeur des conséquences économiques et financières d’une telle décision. Le chiffrage ci-dessous prend en compte une sortie de la France de la zone euro sans désagrégation du reste de la zone euro ni de l’UE, ce qui est une hypothèse optimiste.

    Selon notre modèle économique, la sortie de la zone euro pourrait causer la destruction à terme d’un demi-million d’emplois.

    Impact sur le niveau de PIB (écart en niveau par rapport à une situation de référence)

    Année 1 an Long terme
    Scénario médian -2,3 % -9 %
    Scénario favorable -0,6 % -4 %
    Scénario défavorable -3,2 % -13 %
    Ce calcul prend en compte les hypothèses suivantes :

    la dépréciation du taux de change (15 %) ;
    la hausse des taux d’intérêt ;
    la diminution des dépenses publiques et les hausses d’impôts (nécessaires pour compenser cette hausse des taux d’intérêt et l’accroissement de la dette sur les finances publiques) ;
    la diminution de la productivité des facteurs suite à la diminution très importante des marchés à l’exportation, telle qu’estimée par les études scientifiques les plus récentes sur les effets de l’intégration européenne.

    Au global, la sortie de l’euro pourrait créer une récession économique de 3 % et de 9 % à terme.

    Situation économique de la France et de la zone euro

    Taux de croissance du PIB en volume en 2016
    France : 1,2 %
    Zone euro : 1,7 %

    Taux de chômage en pourcentage de la population active fin 2016
    France : 10,0%
    Zone euro : 9,6 %

    Solde de la balance commerciale en 2015
    Allemagne : 251,9 milliards d’euros
    Italie : 45,2 milliards d’euros
    Espagne : – 25,9 milliards d’euros
    France : – 59,9 milliards d’euros
    Royaume-Uni : – 149,4 milliards d’euros

    Taux de dépenses publiques rapportées au PIB en 2015
    France : 57,0 %
    Zone euro : 48,5 %
    UE : 47,3 %

    Taux de prélèvements obligatoires rapportés au PIB en 2015
    France : 53,5 %
    Zone euro : 46,5 %
    UE : 44,9 %

    Déficit public rapporté au PIB en 2015
    France : 3,5 %
    Zone euro : 2,1 %

    Dette publique rapportée au PIB en 2016
    France : 97,5 %
    Zone euro : 90,1 %

    Pourcentage de la dette des administrations publiques des Etats membres de l’UE détenu par des non-résidents en 2015
    France : 60,0 % (source Banque de France)
    Allemagne : 52,8 %
    Espagne : 45,8 %
    Italie : 34,7 %
    Royaume-Uni : 25,4 %

    La fragilité de la situation économique française – chômage de masse, déficit commercial et budgétaire, faible croissance, etc. – résulte de choix nationaux et notamment de l’absence de réformes structurelles susceptibles de lever les rigidités, les barrières à l’innovation, à l’embauche ainsi que de réduire les dépenses publiques et de ce fait la pression fiscale. Cela explique pourquoi nous nous situons en-dessous des performances économiques de la zone euro. Force est de constater que la monnaie unique n’a pas empêché la réussite économique de nos voisins les plus proches.

    Un risque financier dès le résultat de l’élection

    L’élection d’un candidat favorable à une sortie de la France de la zone euro fait peser un risque financier important sur l’économie nationale. La perspective d’un retour au franc entraînerait rapidement une sortie de capitaux des investisseurs institutionnels, français et étrangers, ainsi que ceux des particuliers. Ceci afin de se protéger du risque de dévaluation de leurs avoirs après la conversion en francs. Les particuliers les moins aisés et les moins aptes à investir à l’étranger seraient au contraire pénalisés.

    Deux mouvements sont à prévoir :

    une sortie des capitaux de France ;
    une forte demande de monnaie fiduciaire (retrait aux guichets des banques).
    Pour limiter la fuite des capitaux, l’Etat français serait alors contraint de mettre en place :

    un contrôle des capitaux, c’est-à-dire une interdiction de sortie des capitaux de France ;
    une limitation des droits de retrait d’argent du système bancaire.
    C’est le scénario qu’a connu la Grèce à l’été 2015. Les banques du pays sont restées fermées pendant trois semaines à partir du 29 juin et le retrait d’argent était limité à 60 € par jour et par habitant.

    Un “nouveau franc” très déprécié

    Le Front National (FN) souhaite convertir l’euro en “nouveau Franc”, selon la règle un franc = un euro. Dans le même temps, ce parti dénonce un euro trop fort pour l’économie française.

    Le FN omet de dire que le taux de change du franc serait – sauf intervention de la Banque de France – immédiatement fixé par les marchés. La situation de déficit commercial actuelle (48,1 Mds € en 2016) entraînera alors nécessairement une hausse de la demande de devises étrangères et donc une baisse du cours du franc. Au regard de cette position extérieure nette négative, on peut estimer que la dépréciation serait située aux alentours de 15 %.

    La situation la plus comparable est celle de la sortie de la lire italienne du Système monétaire européen (SME) au début des années 1990. Elle avait entraîné une dévaluation de la monnaie italienne de 21 % entre août 1992 et mars 1993.

    Conséquences pour les particuliers

    Rappelons que la stabilité des prix est l’objectif principal de l’euro. En France, l’inflation est passée de 4,4 % en moyenne sur les 18 années précédant l’euro (1981-1998) à 1,5 % sur les 18 années depuis l’euro (1999-2016).

    La dépréciation de la nouvelle monnaie renchérira les produits importés ce qui aura pour effet d’augmenter l’inflation.

    25 % des produits consommés par les ménages français sont importés. Une dépréciation de 15% de la monnaie créerait donc un choc inflationniste de 3 à 4 %, entraînant un surcoût de 50 Mds € par an sur la consommation et donc sur le pouvoir d’achat des ménages (1600 € par an en moyenne pour chacun des 30 millions de ménages français). Une dépréciation de 20 % coûterait 2.000 euros par an en moyenne à chaque ménage.

    Conséquences pour les entreprises

    A court terme, la dépréciation pénalise le compte de résultat des entreprises. A cause de la perte de valeurs de la monnaie, les importations (et notamment les matières premières) sont immédiatement renchéries : cela alourdit les charges qui pèsent sur les entreprises. Quant aux exportations, elles rapportent moins aux entreprises suite à la diminution du taux de change : le taux de marge des entreprises s’en trouve ainsi affecté.

    A moyen terme l’effet est ambivalent. Les importations diminuent suite à leur renchérissement, tandis que les exportations augmentent suite au gain de pouvoir d’achat étranger. La balance commerciale tend à s’améliorer. Mais ceci n’est pas automatique et dépend de la sensibilité aux prix relative des importateurs français et des importateurs étrangers ainsi que de la structure du commerce extérieur de la France. En l’occurrence, une grande partie des importations françaises sont insensibles aux prix : nous avons besoin de pétrole, d’uranium, de métaux rares, etc. et nous ne pouvons pas les remplacer par une production nationale. De même, une grande partie de nos exportations se situent sur des secteurs à fort contenu technologique (aéronautique, pharmaceutique, etc.) dans lesquels la qualité (“compétitivité hors-prix”) est très importante relativement au seul critère du prix. Au total, il est loin d’être certain qu’une dépréciation du nouveau franc soit bénéfique au solde commercial et à la compétitivité française, même à moyen terme, comme le plaident certains.

    A long terme, la hausse du prix des importations par rapport aux prix locaux entraîne des hausses de salaires. Soit les entreprises veulent maintenir leur compétitivité coût à l’export et consentent des baisses de marge, ce qui se traduit par une diminution de l’investissement productif, et donc de l’emploi et de la croissance, soit les entreprises augmentent les prix pour préserver leurs marges, ce qui dégrade à nouveau le pouvoir d’achat, c’est alors la spirale inflationniste prix-salaires.

    Enfin, une sortie de la France de la zone euro s’accompagnerait probablement d’une sortie de l’UE et donc de son marché intérieur. Il est alors probable que l’Union européenne imposera aux produits français des droits de douane qui auront un impact négatif sur la compétitivité de nos entreprises. La réinstauration des barrières douanières et la mise en place d’obstacles réglementaires par l’UE diminueraient considérablement le volume des exportations françaises. C’est par exemple ce qui arrivera aux institutions financières londoniennes qui ne pourront plus vendre leurs produits au sein de l’UE après la sortie du Royaume-Uni. Or elles représentent 30 % du PIB et plusieurs millions d’emplois dépendent d’elles.

    Un renchérissement des dettes et une envolée des taux d’intérêt

    La dette publique

    Actuellement, la dette de l’État français est libellée en euros. Même si le FN l’affirme dans toutes ses prises de parole, la possibilité pour l’État français d’imposer à ses prêteurs un remboursement en franc n’est à ce stade pas avérée.

    Au regard du droit international, le principe de lex monetae permet à n’importe quel État de modifier sa devise nationale au taux de conversion qu’il choisit, sans que cette modification n’entraine de défaut.

    Néanmoins, on peut considérer que cette redénomination forcée serait une atteinte au droit de propriété privée compte tenu de l’inévitable dépréciation[1] qu’elle entraîne, et serait ainsi potentiellement inconstitutionnelle au regard du bloc de constitutionnalité et de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen.

    Si une telle mesure était considérée anticonstitutionnelle par le Conseil Constitutionnel, il ne serait pas possible à l’État français d’imposer un remboursement en franc. Il lui faudrait adopter une mesure de portée constitutionnelle pour passer outre ces deux principes de droit, qui sont en pratique portés par toutes les démocraties du monde.

    D’autres juristes affirment qu’une telle redénomination de la dette publique pourrait être possible, selon le principe précité de lex monetae. Toutefois, depuis 2013, la France émet des titres de dette comprenant des clauses d’action collective, permettant de restructurer cette dette avec l’accord de 70 % des créanciers. Dans le cas d’une sortie de la zone euro, ces clauses empêcheront l’application de la lex monetae et ne permettront pas à l’Etat français de mener à bien une redénomination forcée de sa dette. 70 % du montant nominal total de titres émis par la France en 2014 et en 2015 était doté de clauses d’action collective, 100 % en 2016. 39,2 % de la dette de l’Etat en valeur nominale comporte de telles clauses.

    Dans le cas où la France parviendrait à redénominer sa dette, les prêteurs remboursés dans une monnaie dépréciée modifieraient immédiatement leur comportement, si ce n’est avant par le jeu des anticipations. En pratique, ils exigeraient une prime de risque élevée, se traduisant par une dépréciation du cours de la dette déjà émise et une augmentation des taux d’intérêts pour les prochains emprunts. Pour les emprunts à 10 ans, l’augmentation de taux pourrait être de 3,5 à 4 points de pourcentage.

    Dans le cas où la France continuerait à rembourser ses prêteurs en euro, elle devrait se procurer des euros sur les marchés financiers, en les échangeant contre des francs dépréciés. Cela représenterait alors un surcoût important.

    Dans les deux scénarios, le coût de la dette française augmenterait considérablement. Ce qui impacterait d’autant plus le budget de l’Etat que la charge de la dette en constitue une part importante. En 2017 elle représente 41,8 milliards d’euros, soit le deuxième poste de dépense du budget de l’Etat après l’enseignement scolaire (50,06 milliards d’euros).

    De plus, une sortie de l’euro ferait augmenter les taux d’intérêt pour la même raison que les taux de change augmentent. L’argument selon lequel les marchés financiers connaissent actuellement un trop plein de liquidités et devraient continuer à prêter à la France à un taux similaire ne tient pas. Le retour au franc induirait un risque de change important et ce risque serait nécessairement intégré dans les taux d’intérêt de la dette française. Il y aura toujours des investisseurs pour prêter à la France, mais à un prix beaucoup plus élevé pour l’Etat, comme pour tous les Français et pour les entreprises.

    L’euro a permis à l’Etat français de se financer à des taux d’intérêts plus faibles d’au moins 1,5 %. Ainsi, l’écart entre les taux d’intérêt allemand et français s’est considérablement réduit. Il était de 1,9 % en moyenne entre 1986 et 1992, il a été en moyenne de 0,4 % en 2016.

    De même, les taux d’intérêts nominaux à long terme en France sont passés de 9,8 % en moyenne sur la période 1981 – 1988, à 3,4 % en moyenne sur la période 1999 – 2016.

    En outre, les agences de notation ont déjà annoncé qu’elles considéreraient la redénomination unilatérale de la dette française comme un défaut de paiement. Cela contribuera à la remontée des taux déjà mentionnée. En effet, la France n’a pas fait défaut sur sa dette depuis près de deux siècles.

    Une possibilité pourrait alors être de faire financer la dette publique par la Banque de France. Les conséquences inflationnistes seraient majeures. C’est la fameuse “planche à billets”, déjà expérimentée avec malheur par le passé. Depuis 1973, la France, – comme c’est le cas de tous les pays développés de l’OCDE –, s’est interdit d’avoir recours à cette méthode, et à rendu indépendante l’autorité chargée de la création monétaire.

    Une autre possibilité est celle de forcer les banques commerciales à acheter une partie de la dette de l’Etat, selon le mécanisme de “plancher des effets financiers” introduit en 1948, puis progressivement démantelé et finalement abandonné en 1967. Cela reviendrait à forcer les épargnants français à investir dans la dette de l’Etat.

    Notons que la politique d’achat des obligations gouvernementales des principaux pays de la zone euro pratiquée par la BCE est destinée à soutenir la création monétaire et faire remonter l’inflation, jugée trop basse, et non pas à financer les déficits budgétaires. La différence est essentielle, car la BCE cessera ses achats une fois ses objectifs atteints, probablement au cours de 2018, alors qu’une Banque de France mise sous tutelle devrait monétiser la dette publique pour financer l’Etat, aussi longtemps que celui-ci le souhaiterait. Toutes les expériences historiques le démontrent : une fois le financement monétaire acquis, les gouvernements s’y accrochent, avec l’illusion de pouvoir financer gratuitement leurs objectifs. La création monétaire finit par devenir incontrôlée et se traduit par une forte, voire très forte inflation.

    Une banque centrale pilotée par un gouvernement FN mènerait une politique monétaire dont le but serait de financer les promesses électoralistes de son programme. Rappelons que celui-ci prévoit avant tout une hausse de la dépense publique : rétablissement de la retraite à 60 ans, dégel et revalorisation du point d’indice de la fonction publique, etc. Le risque d’une fuite en avant et d’un dérapage des finances publiques est donc très important.

    La dette des entreprises

    Selon les estimations disponibles, 40 % de la dette des entreprises est contractée en droit anglais ou américain. Imposer un remboursement en franc ferait courir un risque juridique important pour les entreprises, qui pourraient voir leurs actifs à l’étranger être saisis.

    Le reste de la dette des entreprises relève du droit français. Une simple loi pourra permettre à l’Etat français de redénominer cette dette en franc et donc à autoriser les entreprises à rembourser en franc auprès des porteurs français.

    Toutefois, contrairement à l’Etat, les entreprises françaises ne disposeraient pas de la possibilité d’obliger les investisseurs à acheter leur dette future émise en francs. Pour éviter de voir leur accès au financement obligataire (par émission de dette) très diminué et à des taux d’intérêt très élevé, elles conserveraient leur dette passée en euro et, pour rembourser principal et intérêts, devraient le faire à partir de ressources en franc, donc en monnaie dévaluée. Pour un grand nombre d’entre elles, cela passerait par la cession d’actifs, et, pour une fraction significative d’entre elles, pourrait les condamner à la faillite.

    Le secteur financier serait particulièrement affecté. Une grande partie de ses activités se situe en zone franc, cependant les institutions financières sont endettées en euro auprès de créanciers étrangers. L’impossibilité de rembourser en franc cette dette augmenterait considérablement les charges de ces entreprises.

    Aussi, l’augmentation des taux d’intérêts augmenterait les charges des entreprises, ce qui jouerait à la hausse sur le prix de vente de leurs produits et diminuerait leur compétitivité. Cette hausse des taux d’intérêt aurait un impact direct sur les investissements des entreprises françaises et étrangères en France, dont dépendent de nombreux emplois.

    L’épargne des particuliers

    L’épargne des Français serait redénominée dans une nouvelle monnaie – dépréciée par rapport à l’euro – et perdrait d’autant en valeur, par rapport à la valeur qu’elle aurait eue si elle était investie en actifs d’autres pays ou d’autres devises. Cet appauvrissement indolore car invisible aurait néanmoins un effet macroéconomique : l’inflation consécutive à la dépréciation réduirait la valeur réelle de l’épargne des Français, et les pousserait donc à moins consommer de façon à rétablir la valeur de leur épargne.

    L’augmentation des taux d’intérêt pèserait aussi sur le revenu disponible brut des ménages en raison d’une plus forte charge de la dette, et, en augmentant le coût du capital, pèserait sur l’investissement et donc, à terme, sur la compétitivité des entreprises.

    Une perte de puissance économique et politique pour la France

    La souveraineté du peuple

    Rappelons que la décision de créer une monnaie unique en Europe a été avalisée par les Français lors du référendum sur le Traité de Maastricht du 20 septembre 1992.

    70 % des Européens de la zone euro pensent que l’euro a été une bonne chose pour l’UE.

    A date, 68 % des Français veulent garder l’euro.

    De plus, une sortie de l’euro et a fortiori de l’UE pourrait paralyser l’appareil administratif français durant de longues années. La situation actuelle de grande incertitude et d’absence de véritable stratégie dans laquelle se trouve le Royaume-Uni serait sans doute bien plus importante dans le cas de la France, pays fondateur de l’UE et ayant adopté la monnaie unique.

    Comme pour le Royaume-Uni, une sortie du marché intérieur obligerait la France à renégocier des accords commerciaux avec ses principaux partenaires et en premier lieu avec l’UE. Ces négociations nécessiteraient plusieurs milliers de fonctionnaires durant une période proche de la décennie. En outre, le niveau d’ouverture qu’accorderaient nos partenaires serait plus faible que celui dont bénéficie actuellement la France au sein de l’UE, ce qui aurait un effet négatif sur nos exportations et diminuerait la productivité et la compétitivité de nos entreprises.

    Un décrochage certain

    L’euro représente 20 % des réserves mondiales, au deuxième rang derrière le dollar. De ce fait, les Etats membres qui composent la zone euro disposent d’un pouvoir de négociation important dans les instances mondiales. De plus, la France est, avec l’Allemagne, la principale puissance économique, politique et diplomatique de la zone euro et aucune décision ne peut réellement se prendre sans son aval.

    Le seul effet de la croissance démographique des grands émergents devrait mécaniquement conduire la France à quitter le G8 avant 2030, tandis que la zone euro est durablement installée comme un acteur central de l’économie mondiale.

    Niveaux de PIB en milliards de dollars US pour 2015 :

    Chine : 19 778,186
    Union européenne à 28 : 19 706,134
    Etats-Unis : 18 036,648
    Zone euro : 13 939,950
    Japon : 4 868,705
    France : 2 726,978
    Quitter l’euro ne nous épargnerait pas de répondre aux défis économiques actuels :

    le vieillissement de la population et son impact sur les comptes publics ;
    la concurrence des pays émergents ;
    le repositionnement sur l’économie de la connaissance et la transformation numérique ;
    les défis énergétiques et leur impact sur la compétitivité ;
    l’articulation d’un modèle de protection sociale exigeant avec le maintien de la compétitivité.
    L’ouverture mondiale des échanges, la diminution des coûts de transports et les technologies de l’information ont eu pour conséquences de mondialiser les chaînes de valeurs des différentes industries. La participation de la France à l’UE a permis aux entreprises françaises de construire des stratégies d’approvisionnement et de distribution mondiales. Une sortie de la France de l’UE et de son marché intérieur perturberait ces stratégies et diminuerait la capacité des entreprises françaises à conquérir de nouvelles parts de marché.

    [1] Aux termes de l’article 17 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : ” La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité “. Une telle indemnité conduirait à couvrir les risques de change, ce qui annihilerait les effets des retours à la monnaie nationale.
    Institut Montaigne

    • Claude Bébéar et Henri de Castries pourfendeurs du franc français ? Pourquoi ne proposent-ils pas aux Suisses de se défaire de leur franc suisse au profit de la mirifique monnaie unique de Francfort ?

    • Pauvre Montaigne ! Je ne suis pas certain que Montaigne–le vrai– eût signé ce texte inepte, et pire que tout, littérairement détestable.

    • (…) 70 % des Européens de la zone euro pensent que l’euro a été une bonne chose pour l’UE.(…)

      Ils ne doute de rien à Institut Pipot et Mario

    • Nul n’ignore que certaines banques, certaines compagnies d’assurances et certaines agences ont intérêt au maintien de la monnaie unique. Ceci est parfaitement leur droit, mais implique de prendre avec des pincettes les déclarations de leurs dirigeants.
      J. Sapir

      Les cauchemars idéologiques de l’Institut Montaigne et la sortie de l’Euro.
      https://russeurope.hypotheses.org/5790

  47. « Ils auront à désigner, à élire, je le répète en un seul collège, leurs représentants pour les Pouvoirs publics, comme le feront tous les autres Français »
    Il était cucul-la-praline ce discours de De Gaulle à Alger. Soumis au prêche démocratique, le peuple algérien a perdu les vertus qui lui étaient propres sans acquérir pour autant celles du peuple qu’il jalousait. Je suis convaincu que si l’on veut que la « civilisation » soit autre chose qu’un répertoire de techniques laissées entre des mains barbaresques, il faut que l’ascension sociale soit rare et lente; c’est pourquoi un collège électoral sévèrement restreint est le seul qui soit compatible avec la « civilisation ».
    Résumons: cinquante ans plus tard, l’Algérie a gagné en vulgarité ce qu’elle a perdu en pittoresque, alors que le Français en Algérie au beau temps des colonies était une perle dans des huîtres islamiques; quel gâchis !…uhuhu !

  48. Claude Bébéar et Henri de Castries devraient soumettre aux Canadiens leur projet de rattachement du dollar canadien au dollar de Donald Trump ! C’est à voir comme on dit chez les chalands du marché unique …

  49. Exemple d’argument pipeau :

    - Le problème énergétique et l’euro : le pétrole est libellé en dollars, avoir adopté l’euro n’a strictement rien changé aux conditions du problème – pas une goutte de pétrole et de gaz en plus en Europe de l’Ouest !

  50. Autre argument bidonné :

    - Quel rapport entre le problème de vieillissement de la population européenne- inévitable vu les progrès de la médecine et la faible natalité des européens – et la question de la monnaie unique ? Mystère et boule de gomme ..

  51. C’est assez drôle d’ailleurs ! Car le seul pays d’Europe de l’Ouest vraiment riche en pétrole et en gaz c’est la Norvège qui a gardé sa monnaie !

  52. Bingo ! En plein dans le mille pour Terra Nova et Macron et petit rappel : Macron a eu comme mentor en politique, Henry Hermand, récemment disparu et ancien administrateur de Terra Nova. CQFD

  53. Ceux qui veulent que nous sortions maintenant de l’euro, la caissière en tête, devraient s’engager à compenser notre chute de niveau de vie.

    Malheureusement pour eux, ils n’en auront pas les moyens et agiteront leurs liasses de francs en gueulant comme des bonobos hystériques pour donner le change. Enfin, façon de parler…

  54. En bref grâce à l’Euro : le duché de Luxembourg a un niveau de vie environ quatre fois supérieur à celui de la Lorraine mitoyenne … et les pauvres chômeurs lorrains n’ont plus qu’à traverser la frontière pour aller chercher pitance dans le duché où l’on parle le teuton ! C’est certainement ce que Dugong appelle s’enrichir au détriment des voisins !

    • Si vous tapez Hayange, Google vous propose « Secours populaire » !
      Vous savez que cette ville dont le maire est aujourd’hui Front national était autrefois le pays de la famille de Wendel ?

  55. Macron est un arriviste, il est le clone de Hollande en plus beau.
    La façon dont il flatte le multiculturalisme est un danger.
    La première mesure pour se protéger du « grand remplacement » est d’arrêter les allocations familiales après le deuxième enfant.
    Grâce à l’idéologie féministe et égalitaire, les femmes ne font plus de familles nombreuses. Je veux dire les femmes éduquées. Les femmes au foyer de souche musulmane font beaucoup plus d’enfants.
    Il faut donc arrêter au deuxième enfant de financer les familles si on ne veut pas être envahi par des chômeurs, puis par des soldats de la charia. On joue notre avenir sur le coup. Maintenant il est peut être encore temps d’éviter une guerre civile. Arrêtez les allocs au deuxième enfant. Ça fera des économies pour la sécu.
    Et aussi mettez en avant les médecines naturelles. Arrêtez d’engraisser les labos au frais des contribuables avec beaucoup de médocs qui sont chers, ne marchent pas, et même rendent malades.
    Baissez massivement les charges, simplifiez la bureaucratie que de lancer une activité ne soit pas un casse-tête paperassier et de devoir casquer d’avance.
    Hamon a raison, quelque part, la robotique va raréfier les emplois. On ne peut pas laisser les gens avoir faim, froid, pas d’hygiène, mal logé. C’est impossible. Après ça se paie au centuple en malades, frais de sécu. Faire une allocation universelle de 300 euros par personne pour bouffer. Des coupons, ou une carte de crédit qui permet d’acheter de la nourriture (à l’exception de l’alcool, sodas, sucreries, tout ce qui crée obèse, diabétique et autres maladies).
    Faite une propagande qui dégoûte les Français du sucre. Ça pourrait sauver la sécu.
    Je voterais même Macron s’il faisait ça !

    • Il faut promouvoir l’exercice physique collectif. Ainsi, creuser des galeries de mine permettrait d’employer de nombreux djeuns désœuvrés dans de vastes chantiers de jeunesse. Etayer les galeries constituerait une alternative exaltante à la tenue des murs de cité pour une population qui aurait enfin moins la tête aux bêtises.

      Et puis, on créerait ainsi de quoi enfouir nos saloperies nucléaires. Ils (les djeuns) tireraient une légitime fierté d’avoir utilement œuvré pour le (très) long terme pour une société de la décroissance (radio)active.

  56. Dupont-Aignan propose de prendre Mme Sorel-Sutter comme ministre de l’intérieur en cas de victoire à l’élection présidentielle.
    Une raison, parmi d’autres, de voter pour l’unique candidat gaulliste.

  57. Aussi christique que les autres le petit père Nicolas, les bras en croix pour saluer ses sympathisants FN lors de son premier meeting. Mais qu’ont-ils tous à lever les bras si haut ?
    Alors, le petit père du peuple cherche un espace entre les Républicains et le FN. Heureusement qu’il est debout et pas assis parce que la porte sera étroite comme le disait Gide. Il nous confirme qu’il est tout propre, tout propre. Dame, ça vous fait un programme, ça, qu’il est tout fâché, fâché contre les Républicains ( dont il est issu ) mais pas du tout avec MLP. D’ailleurs, nombreux étaient les partisans du FN à son meeting dont certains n’hésitaient pas à dire que ce serait MLP au deuxième tour. Voilà. Ah! si ! le public a beaucoup applaudi à une formule élégante, bien pesée, réfléchie, pas haineuse du tout qui montre la parenté de langage et d’idéologie entre NDA et MLP et qui a manifestement galvanisé les spectateurs:  » Avec moi, ce sera la République ou le charter » .
    Eh, oui, il cherche aussi la voie du charisme, le petit père du peuple. Mais il n’est que l’ombre de MLP sans les couilles. ( C’est ainsi qu’on parle pour se faire comprendre chez ces gens-là ?)

      • Le gaullisme n’existe plus que dans les discours des hommes politiques. Le monde a un peu changé. Et c’est d’ailleurs de Gaulle qui a mis fin lui-même au gaullisme.
        On ne va pas nous resservir l’image du grand Papa indéfiniment.

    • C’est plutôt le FN qui est l’ombre de DLF sans les couilles, sans la saveur ni la substance. Que faisait la mère Le Pen quand le Dupont militait pour le non à Maastricht ? Ah oui elle se trémoussait en boite de nuit c’était tellement plus commode. Le FN était encore Thatchérien quand les partisans du NON collaient des affiches. C’est tout. NDA n’a rien à envier au FN, il a tous les défauts possible mais il a toujours tracé sa route en gardant une cohérence idéologique que tous ses adversaires lui saluent.

  58. Je m’étonne toujours du goût immodéré de ce forum pour ce flot incessant d’articles de journaux, de statistiques et d’informations politiques qui envahit son existence, détruisant le silence et la paix de la vie humble du spectateur sans en abolir l’ennui. Pourquoi donner son avis sur des lieux communs à la mode ? Qu’attendre de ces élections si ce n’est le plaisir de la prescription quand nous connaissons l’inefficacité du remède ?
    J’ai de plus en plus de mal à accepter de me trouver à la merci de caprices populaires à cause de ce foutu suffrage universel que l’époque a élevé au rang de plus haute valeur démocratique alors qu’elle n’est que l’expression de notre plus insignifiante individualité.

    • Beau moment de lucidité !
      Mais les articles que nous propose ce blog ne sont que le reflet, en beaucoup plus vulgaire, de ce compost journalistique.

    • Très bien vu, comme toujours ! Quelle place reste-t-il pour notre pauvre cerveau ? Evidemment celle de la rêverie, accompagnée du vrombissement de mes bourdons à peine nés ! Je dis « mes » car ils ont logé chez moi, dans un petit hôtel à insectes, conçu pour eux. Et mon rire se mêle à la rumeur joyeuse des Bombi pratorum.

    • « à cause de ce foutu suffrage universel que l’époque a élevé au rang de plus haute valeur démocratique alors qu’elle n’est que l’expression de notre plus insignifiante individualité. »

      « suffrage universel »: c’est masculin,n’est-ce pas ?
       » alors qu’elle n’est que »:qui est ce « elle » ?

       » l’expression de notre plus insignifiante individualité. » l’expression de notre plus insignifiante individualité. »

      S’il s’agit bien du suffrage universel…on peut faire observer que des individualités très diverses s’expriment par le vote;par conséquent, je ne sais ce qu’il faut entendre par « notre individualité. »

  59. « Un ex-Yougoslave de 36 ans arrêté à Düsseldorf » ânonnent les journaux ; pourquoi ne pas dire d’un Allemand de 80 ans que c’est un ex-citoyen du 3e Reich alors ?

    En vérité il s’agit d’un Kosovar donc d’un musulman pour dire vrai et faire bref. Cela leur écorche la bouche …

  60.  » ce foutu suffrage universel que l’époque a élevé au rang de plus haute valeur démocratique alors qu’elle n’est que l’expression de notre plus insignifiante individualité. »

    Tiens, il se prêchait ici que le bon peuple avait toujours raison, qu’il fallait écouter le bon peuple, que le bon peuple faisait toujours les bons choix : avec le brexit, avec Trump. Zut alors, on aurait dégradé sa note ?

    • Est qu’on peut manipuler le suffrage universel ? Oui exactement comme on peut manipuler un cours de bourse en faisant courir une rumeur.
      On ramasse la mise et on laisse ensuite les effets naturels suivre leur cours.

    • Quelqu’un a dit il-y-a très longtemps: »si le peuple n’est pas éclairé ,la démocratie n’est que la tyrannie des imbéciles. « 

  61. Qui est coupable selon vous ? Les initiés qui ont engendré la rumeur et ont profité de la manipulation ou ceux qui se sont laissés abuser sur le moment ?

  62. Ca y est, un ramassis de censitaires vomissent ici le suffrage universel. Ces raclures ont raison, en un sens, de s’auto-exclure mais ils ne peuvent concevoir qu’ils ne seront jamais sur la short list des grands électeurs et resteront dans la fange de ceux qui sont censés se taire.

    Du coup ces roquets aboient !

    Tiens, pour faire japper ces jaspineurs, je crois que je vais aller voter Toufriquet.

  63. Brighelli,

    Vous ne pourriez pas faire décorer Dugong avec les Palmes académiques pour services rendus sur votre blog ? Car à défaut d’avoir été un brillant chercheur il a trouvé un filon de bons mots grâce à vous …

  64. Souvenons-nous de Topaze zélé répétiteur de pension privée qui devint un brillant homme de paille et décoré qui plus est grâce aux balayeuses municipales !
    Honneur aux factotums !

  65. J’adore entre le choeur effarouché des démocrates en quête d’égalité qui passe le rasoir sur la pelouse de l’humanité pour couper tout ce qui dépasse, la tête…uhuhu!

  66. Désolé abcmaths mais si on généralise en disant « le niveau des élèves a monté  » alors cela veut certainement dire aussi que le niveau de professeurs a augmenté – et inversement !
    CQFD !

    • Ce n’est que mon opinion (peut-être parce que je suis devenu vieux et …) mais j’ai la conviction que le niveau d’instruction et de bon sens de la population de la terre entière a baissé, les profs comme les journalistes, les politiques et tous les autres.
      Quand j’étais gamin et que j’écoutais la radio ou que je regardais la dernière allocution de De Gaulle, je m’instruisais et j’enrichissais mon vocabulaire .
      Quand j’écoute EM ou FF( ce que j’évite de faire), j’ai la conviction de régresser.

      • Sans oublier la corrélation entre le développement du fait religieux et l’analphabétisme. Sur le sujet, lire Bernard Lewis; « l’islam en crise ».

  67. Nous régressons tous, jeunes et vieux. Moi par exemple, mon objectif intellectuel en 2017 est d’arriver à la cheville du commentarien moyen de BdÂ; la descente va être longue…uhuhu !

  68. Des terrines sur pattes, bourrées de Césium 137, se baladent en toute impunité au Japon :

    http://tempsreel.nouvelobs.com/planete/20170310.OBS6417/des-sangliers-radioactifs-envahissent-les-alentours-de-fukushima.html

    La femelle sur la photo a récemment muté et présente maintenant de belles oreilles aux poils élégamment radiants. Conséquence chez nos femelles : le botox-âge, bêtement chimique, deviendra total ringard et le must sera de se faire retendre la hure à Fukushima en prenant des bains de boue radioactive. De plus, la nuit, les yeux sont phosphorescents, ce qui donne une intensité particulière au regard qui séduira les vieux mâles.

  69. Toufriquet propose une anamnèse générale pour tous les militants de la caissière (il a les noms).

    Il ne faut pas se cacher : l’examen sera lourd, notamment pour les finances publiques. Aussi, dans un premier temps, les examens commenceront dans le Nord-Pas de Calais, terre riche en adeptes, ce qui permettra peut-être de comprendre les liens entre une météo peu avantageuse et les troubles comportementaux observés à l’approche de l’isoloir (« pulsion de nord » en langage psychanalytique).

    Parallèlement, le cas particulier de la caissière elle-même sera l’objet de toutes les attentions afin de comprendre les tenants et aboutissants de ce qu’il faut bien appeler un refus du pénal.

  70. J’ai vendu un Le Clézio en état de lévitation – l’extase matérielle.

    Il y a trois sortes de littérature :
    - La littérature pour adulte
    - La littérature pour enfant
    - La littérature niaise dont Le Clézio a déposé le copyright

    • Macron est un peu le Le Clézio de la politique.

      « Le corps est vie, l’esprit est mort. La matière est être, l’intellect néant. Et le secret absolu de la pensée est sans doute ce désir jamais oublié de se replonger dans la plus extatique fusion avec la matière. »

      Qui veut fusionner avec Macron ? Allez mesdemoiselles un petit effort …

      • A certaines demoiselles que j’ai pu croiser et qui, dans un élan de tentation charnelle, se sont entendues répondre de ma part : « Il te manquera toujours le meilleur… » Hmm, je serais tentée de tirer les mêmes conclusions concernant Macron: il lui manque quelque chose…

  71. Vous voyez le beau gosse un peu fat qui promène ses dents blanches partout sur la planète en disant des choses creuses qui ont un air de déjà vu déjà entendu quelque part mais dont on ne saurait préciser ni l’origine ni la date.

  72. En 1907 l’Académie suédoise décerna le Nobel à Rudyard Kipling – considéré comme un chantre de l’impérialisme occidental.
    Kipling est un admirable auteur de contes pour enfants – Le Livre de la Jungle, Kim, Puck lutin de la colline etc – les contes pour enfants sont de beaux mensonges où le sexe et sa violence sont exclus et qui font rêver les tout-petits et jusqu’aux plus grands grâce à la magie du cinéma.

    Un siècle plus tard en 2008 l’Académie de Stockholm en quelque sorte se déjugea en couronnant Le Clézio dont la littérature est un magma de préjugés pour grands enfants qui n’arrivent pas à devenir adultes.

    • Le cinéma n’a rien pu faire avec l’enflure des pensées lecléziennes … qui ne sont ni des mensonges, ni des vérités, juste des bulles de chewing-gum.

  73. Pourquoi parler de Kipling quand on parle de Macron ? Parce que l’auteur britannique dans un poème célèbre a parlé du fardeau de l’homme blanc – et que Macron fait de ce fardeau un crime contre l’humanité …

    • Entre Kipling qui défend la colonisation en prétendant que
      les indigènes n’ont pas de civilisation et qu’on ne peut les considérer comme des hommes et Macron avec son délire de crime contre l’humanité, n’y a-t-il une petite place pour s’exprimer ?

    • C’est vrai que le fardeau des anciens présidents – trois et bientôt quatre dont un petit gros – c’est nous les coolies hexagonaux qui le portons !

  74. Gros avantage aux Américains ! Ils votent pour un milliardaire qui refuse d’être payé et qui ne touchera pas de retraite, qui a plus de 70 ans et n’aura pas un coût faramineux pour les finances publiques et son gouvernement itou, tous des millionnaires ou pire. Nous on a tout faux … on élit des larrons qui font nos poches ad vitam aeternam.

    • Cate Blanchett, qui n’est pas précisément une oie blanche, possède probablement un magnétisme particulier qui lui permet de commander son gouvernail intérieur *.

      Chez l’homme, ce gouvernail s’est exfolié vers l’extérieur pour former une sorte de quille qui justifie la nécessité du maillot de bain chez les nageurs de compétition.

      * on notera qu’un gouvernail intérieur est bien plus qu’une boussole morale dont n’importe quel couillon peut se doter aujourd’hui en achetant l’appli idoine.

      • Chaque fois que je mangerai une glace à la vanille,je penserai au « gouvernail intérieur »,à la « boussole morale » de Cate Blanchett.

        D’ailleurs,il m’arrivera d’y penser en d’autres circonstances.

      • « ce gouvernail s’est exfolié vers l’extérieur »

        je crois reconnaître ici une inspiration Thomiste.

        Thom donna un jour aux biologistes un programme de travail.

        Cinq ans plus tard,il vient examiner l’avancement de leurs recherches.

        Stupéfaction: ils n’avaient rien fait du tout.

  75. Selon les instituts de moyennage, Toufriquet est sur un nuage de points :

    http://cdn-lejdd.ladmedia.fr/var/lejdd/storage/images/media/images/moyenne-des-sondages-au-11-03/13313954-1-fre-FR/Moyenne-des-sondages-au-11-03.jpg

    On connaît la fonction essentielle des sondages (faux destinés à modifier les intentions de vote). Fonction « justifiée » par le célèbre argument que je résumerai par le fait indiscutable qu’un sondage exact serait rigoureusement inefficace.

  76. L’argent est un alcool fort qui dissout tous les corps organiques …

    Connaissez-vous la clause Molière ? Elle est invoquée par plusieurs régions pour favoriser les entreprises du bâtiment qui emploient des ouvriers français. Les hauts-fonctionnaires de Bercy parlent de clause raciste … ce n’est pas par excès de désintéressement.

    Cela se passe aux Etats-Unis, bientôt près de chez vous …
    http://www.bvoltaire.fr/jeanpierrefabrebernadac/aux-usa-employes-de-multinationales-vires-mettre-etrangers,318576

  77. Hollande prétend que défendre la nation c’est porter le droit de la guerre ; et si c’était les multinationales qui faisaient la guerre aux nationaux en se moquant du droit des gens ?

  78. Je rappelle le principe fondamental de la démocratie : chacun doit contribuer selon ses capacités.
    Ce n’est pas qu’une question théorique c’est d’abord une question de moyens qui doivent concourir à une même fin.

  79. Le goût immodéré des usa pour le fric et sa phobie des freaks * ne datent pas d’hier :

    https://www.lesechos.fr/monde/etats-unis/0211863641165-letonnante-liste-des-etrangers-bannis-du-sol-americain-il-y-a-100-ans-2071496.php

    A la lecture d’une telle liste, on frémit à l’idée de ce qu’auraient vécu les nombreux crétins des alpes ou d’ailleurs qui ont trouvé aujourd’hui asile sur BdA s’ils avaient été candidas à l’immigration aux USA en 1917.

    A l’ère trump, on pourrait ajouter un énième « amendement » d’inspiration eugénico-écolo en incorporant « les personnes susceptibles de tomber à la décharge publique » au droit du sol.

    * par décret des grosses boîtes du secteur, sont exclus de cette phobie les très prisés informaticiens indiens, spécialistes du langage R ou autres patois de manipulation de data. Licencier les informaticiens américains en les obligeant à tuiler leur remplacement pour toucher leurs indemnités de licenciement s’apparente à l’ancienne (?) pratique chinoise consistant à faire payer la balle d’une exécution par la famille.

  80. Et ça continue: les médias évaluent le coût des vêtements de Fillon, tandis qu’aucun journaliste ne mène l’enquête sur les millions d’euros nécessaires pour le financement de la campagne électorale de Macron qui, officiellement, n’a pas d’autre revenu que la retraite de son épouse.
    De même, ceux qui s’indignent d’une prétendue caricature antisémite du télévangéliste sont les mêmes qui défendaient le « poète » Meklat.

    Et c’est ainsi que Macron est grand.

    • Toufriquet fait la quête dans ses meetings : c’est le denier de son culte.

      Dans ce domaine, il a une approche très chrétienne : donnez-lui de la mornifle, il sourit.

      • « c’est le denier de son culte. »
        En attendant d’être le dernier.
        « une approche très chrétienne : donnez-lui de la mornifle, il sourit. »
        Protestante, non?
        Macron, macro…y a pas photo.

  81. Hollande prétend défendre l’Europe – mais il soutient la Turquie du candidat-dictateur Erdogan contre les Pays-Bas qui sont un membre fondateur du marché commun et plus encore une démocratie exemplaire depuis si longtemps !

    Ce président virtuel est l’homme anachronique par excellence ! Il ne sait pas ce que veut dire être homme d’état et veut se situer au-dessus des nations … pour rêver sur la ligne bleue de la mosquée d’Istanbul !

  82. C’est quand l’Europe est attaquée qu’il faut monter au filet pour la défendre ; c’est ni avant, ni après … question de tempo !

  83. Monter au filet pour…carburer à la rackette…excellent, admirable ! C’est un bonheur de lire les justes remarques de D&D qui se font écho en permanence sur le blog à Brighelli.
    Quelle chance nous avons de les avoir parmi nous ! Leur grain de folie donne du goût à toute notre semoule. Encore merci !
    Liberté, Égalité, Fraternité, Couscous !

  84. Pardonnez moi de répéter cette citation (pas verbatim) très ancienne: »si le peuple n’est pas éclairé,la démocratie n’est que la dictature des imbéciles. »

      • Pour qui tient ses archives:il y eut un post très intéressant de Dugong sur les types d’éclairage et ce qu’ils permettent de révéler ou de cacher. (le studio Harcourt, les lentilles de Fresnel)

        • On peut aussi sainter Roger sur les effets de (dé)cadrage utilisés pour Toufriquet. Si on fait une recherche d’images sur Qwant *,

          https://lite.qwant.com/?t=images&q=Macron

          on obtient une majorité de clichés plus ou moins décentrés. Enfin, plutôt plus que moins… On remarquera aussi que le promu est systématiquement décalé vers la droite (ne montrant donc que sa partie droite).

          Au delà du trop évident « message » énonçant la tendance nette au droitisme du tout droit sorti du fablab de la finance mondialisée, on peut se demander si tout cela ne procède pas d’une sorte de décalage spectral du bleu vers le rouge qui transforme tout son discours en un inaudible bruit blanc global.

          * ce n’est pas le cas sur glouglou. Interprétation ?
          *

  85. François Le Fillon 1er :
    « Si on veut que les fonctionnaires soient mieux payés demain, si on veut qu’ils aient des perspectives de carrière, qu’il puissent évoluer, il faut qu’ils travaillent un peu plus. »

    Saletés de fainéants – j’ai essayé d’embaucher un fonctionnaire pour faire le travail de Pénélope, pas moyen d’en trouver un seul qui ne soit pas un glandeur chronique.

    • Le vrai problème, pour un fonctionnaire enseignant, n’est pas de travailler plus mais de travailler pour.
      Pour quoi faire, pour qui?
      C’est bien le sentiment grandissant d’inutilité qui est le noeud: à faire semblant d’enseigner, à force de passer son temps à faire le flicaillon pour tenter de faire respecter des règles dont tout le monde se fout, à subir des réformes vides de sens mais pleines de vent, à voir tous les élèves prendre l’ascenceur scolaire vers des sommets d’où ils chuteront, à subir les pinaillages vicieux de « parents » qui n’ont pas éduqué leurs enfants, à jongler avec les multiples sorties et interventions de plus en plus nombreuses, à décortiquer une paperasserie électronique qui déborde…passons.
      Que reste-t-il? Les heures à la maison et les fameuses vacances, temps consacrés aux cours, corrections, épluchage de mails pro, et basta.
      Car, au vu de nos salaires de privilégiés « full cotisants à tout », pas question d’aller se faire réparer le dentier ou de partir une semaine au ski.

      Politiques, rendez aux profs, dont le métier est de professer, les conditions normales de leur exercice!!

      • Bonsoir Sissy, j’adhère pleinement. On me demande encore une sortie ciné, moi qui refuse le plus possible l’école hors les murs, par exemple! Je passe mon temps à essayer de caser des connaissances, entre les autres rôles (dont assistant social bien souvent).

  86. « si le peuple n’est pas éclairé,la démocratie n’est que la dictature des imbéciles. »
    Pas gênés par l’idée qu’il nous faille éclairer le peuple, nous gens de bonne naissance, car connaissant l’importance pour la société de sa hiérarchisation, nous ne serions nullement scandalisés par la présence d’imbéciles dans ses plus hauts rangs car nous seuls avons la faculté de distinguer les différences et de fixer les rangs. Il suffira d’éclairer le peuple sous une bonne incidence afin que son ombre ne projette pas sur le monde notre propre médiocrité…uhuhu !

  87. Erdogan : « Les Pays-Bas sont une république bananière »

    Pas encore mais, avec le réchauffement climatique, c’est une opportunité qui risque d’émerger du camaïeu des virtualités.

    Pour un pays qui est en partie sous le niveau de la mer, c’est toujours bon à prendre.

  88. Essevétisation du monde (suite) :

    Purée de ta mère, comment ça envoie !

    https://apsvtcol.jimdo.com/accueil/plan%C3%A8te-terre-environnement/un-volcan-%C3%A0-la-confiture-et-%C3%A0-la-pur%C3%A9e/

    Les élèves passeront un bon moment mais seront déçus que le « volcan » ne macule pas totalement le prof, évidemment revêtu de sa blouse de fonction immaculée.

    Certains élèves, cédant au syndrome du essevétiste, voudront renouveler « l’activité » à la maison. Les parents suffisamment irresponsables pour stocker de la purée en sachet et des pots de confiture de 1 kg en seront pour leur frais quand les parois de la cuisine seront rafraichies par les jets isotropes de confiotes brûlantes.

    Le prof se retrouvera évidemment en plein caramel quand il se verra plainté par des géniteurs en ébullition et lâché par sa hiérarchie molle.

    • Un grand merci!
      Cette manip’ fondamentalement incontournable et pédagogiquement fondatrice va m’obliger à revétir une tenue crépusculaire afin d’aller piquer les clefs du collège pour arriver aux aurores et préparer le matos.
      Gros avantage non cité, les ingrédients sont comestibles, ce qui permet d’enchainer sur la diététique. Ne manque qu’un bon vin du vésuve pour couronner le tout de vapeurs ethyliques et faire le tour du cône ( avec un g à Lyon).

      • Sisyphe, zappe cette expérience stupide à solution technique imparfaite et avale tout de suite les fruits défendus de la vigne du Vésuve, tu en feras les meilleures déconfitures.

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