Manuel Valls appelle Christian Estrosi

Valls a félicité Bertrand et Estrosi (la presse).

– Christian Estrosi ?
– Ouais ? Céki ?
– Ici Manuel Valls… le premier ministre…
– Ah ouais…
– Je voulais vous féliciter pour cette brillante élection… Dix points d’écart sur le FN ! Quel magnifique sursaut républicain ! Vous allez diriger une grande, une belle région… Et sans aucune opposition socialiste…
– Ah ? Ah ouais… Ouais, je suis content… Qu’est-ce que je lui ai mis, à l’autre dinde ! Dans l’cul la balayette !
– J’ai appelé aussi Xavier Bertrand pour le féliciter d’avoir brillamment battu Marine Le Pen…
– Qui ? Ah oui, Bertrand… Il doit être content, lui aussi, ce connard…
– J’imagine qu’il va y avoir une réunion du bureau exécutif des Républicains…
– Qui ? Les Républicains ? Ah ouais, l’UMP… C’est Sarko qui doit être content…
– Certainement. Un vrai républicain. Assurez-le du soutien sans faille du président de la République pour 2017…
– Ah ? Ouais, j’ui dirai… Mais la grande bringue va péter un câble…
– La grande bringue ? NKM ?
(Rires)
– Vous pouvez compter sur les militants socialistes pour voter pour Sarkozy lors de la primaire.
– Ah ouais ? Le PS va voter pour nous ? Encore ?
– Oui… Vous savez bien que Juppé, hein, Juppé…
– Ah ouais, Juppé !
(Rires)
– Et au second tour de la présidentielle, vous vous souviendrez de nos accords, hein… Les voix de Bayrou — parce qu’il va se présenter, Bayrou, si c’est Sarkozy —, elles se reporteront automatiquement. Mais il nous faudra les vôtres — celles de tous les vrais républicains !
– Les Républicains ? Ah, ouais… Mais aux législatives…
– Cela va de soi… Sarkozy premier ministre, ça me laisse à moi toutes mes chances pour 2022. C’est là que je prendrai Najat comme Premier ministre.
– Qui ça ? Ah, ouais, la fille qui a fait gagner Valérie Pécresse en Ile-de-France (1)… Super ! Moi, vous savez, en 2022… Mais dites, M’sieur l’Premier, et le FN ? Parce que dans le Sud, le FN… Et dans le Nord aussi ! Et partout, d’ailleurs… En 2017, j’veux bien… Mais en 2022… Boum ! Avant, peut-être ! Boum !
– En nombre de voix, il plafonne quand même, le FN ! Le plafond de verre, hein…
– Quoi, le plafond des Verts ? Les Verts, c’est sûr qu’ils votent pas bleu marine !
(Rires)
– Et puis, un plafond, ça doit faire mal, quand on le cogne ! Plus mal qu’une barrière de Grand Prix ! Ce gadin que je me suis pris à Jarama en 76 ! Mais sous la pluie, hein…
(Rires)

– Remarquez… Hier aussi il pleuvait sur le Midi… Elections pluvieuses, élections heureuses, hein…
– Heu… Oui… Enfin, je voulais vous rappeler tout ça… Nous avons voté pour vous… Vous voterez Hollande au second tour, n’est-ce pas…
– Heu… Ouais… Je me vois bien ministre de l’Intérieur d’un gouvernement Sarko… Même si Ciotti en rêve… Putain, ce mec, j’y ai fait sa carrière ! Et il compte encore que je  lui laisse Nice en 2020… J’vais pousser Rudy Salles, tiens !
– L’éternelle histoire du chien qui mord la main de son maître ! Bon, toutes mes félicitations à nouveau. Vous avez une belle région à administrer. Moi, je m’occupe de la France. À nous deux, le libéralisme n’aura pas trop à se plaindre !

Pcc. Jean-Paul Brighelli

 

(1° Valérie Pécresse l’a emporté de 60 000 voix dans une région peuplée de 12 millions d’habitants — et de 90 000 profs, dont un certain nombre ont renâclé à mettre dans l’urne un bulletin appuyant un parti qui a inventé la réforme du collège. Si demain Bartolone — l’homme qui a fait de Pécresse la représentante de la « race blanche », ne l’oublions jamais — est aussi dégommé du Perchoir, il saura à qui dire merci.