Tartuffe et la société du spectacle islamiste

Invité par Olivier Galzi sur i-télé le 29 août, le député PS Razzy Hammadi a déclaré que c’était « un droit fondamental pour des musulmanes dans notre pays de porter un voile dans l’espace public ». Voilà un homme de gauche comme Terra Nova les aime.
Pendant ce temps, à Colomiers, Manuel Valls parlait de Marianne, « le sein nu, parce qu’elle nourrit le peuple, et qui n’est pas voilée ». Comme Chevènement, il conseille aux musulmans un minimum de discrétion, ce qui offusque immédiatement les divers thuriféraires de l’islam de France.
Et hier à Marseille, à quatre heures de l’après-midi et en plein centre-ville, j’ai croisé une jeune femme en burqa, tenant la main d’une petite fille accoutrée de même.
Ce qui nous ramène au burkini et à l’incident de Sisco. Les types qui avaient « privatisé » la plage selon un principe de « caïdat » (dixit le procureur de la République) se seraient offusqués des photos que prenait un touriste —photographiant probablement le paysage, qui n’est pas mal, comme partout en Corse.
Faudrait savoir. Lire la suite

« Je suis Marianne »

C’est donc le dernier livre (paru en janvier, oui, je sais, je date, mais bon, tant de sollicitations…) de Lydia Guirous, éphémère porte-parole des « Républicains », virée pour cause de langue bien pendue. À tel point que Luc Le Vaillant, qui est à peu près le dernier à ne pas penser courbe chez Libé, en arrive à la plaindre.
À tel point aussi que Yann Moix, le sémillant roquet de la Pensée Unique et du Bien réunis, a cru intelligent de l’agresser sauvagement quand elle est passée à On n’est pas couché.
Pour mémoire, Lydia Guirous avait écrit il y a deux ans Allah est grand, la République aussi — et le parallèle entre Allah l’Incomparable et la Gueuse, comme disent les ultra-cathos, lui a amené quelques tombereaux d’insultes et de menaces. Lire la suite

Toutes impures !

L’Etat — en l’occurrence le rectorat de l’académie d’Aix-Marseille — vient de reconnaître le quatrième établissement privé musulman sous contrat, le collège Ibn Khaldoun, installé à la Caducelle, un quartier très excentré de Marseille, dans les Quartiers Nord (XVème arrondissement).
Le collège a été créé par l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) en 2009. La Banque islamique de développement (Arabie Saoudite) a financé les premiers travaux à hauteur de 500 000 dollars. Le principal du collège, Mohsen Ngazou, qui est également l’imam de la mosquée voisine, compte sur un élan de solidarité des fidèles pour parvenir à rassemble les 5 millions d’euros nécessaires pour achever les extensions prévues.
C’est apparemment un homme rompu à la communication qui, comme dit Delphine Tanguy, la journaliste de la Provence qui est venue sur place se rendre compte, va au devant des questions sensibles et «précède toujours les questions potentiellement polémiques». Ainsi affirme-t-il inscrire ses jeunes élèves dans la réussite et le goût de l’excellence, loin de tout repli communautaire. Fort bien.
Qu’est-ce que l’établissement a d’islamique ? « Nous inculquons à nos élèves l’arabe littéraire et dialectal, et une juste lecture du Coran que souvent ils ne connaissent même pas. »
Les établissements musulmans sont archi-minoritaires en France métropolitaine. En dehors de cet établissement, n’ont été reconnus, jusqu’ici, que le lycée Averroès de Lille, le lycée Al-Kindi à Décines, et l’école primaire Medersa Taalim oul-Islam à Saint-Denis de la Réunion (Mayotte, seul département français à très large majorité musulmane, bénéficie d’un statut particulier qui l’autorise, entre autres, à avoir des jours fériés musulmans — mesure votée par l’Assemblée nationale en février 2015 — et bientôt, apparemment, des tribunaux islamiques dirigés par des cadis avec des pouvoirs étendus, et applicables aux non-Musulmans — sans commentaire). Sinon, 98% des établissements privés sous contrat sont d’émanation catholique, et sont souvent fréquentés par les enfants de parents musulmans qui trouvent ainsi un échappatoire aux rigueurs de la carte scolaire qui prétend envoyer leurs rejetons dans des établissements publics à la réputation sulfureuse. Quant aux conditions, elles sont les mêmes pour tous : on n’accède au «contrat» qu’après cinq ans d’existence, et une inspection préalable qui vérifie que le code de l’Education et les programmes officiels sont respectés (les établissements hors contrat sont en revanche libres de s’organiser comme ils l’entendent, et de professer ce qu’ils veulent).
Sauf que la loi de 2004, qui a interdit les signes religieux ostensibles dans les établissements de l’enseignement secondaire, ne s’applique pas ici. Si le niqab est interdit, les jeunes filles sont libres de venir voilés, ce qui est apparemment le cas de 50% des élèves d’Ibn Khaldoun, à en croire les photos de classe. L’Etat a transigé et préconisé qu’en EPS, « les jeunes filles voilées portent un bonnet plus adéquat ». Hmm…
Mais quel message est porté par ces classes qui pour moitié au moins sont occupées par des jeunes filles voilées ? L’égalité garçons-filles est-elle respectée ? Comme le souligne au début de son article Delphine Tanguy, manifestement choquée, « la visite a commencé sur un léger malaise : « Désolé, je ne serre pas la main des femmes», nous lance, souriant mais contrit, l’agent d’accueil à qui nous tendons la nôtre ».
L’idée même qu’une femme soit impure est absolument choquante. Les filles apprennent par imprégnation qu’elles sont des créatures inférieures, que Dieu a condamnées à un statut particulier, une malédiction mensuelle dont elle ne se déferont jamais. Et chaque fois que j’entends ce genre de calembredaines me reviennent en mémoire les petits vers guillerets d’Apollinaire dans cet épisode de « la Chanson du mal-aimé » intitulé « Réponse des cosaques Zaporogues au sultan de Constantinople » :

« Bâtard conçu pendant les règles
Ta mère fit un pet foireux
Et tu naquis de sa colique ».

Est-il possible, en 2015, qu’on enseigne encore à des filles une « impureté » originelle qui est une fiction établie il y a 2500 ans en Judée et dans quelques autres régions du Moyen-Orient ? Est-il possible qu’on leur grave dans le cerveau l’idée qu’elles sont des provocations du désir masculin, et qu’elles doivent donc s’en protéger et surtout les protéger des tentations ? Au passage, est-il possible qu’on enseigne aux garçons que les femmes sont naturellement des proies, et que seul le voile établit une barrière entre elles et leurs homologues mâles ? Tout l’effort de la civilisation, depuis l’époque où nos ancêtres néandertaliens n’avaient pas encore acquis les règles élémentaires de la courtoisie, fut justement de réfréner les désirs des uns et des autres, et de ne séduire que par le langage, dans une relation librement consentie. Imposer un voile, c’est signifier fortement qu’on en est revenu à des temps très anciens, quand les hommes se sentaient le droit de saisir par les cheveux n’importe quelle femelle qui passait pour l’entraîner dans sa grotte et la soumettre aux derniers outrages, comme on dit. Non, les femmes ne sont pas des provocations sur pattes, et les hommes ne sont pas des violeurs — pas de ce côté de la civilisation. Si tant est que l’on puisse appeler civilisation une coutume qui rend les femmes éternellement mineures et potentiellement coupables, et les hommes des prédateurs éternellement en chasse…
Non : je refuse d’effacer, sous prétexte de permettre à des adolescentes déboussolées et des adultes conditionnées de porter les signes de leur dégradation initiale, 2500 ans d’une civilisation qui, depuis Sapho et jusqu’à Simone de Beauvoir et au-delà, a patiemment conféré aux femmes une dignité égale à celle des hommes, les mêmes capacités, la même autonomie. Le même pouvoir de dire Oui ou Non. De faire les études qu’elles souhaitent. De voter comme elles l’entendent. De vivre indépendamment des hommes. Et de se libérer des hommes qui cherchent, encore et toujours, sous un fumeux prétexte de transcendances obscures, à les maintenir en minorité quand ce n’est pas en esclavage. L’Ecole laïque est l’apprentissage de la liberté, et tout ce qui enfreint la laïcité est école de soumission. Et je ne l’accepterai jamais.

Jean-Paul Brighelli / extrait de Liberté Egalité Laïcité, en vente dès la rentrée…

Indigènes

Cela vient de débouler sur les réseaux sociaux :

Je ne sais pas si c’est ou non authentique — je m’attends à ce que rapidement paraisse un communiqué qui prétendra que c’est un fake, comme disent les gens qui parlent bien la France. Mais des amis informés des mœurs de Twitter m’affirment que le message est genuine — comme disent… etc. !
Et puis, c’est trop beau pour être vrai : pour la première fois on nous explique noir sur blanc le jusqu’auboutisme de l’entre-soi, de l’endogamie profonde (comme on parle d’écologie profonde, celle qui donne autant de valeur aux mouches à merde qu’aux êtres humains), de l’inceste pratiqué comme les Egyptiens anciens, pour sauvegarder la pureté du sang et garantir le défaut génétique — bref, du racisme ordinaire. La distinction entre « Nous » et « les Blancs » est étrange — bien digne du nazislamisme qui court en ce moment. Les Arabes sont blancs, sais-tu, ami indigène… Et il n’y a qu’une seule race — la race humaine. Que tu en sois un sous-produit est encore autre chose — c’est une considération culturelle, mais pas biologique.
Au passage, on peut lire aussi dans ce gazouillis une angoisse — celle d’être confronté aux comparaisons. Qui sait ce que ta sœur, cher indigène, celle qui vient régulièrement s’ébattre dans nos lits, pense de toi et de ta prétention à la satisfaire ?

D’un autre côté, c’est tellement bête que ça ne peut pas ne pas être vrai — quand on sait jusqu’où descendent, intellectuellement parlant, les Indigènes de la République. Fréquenter leur site est la garantie d’une franche partie de rigolade.
Quoique…
Quand on sait que ces jean-foutre ont l’oreille des autorités et des islamo-gauchistes, on rit moins : après tout certains des amis de ces gens coupent des têtes de l’autre côté de la Méditerranée, ou violent des adolescentes au Nigéria. Et incitent leurs sœurs à pratiquer le jihad sexuel, afin d’assurer le repos des guerriers de l’Etat islamique.
Je passe sur le fait que cette « consommation masculine blanche » est également homophobe — mais bon, onze pays appliquent la peine de mort pour les homosexuels — tous musulmans. Cherchez l’erreur — il n’y en a pas.
Allez, je vais faire bref : les Musulmanes sont des femmes comme les autres, elles ont le droit de te cocufier comme les autres. Les habitués de ce blog vont s’y employer.
Ça pourrait te porter chance…

Jean-Paul Brighelli

PS. Faut-il rappeler que c’étaient les mêmes imbéciles qui se sont insurgés contre une exposition intitulée Exhibit B — dont j’ai parlé en décembre sur Bonnetdane ? Les mêmes imbéciles aussi qui s’insurgent quand un chercheur blanc, Olivier Pétré-Grenouilleau, explique, recherches à l’appui, que l’esclavage a été un peu plus complexe que ce que croient les organisations antillaises ? Et tout ce qu’ils ont trouvé pour attaquer un chercheur inattaquable, c’est Gilbert Collard…

Faisons leur fête aux nanas !

Dimanche 8 mars, c’est la journée internationale de la femme.
Bonnetdane se devait de fêter dignement l’événement. Tout en s’étonnant poliment que ce ne soit pas la fête des femmes 365 jours par an — et la nôtre aussi, parce qu’il n’y a pas de raison de ne pas fêter l’humanité chaque jour.
Mais il y a pas mal de pays, et même pas mal d’endroits dans le nôtre, où c’est leur fête tous les jours.
Par exemple :

Ou bien :

Ou encore :

Sans oublier :

Islamophobie ! hurleront les plus bêtes — Edwy Plenel par exemple — et attention, c’est du lourd…

Qu’en dire ? Ma foi, comme Elisabeth Badinter, dont je salue le combat inlassable en faveur de la laïcité vraie (c’est-à-dire de la laïcité tout court, ni « ouverte », comme les cuisses du même nom, ni « aménagée »), on peut souligner que toute concession faite ici aux volontés masculines encourage le crime, là-bas.

Allez, je n’ai vraiment pas envie de rire. Ecrasons l’infâme !

Jean-Paul Brighelli

Osez le féminisme, 2 : aujourd’hui, le féminicide

Osez le féminisme ose tout, c’est même à ça qu’on le reconnaît.
C’est à peu près ainsi que se terminait mon précédent billet.
Mais je n’avais pas tout vu.
Voici que le même groupuscule d’activistes obsédées par le Père et la paire propose désormais, sous la plume d’une certaine Aude Lorriaux, d’ajouter au Code pénal, qui est déjà assez complexe, le crime de « féminicide » — une revendication majeure de cette association de punaises. Ce serait une circonstance aggravante que de tuer une femme. Après le « masculinisme », un néologisme supplémentaire est né du cerveau fertile mais dérangé des féministes déjantées.


Ou incultes. Probablement se trompent-elles sur l’étymologie du mot « homicide ». « Homo », c’est l’être humain — homme ou femme. « Homicide », cela suffit. Sans doute les féministes d’Osez le féminisme pensent-elles qu’« homo » renvoie à « homme » — après tout, certains élèves encore jeunes ne croient-ils pas qu’un homicide, c’est le meurtre d’un homosexuel… Pareil pour « homo sapiens » : va falloir inventer, les filles ! Femina sapiens ? Surtout que, comme me le souffle une amie, ça doit vous agacer que la sapience soit attribuée aux hommes — ou aux homos ?
Peut-être faudrait-il les renvoyer en classe ?

La loi répertorie d’ailleurs bon nombre de circonstances aggravantes, dans l’article 221-4 du Code pénal. Je signale particulièrement le 4 bis à l’auteur (non, pas de e à auteur ! On peut aimer les femmes et la langue ! Il vaut mieux, même), où le meurtre d’un(e) conjoint(e) est une circonstance aggravante.
Mais ces crétines bornées veulent faire rajouter « sexe » au paragraphe 6 (« A raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée »). Ce qui mettrait les juges dans des situations complexes, et enfreindrait l’un des principes les plus solides du Code, l’égalité devant la loi : on serait mieux servi si l’on est une femme qu’un homme ? Allons donc !
Mais j’argumente en vain contre des gens qui n’ont pas un atome de raison.

Qu’on me comprenne bien. J’ai participé, dans les années 70, aux activités du MLAC (Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception), j’ai milité avec certaines « Gouines rouges », cette excroissance du MLF version Marx, j’exalte en classe la Marquise de Merteuil, « née pour venger [s]on sexe », je n’ai de reproches ni de conseils à recevoir de personne en fait de féminisme. Et j’aime les femmes — je les aime assez pour ne pas supporter qu’un quarteron d’hystériques les dégrade collectivement à mes yeux. Amies, révoltez-vous : Osez le féminisme dégrade les femmes, les avilit, les consigne dans des revendications imbéciles et des postures tout aussi contraignantes que maman et putain, et les dresse contre les hommes, en croyant les libérer. Oui, révoltez-vous — ou ne vous étonnez plus des discours misogynes et des comportements-limites. « Les hommes auteurs de vos maux », disait Laclos. Eh bien aujourd’hui, ce sont les femmes qui sont les plus grands ennemis des femmes. Enfin, certaines.
Cela dit, je suis assez favorable à un délit de « féminicide » au sens de « ce qui porte atteinte à la féminité ». Les mutilations génitales communautaristes, excusées par les belles âmes, ou le port de la burka, désormais autorisée par Najat Vallaud-Belkacem pour escorter les élèves dans le cadre des sorties scolaires. Entre autres exemples.
Ah bon ? Osez le féminisme n’y a pas pensé ? Faudrait-il penser pour elles ?

Jean-Paul Brighelli

About a Trojan horse

Le 22 octobre dernier le Monde, sous la plume de Benoît Floc’h, sortait enfin un article de fond sur les problèmes que pose la multiplication des voiles à l’université. Pour un journal qui est l’organe officiel du gouvernement et la lecture favorite des bobos frileux réfugiés en deçà du périphérique, aussi loin que possible de la France réelle, c’était un bel effort. Et loin de moi l’idée de jeter la pierre à son auteur, qui est un gentil garçon et a bien voulu ne pas déformer ce que je lui ai dit sur le sujet — grâces lui en soient rendues.
Mais la parution récente d’un autre article ce qui se passe dans les universités britanniques m’a donné un avant-goût de ce qui nous attend, sauf réaction légale et rapide (mais peu probable, grâce à Jean-Louis Bianco qui ne décèle aucun problème) ou réaction spontanée et violente (qui malheureusement se dessine, et pourrait même se draper dans la légalité, selon le parti que les atermoiements du PS et autres idiots utiles amèneront prochainement au pouvoir).
Qu’apprend-on sous la plume de Pragna Patel, l’un des leaders de Southall Black Sisters, la principale organisation luttant aujourd’hui en Grande-Bretagne contre les fondamentalismes religieux ? Eh bien par exemple que les Universités britanniques sont désormais libres d’instaurer une ségrégation dans l’espace entre hommes et femmes, dans les amphis par exemple, afin de ne pas choquer les habitudes de conférenciers extérieurs. Ou que les avocats et les notaires sont incités à la « chariafication » de la loi en tenant compte des superstitions des uns et des autres dans l’établissement, entre autres, des testaments : sûr que les droits des femmes seront mieux respectés ainsi ! C’est sans doute ce que les descendants d’Adam Smith appellent le libéralisme.
Pragna Patel souligne avec force l’opposition de son organisation au multi-culturalisme qui s’appuie sur l’anti-racisme béat de la Gauche — en particulier, je ne saurais trop vous recommander Laurie Penny, une journaliste du Guardian, qui est à l’Angleterre ce que le Monde (hors Benoît Floc’h) est à la France : le gardien de la bien-pensance de gauche. Tout ce qui combat pour les droits des femmes est frappé par elle du sceau (ignominieux, paraît-il) d’« islamophobie ».

Quitte à me répéter…
Il n’y avait aucun voile dans le Marseille de mon enfance — dans ces années 1960 pourtant riches ici en immigrées nord-africaines. J’habitais à deux pas de Frais-Vallon et du Petit-Séminaire, deux hauts lieux du HLM d’urgence construit pour abriter les travailleurs`maghrébins appelés par le Bâtiment des Trente Glorieuses. Et longtemps il n’y en a pas eu — ni ici, ni ailleurs : je me suis baladé à Alger en 1970, quand Boumediene était au pouvoir et les bateaux russes dans le port (désormais remplacés par des bateaux chinois, mais c’est une autre histoire) sans voir de voiles — de manifestations extérieures de fanatisme et d’intolérance.
C’est l’affaire de Creil (1989 — ô Révolution, ça, c’est de la coïncidence ! Qu’est-ce que Robespierre aurait fait de ces suppôts de la foi ?) qui a amené la question du voile au premier plan de l’actualité. Coïncidences, disais-je : l’année suivante les islamistes du FIS entraient dans le champ politique algérien. S’ensuivront dix années d’un conflit particulièrement sanglant, où certains de mes élèves, à Corbeil, me lançaient avec des airs de bravaches « Moi, j’suis au GIA, m’sieur ! », qui s’est résolu par un partage des ressources du pays entre les militaires et les islamistes « présentables » (oxymore !), partage qui n’a pas peu contribué à faire de l’Algérie le pays le plus malade du Maghreb. En témoigne la noria de bateaux amenant à Marseille des Algériens venant s’approvisionner en denrées essentielles.
Mais c’est ici désormais que le combat s’est déplacé. Et les filles que l’on peut soumettre aux fantasmes vestimentaires des salafistes jouent un rôle éminent. Un voile, on s’en fiche. Deux, trois, ça passe. Mais la mode fait tache d’encre, les tchadors volant au gré du mistral sont autant de reproches pour celles qui résistent encore, et l’attitude parfois agressive des garçons, qui s’en prennent volontiers à tout ce qui n’est pas « protégé » par cet habit de nuit, contribue à propager les ténèbres.
Je vais encore me faire traiter d’islamophobe. Mais en vérité je vous le dis, amis musulmans qui parfois êtes aussi mes élèves, si l’on ne réagit pas très vite, d’autres se chargeront de réagir. Et dans une ville où une kalachnikov coûte moins de 300 euros, qui sait jusqu’où cela peut aller ?
Et c’est bien là qu’ils veulent nous amener — à la guerre civile.

Jean-Paul Brighelli

Nous sommes tous des Juifs allemands et des islamophobes

Rappel des épisodes précédents.
Il y a quinze jours, le mardi 30 septembre, un prof d’Histoire de l’IEP d’Aix-en-Provence, en plein cours sur la Constitution de 1789 — et le passage d’une société monarchique et religieuse à une société laïque et démocratique — a traité une étudiante habillée d’une burka de « cheval de Troie de l’islamisme ». Emotion, l’interpellée éclate en sanglots ou feint de, et quelques étudiants quittent l’amphi en signe de solidarité. Ceux qui y sont restés — la majorité — ont exprimé aussi une forme de soutien au prof.
Tous les détails, fournis par un témoin oculaire ancien élève du lycée Thiers, ici.
J’ai réagi sur le site du Point.fr, si bien réagi que Jean-Louis Bianco a cru bon de donner son sentiment sur la « laïcité aménagée » chère au PS et autres crétins utiles. Je lui ai répondu, courtoisement (je crois) mais fermement.
Et voici que les salafistes s’en mêlent, et par la voix d’un membre du NPA, où il joue lui-même au cheval de Troie de la grande réconciliation version EEIL, je suis étiqueté « islamophobe » — ce qui, dans ce pays plein de jihadistes en puissance et autres têtes creuses, m’inquièterait si j’étais du genre à, et en tout cas inquiète quelques proches.
Alors, mettons les choses au point.

Cher Renaud Cornand qui m’invectivez sur le site si démocratique d’Oumma, et dont je crois bien avoir eu l’honneur de croiser la verve énervée lors d’une conférence-débat avec Philippe Meirieu à la FNAC Marseille il y quelques années (eh oui, j’ai la mémoire longue, et quand j’en rencontre un beau, je le repère)…

Je sais, vous brûlez d’être connu et reconnu. On vous doit, au NPA, l’heureuse initiative de cette candidate voilée présentée en 2010 dans le Vaucluse — une audace que l’ancienne LCR, que je connais bien, n’aurait jamais validée : aucune femme voilée n’a été admise dans l’organisation d’Alain Krivine (qui s’y était personnellement opposé chez lui, en Seine Saint-Denis). Comme l’a utilement rappelé en 2010 un communiqué du NPA, auquel j’adhère totalement, « Le foulard est non seulement un symbole religieux visible mais il est également un instrument de soumission des femmes utilisé sous diverses formes et à diverses époques par les trois monothéismes. » Et après, ils ont accepté la candidature de la jeune soumise…
Ils ne seraient pas un peu schizoïdes, chez Besancenot ?
D’autant que ladite voilée a fait long feu : elle est partie du NPA, où elle n’avait rien à faire, avec ses petits camarades barbus. Carton plein. On discrédite un honnête groupuscule, et on se casse après avoir fait le maximum de dégâts.
Mais Renaud Cornand n’en a pas profité pour réfléchir. Il est vrai que depuis le début des années 2000, où il a commencé à militer au NPA d’Aix-Marseille, il est parvenu à vider la cellule locale de la LCR de la plupart de ses membres, ulcérés par ses diatribes pro-islamistes. Il encensait alors Tariq Ramadan (à qui j’ai flanqué, c’est un bon souvenir, l’une des rares raclées médiatiques essuyées par cet as du double langage, et dont le frère, Hani, recommande saintement la lapidation des femmes adultères en Europe), et justifiait le rapprochement de la LCR avec les Frères musulmans en rappelant que la Gauche s’était bien acoquinée avec Mgr Gaillot ou les ministres jésuites du Nicaragua — en oubliant au passage que l’Islam n’a fait ni sa Réforme, ni sa théologie de la Libération, et qu’il exècre les homos.
Bref, grâce à cet agité du bocal, les effectifs de l’extrême-gauche aixoise ont fondu comme neige au soleil de l’Arabie heureuse, entre ceux qui, écœurés, sont partis dans la nature, et ceux qui sont allés s’encarter chez Mélenchon, qui lui au moins n’a pas varié dans son rapport aux voiles, burkas, tchadors, niqabs et autres symboles indéniables de liberté de pensée et de libération de la femme : « On ne peut pas se dire féministe en affichant un signe de soumission patriarcale », affirme-t-il. Islamophobe, va ! On va te scier la tête, Merluche ! Juste après moi.
Parce que dans la dénonciation en règle qu’opère Renaud Cornand, il y a en filigrane l’espoir qu’on se débarrassera bientôt de moi — professionnellement d’abord : « Un enseignant islamophobe est-il légitime pour enseigner au lycée Thiers de Marseille, qui-plus-est au sein d’une classe accueillant des élèves issus d’établissements populaires ? »
Pauvre cloche ! L’élève voilée de l’IEP d’Aix, elle y est probablement grâce à moi (comme quoi je fais de mon mieux pour leur apprendre à penser sainement, et à distinguer la foi du fanatisme, mais ça ne marche pas toujours). Comme pas mal de ses camarades des deux ou trois sexes. Et toi, crétin patenté, qu’est-ce qu’ils te doivent ?
Quant aux brevets de rectitude gauchiste… Ce n’était pas toi qui étais à la Mutualité le 21 juin 1973, face aux (vrais) fachos et aux CRS, avec la LCR de l’époque — et une petite organisation qui s’appelait tout bonnement Révolution ! Tu tétais ta mère pendant que je m’exerçais à la guérilla urbaine.

Alors, tiens-toi le pour dit : je sais identifier un fasciste quand j’en vois un. Tu cherches à exister en flattant ce qu’il y a en ce moment de plus bas, comme Edwy Plenel, qui vient de sortir Pour les Musulmans (franchement, les trotskards, ils feraient mieux de se mettre à la retraite) ou Claude Askolovitch (feuilleter son ineffable livre, Nos mals-aimés : ces musulmans dont la France ne veut pas, c’est faire l’expérience de l’abîme). Tu devrais te méfier : l’Islam a mauvaise presse, en ce moment. Et d’ici que les RG s’intéressent aux amis des amis des extrémistes… Sans parler de ce qui arrivera quand, grâce à toi, le FN sera aux commandes.

Ceux que je plains, au fond, ce sont les Musulmans sincères.Avec des amis comme Renaud Cornand, ils n’ont plus besoin d’ennemis.

Allez, tu me laisses faire mon boulot, et tu changes de trottoir si par hasard tu me rencontres à Marseille. J’ai horreur de marcher sur des merdes de chien.

Jean-Paul Brighelli

Oh, comme ils sont malins, au PS !

Il a suffi d’un rapport de plus (http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/12/12/01016-20131212ARTFIG00629-integration-un-rapport-choc.php) pour que la France s’enflamme. Autoriser le voile à l’école — quelques lignes dans un gros rapport qui cumule réflexions sociologiques élémentaires et provocations concertées —, en voilà une idée qu’elle est bonne ! Elle a permis à Jean-François Copé de se couvrir de ridicule une fois de plus en entonnant, la mine grave, la complainte lyrico-tragique de l’homme d’Etat malmené dans sa République à lui… Ce doit être dur, quand même, en ce moment, d’être à l’UMP et de rester lucide !
Les forums se sont enflammés — particulièrement les forums d’enseignants, où les islamistes font ces derniers temps un entrisme remarqué. Ledit rapport a immédiatement permis quelques petits pas de plus — les Msulmanes portent le voile comme elles portent un soutien-gorge, « c’est leur choix ». Ben voyons !

Ayrault a laissé porter, pendant quelques heures — comme on dit à la roulette. Puis il a démenti du bout des lèvres toute modification de la loi de 2004.
Cette focalisation sur le voile (dans un rapport qui contient des propositions bien autrement inquiétantes, comme la reconnaissance de l’héritage arabo-musulman de la France ou le délit de harcèlement racial — est-ce que ça marcherait dans les deux sens, à propos ? Est-ce que ce surveillant de collège — à Boulogne-Billancourt — qui avouait récemment sur Twitter qu’il sanctionnait préférentiellement les petits Blancs — les babtous, pour ceux qui ne savent pas — tomberait sous le coup de la loi ?) appartient, si je puis dire, à l’esthétique de la corrida : on agite un chiffon, et aussi sec les taureaux se déchaînent.
Une seule chose est évidente, dans la publicité faite à ce bout de papier destiné à rejoindre dans un tiroir bien d’autres bouts de papier : il s’en donne du mal, le PS, pour faire monter le FN ! Il sait bien qu’il a énervé tant de monde, dans ce pays, à force de politiques idiotes et de décisions imbéciles, que sa seule chance (croit-il) d’échapper à la raclée en 2017 est d’imposer un 2002 à l’envers, en éliminant l’UMP. Stratégie mitterrandienne poussée à sa limite : le Vieux avait réinventé le FN à partir de 2004, en suggérant fortement à la télévision d’Etat d’inviter Jean-Marie Le Pen à une émission de grande écoute (l’Heure de vérité du 16 octobre 1985 — http://www.ina.fr/video/CAB85106298). Il en avait besoin pour gagner en 1988.
Il s’agissait à l’époque d’inventer en France une structure tripartite. Ils ‘agit aujourd’hui d’éliminer la Droite classique (qui le mérite bien, à vrai dire, vu le niveau de ses grands leaders), en espérant que les Français encore un peu démocrates préfèreront voter quand même PS plutôt que de se lancer dans des aventures politiques incertaines.
Calcul quelque peu risqué : la Droite classique, à part peut-être un quarteron de centristes chrétiens, ne votera jamais PS, et une bonne partie de la vraie Gauche ne votera plus jamais PS. Combien d’ouvriers licenciés dans des plans d’urgence — l’urgence étant essentiellement de servir aux actionnaires des dividendes confortables —, combien de demi-cadres appartenant à des classes de plus en plus moyennes, ou d’enseignants même écœurés par des décisions absurdement idéologiques, combien de tous ces gens-là ne voteront plus pour le PS ? Et même, dans certains cas, se lanceront dans des aventures électorales inédites, rien que pour voir — et pour infliger une leçon à tous ces nantis de la politique qui plastronnent sur notre dos depuis des décennies, et agitent leurs petits bras d’impuissants en clamant haut et fort « l’Europe ! L’Europe ! L’Europe ! » ?
Je ne m’alarme donc pas outre mesure du « rapport » qui préconise que l’on ne parle plus désormais d’intégration, mais de différences, de juxtaposition, de puzzle culturel, de politique à la suédoise (ça leur a rapporté quoi, à ces scandinaves dont les banlieues brûlent, de juxtaposer Vikings et gens du Sud ? Il y a bien eu un art arabo-normand — mais en Sicile, et au XIIIème siècle). Non : mais je m’inquiète de cette tentation du parti au pouvoir de jouer au billard indirect, de viser apparemment une bille pour en envoyer une autre dans le trou. Tout ce qui, aujourd’hui, renforce le FN le renforce en effet, au détriment de tous les autres. Quant à l’idée que la France ne laissera pas les bleus Marine prendre le pouvoir, c’est une plaisanterie, ou une billevesée : la conjuration des imbéciles a de beaux jours devant elle.

Jean-Paul Brighelli

 

PS. Le Comité Laïcité République, qui est à la laïcité ce que la Vulgate est à la Bible, s’est fendu d’un communiqué (http://www.laicite-republique.org/integration-promouvoir-le-modele.html) qui dit l’essentiel et le reste. De même Catherine Kintzler (http://www.mezetulle.net/article-que-devient-l-unite-antilaique-du-parti-socialiste-121597634.html), qui pour une fois est sortie du ton modéré qui est ordinairement le sien : le PS ne passera plus par elle non plus…

Article 10

Or donc, en ce début juillet 1989, nous allions fêter le bicentenaire de la Révolution et les 49 ans de Jean-Paul Goude, dont on attendait avec intérêt — amusement — suspicion (rayer les mentions inutiles) le grand événement chorégraphique qu’il devait mettre en scène sur les Champs-Elysées le 13 juillet au soir.
Pendant ce temps, au ministère de l’Education rue de Grenelle, Lionel Jospin, Claude Allègre et une poignée de conspirateurs mettaient la dernière main à la loi 89-486, promulguée le 10 juillet 1989 — la fameuse loi qui met l’élève au centre d’un système dont la circonférence n’est plus nulle part (1).
Je n’ai pas besoin de beaucoup solliciter mon imagination pour entrevoir ces individus — masqués, peut-être — articuler à voix haute, tout en se mettant de grandes claques dans le dos, le fameux article 10 de cette loi qui fit définitivement glisser l’Ecole dans l’apocalypse molle où elle s’enlise désormais.
Cela pourrait donner quelque chose comme ça :

Lionel Jospin, lisant.
Dans les collèges et les lycées…

Une voix s’élève — peut-être celle d’Olivier Schrameck.
On ne dit rien sur les universités ?

Allègre, allègrement :
À quoi bon ? Dans les facs, ils font déjà ce qu’ils veulent, non ?

Jospin
Claude, je reprends… « Dans les collèges et les lycées, les élèves disposent, dans le respect du pluralisme et du principe de neutralité…

Allègre, toujours hilare.
Très bon, ça, le respect du principe de neutralité !
Rires obséquieux.

Jospin.
… disposent de la liberté d’information et de la liberté d’expression.
Il lève la tête, et consulte son cabinet.

Olivier Schrameck
Lionel… Peut-être faudrait-il glisser une clausule, à destination des laïques qui pourraient riposter… Et des tous ces « républicains » qui nous…

Jospin
Oh oui, ça pour nous les… Tu as raison. Que proposes-tu ?

Olivier Schrameck
Eh bien, quelque chose du genre : « L’exercice de ces libertés ne peut porter atteinte aux activités d’enseignement. »

Jospin
Très bon, ça ! Mes élèves peuvent tout dire, de toutes les façons, mais ils n’interdiront pas aux profs de pérorer dans leur coin. Très bien ! Adopté à l’unanimité, comme nous disions à l’OCI quand nous ne demandions l’avis de personne !
Hilarité générale…

On sait comment, dès le mois de septembre suivant, avec la première affaire de voiles, certains élèves comprirent ce droit à la « liberté d’expression » : si l’Islam avait décidé de bâillonner les femmes au lieu de les murer derrière un voile, sans doute la poire d’angoisse insérée dans la bouche des jeunes filles aurait-il été le symbole de leur liberté d’expression.
Il fallut convoquer le Conseil d’Etat, dès novembre 1989, qui limita la liberté d’expression prônée par l’article 10 de la « loi Jospin » de juillet 1989 « lorsqu’elle contrevient aux exigences du service public, et ce, quel que soit le niveau d’enseignement ». Puis reformer une commission pour accoucher dans la douleur de la loi de 2004, qui interdit les signes religieux ostensibles dans les écoles, les collèges et les lycées. Rien sur l’université, rien sur les hôpitaux, où l’on savait déjà que les convictions (jamais mot n’a si bien commencé pour dire ce qu’il veut dire — au fond) de certains entravaient le libre exercice de la médecine.

Rien d’étonnant : on cherche en vain, dans cette loi de 1989, le mot « laïque » ou « laïcité » : jamais cité — passé sous silence. La laïcité bâillonnée par le ministre de l’Education — joli sujet de tableau pour un peintre porté sur les allégories. Ce qui n’est pas explicite, dans une loi, n’est jamais implicite : s’il n’est pas, il n’est plus.
Jean Zay avait cru bon de préciser, après avoir signé une circulaire mémorable sur l’école (2), que la laïcité était au cœur du système : « Ma circulaire du 31 décembre 1936 a attiré l’attention de l’administration et des chefs d’établissements sur la nécessité de maintenir l’enseignement public de tous les degrés à l’abri des propagandes politiques. Il va de soi que les mêmes prescriptions s’appliquent aux propagandes confessionnelles. L’enseignement public est laïque. Aucune forme de prosélytisme ne saurait être admise dans les établissements. Je vous demande d’y veiller avec une fermeté sans défaillance.»

« Fermeté sans défaillance » : mais c’était avant-guerre, sous la plume d’un bon élève (Zay fut deux fois lauréat du concours général, en Composition française puis en Philosophie) — cette abomination de la pédagogie moderne, auquel les collabos allaient montrer ce qu’il en coûtait d’être juif, franc-maçon, radical-socialiste, pacifiste mais anti-hitlérien et laïcard convaincu. Bravo au tribunal de Clermont-Ferrand, qui l’a condamné, et bravo aux gardiens de la prison de Riom, qui l’ont gardé au chaud en attendant que les miliciens l’exécutent. Ce n’est pas exactement l’Auvergne que j’aime.
Et bravo aux collabos modernes qui pactisent avec les communautarismes de tout poil, et pensent que la « liberté d’expression » vaut bien le renoncement, à terme, à toutes les autres libertés. Geneviève Fioraso ne voit pas pourquoi il faudrait légiférer sur le voile à l’université, qui ne pose selon elle aucun problème. L’Observatoire de la laïcité ne voit pas pourquoi il faudrait légiférer pour que des crèches comme Baby-Loup puissent s’occuper d’enfants sans que Belphégor interpose ses voiles noirs entre eux et la lumière. Ce gouvernement réalise, ces derniers temps, l’idéal bouddhiste des trois singes. Il ne voit rien, n’entend rien, et ne dit rien qui vaille : que la dernière intervention de François Hollande vise à proposer à une mauvaise élève arrogante de revenir en France sans ses parents est significatif du manque d’imagination, d’audace et finalement de bon sens de l’exécutif.
Audace, oui — « de l’audace et la patrie est sauvée » : Danton, réveille-toi, ils sont devenus fous !

Jean-Paul Brighelli

(1) Voir le texte complet de la loi sur http://dcalin.fr/textoff/loi_1989_mod.html#I
(2) On lira avec intérêt cette circulaire sur http://www.premiumwanadoo.com/jeunes-laiques/modules.php?name=News&file=article&sid=6