Non, il n’y a pas eu « échange des codes nucléaires »

Macron aurait remis des codes nucléaires au président sortant. Fake news reprise en boucle par de nombreux médias.

 

Je dis « fake news » parce que c’est ainsi, aujourd’hui, que l’on désigne les informations mensongères. C’est vraiment in de le dire comme ça, on a l’impression que c’est un truc nouveau alors que ça a toujours existé. Bon, en l’occurrence, ce n’est pas un mensonge, c’est une bourde mais l’effet est le même : l’information est fausse.

On retrouve ici un procédé que j’ai déjà souvent pointé : la fausse information qui résulte de la mauvais utilisation d’un mot. C’est le verbe « échanger » qui vient de faire les frais de cette négligence malencontreuse. Par définition, il implique la réciprocité (cf. lors d’un mariage, il y a « échange des consentements »).

Or, quand François Hollande a transmis les codes nucléaires à Emmanuel Macron, celui-ci n’avait rien à offrir en échange, et surtout pas un code nucléaire. Il n’y a donc pas eu « échange des codes nucléaires ».

Pourtant voici un titre du Huffington Post :

Je suis d’accord, c’est un mythe…

France Info :

Un « échange sacré ». Sacré échange, en effet…

BFMTV :

Encore BFMTV :

Et même la Libre Belgique

Forcément, quand on donne dans ce genre d’approximations, on est à des années-lumière de s’interroger sur certaines expressions qui en vaudraient la peine. Par exemple, à ma connaissance, aucun journaliste, aucun observateur ne s’est étonné de la phrase de François Hollande dans laquelle il prévoyait une passation de pouvoir « simple, claire et amicale ». Simple et amicale, je vois l’idée sans problème. Mais « claire » ? Je voudrais qu’on nous montre une passation de pouvoir « pas claire » !