La grâce d’Élie Chouraqui

En déjouant tous les pièges que lui tendait cette adaptation du livre de Fabrice Humbert, Élie Chouraqui a pleinement réussi son dernier film, L’origine de la violence.

Bien des choses dans L’origine de la violence pouvait a priori inquiéter : le motif cent fois rebattu du secret de famille et de l’affrontement d’un père et de son fils autour d’une vérité trop longtemps tue ; le thème de la guerre, de l’occupation, de la persécution des Juifs et la tentation, parfois périlleuse, de faire du grand-romanesque à partir du tragique ; l’imbrication de deux histoires, l’une contemporaine, l’autre de l’ordre de la reconstitution historique avec notamment des scènes de camps de concentration (sur lesquelles même les plus grands cinéastes ont pu se casser les dents) ; enfin, la difficile adaptabilité d’un récit littéraire, à fortes connotations psychologiques, en cinéma, c’est-à-dire en images et en situations concrètes. Élie Chouraqui qui fut parfois, au début de sa carrière, plus généreux que précis, plus sentimental que rigoureux, allait-il s’en tirer ? Lire la suite