Elle, de Paul Verhoeven : la reconstruction d’un discours pervers

Sauver la perversion, plutôt que le désir…

Lors d’un voyage un peu trop long, il arrive qu’on craque. Lassé de la cervelle de mouton à la coriandre ou de la fricassée de requin aux épices, on cherche à retrouver une nourriture plus conforme aux goûts qui nous ont vus grandir. Surgit alors, au coin d’une rue et d’un boulevard, un « restaurant français » qui se révélera vite décevant. Bien sûr les tables bistro ou les nappes à carreaux, bien sûr des escargots à la carte (mais beaucoup trop chers) et toute une bonne volonté de faire français, somme toute touchante, mais le compte n’y est pas. Au total, dans cet ersatz de bistro, on se sent encore plus à l’étranger que dans le boui-boui local où l’on avait déjà ses habitudes. Dans ce dernier, on était en voyage. Dans le premier on goûte à l’exil, pour de vrai. Lire la suite