Nous l’avons vu lundi, la Bourgogne-Franche-Comté fait partie des régions qui pourraient fort bien basculer dans l’escarcelle frontiste. C’est aussi une des exceptions au front républicain que le trio Hollande-Valls-Cambadélis a décrété, expliquant que le total de la gauche dépassait le total de la droite, faisant dire à la candidate socialiste Marie-Guite Dufay que son cas n’avait rien à voir avec celui de Jean-Pierre Masseret.

C’est sans doute pour s’en convaincre elle-même, davantage encore que l’UDI qui appelle au retrait de toutes les listes classées troisièmes dans les régions où le FN est en tête, qu’elle a cru bon de faire des jolies additions sur sa page Facebook, déclenchant la colère de Julien Gonzales, tête de liste de l’Alliance écologiste indépendante. Ce dernier lui reproche d’avoir additionné ses voix ainsi que celles de la liste Lutte ouvrière alors que ces deux partis appellent leurs électeurs à voter dimanche prochain en leur âme et conscience. Julien Gonzales, qui sait que les voix obtenues sont autant sinon davantage dues au mot « indépendante » qu’au mot « écologiste », a envoyé une lettre ouverte à Marie-Guite Dufay diffusée tous les médias fustigeant la « malhonnêteté intellectuelle de la candidate de la gauche. Il la menace de poursuites judiciaires si elle ne retire pas sa publication sur Facebook ou si elle devait utiliser le même savant calcul dans le moindre tract. Enfin, il lui indique qu’elle a réussi à le convaincre de ne pas voter pour elle, hésitant aujourd’hui entre le bulletin blanc et le bulletin LR-UDI.

Nul doute que parmi les 20 615 électeurs de la liste écologiste indépendante, ils seront un certain nombre à partager le sentiment de Julien Gonzales. Alors qu’on annonce une élection plutôt serrée, Marie-Guite Dufay pourra méditer sur cette question : comment, en un clic Facebook, peut-on perdre connement plusieurs milliers de voix, et  un siège de président de région ?

3 commentaires

  1. C’est donner à FB plus de « pouvoir » qu’il n’en n’a en matière politique.
    Et puis cet écologiste « indépendant » (terme qui en politique implique des doutes) prête à sourire, porter plainte pour une addition …. franchement, la justice est suffisamment encombrée qu’elle n’a guère besoin de ce genre de plainte autant stupide que ridicule.
    Il n’en demeure pas moins que la maladresse de la candidate en question est bien réelle mais nul besoin de « monter sur ses grands chevaux » pour si peu.
    Les campagnes électorales sont truffées d’additions, d’arrondis ou de pourcentages autant étranges que mystérieux.sans qu’il y ait besoin de communiqués de presse et/ou actions devant les tribunaux.

    Sans doute cet écologiste attendait quelques subsides de la candidate de gauche car dans le sud ce même « parti indépendant » sait mieux se vendre :
    Alliance écologiste indépendante : « 30 millions » promis pour un soutien à Estrosi -> https://marsactu.fr/letrange-parcours-de-la-liste-alliance-ecologiste-independante/

    Jeff

    • Je ne monte pas sur mes grands chevaux. Je me moque un peu. Et j’essaie d’aider. Pour les prochaines campagnes.

  2. Dans sa chronique de mardi, sur RTL (1), Éric Zemmour a montré les paradoxes des résultats des régionales par rapport à l’Histoire.
    Exemples de paradoxes.

    1877 : le président (monarchiste) Mac-Mahon dissout la chambre des députés.
    Les élections opposent généralement 2 listes : les républicains (des radicaux-socialistes aux partisans de Thiers) contre les autres (légitimistes, orléanistes, bonapartistes).
    Élections remportées par les républicains.

    Les républicains sont majoritaires dans l’est : Lorraine française (2), Champagne, Franche-Comté, Bourgogne, Provence, … (3)

    Ils sont minoritaires dans plusieurs départements bretons, en Loire-Inférieure, en Vendée, dans les Charente, en Gascogne (ces 2 dernières régions votant bonapartiste avant de se rallier plus tard au radicalisme).

    Certes, les républicains sont minoritaires dans le Nord et le Pas-de-Calais, mais majoritaires dans l’Aisne et la Somme.
    Mais, très vite (dès les années 1890), les nouveaux partis socialistes (dont les guesdistes) seront puissants dans le Nord et le Pas-de-Calais.

    En 1914, la SFIO (socialistes) (4) a 16% au niveau national.
    Mais, elle a 29% dans le Nord, 23% dans le Pas-de-Calais, 30% dans les Ardennes, 28% dans le Var (et aussi 25% dans la Seine).
    Inversement, la SFIO a 2% en Ille-et-Vilaine, 8% en Loire-Inférieure, 2,5% dans les Landes.

    Dans les années 60, les 3 grandes fédérations de la SFIO étaient les Bouches-du-Rhône (Defferre), le Nord (Mauroy), le Pas-de-Calais (Mollet).
    En 1971 (congrès du PS à Épinay) (5), Mitterrand l’emportait avec le soutien de Defferre et Mauroy alors que Mollet soutenait Savary.

    (1) « La carte de France fait une drôle de tête ».
    (2) L’actuel département de la Moselle et l’Alsace ont été rattachés à l’Allemagne en 1871.
    (3) Majorité républicaine aussi dans la Seine et la Seine-et-Oise.
    (4) En 1914, la SFIO n’a pas de concurrent communiste sur sa gauche : le PCF sera fondé en 1920, issu d’une scission de la SFIO.
    (5) Le PS, fondé en 1969 est issu de la fusion de la SFIO (dirigée par Guy Mollet) et des clubs dirigés respectivement par Jean Poperen et Alain Savary. Savary en devient le premier secrétaire.
    En 1971 (Épinay), la Convention des Institutions Républicaines dirigée par Mitterrand rejoint le PS. Mitterrand en devient le premier secrétaire.

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