Brexit: chronique post-apocalyptique

Pire que les dix plaies d’Egypte? La démocratie!

J’ai lu le scénario catastrophe signé Arnaud Leparmentier dans les colonnes du « Monde » et imaginant les jours d’après le Brexit. Le journaliste l’a joué bien trop petit bras…

Vendredi 24 juin 2016 : Les sujets de Sa Gracieuse Majesté décident de quitter l’Union européenne avec 50,9% des suffrages. Jean Quatremer tweete : « J’espère qu’ils vont en chier maintenant, ces xénophobes de rosbifs ! »

Dimanche 26 juin 2016 : Un collectif de personnalités parmi lesquelles Jacques Attali, Martine Aubry, Alain Minc, Benoist Apparu, Bruno Le Roux et Christine Angot, signent une tribune dans le JDD. Ils demandent solennellement au comité d’organisation de l’Euro 2016 de « bouter l’équipe nationale d’Angleterre de la compétition, au nom des valeurs humanistes, démocratiques et européennes ».

Mardi 27 juin 2016 : Des colonnes de réfugiés français, effrayés par les prochaines conséquences du Brexit, affluent en direction de Douvres. Après enquête, il s’avère que la plupart d’entre eux continuait de croire sur parole les médias français.

Dimanche 3 juillet 2016 : Opposée aux vaillants joueurs français, « portant l’espoir de tous les citoyens européens », l’équipe nationale d’Angleterre est battue sur le score de 9 à 0 en quart de finale de l’Euro. Sans doute, les joueurs britanniques ont-ils été perturbés par le maillot bleu des français, exceptionnellement agrémenté des douze étoiles du drapeau européen, après la demande solennelle et commune de François Hollande et Angela Merkel.

Lundi 25 juillet 2016 : Déjà traumatisé par l’abandon sur chute de son champion cycliste Christopher Froome à deux tours de l’arrivée sur les Champs-Elysées, alors qu’il avait près de douze minutes d’avance au classement général, le Royaume-Uni doit faire face à une épidémie de choléra dans les Midlands. Arnaud Leparmentier conclut l’éditorial du Monde :« On voit mal comment les pays de l’Union européenne pourraient être solidaires d’une nation qui leur a tourné égoïstement le dos il y a un mois », ce que son compère Jean Quatremer résume d’un tweet rageur : « Qu’ils crèvent, ces crétins ! »

Mardi 27 septembre 2016 : A peine remise des 14 000 victimes du choléra, et de la dévastation du quartier de Chelsea par des milliards de sauterelles fin août, le nouveau Premier ministre Boris Johnson annonce la création de tickets de rationnement. Une idée d’autant plus urgente que la livre sterling a perdu 97% de sa valeur en trois mois. La mesure touche même la graisse de rognon indispensable à la confection du pudding.

Dimanche 25 décembre 2016 : L’Ecosse annonce sa sortie du Royaume-Uni. La réaction de Boris Johnson ne se fait pas attendre : Glasgow et Edimbourg sont bombardées le jour de Noël.

Dimanche 1er janvier 2017 : Tel Charles Ier, la tête de Boris Johnson est tranchée en ce premier jour de l’an devant le Palais de Whitehall. George Osborne, qui lui succède à Downing Street,  demande officiellement la réintégration du Royaume dans l’Union européenne ainsi que l’adhésion à l’euro. En signe de bonne volonté, le nouveau chef de gouvernement britannique impose l’interdiction du Times et la conduite à droite. On déplore quelques décès d’usagers des bus à Londres, mais ces mesures sont malgré tout accueillies avec enthousiasme par le peuple britannique, enfin vacciné contre le souverainisme. Ce que l’indispensable Quatremer résume en un tweet : « Aujourd’hui, il n’y a plus de Manche ! »