Irrévocable, qu’ils disent !

Pendant que nos députés, après avoir prélevé douze milliards pour lutter contre le déficit, en  jettent quinze autres dans un puits sans fond en prétextant que c’est pour sauver la Grèce alors que c’est pour sauver l’euro, les Néerlandais, les Slovaques, les Finlandais, et certains éminents Allemands[1. Je comprends qu’il y ait de la résistance aux mesures d’austérité au sein du peuple grec, mais au final, c’est à la Grèce de savoir si elle peut remplir les conditions qui sont nécessaires pour faire partie des membres de la devise commune, Wolfgang Schäuble, ministre allemand des Finances.] se posent des questions sur le bien-fondé du maintien de la Grèce dans l’union monétaire. Les Grecs eux-mêmes doivent commencer à penser au retour à la monnaie nationale, lorsqu’on leur propose pour toutes perspectives, une contraction de leur PIB de 7 % et la mise sous tutelle de leur gouvernement.

Alors que les déclarations -notamment néerlandaises- semaient le trouble, ce n’est pas Angela Merkel ni Nicolas Sarkozy, dont les discussions avaient, paraît-il, évacué le spectre de l’éclatement, qui ont réagi mais la Commission européenne. Amadeu Altalfaj, porte-parole du commissaire aux affaires économiques a précisé lors d’un point presse aujourd’hui : « Aucune sortie, ni expulsion de la zone euro n’est possible d’après le traité de Lisbonne. La participation à la zone euro est irrévocable. Il n’y a aucune discussion à ce sujet ». En fait, il ne peut y avoir débat : c’est interdit par le Traité ! Pourtant, dans le but de sauver l’euro, la BCE a déjà violé les traités en rachetant de la dette grecque ou italienne. On n’a guère entendu à ce sujet la Commission, gardienne des Traités. Mais, cela n’a rien à voir, n’est ce pas ! C’était une question de vie ou de mort pour le Saint-Euro !

On se demande bien ce que la Commission envisage en cas de décision grecque de rétablir le cours de la Drachme. Saisira t-elle la cour pénale internationale ? L’OTAN ? Ou, plus modestement, José Manuel Barroso déclarera t-il qu’il boycotte la fêta, les matches de l’Olympiakos à la télé et ses prochaines vacances à Corfou ? Sur quelle planète vivent donc ces messieurs de la Commission ? Mesurent-ils à quel point ils se ridiculisent et, avec eux, les chefs d’Etat et de gouvernement qui tentent maladroitement de repousser l’échéance ? Ces derniers, finalement, gagneraient peut-être, afin de mettre toutes les chances de leur côté, à réduire la Commission au silence, se comportant ainsi comme de vulgaires souverainistes. Vous avez dit « paradoxe » ?