L’agenda secret de Nicolas Sarkozy

28 janvier – Investiture par la CDU-CSU

29 janvier – Je passe à la télé sur toutes les chaînes sauf Equidia et Gulli.

30 janvier – Hier soir, il y avait un grand chauve qui s’appelait l’Anglais alors que mon modèle est allemand[1. Droits réservés : Coralie D.]. Virer mon conseiller média.

Sommet européen. Je continue de sauver le Deutsch Mark l’euro avec Angela.

6 février – Proposer à Lejaby d’arrêter la lingerie et de réorienter sa production vers la fabrication de culottes de peau.

9 février – Annonce de nouvelles mesures pour stimuler la croissance : organisation d’une fête de la Bière à Paris chaque mois d’octobre.

11 février – J’annonce ma mesure choc. Naturisme obligatoire sur les plages françaises à compter de cet été. Annonce sera faite au Cap d’Agde. Trois motivations:

– Limitation des importations de textile de Chine,

– Attirer nos amis allemands qui vont se dénuder sur l’Adriatique, Angela comprise,

– Faire un clin d’oeil à l’électorat écologiste en prévision du second tour.

16 février – Dans le cadre de la nécessaire harmonisation avec nos amis allemands, les Françaises pourraient à nouveau ne plus se raser les aisselles. Relancer la mode grâce aux amies du mannequinat. Voir avec Carla.

21 février – J’ai toujours trouvé que les sorties des gardiens de but français manquaient de conviction et de virilité. En parler avec Laurent Blanc et la DTN.

26 février – Annonce de ma candidature depuis Berlin, par la chancelière elle-même.

27 février – Réunion avec le comité de campagne. Choix définitif de l’hymne de campagne. Buisson propose « La chevauchée des Walkyries ». Carla note que son ami Woody suggérerait que ça donne des idées d’envahir la Pologne, ce qui n’est pas forcément le but. Je pense que j’opterai pour « Sag Warum » de Camillo.

29 février – Allemagne-France au Weserstadion à Brême. Après le match, hommage au vainqueur allemand et visite du vestiaire français avec remontée de bretelles et invitation à s’inspirer de l’adversaire en terme de rigueur, de simplicité, de volonté. Ne pas oublier de réconforter les blessés, aussi.

mars – Premier meeting de campagne. Henri doit me proposer plein de citations de Goethe, Nieztche et Sloterdijk. Il n’a droit qu’à une seule de Marx.

6 mars – Enregistrement de Trente millions d’amis avec Karlito, le berger allemand offert par Martin Schulz.

9 mars – Réunion des snipers (trouver la traduction allemande) de campagne. Accuser tout le monde d’être germanophobe et  fauteur de guerre. Charger les rosbifs aussi.

16  mars – Dépôt officiel de la candidature à la cour constitutionnelle de Karlsruhe  au conseil constitutionnel. Dire à Guéant que les parrainages des bourgmestres de Munich, Hambourg et Leipzig ne comptent pas.

25 mars – Discours en allemand devant le Bundestag. Angela ne sait pas que j’apprends sa charmante langue depuis six mois en secret grâce à une prof d’Acadomia. Je veux lui faire la surprise.

31 mars – Emu par mes gestes en faveur d’une meilleure conformité au modèle allemand, Jean-Michel Aphatie arrête le journalisme et annonce son soutien officiel à ma candidature.

4 avril – Visite au quartier allemand de la Capitale. Disneyland-Paris. S’habiller en conséquence. Bermuda beige et sandales.

9 avril – Annonce d’un moratoire sur la diffusion de la filmographie de Gérard Oury sur les chaînes de télé françaises.

15 avril – Angela tient meeting avec moi à Bercy. De nombreux pipoles : Franz Beckenbauer, Boris Becker, Dieter Bohlen et Thomas Anders[2. Du groupe Modern Talking.], Dietrich Thurau et Karl Lagerfeld.

22 avril 23h00 – Nachts geh ich dahin, ich bin allein, und frag : Warum ?