Peillon monte sur son petit poney !

Vincent Peillon aurait largement mérité de faire partie de ma dernière livraison. Ridicule, il le fut effectivement autant que les quatre autres. Si Martine Aubry avait émis l’idée que François Hollande était le candidat du « système », il n’y avait assurément pas de quoi monter sur ses grands chevaux, ni d’ailleurs sur un petit poney. Alors que le maire de Lille avait donné raison à Hollande en montrant son sectarisme, lui reprochant d’utiliser des mots de droite, voilà que Peillon, guère sage pour un professeur de philosophie, l’accusait de reprendre le lexique de l’extrême-droite. Franchissant allègrement le mur du çon, cher au Canard Enchaîné, le soutien de François Hollande déclarait en effet : « Qu’est-ce que ça veut dire ‘le système’ ? Est-ce que les mots n’ont pas de sens ? Quand on emploie le mot ‘race’ ça n’a pas de sens ? Quand on dit ‘youpin’ ça n’a pas de sens ? Quand on dit ‘système’, qui parle comme ca ? Tout les mots ont un sens ». Du mot « système », on passe à l’évocation de l’antisémitisme en une cuiller à pot. Protégez-moi de mes amis, a dû penser Hollande…

La saillie peillonnesque s’avère doublement conne. Car ce n’est pas pas l’indignation que la sortie anti-système aurait dû susciter dans les rangs hollandistes -comme d’ailleurs dans la France entière- mais la bonne humeur, la franche rigolade, le rire aux larmes, même. Martine Aubry qui accuse son adversaire d’être le candidat du système, et se plaçant donc en candidate anti-système, c’est quand même mieux que toutes les chroniques de Canteloup ou Gerra réunis. L’amie d’Alain Minc, soutenue par Bernard-Henri Lévy et Dominique Strauss-Kahn, candidate anti-système, cela constitue une hypothèse aussi crédible que votre serviteur sélectionneur national de natation synchronisée.

Au lieu de surenchérir comme un imbécile à cette galéjade, Peillon aurait mieux fait d’en rire publiquement. Et de susciter le rire des autres. Communicatif, ce dernier aurait pu se déclencher ainsi dans la France entière et être entendu du Pôle Nord au Cap de Bonne-espérance  et du Machu Picchu aux steppes sibériennes. Transformer une bonne occasion de rigoler en psychodrame, n’est-ce-pas la preuve du plus grand crétinisme ?