{"id":2539,"date":"2012-08-22T08:30:20","date_gmt":"2012-08-22T07:30:20","guid":{"rendered":"http:\/\/blog.causeur.fr\/antidote\/?p=2539"},"modified":"2021-04-26T16:10:42","modified_gmt":"2021-04-26T14:10:42","slug":"2017-au-secours-sarko-revient","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.causeur.fr\/antidote\/2017-au-secours-sarko-revient-2539","title":{"rendered":"2017 : au secours, Sarko revient !"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/blog.causeur.fr\/antidote\/files\/2012\/08\/giscardrevient.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-2540\" src=\"http:\/\/blog.causeur.fr\/antidote\/files\/2012\/08\/giscardrevient.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"73\" \/><\/a>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, alors qu\u2019on m\u2019avait confi\u00e9 des responsabilit\u00e9s dans un syndicat \u00e9tudiant class\u00e9 \u00e0 droite, j\u2019avais entrepris de faire le m\u00e9nage dans notre permanence de la fac de m\u00e9decine de Besan\u00e7on. J\u2019y avais alors retrouv\u00e9 quelques kilos inutilis\u00e9s d\u2019exemplaires d\u2019autocollants avec ce slogan qui m\u2019avait bien fait rire :\u00a0<em>\u00ab C\u2019\u00e9tait pas si mal avec Giscard \u00bb<\/em>. L\u2019autre jour, quand le\u00a0<em>JDD<\/em>\u00a0a publi\u00e9 un sondage sur une candidature de Nicolas Sarkozy en 2017, j\u2019ai repens\u00e9 \u00e0 cette volont\u00e9 de l\u2019Ex de revenir, persuad\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait le meilleur, que sa d\u00e9faite \u00e9tait injuste, qu\u2019elle \u00e9tait de la faute de Chirac, de Pasqua, du\u00a0<em>Canard Encha\u00een\u00e9<\/em>, des chocs p\u00e9troliers, de ces cons de Fran\u00e7ais ingrats, de la faute de tout le monde, bref de tout le monde sauf de lui-m\u00eame.<!--more--><\/p>\n<p>L\u2019analogie avec Giscard est tentante pour deux raisons. D\u2019abord, parce que jusqu\u2019en mai dernier, VGE \u00e9tait le seul pr\u00e9sident sortant battu de la Ve R\u00e9publique et donc le seul \u00e9l\u00e9ment de comparaison empirique \u00e0 disposition. Ensuite, Nicolas Sarkozy pr\u00e9sente beaucoup de similitudes avec lui. D\u00e8s mai 2007, on \u00e9tait frapp\u00e9 par la ressemblance entre leurs prises de fonction, la volont\u00e9 de d\u00e9sacraliser la fonction de l\u2019\u00e9lu de 2007 n\u2019\u00e9tant qu\u2019un simulacre de la d\u00e9crispation de 1974. Au cours de leur mandats qui ont aussi en commun d\u2019avoir subi des crises mondiales (chocs p\u00e9troliers pour le premier, crise financi\u00e8re pour le second), ils avaient tous les deux pris conscience qu\u2019il fallait re-pr\u00e9sidentialiser leur image, en lecteurs addictifs de sondages, encore un point commun entre les deux. Et il est assez piquant de remarquer qu\u2019ils ont finalement obtenu le m\u00eame score \u00e0 un dixi\u00e8me pr\u00e8s au second tour de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle.<\/p>\n<p>Cependant, il faut observer une diff\u00e9rence notable. En janvier 1981, Giscard \u00e9tait favori de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle avant d\u2019\u00eatre battu en mai. Sarkozy, lui, n\u2019a pas eu un seul sondage le donnant vainqueur dans l\u2019ann\u00e9e qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 l\u2019\u00e9ch\u00e9ance. La plupart du temps, il \u00e9tait donn\u00e9 perdant avec 44 \u00e0 46 % des suffrages et ce, jusqu\u2019au soir du premier tour soit \u00e0 deux semaines de l\u2019\u00e9ch\u00e9ance. Finir avec le m\u00eame score que Giscard en 1974 constitue donc, pour beaucoup d\u2019observateurs, une d\u00e9faite fort honorable voire pour ses partisans les plus d\u00e9cha\u00een\u00e9s, comme son monsieur sondages Guillaume Peltier, une quasi-victoire. Sans aller jusqu\u2019\u00e0 cette extr\u00e9mit\u00e9, reconnaissons avoir \u00e9t\u00e9 surpris par ce score sup\u00e9rieur \u00e0 48 % alors que nous l\u2019imaginions plus volontiers autour des 47%. La grande dignit\u00e9 de sa sortie, observ\u00e9e aussi par l\u2019ensemble des observateurs y compris parmi ses d\u00e9tracteurs habituels, a sans doute \u00e9t\u00e9 facilit\u00e9e par son score honorable alors que son a\u00een\u00e9, n\u2019avait pas eu la m\u00eame classe, persuad\u00e9 jusqu\u2019au bout qu\u2019il serait le vainqueur. Comme quoi, la dignit\u00e9 est souvent plus la cons\u00e9quence des circonstances que du caract\u00e8re intrins\u00e8que des hommes.<\/p>\n<p>Pendant la campagne pr\u00e9sidentielle, Nicolas Sarkozy avait expliqu\u00e9 qu\u2019il ne serait plus candidat \u00e0 cette \u00e9lection. Et le soir de sa d\u00e9faite, il avait indiqu\u00e9 \u00e0 ses militants qu\u2019il interviendrait dor\u00e9navant de mani\u00e8re diff\u00e9rente dans la vie politique. Il faut observer l\u2019\u00e9volution. Il ne renon\u00e7ait plus \u00e0 redevenir pr\u00e9sident de la R\u00e9publique mais seulement \u00e0 diriger l\u2019UMP. En gros, il a fait comprendre, et tous ses faits et gestes depuis peuvent se lire ainsi, qu\u2019il y avait d\u00e9sormais un homme d\u2019exp\u00e9rience en r\u00e9serve de la R\u00e9publique et que si les \u00e9v\u00e9nements le r\u00e9clamaient, on pourrait faire appel \u00e0 lui. Giscard avait proc\u00e9d\u00e9 autrement. D\u00e8s 1982, il s\u2019\u00e9tait fait \u00e9lire conseiller g\u00e9n\u00e9ral du Puy de D\u00f4me, repartant \u00e0 la base. Il \u00e9tait ensuite redevenu d\u00e9put\u00e9 en 1986 et avait m\u00eame repris la t\u00eate de l\u2019UDF en 1988. Tous ses efforts n\u2019avaient pourtant pas \u00e9t\u00e9 couronn\u00e9s de succ\u00e8s puisqu\u2019en 1988, ce sont ces deux anciens premiers ministres Chirac et Barre qui s\u2019affrontaient au premier tour de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle (sorte de primaire de l\u2019\u00e9poque\u2026) et en 1995, c\u2019est m\u00eame Edouard Balladur qui le supplantait comme candidat de l\u2019UDF. Par la suite, il a finalement renonc\u00e9, l\u2019\u00e2ge aidant, \u00e0 \u00eatre \u00e0 nouveau candidat.<\/p>\n<p>Nicolas Sarkozy a, semble t-il, choisi de ne pas passer par la case \u00ab \u00e9lections locales \u00bb. Sauf dissolution, il n\u2019aura pas non plus, d\u2019ici 2017, l\u2019occasion de revenir \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e Nationale. Il est sans doute tent\u00e9 de participer \u00e0 des colloques, de tenir des conf\u00e9rences, afin de peaufiner son image de sage, notamment sur les dossiers internationaux, et appara\u00eetre ainsi \u2013 en creux \u2013 comme un recours possible. C\u2019est pourquoi il se tient bien \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la bataille Fillon-Cop\u00e9 pour la pr\u00e9sidence l\u2019UMP, dont il esp\u00e8re sans doute qu\u2019elle sera d\u2019autant plus sanglante qu\u2019il n\u2019y aura pas particip\u00e9. Le nouveau pr\u00e9sident de l\u2019UMP \u00e9lu en novembre aura \u00e0 g\u00e9rer les \u00e9lections locales de 2014 et c\u2019est \u00e0 cette aune qu\u2019il sera jug\u00e9 pour la premi\u00e8re fois. Jusque-l\u00e0, Nicolas Sarkozy ne peut pr\u00e9tendre \u00e0 autre chose que son r\u00f4le actuel et il en est le premier conscient. Fran\u00e7ois Fillon, Jean-Fran\u00e7ois Cop\u00e9 mais aussi tous les autres quadrag\u00e9naires (Le Maire, NKM, P\u00e9cresse, Wauquiez, Bertrand\u2026) qui tr\u00e9pignent en croyant leur heure venue ont beau flatter Nicolas Sarkozy pendant la campagne interne \u00e0 l\u2019UMP, ils ne voient pas son retour avec un oeil sympathique. Seul le premier cercle \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur duquel on ne compte aucun pr\u00e9sidentiable (Gu\u00e9ant, Morano, Lefebvre, Hortefeux, Estrosi, Peltier\u2026) y pense tr\u00e8s fort et \u00e9voque \u00e0 mots couverts une candidature Sarkozy en 2017. M\u00eame si sa situation est objectivement meilleure que celle de Giscard il y a trente ans, qu\u2019il appara\u00eet moins comme un loser, un Ex, il ne doit quand m\u00eame pas s\u2019attendre \u00e0 ce que tous ceux qui briguent 2017 lui ouvrent un chemin pav\u00e9 de roses. Le pr\u00e9sident de l\u2019UMP \u00e9lu en novembre n\u2019aura d\u2019autre objectif que d\u2019\u00eatre en bonne position pour \u00eatre le candidat en 2017. Si ce dernier remporte les \u00e9lections locales en 2014, la primaire de 2016 pourrait devenir une formalit\u00e9 \u00e0 tel point que Nicolas Sarkozy ne songerait m\u00eame pas \u00e0 s\u2019y pr\u00e9senter.<\/p>\n<p>La fen\u00eatre de tir de Sarkozy r\u00e9side donc dans une crise de la droite \u00e0 la faveur des \u00e9lections locales de 2014. Si elles donnaient lieu, avec un FN au meilleur de sa forme, \u00e0 des alliances locales, le nouveau pr\u00e9sident de l\u2019UMP, que ce soit Fillon ou Cop\u00e9, aurait \u00e0 trancher. Tol\u00e9rer ou exclure ? Dans les deux cas, l\u2019UMP pourrait exploser. La droite pourrait alors \u00e0 nouveau voir en Sarkozy un sauveur, comme f\u00e9d\u00e9rateur des droites qu\u2019il fut. Cette hypoth\u00e8se, la seule favorable \u00e0 sa candidature en 2017, est loin d\u2019\u00eatre improbable. Les \u00e9lections locales mobilisent les \u00e9lecteurs \u00e0 hauteur de 60 %. Or, on a observ\u00e9 depuis dix ans que de tels taux n\u2019\u00e9taient pas favorables \u00e0 la droite au pouvoir. N\u2019\u00e9taient-ils pas favorables \u00e0 la droite ou \u00e0 la majorit\u00e9 gouvernementale ? Si on \u00e9coute Zemmour, par exemple, c\u2019\u00e9tait davantage la droite que la majorit\u00e9. Le chroniqueur de RTL a pour lui un argument de poids : une pr\u00e9sidentielle \u00e0 plus de 80% de participation a donn\u00e9 des r\u00e9sultats bien plus \u00e9quilibr\u00e9s. Dans cette hypoth\u00e8se-l\u00e0, la droite ne peut pas gagner les \u00e9lections locales sans proc\u00e9der \u00e0 des alliances, ce qui provoquerait une sacr\u00e9e crise de l\u2019UMP et pourrait offrir une fen\u00eatre de tir \u00e0 l\u2019ancien pr\u00e9sident.<\/p>\n<p>Dans le cas contraire, Nicolas Sarkozy devra trouver d\u2019autres occupations comme, par exemple, r\u00e9diger des mauvais romans de gare ou des constitutions europ\u00e9ennes de la m\u00eame qualit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Et si Cop\u00e9 comme Fillon perdaient leur duel ?<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":{"0":"post-2539","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","6":"category-oxygene"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/antidote\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2539","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/antidote\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/antidote\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/antidote\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/antidote\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2539"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/antidote\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2539\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/antidote\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2539"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/antidote\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2539"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/antidote\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2539"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}