{"id":2574,"date":"2012-09-18T07:30:28","date_gmt":"2012-09-18T07:30:28","guid":{"rendered":"http:\/\/blog.causeur.fr\/antidote\/?p=2574"},"modified":"2021-04-26T16:10:42","modified_gmt":"2021-04-26T14:10:42","slug":"rythmes-scolaires-le-jour-ou-vincent-peillon-a-demissionne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.causeur.fr\/antidote\/rythmes-scolaires-le-jour-ou-vincent-peillon-a-demissionne-2574","title":{"rendered":"Rythmes scolaires : le jour o\u00f9 Vincent Peillon a d\u00e9missionn\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/blog.causeur.fr\/antidote\/files\/2012\/09\/peillon.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2576\" src=\"http:\/\/blog.causeur.fr\/antidote\/files\/2012\/09\/peillon-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/antidote\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2012\/09\/peillon-225x300.jpg 225w, https:\/\/blog.causeur.fr\/antidote\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2012\/09\/peillon.jpg 375w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/><\/a>Vincent Peillon descendit les marches de Matignon avec soulagement. Jean-Marc Ayrault avait accept\u00e9 sa d\u00e9mission. Son court passage rue de Grenelle achev\u00e9, il allait s\u2019envoler pour une contr\u00e9e lointaine o\u00f9 on ne connaissait pas son visage. Ses d\u00e9buts au minist\u00e8re de l\u2019Education Nationale n\u2019avaient pourtant pas si mal commenc\u00e9. M\u00eame si tous les profs n\u2019\u00e9taient pas enchant\u00e9s par la fin de la d\u00e9fiscalisation de leurs heures suppl\u00e9mentaires, qui profitait avant tout \u00e0 leur cat\u00e9gorie, ils n\u2019en tenaient pas rigueur \u00e0 leur ministre, tout heureux de ne plus \u00eatre la cible facile et habituelle des gouvernements de droite. D\u2019ailleurs, cette fois-ci, ce ne furent pas les enseignants ni leurs syndicats qui obtinrent le scalp du ministre de l\u2019Education nationale.<!--more--><\/p>\n<p>Deux semaines plus t\u00f4t, Vincent Peillon \u00e9tait invit\u00e9 au journal de 20h de France 2. Ses consultations sur le dossier des rythmes scolaires \u00e9taient achev\u00e9es et la d\u00e9cision avait \u00e9t\u00e9 finalement prise, en concertation avec l\u2019Elys\u00e9e et Matignon, de ne pas bouleverser le calendrier des vacances d\u2019\u00e9t\u00e9 ni celui de la journ\u00e9e scolaire. Seule, la semaine de quatre jours et demi \u00e9tait pr\u00e9conis\u00e9e \u00e0 la place de celle de quatre jours. Pujadas lui fit remarquer ironiquement :\u00a0<em>\u00ab la montagne, monsieur le ministre, a t-elle accouch\u00e9 d\u2019une souris ? \u00bb<\/em>\u00a0Peillon, s\u2019emporta quelque peu :\u00a0<em>\u00ab Monsieur Pujadas, nous avons pes\u00e9 les avantages et les inconv\u00e9nients. Imposer une journ\u00e9e scolaire plus courte aurait pos\u00e9 des probl\u00e8mes de garde \u00e0 beaucoup de familles dans la seconde partie de l\u2019apr\u00e8s-midi, sachant que des activit\u00e9s p\u00e9ri-scolaires ne pouvaient pas \u00eatre assur\u00e9es dans toutes les communes, surtout les petites, notamment dans les zones p\u00e9riurbaines et rurales o\u00f9 se concentre une grande partie de la pauvret\u00e9 en France. D\u2019autre part, r\u00e9duire les vacances d\u2019\u00e9t\u00e9 posait des probl\u00e8mes aux parents qui avaient des difficult\u00e9s \u00e0 prendre des vacances ensemble avec leurs enfants. Il ne nous a pas paru urgent de poser des difficult\u00e9s \u00e0 l\u2019industrie fran\u00e7aise la plus dynamique, celle du tourisme. Mais favoriser la semaine de quatre jours fut une erreur du pr\u00e9c\u00e9dent quinquennat, nous conseillons donc aux conseils des \u00e9coles de revenir \u00e0 une semaine de quatre jours et demi. \u00bb<\/em>\u00a0Pujadas revint \u00e0 la charge :\u00a0<em>\u00ab Mais alors, toutes les pr\u00e9conisations des chronobiologistes, des sp\u00e9cialistes du rythme des enfants, vous ne les entendez plus ? \u00bb<\/em>\u00a0C\u2019est alors que Vincent Peillon pronon\u00e7a la phrase qui d\u00e9clencha la temp\u00eate qui allait avoir raison de son s\u00e9jour rue de Grenelle :\u00a0<em>\u00ab Le rythme des enfants, il y a d\u2019autres mani\u00e8res de le rendre plus harmonieux, monsieur Pujadas. Notamment avec l\u2019aide des parents. Trop d\u2019enfants, et m\u00eame d\u2019adolescents, ne dorment pas assez alors qu\u2019ils doivent se rendre \u00e0 l\u2019\u00e9cole le lendemain matin. C\u2019est le devoir des parents de s\u2019assurer d\u2019un sommeil suffisant. Croyez-moi, monsieur Pujadas, si tous les parents envoyaient leurs enfants au lit, loin des \u00e9crans, apr\u00e8s votre journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9, ce sujet des rythmes scolaires ne reviendrait pas comme un marronnier \u00e0 chaque nomination d\u2019un ministre de l\u2019Education \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>D\u00e8s le lendemain, la chasse au Peillon avait \u00e9t\u00e9 ouverte. Jean-Jacques Hazan, pr\u00e9sident de la FCPE, s\u2019\u00e9trangla de rage au micro de Jean-Michel Aphatie, d\u00e9non\u00e7ant\u00a0<em>\u00ab une honteuse prise \u00e0 partie des parents d\u2019\u00e9l\u00e8ves, partie int\u00e9grante de la Communaut\u00e9 \u00e9ducative \u00bb<\/em>. No\u00ebl Mam\u00e8re prit le relais :\u00a0<em>\u00ab Tout cela me rappelle les heures les plus sombres du sarkozysme lorsqu\u2019on organisait la chasse aux pauvres \u00bb<\/em>. Personne n\u2019osa malheureusement demander au d\u00e9put\u00e9 vert au nom de quoi les parents pauvres (sic) \u00e9taient davantage cibl\u00e9s que les parents ais\u00e9s. Mam\u00e8re fait peur, c\u2019est bien connu. Du c\u00f4t\u00e9 droit, ce n\u2019\u00e9tait gu\u00e8re mieux. Cop\u00e9 et Fillon, en pleine campagne pour la pr\u00e9sidence de l\u2019UMP rivalis\u00e8rent de mauvaise foi en taclant l\u2019immobilisme du gouvernement, eux qui avaient eu dix ans pour s\u2019atteler au sujet, et d\u00e9nonc\u00e8rent la tentation socialiste de toujours vouloir tout r\u00e9genter, y compris l\u2019heure de coucher des enfants. Ils furent rejoints par la PEEP, association de parents d\u2019\u00e9l\u00e8ves ancr\u00e9e \u00e0 droite, qui \u00e9voqua une attaque sans pr\u00e9c\u00e9dent contre les parents, qui doivent \u00eatre des partenaires et non des adversaires. Peu \u00e0 peu, le rouleau compresseur m\u00e9diatique avan\u00e7ait devant le pauvre Vincent Peillon, lequel semblait pieds et poings li\u00e9s. De Pascale Clark \u00e0 Christophe Barbier, du\u00a0<em>Figaro<\/em>\u00a0\u00e0\u00a0<em>L\u2019Huma<\/em>\u00a0en passant par le Grand Journal de Canal +, le ministre de l\u2019Education nationale \u00e9tait devenu la t\u00eate de turc pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e des m\u00e9dias. A l\u2019Assembl\u00e9e nationale, de nombreux d\u00e9put\u00e9s socialistes \u00e9panchaient leur malaise dans la salle des quatre colonnes.\u00a0<em>Le Canard encha\u00een\u00e9<\/em>\u00a0citait plusieurs ministres qui balan\u00e7aient amicalement sur leur coll\u00e8gue. Tant et si bien qu\u2019au bout de quelques jours, on avait l\u2019impression que tout le monde d\u00e9sapprouvait les propos de Peillon. Un sondage, pourtant, r\u00e9alis\u00e9 vingt-quatre heures apr\u00e8s l\u2019intervention du ministre, d\u00e9montrait que 78 % des personnes interrog\u00e9es \u00e9taient d\u2019accord avec lui. Seulement relay\u00e9 par\u00a0<em>La Croix<\/em>, il ne fit pas le poids face au choeur des associations \u00ab repr\u00e9sentatives \u00bb, des syndicats enseignants qui les soutenaient par tactique \u2013 \u00e0 la notable exception du SNALC \u2013 et du tout-Paris m\u00e9diatique.<\/p>\n<p>Peillon \u00e9tait rinc\u00e9 mais pas mort. Ceux qui allaient avoir sa peau ne furent paradoxalement pas ceux qui l\u2019avaient attaqu\u00e9 en premier. Mais ses soutiens. Au bout de quelques jours, en effet, apr\u00e8s avoir enregistr\u00e9 le soutien d\u2019Andr\u00e9 G\u00e9rin, de Fran\u00e7ois Bayrou et de son coll\u00e8gue Manuel Valls, d\u2019autres renforts plus encombrants vinrent lui compliquer la t\u00e2che. Henri Guaino, et Lionnel Luca, c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 beaucoup. Christine Boutin et Nicolas Dupont-Aignan, c\u2019\u00e9tait bien trop. Le communiqu\u00e9 de Marine Le Pen fut, quant \u00e0 lui, envoy\u00e9 deux heures avant qu\u2019il ne descende les marches de Matignon, sa d\u00e9mission accept\u00e9e. Les deux heures les plus longues de sa vie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ceci est une fiction. 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