Violée par un ours !

RATP, SNCF, Mairie de Paris… Les internautes dézinguent la propagande officielle. Saine réaction, en l’absence de loi sur les fake news de l’État.

Mesdames, attention ! Ne prenez pas le métro dans une caverne.

Mesdames, attention ! Ne prenez pas le métro dans une caverne.

Facebook La femme qui a vu l’ours…

En 1986, mes complices de Jalons et moi-même avions publié un odieux pastiche intitulé Franche Démence, où l’on annonçait en couverture : « Sophie Marceau violée par un ours ». Trente-deux ans plus tard, fini de rire ! C’est le plus sérieusement du monde que les publicitaires embauchés par la RATP, la SNCF et la région Ile-de-France pour une campagne anti-harcèlement font jouer le rôle du prédateur sexuel à un plantigrade innocent. Conséquence logique : sur les réseaux, les amis des bêtes sont furieux ; les contempteurs de la bêtise humaine, eux, sont aux anges.

 

Facebook Halte à l’hidalgophobie !

VA 67 Gros

Pour une grand cause, c’est un peu mince…

Si de nos jours l’objet prioritaire d’une campagne de communication institutionnelle est de faire du bruit sur les réseaux sociaux, alors les services d’Anne Hidalgo méritent un bon 18/20. En revanche, si une campagne d’intérêt public doit être jugée à l’aune de son efficacité, alors là les zozos chargés de la com’ à l’hôtel de Ville risquent le zéro pointé. Certes l’affiche ci-contre a été amplement partagée par les internautes, tout comme son pendant féminin « Grosse… et alors ? » ; sauf que dans 99,99 % des cas, c’était pour s’en moquer.
Certains pensent que si l’on voulait vraiment lutter contre la « grossophobie », il aurait été plus légitime de représenter un bonhomme moche et obèse plutôt qu’un beau hipster à peine enveloppé. « Jamais entendu dire que Chabal ou Sébastien Tellier aient souffert de discriminations », tweete un persifleur. D’autres se demandent si Mme Hidalgo, fidèle à son éthique, imposera dans sa prochaine équipe « une stricte parité gros/maigres ». D’autres encore rigolent d’avoir vu ce machin relayé très laudativement sur les chaînes d’info par « des journalistes pesant en moyenne 40 kg tout mouillés. »
Histoire de désespérer encore un peu plus la mairie, très souvent les moqueurs et moqueuses affichent une surcharge pondérale de bon aloi, à l’instar du réaco-punk Philippe d’Anière, dont la publication Facebook résume à merveille le ridicule de l’affaire : « Ca y est, je suis enfin reconnu comme une minorité exploitée, discriminée et harcelée, je vais pouvoir monter une association et demander des subventions a la mairie de Paris ! Et le premier qui se moque, je porte plainte. » Grâce aux francs-tireurs des réseaux sociaux, la propagande n’est plus ce qu’elle était : aujourd’hui plus c’est gros, moins ça passe…

Twitter « Réseau Express » : cherchez l’erreur

Le réseau n’a plus la cote sur les réseaux.

Le réseau n’a plus la cote sur les réseaux.

Sur Facebook et Twitter, les transports en commun en région parisienne sont une source inépuisable de publications rageuses. Les motifs de mécontentement, on les devine sans peine : insécurité, incivilités, grèves – et bien sûr ces retards à répétition qui font que le monde entier ne nous envie pas le RER.
Quand cette exaspération des usagers se mélange aux satisfecits que se décernent sans cesse les transports publics, la réaction chimique peut se révéler explosive, comme dans le tweet ci-contre du banlieusard en colère Paco. Bien vu, l’ami ! Ces gens-là méritent qu’on leur botte le train.

[Article publié dans Valeurs actuelles]

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