{"id":1714,"date":"2012-11-05T15:30:31","date_gmt":"2012-11-05T15:30:31","guid":{"rendered":"http:\/\/blog.causeur.fr\/asiledeblog\/?p=1714"},"modified":"2021-04-26T12:57:21","modified_gmt":"2021-04-26T10:57:21","slug":"lanti-star-dhollywood","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.causeur.fr\/asiledeblog\/lanti-star-dhollywood-1714","title":{"rendered":"L\u2019anti-star d&rsquo;Hollywood"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/blog.causeur.fr\/asiledeblog\/files\/2012\/11\/65.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-1715\" src=\"http:\/\/blog.causeur.fr\/asiledeblog\/files\/2012\/11\/65.png\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"167\" \/><\/a>Vu pour vous sur Cin\u00e9 + Classic : <em>Clint Eastwood, le franc-tireur<\/em>, un long et passionnant entretien dont le titre ne ment pas. Ici, l\u2019ex-<em>Dirty Harry <\/em>pose les armes : comme dirait Audiard, <em>\u00ab il flingue plus, il cause \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p><em>\u00ab Aujourd\u2019hui, je fais ce qui me pla\u00eet, comme il me pla\u00eet ; mais il m\u2019a fallu du temps pour en arriver l\u00e0. \u00bb <\/em>Tout Eastwood tient dans cette phrase : d\u00e8s ses d\u00e9buts au cin\u00e9ma en 1955, ce type-l\u00e0 savait o\u00f9 il voulait en venir, et il s\u2019y est tenu. C\u2019est m\u00eame le seul conseil qu\u2019il ait \u00e0 donner aujourd\u2019hui : <em>\u00ab Il faut suivre son id\u00e9e, tant qu\u2019on en a\u2026 \u00bb<\/em><br \/>\n<!--more--><\/p>\n<p>Dans sa carri\u00e8re, 1971 est une date charni\u00e8re : avec <em>l\u2019Inspecteur Harry<\/em>, Clint devient du jour au lendemain superstar dans la peau d\u2019un flic impitoyable. Mais la m\u00eame ann\u00e9e, il est aussi un obscur DJ de radio locale dans son premier film en tant que r\u00e9alisateur, <em>Un frisson dans la nuit<\/em>. Ainsi va Eastwood, avec une strat\u00e9gie simple mais originale : devenir <em>\u201cbankable\u201d <\/em>pour rester ind\u00e9pendant. Vingt ans durant, il alterne blockbusters et oeuvres plus personnelles, jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9ussir \u00e0 marier les deux. \u00c0 partir des ann\u00e9es 1990, ses succ\u00e8s r\u00e9p\u00e9t\u00e9s calment d\u00e9finitivement les studios ; quant aux critiques de la critique, Clint les a fait taire d\u00e8s ses premiers films \u201cd\u00e9glingu\u00e9s\u201d.<\/p>\n<p>En France c\u2019est la Cin\u00e9math\u00e8que qui, d\u00e8s 1985, donne le signal de sa \u201cr\u00e9habilitation\u201d en lui consacrant une r\u00e9trospective. <em>Lib\u00e9<\/em>, qui donne alors le \u201cla\u201d, se charge aussit\u00f4t de r\u00e9pandre la Bonne Nouvelle : ce faux r\u00e9ac est un vrai gentil ! Sous l\u2019\u00e9toile du sh\u00e9rif implacable bat un coeur tendre qu\u2019il est temps de \u201crevisiter\u201d, coin-coin!<\/p>\n<p>La v\u00e9rit\u00e9 est plus simple : si Eastwood se bonifie avec l\u2019\u00e2ge, ce n\u2019est pas que le \u201cfacho\u201d soit devenu \u201chumaniste\u201d, c\u2019est que le cin\u00e9aste n\u2019a plus de comptes \u00e0 rendre \u00e0 personne : il fait d\u00e9sormais \u201cce qui lui pla\u00eet comme il lui pla\u00eet\u201d.<\/p>\n<p>Et ce qui lui pla\u00eet par-dessus tout, d\u2019<em>Un monde parfait<\/em> \u00e0 <em>Gran Torino<\/em> en passant par <em>Million Dollar Baby<\/em>, ce sont ces histoires nostalgiques racontant la fin tragique de leurs antih\u00e9ros.<\/p>\n<p>\u00c0 cet \u00e9gard, l\u2019oeuvre la plus originale d\u2019Eastwood est sans doute son diptyque consacr\u00e9 \u00e0 la bataille d\u2019Iwo Jima. Apr\u00e8s <em>M\u00e9moires de nos p\u00e8res <\/em>(2006), film\u00e9 du point de vue am\u00e9ricain, ce patriote irr\u00e9prochable encha\u00eene l\u2019ann\u00e9e m\u00eame avec <em>Lettres d\u2019Iwo Jima<\/em>, qu\u2019il revendique non sans fiert\u00e9 comme un film \u201c100 % japonais\u201d.<\/p>\n<p>En donnant \u00e0 voir successivement l\u2019h\u00e9ro\u00efsme et les affres de deux jeunesses sacrifi\u00e9es sans savoir pourquoi, notre \u201cma\u00eetre de guerre\u201d fait plus pour la cause de la paix que tous ces glands pacifistes qui tombent d\u00e8s qu\u2019un coup de vent secoue leurs ch\u00eanes.<\/p>\n<p>Article paru dans Valeurs Actuelles, le 31 octobre 2012.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vu pour vous sur Cin\u00e9 + Classic : Clint Eastwood, le franc-tireur, un long et passionnant entretien dont le titre ne ment pas. 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