{"id":1343,"date":"2016-10-01T16:58:34","date_gmt":"2016-10-01T14:58:34","guid":{"rendered":"http:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/?p=1343"},"modified":"2021-04-22T18:49:19","modified_gmt":"2021-04-22T16:49:19","slug":"la-crise-sans-fin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/la-crise-sans-fin-1343","title":{"rendered":"La Crise sans fin"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/files\/2016\/10\/132872_couverture_Hres_0.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1352\" src=\"http:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/files\/2016\/10\/132872_couverture_Hres_0.jpg\" alt=\"\" width=\"364\" height=\"600\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2016\/10\/132872_couverture_Hres_0.jpg 364w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2016\/10\/132872_couverture_Hres_0-182x300.jpg 182w\" sizes=\"auto, (max-width: 364px) 100vw, 364px\" \/><\/a>J\u2019errais autour de la Bastille. J\u2019avais une heure \u00e0 tuer avant de prendre le train.<br \/>\nJe suis entr\u00e9 \u00e0 <em>la Belle Lurette<\/em>, 26 rue Saint-Antoine. J\u2019aime beaucoup cette librairie : on y prend en deux minutes le pouls exact du bobo\u00efsme \u2014 et plus particuli\u00e8rement celui du Marais, qui en est l\u2019\u00e9manation supr\u00eame. Les notices manuscrites, r\u00e9sumant l\u2019avis toujours enthousiaste du libraire, accroch\u00e9es \u00e0 certains livres, flattent ce que le Parisien branch\u00e9 a de plus personnel \u2014 sa dose \u00e9lev\u00e9e de moraline, comme disait Fr\u00e9d\u00e9ric N***, son appartenance \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce Homo Festivus, comme disait Philippe M***, et sa totale d\u00e9connexion de la France p\u00e9riph\u00e9rique, comme disait Christophe G***.<br \/>\nCoinc\u00e9 entre trois piles de succ\u00e8s pr\u00e9sum\u00e9s de la rentr\u00e9e, il y avait quelques minces exemplaires de <em>la Crise sans fin \u2013 Essai sur l\u2019exp\u00e9rience moderne du temps<\/em>, paru initialement en 2012 et qui vient de sortir en poche (Essais Points Seuil).<\/p>\n<div id=\"ligne\"><\/div>\n<p>J\u2019ai travaill\u00e9 en 1986 avec son auteur, Myriam Revault d\u2019Allonnes. Nous nous \u00e9tions partag\u00e9 le programme Lettres d\u2019HEC portant sur le Langage, \u00e0 elle le c\u00f4t\u00e9 philo, \u00e0 moi le versant litt\u00e9raire et linguistique. Chez Belin \u2014 rue F\u00e9rou, o\u00f9 habitait Athos. Trente ans ! C\u2019\u00e9tait hier. Elle \u00e9tait alors prof de pr\u00e9pas \u00e0 Lakanal, elle allait entrer au Coll\u00e8ge international de philosophie, elle a depuis \u00e9t\u00e9 associ\u00e9e au Centre de Recherches politiques de Sciences-Po et \u00e0 l\u2019Ecole Pratique des Hautes Etudes. C\u2019\u00e9tait \u00ac\u2014 et c\u2019est toujours, sans doute \u2014 un petit bout de femme \u00e0 l\u2019intelligence \u00e9tincelante et aux yeux bleu cobalt. Contact perdu \u2014 ainsi va le monde.<!--more--><br \/>\nLa sortie de son essai, il y a quatre ans, m\u2019avait \u00e9chapp\u00e9. Je me suis donc rattrap\u00e9, de la Gare de Lyon \u00e0 la Gare Saint-Charles (combien de bouquins ai-je ainsi lus sur ce trajet, ne levant la t\u00eate que pour regarder passer les vaches), et au-del\u00e0, parce que c\u2019est un livre qui vous rend intelligent et stimule vos petites cellules grises, comme disait Hercule P***.<\/p>\n<p>En vraie philosophe, MRA pose le probl\u00e8me d\u00e8s l\u2019introduction \u2014 et o\u00f9 vouliez-vous qu\u2019elle le pos\u00e2t ? \u00ab La crise\u2026 \u00bb Le probl\u00e8me, c\u2019est bien ce \u00ab la \u00bb totalisant, qui comme dans \u00ab la Callas \u00bb affiche son \u00e9tymologie emphatique, le \u00ab illa \u00bb latin que les mauvais latinistes traduisent par \u00ab la c\u00e9l\u00e8bre \u00bb \u2014 \u00ab illa Messalina \u00bb, la c\u00e9l\u00e8bre gourgandine\u2026<br \/>\nLe \u00ab La \u00bb suppose donc d\u2019embl\u00e9e que cette crise (un mot longtemps confin\u00e9 au milieu m\u00e9dical, pass\u00e9 dans le domaine politique au XVIII\u00e8me si\u00e8cle \u2014 \u00ab nous approchons de l\u2019\u00e9tat de crise et du si\u00e8cle des r\u00e9volutions \u00bb, \u00e9crit Rousseau dans l\u2019<em>Emile<\/em> \u2014, et il est bon de se souvenir que c\u2019est une m\u00e9taphore \u00e9lev\u00e9e au rang de concept) est \u00ab un singulier collectif \u00bb qui couvre \u00ab l\u2019\u00e9conomie, la finance, la politique, la culture, les valeurs, l\u2019autorit\u00e9, l\u2019\u00e9ducation, la jeunesse ou la famille \u00bb. La Crise majuscule. Bref, \u00ab est-on fond\u00e9 \u00e0 unifier sous un m\u00eame concept ou une m\u00eame notion des traits qui s\u2019appliquent \u00e0 des domaines si diff\u00e9rents ? Et quel est alors le statut de cette \u00ab crise \u00bb qui, loin de se cantonner \u00e0 la sph\u00e8re \u00e9conomique et financi\u00e8re, a gagn\u00e9 presque tous les domaines de l\u2019existence et de l\u2019activit\u00e9 humaine ? \u00bb<br \/>\nAjoutons qu\u2019on parle aujourd\u2019hui de \u00ab la crise \u00bb sans autre pr\u00e9cision, contrairement \u00e0 l\u2019usage de longtemps \u00e9tabli qui faisait pr\u00e9ciser de quelle crise on parlait \u2014 Crise de 1929 ou Crise de la vache folle, le compl\u00e9ment de nom circonscrit en g\u00e9n\u00e9ral l\u2019objet et la p\u00e9riode. Avec \u00ab la crise \u00bb, c\u2019en est termin\u00e9. D\u2019o\u00f9 l\u2019interrogation d\u00e9riv\u00e9e : \u00ab Une crise permanente est-elle encore une crise ? \u00bb Et de pr\u00e9ciser : \u00ab Au d\u00e9part situation d\u2019exception, la crise est devenue un \u00e9tat \u00ab normal \u00bb, une r\u00e9gularit\u00e9 marqu\u00e9e de surcro\u00eet par la multiplication des incertitudes : incertitudes relatives aux causes, au diagnostic, aux effets et \u00e0 la possibilit\u00e9 m\u00eame d\u2019une \u00ab sortie de crise \u00bb \u00bb. \u00ab La \u00bb crise est \u00e0 ce point un \u00e9tat ordinaire que l\u2019on est oblig\u00e9 de trouver dans sa dur\u00e9e dilu\u00e9e des soubresauts secondaires identifi\u00e9s \u00e0 l\u2019ancienne \u2014 crise p\u00e9troli\u00e8re, crise de la bulle japonaise, ou crise des subprimes. Le patient \u2014 notre civilisation tout enti\u00e8re \u2014 est en \u00e9tat de crise permanente, et seules quelques acc\u00e8s sup\u00e9rieurs de fi\u00e8vre se laissent parfois deviner.<br \/>\nPar parenth\u00e8se, dans le strict domaine de la sant\u00e9, cette fa\u00e7on de penser a amen\u00e9 l\u2019id\u00e9e de soigner \u00e0 vie, sans dessein de gu\u00e9rir, des maladies \u00ab de longue dur\u00e9e \u00bb \u2014 le SIDA, par exemple. \u00c7a fait l\u2019affaire des labos, mais surtout \u2014 et nous voici ramen\u00e9s au sujet de MRA \u2014 cela dilue le temps. Il n\u2019y a plus d\u2019avant la crise \u2014 c\u2019\u00e9tait il y a si longtemps qu\u2019il faut, \u00eatre quinquag\u00e9naire au moins pour se rappeler qu\u2019il y eut une p\u00e9riode d\u2019expansion continue (et les \u00e9conomistes qui se penchent sur les Trente Glorieuses ne manquent pas de nous dire, aujourd\u2019hui, que le vers \u00e9tait dans le fruit et la crise \u00ab d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 \u00bb). Il n\u2019y a plus de r\u00e9pit, le traitement est permanent (les politiques anti-inflationnistes, puis l\u2019obsession de l\u2019\u00e9quilibre budg\u00e9taire), si bien que l\u2019on comprend l\u2019interrogation de MRA : c\u2019est notre vision du Temps qui a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e. Quand il meurt en 1794, Condorcet travaillait \u00e0 son <em>Esquisse d\u2019un tableau historique des progr\u00e8s de l\u2019esprit humain<\/em>, dans lequel il voyait le Temps comme une ligne continue, quels que fussent ses remords et ses soubresauts, grimpant inexorablement vers un z\u00e9nith qui serait la perfection de la civilisation \u2014 et la Terreur b\u00eatement est venue contrarier cette vue optimiste du Temps humain, en le courbant vers un nadir fun\u00e8bre. Comme dit plus loin MRA avec un certain humour distanci\u00e9 : \u00ab Nous n\u2019adh\u00e9rons plus aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019esp\u00e9rance des Lumi\u00e8res de voir se r\u00e9aliser, y compris de mani\u00e8re asymptotique, la marche de l\u2019humanit\u00e9 vers le mieux. \u00bb<br \/>\nEh non. Nous avons r\u00e9voqu\u00e9 les Lumi\u00e8res en doute. Il \u00e9tait donc logique que Najat V***-B*** les \u00e9limin\u00e2t des programmes.<\/p>\n<p>On sait que \u00ab temps humain \u00bb est un pl\u00e9onasme : il n\u2019existe pas dans la nature quelque chose qui serait le Temps. Objet de notre industrie, il est donc logique que nous le soumettions \u00e0 nos caprices, quitte \u00e0 le circulariser ou \u00e0 la dilater infiniment, ce qui revient \u00e0 peu pr\u00e8s au m\u00eame. Le lib\u00e9ralisme \u00e9tant la forme achev\u00e9e de la conscience humaine, inutile d\u2019imaginer un au-del\u00e0 temporel. Fin de l\u2019Histoire pour Francis Fukuyama, \u00e9ternel retour du m\u00eame pour d\u2019autres et fin des fins pour tout le monde.<br \/>\nAinsi nous pi\u00e8ge la modernit\u00e9. C\u2019est de cette vision \u00ab achev\u00e9e \u00bb du temps qu\u2019est sortie \u00ab la \u00bb crise, turbulence in(d\u00e9)finie.<\/p>\n<p>Revenir \u00e0 l\u2019\u00e9tymologie permet de mieux comprendre ce qui se joue. La crise, chez Hippocrate, est le moment o\u00f9 l\u2019on peut \/ o\u00f9 l\u2019on doit <em>krinein<\/em>, distinguer, discerner, choisir. O\u00f9 le malade souffre enfin d\u2019un mal d\u00e9clar\u00e9, identifiable. O\u00f9 le praticien pose le diagnostic et \u00e9labore le traitement \u2014 ou d\u00e9sesp\u00e8re. Et on se souvient que les Grecs fondent leur existence et leur philosophie sur l\u2019art de saisir ce moment, le <em>Kairos<\/em>, de cueillir l\u2019instant d\u00e9cisif.<br \/>\nPar d\u00e9finition la crise s\u2019inscrit donc comme un apex temporel : de part et d\u2019autre le temps est \u00e9tale. C\u2019est l\u2019usage historique du mot \u2014 \u00e0 Fachoda ou ailleurs.<br \/>\nMais comme le souligne fortement MRA, le \u00ab la \u00bb si singulier qu\u2019elle analyse et qui alimente de son \u00e9vidence (au fond, la philosophie n\u2019a pas d\u2019autre int\u00e9r\u00eat que d\u2019interroger ces \u00e9vidences qui n\u2019en sont peut-\u00eatre pas) le discours contemporain suppose une red\u00e9finition du Temps, non plus pens\u00e9 comme une tension pass\u00e9 \/ pr\u00e9sent \/ futur, non pas la Seine sous le pont Mirabeau, mais un lac immobile aux contours infinis. Ce que Paul Virilio appelait <em>l\u2019immobilit\u00e9 fulgurante<\/em> (in <em>l\u2019Inertie polaire<\/em>, Bourgois, 1990), \u00ab o\u00f9 tout semble changer de mani\u00e8re fr\u00e9n\u00e9tique alors qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 rien ne bouge dans un monde p\u00e9trifi\u00e9 et immobile \u00bb. Ce que j\u2019appellerais volontiers le Principe de Tancr\u00e8de (\u00ab il faut que tout change afin que rien ne change \u00bb, dit Alain D*** \u00e0 Burt L*** dans <em>le Gu\u00e9pard<\/em>). Et MRA de commenter : \u00ab L\u2019horizon d\u2019attente \u00e9tant en quelque sorte vid\u00e9 de sa substance, le pr\u00e9sent \u2014 temps de l\u2019initiative \u2014 s\u2019en trouve d\u2019autant paralys\u00e9 m\u00eame s\u2019il se donne \u00e0 voir comme une succession effr\u00e9n\u00e9e d\u2019instants \u00e9ph\u00e9m\u00e8res \u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 ce stade de ma lecture, je sortais du long tunnel qui fait passer de la zone parisienne construite \u00e0 la for\u00eat ininterrompue. Je guette \u00e0 chaque fois \u2014 et toujours en vain \u2014 l\u2019apparition fugace d\u2019une biche ou d\u2019un cerf qui viendrait nous regarder pour passer le temps. Je me suis donc replong\u00e9 dans mon livre et dans l\u2019analyse de la <em>d\u00e9temporalisation<\/em> des temps modernes, et de la reformulation du probl\u00e8me initial : \u00ab Une crise permanente est-elle encore une crise ? Peut-on envisager la possibilit\u00e9 que la Crise soit le nouveau \u00ab singulier-collectif \u00bb de notre temps ? \u00bb<br \/>\nEn fait, dit MRA, c\u2019est \u00e0 une crise du temps que renvoie \u00ab la \u00bb crise \u2014 \u00ab comme si \u00e0 l\u2019horizon pr\u00e9destin\u00e9 au progr\u00e8s ne pouvait que succ\u00e9der l\u2019horizon pr\u00e9destin\u00e9 au d\u00e9sastre \u00bb, en un \u00ab mouvement de totalisation inverse de celui qui r\u00e9gissait le philosophie de l\u2019Histoire \u00bb.<br \/>\nJe ne veux pas d\u00e9florer la totalit\u00e9 du livre \u2014 lisez-le donc ! Il y a l\u00e0 un art exquis du surf entre deux exemples \u2014 de Hobbes \u00e0 Tocqueville en quelques lignes, par exemple, pour \u00e9voquer la <em>d\u00e9sh\u00e9ro\u00efsation<\/em> qui accompagne la d\u00e9mocratisation.<br \/>\nOui \u2014 jusqu\u2019\u00e0 la m\u00e9diocratie absolue. Je soup\u00e7onne MRA d\u2019\u00eatre une femme de gauche qui ne se fait plus gu\u00e8re d\u2019illusions sur les capitaines de p\u00e9dalos pour lesquels elle a bien d\u00fb voter un jour. La culture n\u2019est m\u00eame plus sp\u00e9cifiquement en crise comme dans le livre que Hanna Arendt avait consacr\u00e9 en 1961 au sujet, et o\u00f9 elle pressentait qu\u2019il n\u2019y avait d\u00e9j\u00e0 \u00ab plus aucune conscience pour questionner, m\u00e9diter et se souvenir \u00bb. Et MRA de citer justement Tocqueville, qui a si magistralement senti les temps modernes : \u00ab Le pass\u00e9 n\u2019\u00e9clairant plus l\u2019avenir, l\u2019esprit marche dans les t\u00e9n\u00e8bres \u00bb. C\u2019\u00e9tait sous Louis-Philippe, un roi \u00ab normal \u00bb comme il y a aujourd\u2019hui un pr\u00e9sident \u00ab normal \u00bb \u2014 deux poires. Cinquante ans apr\u00e8s la R\u00e9volution, on sonnait d\u00e9j\u00e0 la fin des Lumi\u00e8res \u2014 et aujourd\u2019hui, on en voit tous les effets d\u00e9l\u00e9t\u00e8res. Tout totalitarisme est une dilution du temps <em>ad aeternam<\/em> \u2014 que ce soit le Reich de mille ans ou l\u2019id\u00e9e que le Coran est incr\u00e9\u00e9.<br \/>\nAutrefois m\u00e9taphore et d\u00e9sormais concept, la crise est aujourd\u2019hui \u00e0 son tour \u00ab m\u00e9taphore absolue de l\u2019\u00e9poque contemporaine \u00bb. Elle veut passer pour la (fausse) r\u00e9ponse \u00e0 nos temps d\u2019incertitude, dont <em>la Possibilit\u00e9 d\u2019une \u00eele<\/em> (Michel H***) ou <em>l\u2019\u00cele du jour d\u2019avant<\/em> (Umberto E***), r\u00e9cits de voyages immobiles, d\u2019un entre-deux plein d\u2019ind\u00e9cision, sont les all\u00e9gories les plus remarquables.<br \/>\nTiens, je les relirai \u00e0 mon prochain voyage. Avec un peu de chance, un \u00ab incident \u00bb sur la voie, semblable \u00e0 celui qui \u00e0 l\u2019aller m\u2019avait fait perdre deux heures, me permettra d\u2019en venir \u00e0 bout.<\/p>\n<p>Jean-Paul Brighelli<\/p>\n<p>PS. Le tableau reproduit en couverture est d\u2019Oscar Dominguez (<em>Secret et m\u00e9lancolie d\u2019une rue<\/em>, vers 1924-1925 \u2014 le tout d\u00e9but de Dominguez). On pourrait l\u2019attribuer \u00e0 Chirico : qui d\u2019autre qu\u2019un peintre \u00ab m\u00e9taphysique \u00bb pour illustrer l\u2019\u0153uvre d\u2019un philosophe \u2014 et non d\u2019\u00ab une \u00bb philosophe, comme diraient les cuistres du <em>Monde<\/em> et de <em>Lib\u00e9<\/em> ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J\u2019errais autour de la Bastille. J\u2019avais une heure \u00e0 tuer avant de prendre le train. Je suis entr\u00e9 \u00e0 la Belle Lurette, 26 rue Saint-Antoine. 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