{"id":1685,"date":"2017-05-21T08:28:20","date_gmt":"2017-05-21T06:28:20","guid":{"rendered":"http:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/?p=1685"},"modified":"2021-04-22T18:49:17","modified_gmt":"2021-04-22T16:49:17","slug":"hombres-buenos","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/hombres-buenos-1685","title":{"rendered":"Hombres buenos"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/files\/2017\/05\/7788323566_la-couverture-du-nouveau-livre-d-arturo-perez-reverte.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-1689\" src=\"http:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/files\/2017\/05\/7788323566_la-couverture-du-nouveau-livre-d-arturo-perez-reverte-652x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"584\" height=\"917\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2017\/05\/7788323566_la-couverture-du-nouveau-livre-d-arturo-perez-reverte-652x1024.jpg 652w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2017\/05\/7788323566_la-couverture-du-nouveau-livre-d-arturo-perez-reverte-191x300.jpg 191w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2017\/05\/7788323566_la-couverture-du-nouveau-livre-d-arturo-perez-reverte.jpg 1275w\" sizes=\"auto, (max-width: 584px) 100vw, 584px\" \/><\/a>J\u2019aime beaucoup ce qu\u2019\u00e9crit Arturo Perez-Reverte. Rien de tr\u00e8s original d\u2019ailleurs : depuis <em>le Tableau du ma\u00eetre flamand<\/em>, l\u2019ancien reporter de guerre (et non, ce n\u2019est pas anecdotique, c\u2019est m\u00eame au c\u0153ur de l\u2019\u0153uvre et du personnage) est fort aim\u00e9 en France \u2014 et il est probablement le meilleur \u00e9crivain espagnol contemporain. Au demeurant, un esprit caustique qui ne pardonne pas facilement la b\u00eatise, <a href=\"http:\/\/www.perezreverte.com\/articulo\/patentes-corso\/178\/permitidme-tutearos-imbeciles\/\">ni celle des p\u00e9dagos espagnols<\/a> qui n\u2019ont rien \u00e0 envier aux n\u00f4tres, <a href=\"http:\/\/www.perezreverte.com\/articulo\/patentes-corso\/938\/es-la-guerra-santa-idiotas\/\">ni celle des aveugles<\/a> qui croient que l\u2019islam est une religion comme les autres. Ses<em> Patente de corso<\/em> (les \u00ab lettres de course \u00bb donn\u00e9es aux capitaines corsaires pour pirater en toute l\u00e9galit\u00e9) qui paraissent dans l&rsquo;hebdo<em> XL Semanal<\/em> valent leur pesant d&rsquo;arsenic.<br \/>\nCausticit\u00e9 qui n\u2019est pas du go\u00fbt de tout le monde, surtout en Espagne. Membre de l\u2019Acad\u00e9mie Royale Espagnole \u2014 la <a href=\"http:\/\/www.google.fr\/url?q=http:\/\/www.rae.es\/&amp;sa=U&amp;ved=0ahUKEwjW_LOGpoDUAhWGrxoKHY5mDuMQFggVMAA&amp;sig2=bO7CCNRK4W72rV3NRaeYjA&amp;usg=AFQjCNHrKukFK_xpOA2tT0J9N9FxGiAL8g\">Real Academia Espa\u00f1ola<\/a>, ou RAE, a les m\u00eames missions philologiques que l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise, qui lui a servi de mod\u00e8le lors de sa cr\u00e9ation en 1713, apr\u00e8s l\u2019installation des Bourbons sur le tr\u00f4ne \u2014, il ne pratique ni la retenue de nos Acad\u00e9miciens \u00e0 nous, toujours un peu compass\u00e9s, ni le pardon des offenses \u2014 j\u2019y reviendrai. N\u2019emp\u00eache que parmi tant de romans remarquables, <em>le Peintre des batailles<\/em> est certainement l\u2019un des plus beaux r\u00e9cits de guerre jamais \u00e9crits (et probablement la m\u00e9taphore des traumatismes dont Arturo n&rsquo;a jamais gu\u00e9ri), et la s\u00e9rie des aventures du capitaine Alatriste est h\u00e9riti\u00e8re de la grande tradition dumassienne du roman historique \u00e0 double d\u00e9tente : le r\u00e9cit d\u2019autrefois est aussi chronique d\u2019aujourd\u2019hui. Inutile de r\u00e9p\u00e9ter ce que Georg Luk\u00e1cs a tr\u00e8s bien racont\u00e9, <a href=\"http:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/retour-au-western-001182.html#more-1182\">et dont j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9<\/a>, la derni\u00e8re fois que les historiens-p\u00e9dagogues m\u2019ont \u00ab gonfl\u00e9 mes vieilles roubignolles \u00bb, comme dit Brel.<br \/>\nDu roman historique, il a \u00e0 peu pr\u00e8s explor\u00e9 toutes les facettes, cherchant visiblement \u00e0 composer, d\u2019\u0153uvre en \u0153uvre, l\u2019\u00e9pop\u00e9e d\u2019une Espagne qu\u2019il aime et vomit \u00e0 parts \u00e9gales. <em>Qui bene amat<\/em>\u2026<\/p>\n<p>Donc, <em>Hombres buenos<\/em>. En 1780, l\u2019Espagne intellectuelle fait comme toute l\u2019Europe : elle lorgne du c\u00f4t\u00e9 de la France. Les Acad\u00e9miciens se mettent en t\u00eate de se procurer les 28 volumes de <em>l\u2019Encyclop\u00e9die<\/em> de Diderot et d\u2019Alembert. Pas de suspense en soi, puisque <em>Deux hommes de bien<\/em> (au Seuil, pour 22\u20ac50 \u2014 c\u2019est pour rien) commence par la d\u00e9couverte desdits volumes par un narrateur qui se fait plus ou moins passer pour Perez-Reverte dans la biblioth\u00e8que de la v\u00e9n\u00e9rable institution. Et que notre romancier s&rsquo;est fait photographier serrant contre son c\u0153ur l&rsquo;un de ces pr\u00e9cieux volumes.<a href=\"http:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/files\/2017\/05\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2017-05-20-\u00e0-06.16.26.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1690\" src=\"http:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/files\/2017\/05\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2017-05-20-\u00e0-06.16.26.png\" alt=\"\" width=\"635\" height=\"449\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2017\/05\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2017-05-20-\u00e0-06.16.26.png 635w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2017\/05\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2017-05-20-\u00e0-06.16.26-300x212.png 300w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2017\/05\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2017-05-20-\u00e0-06.16.26-424x300.png 424w\" sizes=\"auto, (max-width: 635px) 100vw, 635px\" \/><\/a>\u00a0L\u2019intrigue tient donc en deux lignes : deux \u00e9minents Acad\u00e9miciens, l\u2019un biblioth\u00e9caire corpulent, l\u2019autre ex-marin longiligne et \u00ab \u00e0 la triste figure \u00bb (Perez-Reverte <a href=\"http:\/\/www.rtl.fr\/culture\/arts-spectacles\/arturo-perez-reverte-j-ai-un-rapport-cheri-avec-la-france-je-lui-dois-tant-7788320528\">assume pleinement<\/a> l\u2019inspiration cervantesque de ce couple lanc\u00e9 dans une qu\u00eate qui vaut mieux que celle de Dulcin\u00e9e, car aucune femme ne dure autant que 28 in-folio pieusement conserv\u00e9s) sont charg\u00e9s par leurs coll\u00e8gues d\u2019aller en France se procurer une collection compl\u00e8te de ce monument de l\u2019Intelligence.<br \/>\nEvidemment, cela ne fait pas le bonheur de tout le monde. Deux de leurs coll\u00e8gues montent une conspiration pour emp\u00eacher l\u2019acquisition, et s\u2019adjoignent les services d\u2019un homme de main parfaitement d\u00e9pourvu de scrupules.<br \/>\nEncore faut-il se rendre \u00e0 Paris, \u00e0 travers une Espagne plus dangereuse que l\u2019Irak actuel, o\u00f9 chaque auberge est un bouge inf\u00e2me propice aux puces, et chaque chemin creux une emb\u00fbche mortelle. Puis il faut, une fois \u00e0 Paris, s\u2019organiser dans la Babylone moderne \u2014 comme aurait dit Fougeret de Monbron, auteur de <em>la Capitale des Gaules ou la nouvelle Babylone<\/em> en 1769. Et trouver une \u00e9dition originale : d\u00e8s la fin du travail \u00e9ditorial de Diderot et d\u2019Alembert, les copies infid\u00e8les abond\u00e8rent. Et survivre dans une capitale o\u00f9 l\u2019on est sans cesse \u00e0 la merci des femmes galantes (ainsi la belle Margot Dancenis) ou de leurs amants jaloux : il y a dans cette somme tout ce qu\u2019il faut de coups d\u2019\u00e9p\u00e9e pour rappeler aux amateurs que Perez-Reverte a jadis \u00e9crit <em>le Ma\u00eetre d\u2019escrime<\/em>, qu&rsquo;il a fait d&rsquo;Alatriste un bretteur redout\u00e9, et que visiblement il d\u00e9plore lui aussi que l\u2019on ne puisse plus enfoncer impun\u00e9ment trente centim\u00e8tres d\u2019acier dans le ventre des imb\u00e9ciles.<br \/>\nPar exemple dans celui de Francisco Rico, peu connu ici mais c\u00e9l\u00e8bre en Espagne pour ses \u00e9tudes de philologie, ses commentaires sur le <em>Quichotte<\/em> et m\u00eame une \u00e9dition politiquement correcte de Cervant\u00e8s, adapt\u00e9e pour les enfants.<br \/>\nLedit Rico appara\u00eet d\u2019ailleurs dans le roman d\u00e8s la page 16 : le narrateur pr\u00e9pare, dit-il, un roman policier o\u00f9 les Acad\u00e9miciens seront assassin\u00e9s les uns apr\u00e8s les autres, et tous se battent pour \u00eatre celui qui tuera Rico\u2026 Imaginez que Xavier Darcos ou Jean-Christophe Rufin mijotent une fiction o\u00f9 il s\u2019agit de pendre Angelo Rinaldi \u00ab avec le cordon d\u2019un rideau du salon \u00bb\u2026 S\u00fbr que personne ne voudrait rester \u00e0 l\u2019\u00e9cart d\u2019une telle \u0153uvre de salubrit\u00e9 publique.<br \/>\nJe blague, bien entendu \u2014 mais Perez-Reverte ne plaisante pas : <em>El profesor<\/em> Rico lui sort par les yeux.<br \/>\nEt il y a de quoi, figurez-vous\u2026<\/p>\n<p>Longue parenth\u00e8se.<br \/>\nSi, au XVIII\u00e8me (c\u2019est tout le substrat du roman) les intellectuels madril\u00e8nes d\u00e9plorent l\u2019arri\u00e9ration de leurs compatriotes et de leurs m\u0153urs, il n\u2019y a aucune raison, en notre XXI\u00e8me si\u00e8cle europ\u00e9en et \u00e9galitariste, pour que les Espagnols soient plus intelligents que les Fran\u00e7ais. Une pol\u00e9mique est ainsi n\u00e9e lors des Jeux olympiques de Rio, o\u00f9 les entra\u00eeneurs ib\u00e9riques ont commenc\u00e9 \u00e0 mettre au f\u00e9minin pluriel les groupes o\u00f9 les femmes pr\u00e9dominaient, quoique des hommes y fussent pr\u00e9sents. <a href=\"http:\/\/www.rae.es\/sites\/default\/files\/Sexismo_linguistico_y_visibilidad_de_la_mujer_0.pdf\">Les Acad\u00e9miciens s&rsquo;en sont \u00e9mus.<\/a><a href=\"http:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/files\/2017\/05\/1476204624_012306_1476214473_noticia_normal.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1693\" src=\"http:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/files\/2017\/05\/1476204624_012306_1476214473_noticia_normal.jpg\" alt=\"\" width=\"980\" height=\"561\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2017\/05\/1476204624_012306_1476214473_noticia_normal.jpg 980w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2017\/05\/1476204624_012306_1476214473_noticia_normal-300x171.jpg 300w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2017\/05\/1476204624_012306_1476214473_noticia_normal-500x286.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 980px) 100vw, 980px\" \/><\/a>Or, en espagnol comme en fran\u00e7ais, le masculin th\u00e9oriquement l\u2019emporte \u2014 sauf qu\u2019il faut \u00eatre singuli\u00e8rement abruti pour confondre le masculin et le m\u00e2le. Le masculin espagnol est donc, comme chez nous, un neutre \u2014 h\u00e9ritier du neutre latin. Mais voil\u00e0 : les viragos \u2014 et, pire, ceux qui veulent leur plaire et affichent le z\u00e8le des nouveaux convertis \u2014 exigent que d\u00e9sormais dans les groupes on d\u00e9compte les verges (f\u00e9minin, ah ah) et les vagins (masculin, h\u00e9 h\u00e9 !) afin d\u2019accorder en fonction du nombre.<br \/>\nD\u2019o\u00f9 une floraison d\u2019articles depuis deux ans dans la presse espagnole jouant ironiquement sur \u00ab academicos \u00bb et \u00ab academicas \u00bb \u2014 un pur barbarisme, mais conforme au go\u00fbt du jour. <a href=\"http:\/\/cultura.elpais.com\/cultura\/2016\/10\/13\/actualidad\/1476377157_913599.html\">Au style fielleux de Rico<\/a> r\u00e9pond <a href=\"http:\/\/cultura.elpais.com\/cultura\/2016\/10\/17\/actualidad\/1476709450_482804.html\">l&rsquo;allusion borg\u00e9sienne<\/a> de Perez-Reverte. \u2014 voil\u00e0 un homme dont il ne fait pas bon \u00eatre l\u2019ennemi. La presse espagnole s\u2019en est d\u00e9lect\u00e9e.\u00a0Ne pas en conclure que la RAE est un monde d\u2019hommes : sur les 24 membres (h\u00e9 h\u00e9 again !), on compte plusieurs femmes \u2014 mais minoritaires, et \u00ab academicos \u00bb en bon castillan.<br \/>\nTout est usage. Le bon fran\u00e7ais admet fort bien \u00ab acad\u00e9miciennes \u00bb, mais r\u00e9pugne \u00e0 \u00ab professeure \u00bb, \u00ab auteure \u00bb \u2014 ou \u00e0 \u00ab la ministre \u00bb. Admettons que les pleutres gagnent, et que l\u2019usage s\u2019en \u00e9tablisse, il faudra bien finir par dire \u00ab la ministre \u00bb, qui sonne aujourd\u2019hui comme une incongruit\u00e9 majeure, sauf dans <em>le Monde<\/em> et <em>Lib\u00e9<\/em>\u2026<\/p>\n<p>Le roman historique ordinaire (celui de Dumas, auquel l\u2019auteur rend un hommage appuy\u00e9 en passant par Meung, o\u00f9 commence <em>les Trois mousquetaires<\/em>) tient un double discours, sur l\u2019\u00e9poque \u00e0 laquelle se situe l\u2019histoire, et sur celle o\u00f9 habitent l\u2019auteur et ses lecteurs \u2014 ainsi, un anachronisme assum\u00e9 dans une r\u00e9flexion critique de 1780 sur l\u2019\u00ab \u00e9ducation nationale \u00bb.<br \/>\nLe lecteur de 1845 saisissait imm\u00e9diatement ce qui, dans la c\u00e9l\u00e8bre trilogie, \u00e9tait la d\u00e9ploration d\u2019une Monarchie de Juillet dont l\u2019h\u00e9ro\u00efsme semblait enfui. Mais le lecteur contemporain n\u2019a pas cette habilet\u00e9 schizophr\u00e8ne \u2014 il faut lui expliquer les choses. C\u2019est sans doute la raison pour laquelle Perez-Reverte a \u00e9crit ce que d\u2019aucuns appellent une <em>metanovela<\/em>, un \u00ab m\u00e9ta-roman \u00bb comme il y a une fonction m\u00e9ta-linguistique, o\u00f9 la langue r\u00e9fl\u00e9chit sur la langue. Imaginez des <em>Faux monnayeurs<\/em> dans lesquels Gide aurait inclus le <em>Journal<\/em> de son \u0153uvre, ou un <em>Hussard sur le toit<\/em> dans lequel Giono aurait gliss\u00e9 ce livre \u00e9tonnant qu\u2019est <em>No\u00e9<\/em> (salut \u00e0 NP qui me l\u2019a fait d\u00e9couvrir).<br \/>\nLe narrateur installe ainsi des allers-retours entre 1780 et 2015, expliquant et commentant ses recherches, ses lectures, ses intentions. C&rsquo;est qu&rsquo;il est un homme de livres.<a href=\"http:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/files\/2017\/05\/1426079092_003776_1426079781_sumario_normal.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1692\" src=\"http:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/files\/2017\/05\/1426079092_003776_1426079781_sumario_normal.jpg\" alt=\"\" width=\"560\" height=\"372\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2017\/05\/1426079092_003776_1426079781_sumario_normal.jpg 560w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2017\/05\/1426079092_003776_1426079781_sumario_normal-300x199.jpg 300w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2017\/05\/1426079092_003776_1426079781_sumario_normal-451x300.jpg 451w\" sizes=\"auto, (max-width: 560px) 100vw, 560px\" \/><\/a> Nous voici donc tout \u00e0 la fois dans le Paris pr\u00e9-r\u00e9volutionnaire (les personnages ne le savent pas, mais le narrateur et nous, si) et dans le Madrid contemporain. Mimesis double : nous sommes install\u00e9s dans la t\u00eate du romancier tout en \u00e9tant pri\u00e9s de nous identifier aux deux protagonistes principaux \u2014 l\u2019un est croyant, l\u2019autre ath\u00e9e, il y en a pour tout le monde. Sans compter l\u2019abb\u00e9 Bringas, leur guide dans le d\u00e9dale parisien, un excit\u00e9 du caboulot qui sera ex\u00e9cut\u00e9 le 10 Thermidor avec Robespierre et ses amis.<br \/>\nEst-il pour autant bien s\u00fbr que ce narrateur soit Perez-Reverte ? Le soup\u00e7on vous prend d\u00e8s le d\u00e9but, quand il s\u2019attribue l\u2019\u00e9criture d\u2019un roman intitul\u00e9 <em>le Danseur mondain<\/em> \u2014 inconnu dans la bibliographie de l\u2019auteur. <a href=\"http:\/\/cultura.elpais.com\/cultura\/2015\/03\/11\/babelia\/1426079217_318910.html\">Comme l\u2019a soulign\u00e9 avec humour et perspicacit\u00e9 Dar\u00edo Villanueva<\/a>, directeur de la Real Academia Espa\u00f1ola : \u00ab El juego es de espejos : en Hombres buenos hay protagonistas que son hist\u00f3ricos ; otros que son actuales y reales ; la mayor\u00eda, ficticios, pero todos act\u00faan conforme al designio del escritor que remite con frecuencia a fuentes documentales igualmente inventadas. Estamos, pues, ante una apoteosis de ese cambalache entre realidad y ficci\u00f3n que siempre constituye la mejor literatura. El novelista cita incluso t\u00edtulos de novelas suyas que nadie ha podido leer : El enigma del Dei Gloria, El bailar\u00edn mundano&#8230; Yo, modesto lector suyo, al tiempo que me quito el cr\u00e1neo, le obsequio otro por si fuera de su consideraci\u00f3n: La jaula del jaguar. \u00bb Bien s\u00fbr, je n\u2019ai pas besoin de traduire. Et Perez-Reverte de pr\u00e9ciser, sous la plume de\u00a0Jacinto Ant\u00f3n\u00a0:\u00a0 \u00ab En todo caso, P\u00e9rez-Reverte, tan enemigo de dar pistas personales sobre s\u00ed mismo, recalca que \u00e9l no es el personaje del narrador. \u201cEs un tipo que se me parece a m\u00ed, pero no soy yo. Es un artefacto narrativo\u201d. \u00bb<\/p>\n<p>Le \u00ab Journal \u00bb du roman inclus dans le roman est donc lui aussi un roman. Abyme dans l&rsquo;abyme. Tout est vrai, tout est faux. Deux historicit\u00e9s pour le prix d\u2019une. Courez l\u2019acheter.<\/p>\n<p>Jean-Paul Brighelli<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J\u2019aime beaucoup ce qu\u2019\u00e9crit Arturo Perez-Reverte. Rien de tr\u00e8s original d\u2019ailleurs : depuis le Tableau du ma\u00eetre flamand, l\u2019ancien reporter de guerre (et non, ce n\u2019est pas anecdotique, c\u2019est m\u00eame au c\u0153ur de l\u2019\u0153uvre et du personnage) est fort aim\u00e9 en France \u2014 et il est probablement le meilleur \u00e9crivain espagnol contemporain. Au demeurant, un [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[1214,1215,1039,641,1216],"class_list":{"0":"post-1685","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","6":"category-non-classe","7":"tag-deux-hommes-de-bien","8":"tag-francisco-rico","9":"tag-lumieres","10":"tag-perez-reverte","11":"tag-roman-historique"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1685","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1685"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1685\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1685"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1685"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1685"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}