{"id":2662,"date":"2019-04-14T15:11:18","date_gmt":"2019-04-14T13:11:18","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/?p=2662"},"modified":"2021-04-22T18:48:23","modified_gmt":"2021-04-22T16:48:23","slug":"moi-je-et-les-avatars-de-lego","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/moi-je-et-les-avatars-de-lego-2662","title":{"rendered":"Moi \/ Je, et les avatars de l&rsquo;Ego"},"content":{"rendered":"<p>Vous rappelez-vous Ren\u00e9 Etiemble ? N\u00e9 en 1909, fils de personne (sa m\u00e8re \u00e9tait ouvri\u00e8re modiste, son p\u00e8re voyageur de commerce), m\u00eame pas parisien (ah, le lyc\u00e9e de Laval, son prestige provincial, sa bruine, etc.), il int\u00e8gre l\u2019ENS en 1929, et passe l\u2019agr\u00e9gation de grammaire \u2014 sans doute l\u2019une des plus dures. Il se met alors \u00e0 \u00e9tudier le chinois et voyage par le monde : il parlait avec la m\u00eame comp\u00e9tence de la syntaxe fran\u00e7aise, du pantoum malais ou de l\u2019estampe japonaise. Prof en Sixi\u00e8me, parce qu\u2019il faut bien prendre le probl\u00e8me \u00e0 la base, il fr\u00e9quente en m\u00eame temps Jean Paulhan et la NRF, et il est finalement recrut\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Chicago, avant-guerre, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 \u00e7a ne se faisait pas de partir travailler aux Etats-Unis. Cela lui permet de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 la culture hopi : peut-\u00eatre aurait-il aim\u00e9 les romans de Tony Hillerman. Il passe par l\u2019Universit\u00e9 du Caire, ce qui l\u2019autorisera plus tard \u00e0 parler de litt\u00e9rature arabe, puis \u00e0 Montpellier et enfin \u00e0 la Sorbonne \u2014 c\u2019est l\u00e0 que je l\u2019ai rencontr\u00e9 bri\u00e8vement \u2014, o\u00f9 il invente et enseigne la litt\u00e9rature compar\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 sa retraite en 1978. Sp\u00e9cialiste de Rimbaud, auquel il a consacr\u00e9 sa th\u00e8se (son interpr\u00e9tation des Voyelles est magistrale) et de Nerval (sa lecture du \u00ab Desdichado \u00bb via les arcanes du tarot fait toujours autorit\u00e9), de la litt\u00e9rature chinoise classique et du roman libertin du XVIIIe si\u00e8cle fran\u00e7ais (il \u00e9dite dans la Pl\u00e9iade, outre les <em>Philosophes tao\u00efstes<\/em>, deux volumes de <em>Romanciers du XVIIIe si\u00e8cle<\/em> qui m\u2019ont permis alors de d\u00e9couvrir Louvet et Faublas), archi-sp\u00e9cialiste de l\u2019\u00e9rotisme \u00e0 travers les continents, romancier, homme de th\u00e9\u00e2tre, et grand d\u00e9fenseur de la langue fran\u00e7aise (<em>Parlez-vous franglais ?<\/em>, c\u2019est lui \u2014 que dirait-il aujourd\u2019hui ?), traducteur de T.E. Lawrence (pareil : j\u2019ai d\u00e9couvert<em> les Sept piliers de la sagesse<\/em>, l\u2019un des livres les plus magistraux du XXe si\u00e8cle, parce qu\u2019il avait traduit le dernier opus de Lawrence, <em>la Matrice<\/em>), il \u00e9tait fort ha\u00ef de ses coll\u00e8gues, tant il \u00e9tait brillant. Une haine dont il s\u2019amusait fort, tant il les m\u00e9prisait. Les m\u00eames, \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, conspuaient Barthes parce qu\u2019il n\u2019avait aucun titre universitaire. Leurs successeurs le d\u00e9testent toujours, mais trois phrases de l\u2019auteur des <em>Mythologies<\/em> ridiculisent toutes leurs pesantes productions. \u00c0 chaque fois que l\u2019un de ces suppos\u00e9s \u00ab coll\u00e8gues \u00bb m\u2019explique qu\u2019il est \u00ab chercheur \u00bb, je pense au mot de Picasso : \u00ab Vous cherchez ? Eh bien moi je trouve \u00bb.<br \/>\nAh, le Moi de Picasso !<\/p>\n<p>En 1968, comme Etiemble allait commencer son cours dans l\u2019un des grands amphis de la Sorbonne, une rumeur monta des rangs des \u00e9tudiants. \u00ab Moi \/ Je, Je \/ Moi \u00bb, Moi \/ Je, Je \/ Moi \u00bb \u2014 en crescendo. C\u2019\u00e9tait la fa\u00e7on humoristique qu\u2019avaient trouv\u00e9e ses \u00e9l\u00e8ves pour chahuter l\u2019un des mandarins les plus absolus de l\u2019Universit\u00e9. Qu\u2019il f\u00fbt mao\u00efste (critique : il encensa le livre de Simon Leys, <em>les Habits neufs du pr\u00e9sident Mao<\/em>) ne le mettait pas \u00e0 l\u2019abri d\u2019un vrai chahut estudiantin comme on savait en produire alors, plein d\u2019humour et de second degr\u00e9. \u00c0 une \u00e9poque o\u00f9 ni les \u00e9tudiants ni l&rsquo;UNEF ne consacraient leur temps \u00e0 interdire des pi\u00e8ces d\u2019Eschyle.<br \/>\nMoi \/Je, Je \/ Moi\u2026 Je crois qu\u2019il en a souri. Apr\u00e8s tout, au m\u00eame moment, le Quartier latin flambait, la critique qui montait des gradins de l\u2019amphi \u00e9tait somme toute bon enfant.<\/p>\n<p>Pourquoi ai-je pens\u00e9 \u00e0 Etiemble et \u00e0 cette anecdote ? C\u2019est en constatant, chez mes \u00e9tudiants, une propension identique \u00e0 critiquer chez certains de leurs ma\u00eetres un Moi quelque peu imp\u00e9rialiste \u2014 au nom de leur existence. \u00ab Reconnaissez-nous ! \u00bb crient-ils. Au nom de quoi ? \u00ab Nous existons. Nous sommes des sujets tout comme vous. \u00bb Ah oui ? Premi\u00e8re nouvelle.<br \/>\nEt les filles d\u2019ajouter qu\u2019il y a en moi un fond de misogynie qui m\u2019am\u00e8ne \u00e0 critiquer les chiennes de garde et les supp\u00f4tes (ne vous scandalisez pas, c\u2019est expr\u00e8s) d\u2019<em>Osez le f\u00e9minisme<\/em>. Celles qui \u00e9crivent \u00ab iel \u00bb pour ne plus faire de distinction entre \u00ab il \u00bb et \u00ab elle \u00bb, de peur que le masculin ne l\u2019emport\u00e2t, <a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/vox\/societe\/rendre-femmage-ou-quand-le-feminisme-sombre-dans-l-imposture-linguistique-20190403\">qui parlent de \u00ab femmage \u00bb<\/a> pour \u00e9viter le virilisme d\u2019\u00ab hommage \u00bb, et qui croient exister parce qu\u2019elles ont un vagin \u2014 un joli mot masculin, tout comme \u00ab con \u00bb, son homonyme. Comme si Etiemble existait parce qu\u2019il avait une bite \u2014 un beau mot f\u00e9minin, imb\u00e9ciles !<\/p>\n<div id=\"ligne\"><\/div>\n<p>J\u2019allais oublier : elles condamnent Picasso, parce qu\u2019il bousculait Dora Maar. Sans bien r\u00e9aliser, tant elles sont cr\u00e9tines, qu\u2019amener un g\u00e9nie \u00e0 peindre la Femme qui pleure vaut bien quelques petites blessures d\u2019amour-propre, et peut-\u00eatre m\u00eame quelques blessures tout court.<a href=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/moi-je-et-les-avatars-de-lego-002662\/ob_940fa1_picasso-la-femme-qui-pleure\" rel=\"attachment wp-att-2667\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2667\" src=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/files\/2019\/04\/ob_940fa1_picasso-la-femme-qui-pleure.jpg\" alt=\"ob_940fa1_picasso-la-femme-qui-pleure\" width=\"334\" height=\"450\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2019\/04\/ob_940fa1_picasso-la-femme-qui-pleure.jpg 334w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2019\/04\/ob_940fa1_picasso-la-femme-qui-pleure-223x300.jpg 223w\" sizes=\"auto, (max-width: 334px) 100vw, 334px\" \/><\/a>Comme cette coll\u00e8gue qui refuse de parler de C\u00e9line sous pr\u00e9texte que. Ou comme Angela Merkel, <a href=\"https:\/\/www.lapresse.ca\/arts\/arts-visuels\/201904\/12\/01-5221958-deux-oeuvres-demil-nolde-lancent-un-debat-sur-le-nazisme-et-lart.php\">qui vient de faire d\u00e9crocher deux toiles d\u2019Emil Nolde<\/a> qui ornaient son bureau de la Chancellerie, parce que le peintre \u00e9tait un peu nazi sur les bords \u2014 alors m\u00eame qu\u2019il \u00e9tait class\u00e9 parmi les peintres \u00ab d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s \u00bb. Mais comme l\u2019a not\u00e9 Tholde Rotermund, tr\u00e9sorier de la F\u00e9d\u00e9ration allemande des galeries et des marchands d\u2019art, ne serait-ce pas pure hypocrisie de la part d\u2019une femme qui persiste \u00e0 \u00ab s\u2019asseoir au premier rang \u00bb au festival de Bayreuth \u2014 et quand on conna\u00eet l\u2019antis\u00e9mitisme de Wagner\u2026<br \/>\nMais qui ne faudrait-il pas interdire, sur de tels crit\u00e8res ?<\/p>\n<p>Les cris des cloportes contemporains m\u2019amusent et me lassent \u00e0 la fois. Nous sommes entr\u00e9s dans une \u00e8re sans culture \u2014 donc sans humilit\u00e9. \u00ab C\u2019est votre avis, ce n\u2019est pas le mien ! \u00bb clament les gros connards dont nos classes sont pleines. Mais qui es-tu pour avoir un avis, crapule ?<br \/>\nEtiemble et certains de ses contemporains (il appartenait en gros \u00e0 la m\u00eame g\u00e9n\u00e9ration que Sartre et Beauvoir en amont ou Camus en aval, entre autres, il en avait, de la chance) avaient bien le droit de dire Moi \/ Je. Ils avaient le Moi <em>in\u00e9puisable<\/em>, comme dit Val\u00e9ry. Par la qualit\u00e9 de leur pens\u00e9e et de leurs cr\u00e9ations \u2014 pas en soi ! Dire Moi ne les emp\u00eachait d\u2019ailleurs pas de reconna\u00eetre la valeur de leurs (rares) semblables : dans les <em>M\u00e9moires d\u2019une jeune fille rang\u00e9e<\/em>, Beauvoir cesse soudain de dire <em>Je<\/em> quand elle raconte sa rencontre avec Sartre, cet Autre si incroyablement brillant, si tellement <em>Lui<\/em>. Ils furent, quarante ans durant, deux Je majeurs des Lettres et de la pens\u00e9e fran\u00e7aises. Et qui aujourd\u2019hui pour jouer le r\u00f4le de l\u2019intellectuel de r\u00e9f\u00e9rence ? Geoffroy de Lasg\u00e2nerie ?<\/p>\n<p>Dans la fameuse lettre 81 des <em>Liaisons<\/em>, Merteuil frappe \u00e0 grands coups de Moi sur la t\u00eate \u00e9cervel\u00e9e de Valmont. \u00ab Mais moi, qu\u2019ai-je de commun avec ces femmes inconsid\u00e9r\u00e9es ? \u00bb lance-t-elle, condamnant par avance toutes les Bovary pass\u00e9es et \u00e0 venir. Et de raconter par quel \u00ab travail sur moi-m\u00eame \u00bb elle est parvenue \u00e0 la haute citadelle d\u2019o\u00f9 elle invective son ancien comparse. Ce petit ma\u00eetre qui se croit important parce qu\u2019il arrive \u00e0 s\u00e9duire une femme mal mari\u00e9e (bonjour l\u2019exploit !) ou une coll\u00e9gienne na\u00efve \u2014 salut la performance !<br \/>\nEvidemment l\u2019orgueil est une forteresse o\u00f9 l\u2019on se sent bien seul. Les semblables d\u2019un \u00eatre de qualit\u00e9 ne sont pas l\u00e9gion. Mais il est bien pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 la pseudo-d\u00e9mocratisation qui voudrait nous obliger \u00e0 reconna\u00eetre comme des \u00ab \u00e9gaux \u00bb toutes sortes de b\u00eates rampantes, sous pr\u00e9texte qu\u2019elles ont le droit de vote et la capacit\u00e9 de consommer.<\/p>\n<p>Parce que la source des maux actuels de notre civilisation pourrissante est l\u00e0. On cherchait autrefois \u00e0 exister en se cultivant, en pensant, en cr\u00e9ant. Ren\u00e9 Etiemble a fini par ne plus \u00eatre connu que sous son seul patronyme, sans pr\u00e9nom \u2014 comme \u00ab Stendhal \u00bb ou \u00ab C\u00e9line \u00bb : des noms de guerre (et c\u2019est bien d\u2019une guerre contre la m\u00e9diocrit\u00e9 qu\u2019il s\u2019agit) jet\u00e9s \u00e0 la face du peuple servile.<br \/>\nMes \u00e9tudiants, nos \u00e9l\u00e8ves de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, sauf les plus intelligents qui ont choisi l\u2019humilit\u00e9, qui est le plus s\u00fbr chemin pour arriver au Moi, sont en toute occasion des consommateurs. Ils ont encore une certaine r\u00e9v\u00e9rence pour les produits chers (de l\u2019i-phone \u00e0 la Rolex de S\u00e9gu\u00e9la, on leur fait miroiter une s\u00e9rie de gadgets on\u00e9reux dont la possession, leur dit-on, \u00e9tendra leur surface, comme si <em>\u00eatre<\/em> \u00e9tait d\u00e9sormais <em>avoir<\/em>). Mais ils m\u00e9prisent souverainement les produits gratuits \u2014 et l\u2019enseignement est \u00e0 leurs yeux une denr\u00e9e de tr\u00e8s bas \u00e9tage. Ils sont les premiers \u00e0 calculer que le salaire des profs n\u2019est si bas que parce qu\u2019ils vendent un produit de rebut.<br \/>\n\u00c0 noter que leurs parents, pour l\u2019essentiel, pensent de m\u00eame, ce qui explique le taux invraisemblable d\u2019agressions d\u2019enseignants, ces petits fonctionnaires qui accablent leurs grands ch\u00e9ris. Tout comme les consommateurs de trottinettes \u00e9lectriques qui vous rasent les moustaches et vous cassent les pieds. \u00ab J\u2019ai bien le droit d\u2019exister ! \u00bb clament-ils \u00e0 40 \u00e0 l\u2019heure en sillonnant les trottoirs.<br \/>\nDois-je avouer qu\u2019il me vient souvent de belles envies de meurtre ? Un coup d&rsquo;\u00e9paule, et plouf dans le Vieux-Port !<\/p>\n<p>Le pire, c\u2019est qu\u2019au fond de leur inconscient, nos contemporains savent que leur Moi est nul. Alors, ils s\u2019assemblent en groupes pour exister davantage. La segmentation en communaut\u00e9s \u2014 de couleur, de religion, ou de sexe \u2014 est r\u00e9v\u00e9latrice de cette insuffisance inavou\u00e9e. Plus ils ont l\u2019Ego dilat\u00e9, et plus leur Moi est d\u00e9ficient. Le communautarisme est la r\u00e9ponse \u00e0 ce sentiment diffus d\u2019insuffisance. Ils se pelotonnent les uns contre les autres pour oublier qu\u2019il fait froid dans leurs cervelles pleines de courants d\u2019air.<br \/>\nDu coup, l\u2019avis du groupe (et il en est de tous les groupes comme des supporters de foot, ils s\u2019alignent sur l\u2019opinion du plus b\u00eate pourvu qu\u2019il parle fort) devient l\u2019avis de chacun. Ah, la solitude du prof qui cherche encore \u00e0 donner une autonomie de pens\u00e9e \u00e0 ces h\u00e9ros du z\u00e9ro !<\/p>\n<p>Reste Th\u00e9l\u00e8me. \u00ab Un endroit \u00e9cart\u00e9 o\u00f9 d\u2019\u00eatre homme d\u2019honneur on ait la libert\u00e9 \u00bb, dit Alceste. Pourvu que l\u2019abbaye la\u00efque \u00e0 laquelle nous sommes quelques-uns \u00e0 aspirer soit largement approvisionn\u00e9e en mill\u00e9simes honorables, en musique de qualit\u00e9 et livres \u00e0 l\u2019unisson, et surtout \u00e0 l\u2019\u00e9cart de ce monde pourrissant, c\u2019est la seule solution.<br \/>\nTemporaire, il est vrai. La connerie s\u2019\u00e9tend. Elle s\u2019\u00e9tend. Elle gagne. Elle gagnera. \u00ab Je sais bien qu\u2019\u00e0 la fin vous me mettrez \u00e0 bas : N\u2019importe. Je me bats, je me bats, je me bats ! \u00bb<\/p>\n<p>Jean-Paul Brighelli<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vous rappelez-vous Ren\u00e9 Etiemble ? 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