{"id":3006,"date":"2020-02-08T16:29:03","date_gmt":"2020-02-08T14:29:03","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/?p=3006"},"modified":"2021-04-22T18:48:20","modified_gmt":"2021-04-22T16:48:20","slug":"i-dont-find-virtue-photogenic","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/i-dont-find-virtue-photogenic-3006","title":{"rendered":"\u00ab I don\u2019t find virtue photogenic \u00bb"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/i-dont-find-virtue-photogenic-003006\/kirk-douglas-as-doc-holliday-charcoal-western-l-wbwj2d\" rel=\"attachment wp-att-3021\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3021\" src=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/files\/2020\/02\/kirk-douglas-as-doc-holliday-charcoal-western-L-wbWj2d.jpeg\" alt=\"kirk-douglas-as-doc-holliday-charcoal-western-L-wbWj2d\" width=\"459\" height=\"261\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2020\/02\/kirk-douglas-as-doc-holliday-charcoal-western-L-wbWj2d.jpeg 459w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2020\/02\/kirk-douglas-as-doc-holliday-charcoal-western-L-wbWj2d-300x171.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 459px) 100vw, 459px\" \/><\/a>\u00ab I\u2019ve always been attracted to characters who are part scoundrel : I don\u2019t find virtue photogenic \u00bb (j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 attir\u00e9 par les personnages qui sont en partie des crapules : je ne trouve pas la vertu photog\u00e9nique), <a href=\"https:\/\/www.nytimes.com\/1984\/07\/04\/arts\/kirk-douglas-turning-to-tv-work.html\">racontait Kirk Douglas au <em>New York Times<\/em> <\/a>en 1984. Je ne reviendrai pas sur la filmographie de cet immense acteur, mais le fait est qu\u2019il fut toute sa vie fid\u00e8le \u00e0 ce principe. Du reporter cynique de <em>Ace in the hole<\/em> au cowboy rebelle de <em>Lonely are the Brave<\/em> en passant par le Doc Holliday de <em>OK Corral<\/em>, tueur tuberculeux, ou le Einar borgne des <em>Vikings<\/em> (ah, <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=_JyZl3cUNiM\">la sc\u00e8ne o\u00f9 il coupe l\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre, \u00e0 la hache, les tresses de la femme adult\u00e8re<\/a> !), l\u2019acteur a collectionn\u00e9 les r\u00f4les ambigus, voire franchement r\u00e9pugnants. <a href=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/i-dont-find-virtue-photogenic-003006\/777full-jo-van-fleet\" rel=\"attachment wp-att-3022\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-3022\" src=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/files\/2020\/02\/777full-jo-van-fleet-247x300.jpg\" alt=\"777full-jo-van-fleet\" width=\"247\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2020\/02\/777full-jo-van-fleet-247x300.jpg 247w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2020\/02\/777full-jo-van-fleet-768x933.jpg 768w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2020\/02\/777full-jo-van-fleet.jpg 777w\" sizes=\"auto, (max-width: 247px) 100vw, 247px\" \/><\/a>La mani\u00e8re dont Doc Holliday traite Jo van Fleet dans <em>OK Corral<\/em> a de quoi indigner les pratiquantes de MeToo. Et Elisabeth Threatt, qui joue si bien l\u2019Indienne dans <em>The Big Sky,<\/em> n\u2019a plus rien jou\u00e9 apr\u00e8s \u2014 peut-\u00eatre parce que Douglas lui a tann\u00e9 les fesses \u00e0 coups de ceinture, comme il le raconte dans<em> le Fils du chiffonnier.<\/em> C\u2019est tr\u00e8s mal, bien s\u00fbr \u2014 m\u00eame si, dit-il, c\u2019\u00e9tait \u00e0 sa demande. \u00c7a ne se fait pas, enfin, Kirk !<br \/>\nM\u00eame quand il \u00e9tait du c\u00f4t\u00e9 du Bien (dans <em>Spartacus<\/em> par exemple, o\u00f9 des Am\u00e9ricains jouent les esclaves r\u00e9volt\u00e9s, pendant que des Anglais ont \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9s pour jouer les Romains esclavagistes \u2014 ce n\u2019est pas anodin), il tue avec une f\u00e9rocit\u00e9 qui laisse planer plus qu\u2019une ambigu\u00eft\u00e9 en nos temps de mansu\u00e9tude g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e o\u00f9 nous \u00e9pargnons l\u2019adversaire \u00e0 terre afin qu\u2019il nous poignarde dans le dos.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, ce n\u2019est pas l\u2019acteur qui choisit de donner au personnage tel ou tel caract\u00e8re. C\u2019est au sc\u00e9nariste et au r\u00e9alisateur \u2014 encore que Douglas f\u00fbt connu pour intervenir dans la construction du personnage, quitte \u00e0 faire modifier des pans entiers de sc\u00e9nario ou de dialogue. Quand Dalton Trumbo, qui en avait bav\u00e9, \u00e9crit <em>Spartacus<\/em> \u00e0 la demande expresse de Douglas, il sait qu\u2019on ne doit laisser vivants ni les Romains ni les maccarthystes vaincus. Sinon, retour de b\u00e2ton rapide, crucifixion du h\u00e9ros et \u00e9lection de Nixon, qui fut un pilier de la Commission des activit\u00e9s anti-am\u00e9ricaines\u2026<\/p>\n<div id=\"ligne\"><\/div>\n<p>Ce qui nous am\u00e8ne aux bons sentiments qui d\u00e9gueulent de tous les c\u00f4t\u00e9s en ce moment, comme la foule autrefois sortait des vomitoriums du Colis\u00e9e.<\/p>\n<p>En 2015, Peter Ludlow, prof \u00e0 la Northwestern University, accus\u00e9 de harc\u00e8lement sexuel par deux \u00e9tudiantes, est accul\u00e9 \u00e0 la d\u00e9mission dans la grande vague de sexe politiquement correct qui d\u00e9ferlait alors sur les USA et nous touche pr\u00e9sentement. Sa coll\u00e8gue Laura Kipnis publia alors un essai intitul\u00e9 <em>Unwanted Advances : Sexual Paranoia Comes to Campus<\/em>, qui vient d\u2019\u00eatre traduit en fran\u00e7ais sous le titre <em>le Sexe pol\u00e9mique<\/em>.<a href=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/i-dont-find-virtue-photogenic-003006\/ssex-polemique\" rel=\"attachment wp-att-3023\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-3023\" src=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/files\/2020\/02\/ssex-pole\u0301mique-193x300.jpg\" alt=\"ssex-pole\u0301mique\" width=\"193\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2020\/02\/ssex-pole\u0301mique-193x300.jpg 193w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2020\/02\/ssex-pole\u0301mique.jpg 322w\" sizes=\"auto, (max-width: 193px) 100vw, 193px\" \/><\/a> Un essai qui lui attira les foudres de la communaut\u00e9 \u00e9tudiante, puisque ces jeunes gens ne tol\u00e8rent pas que l\u2019on couche, ni que l\u2019on parle, ni quoi que ce soit \u00e0 part leur reflet dans le miroir des <em>safe spaces<\/em> qu&rsquo;on leur a construits pour qu&rsquo;ils s&rsquo;y sentent \u00e0 l&rsquo;abri : le maccarthysme de la vertu est peut-\u00eatre plus ignoble encore que celui de l\u2019anti-communisme. Hurler dans les r\u00e9unions publiques leur sert de d\u00e9fouloir. La protestation de vertu outrag\u00e9e est un mode de sublimation, au m\u00eame titre que le mysticisme ou l\u2019art, jadis. L\u2019\u00e9cologisme version Greta Thunberg est aussi la sublimation d\u2019une libido malade. Ils feraient mieux de se branler en lisant <em>les 11 000 verges<\/em>, un livre qui vaut mieux, dans le genre cravache, que <em>Fifty Shades of Grey<\/em>.<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019est avec les beaux sentiments que l\u2019on fait de la mauvaise litt\u00e9rature \u00bb : on conna\u00eet la r\u00e9flexion de Gide, qui s\u2019y connaissait en plaisirs licites et illicites \u2014 et il est temps que l\u2019on censure un auteur qui avouait d\u00e8s les ann\u00e9es 1920 qu\u2019il allait en Tunisie enculer de petits Arabes :<\/p>\n<p>\u00ab Je me laissai entra\u00eener dans la dune par Ali \u2013 c\u2019\u00e9tait le nom de mon jeune porteur ; nous atteign\u00eemes bient\u00f4t une sorte d\u2019entonnoir ou de crat\u00e8re, dont les bords dominaient un peu la contr\u00e9e, et d\u2019o\u00f9 l\u2019on pouvait voir venir. Sit\u00f4t arriv\u00e9 l\u00e0, sur le sable en pente, Ali jette ch\u00e2le et manteau ; il s\u2019y jette lui-m\u00eame et, tout \u00e9tendu sur le dos, les bras en croix, commence \u00e0 me regarder en riant. Je n\u2019\u00e9tais pas niais au point de ne comprendre pas son invite ; toutefois je n\u2019y r\u00e9pondis pas aussit\u00f4t. Je m\u2019assis, non loin de lui, mais pas trop pr\u00e8s pourtant, et, le regardant fixement \u00e0 mon tour, j\u2019attendis, fort curieux de ce qu\u2019il allait faire.<br \/>\nJ\u2019attendis ! J\u2019admire aujourd\u2019hui ma constance&#8230; Mais \u00e9tait-ce bien la curiosit\u00e9 qui me retenait ? Je ne sais plus. Le motif secret de nos actes, et j\u2019entends : des plus d\u00e9cisifs, nous \u00e9chappe ; et non seulement dans le souvenir que nous en gardons, mais bien au moment m\u00eame. Sur le seuil de ce que l\u2019on appelle : p\u00e9ch\u00e9, h\u00e9sitais-je encore ? Non ; j\u2019eusse \u00e9t\u00e9 trop d\u00e9\u00e7u si l\u2019aventure e\u00fbt d\u00fb se terminer par le triomphe de ma vertu \u2013 que d\u00e9j\u00e0 j\u2019avais prise en d\u00e9dain, en horreur. Non ; c\u2019est bien la curiosit\u00e9 qui me faisait attendre&#8230; Et je vis son rire lentement se faner, ses l\u00e8vres se refermer sur ses dents blanches ; une expression de d\u00e9convenue, de tristesse assombrit son visage charmant. Enfin il se leva :<br \/>\n\u00ab Alors, adieu \u00bb, dit-il. Mais, saisissant la main qu\u2019il me tendait, je le fis rouler \u00e0 terre. Son rire aussit\u00f4t reparut. Il ne s\u2019impatienta pas longtemps aux n\u0153uds compliqu\u00e9s des lacets qui lui tenaient lieu de ceinture ; sortant de sa poche un petit poignard, il en trancha d\u2019un coup l\u2019embrouillement. Le v\u00eatement tomba ; il rejeta au loin sa veste, et se dressa nu comme un dieu. Un instant il tendit vers le ciel ses bras gr\u00eales, puis, en riant, se laissa tomber contre moi. Son corps \u00e9tait peut-\u00eatre br\u00fblant, mais parut \u00e0 mes mains aussi rafra\u00eechissant que l\u2019ombre. Que le sable \u00e9tait beau ! Dans la splendeur adorable du soir, de quels rayons se v\u00eatait ma joie ! \u00bb<\/p>\n<p>Brigades de la vertu, que faites-vous ? Qu\u2019attendez-vous ?<\/p>\n<p>Il existe sur le Net une kyrielle de propositions de dissertations r\u00e9dig\u00e9es qui examinent la phrase de Gide \u2014et aucune ne vaut tripette. La vertu est pour les profs l\u2019Annapurna ind\u00e9passable, le z\u00e9nith de la pens\u00e9e, l\u2019apex de toute \u00e9tude litt\u00e9raire. Le \u00ab Souvenir de la nuit du 4 \u00bb, de Hugo \u2014 que Rimbaud a na\u00efvement pomp\u00e9 dans ce chef d\u2019\u0153uvre kitsch qu\u2019est \u00ab le Dormeur du val \u00bb, une \u0153uvrette de bon \u00e9l\u00e8ve s\u2019il en fut jamais ; le \u00ab J\u2019accuse \u00bb de Zola, qui est certainement ce que l\u2019auteur de <em>la Cur\u00e9e<\/em> a commis de plus faible ; ou le \u00ab Libert\u00e9 \u00bb d\u2019Eluard : Benjamin P\u00e9ret, qui \u00e9tait rest\u00e9 Surr\u00e9aliste sans glisser dans la case Communiste, <a href=\"http:\/\/dormirajamais.org\/peret\/\">disait avec un peu de brutalit\u00e9<\/a> des textes rassembl\u00e9s dans ce recueil de bons sentiments intitul\u00e9 justement l<em>\u2019Honneur des po\u00e8tes<\/em>, que \u00ab pas un de ces \u00ab po\u00e8mes \u00bb ne d\u00e9passe le niveau lyrique de la publicit\u00e9 pharmaceutique \u00bb.<br \/>\nMais voil\u00e0 : la litt\u00e9rature \u00ab engag\u00e9e \u00bb fournit aux commentateurs modernes la troisi\u00e8me partie de toute dissertation sur le sujet, et l\u2019argument sans r\u00e9plique des censeurs, coupeurs de couilles et autres vertueux \u00e0 deux balles qui s\u00e9vissent aujourd\u2019hui. En un sens, la rafale de vertu sous laquelle nous succombons pr\u00e9sentement a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9e ces vingt ou trente derni\u00e8res ann\u00e9es par des enseignants qui ont cru bien faire, et qui ne connaissaient rien \u00e0 ce qu\u2019est la litt\u00e9rature.<\/p>\n<p>Dans <em>les Liaisons dangereuses<\/em>, Merteuil se moque de C\u00e9cile, fra\u00eechement d\u00e9pucel\u00e9e par Valmont (et <a href=\"https:\/\/imaristo.hypotheses.org\/166\">les commentateurs modernes vous jurent tous qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un viol<\/a>, alors m\u00eame que C\u00e9cile dit le contraire) parce qu\u2019elle se plaint des proc\u00e9d\u00e9s du libertin, qui a un peu forc\u00e9 l\u2019\u00e9v\u00e9nement : \u00ab Vous ne ch\u00e9rissez de l\u2019amour que les peines, et non les plaisirs ! Rien de mieux, et vous figurerez \u00e0 merveille dans un roman. De la passion, de l\u2019infortune, de la vertu par-dessus tout, que de belles choses ! Au milieu de ce brillant cort\u00e8ge, on s\u2019ennuie quelquefois \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9, mais on le rend bien \u00bb (lettre CV). Je faisais un cours le mois dernier sur ce roman ind\u00e9passable, et je faisais remarquer aux \u00e9tudiants qu\u2019il y avait dans la phrase ironique de Merteuil les mots m\u00eame qui fournirent \u00e0 Sade la mati\u00e8re de trois livres successifs. Le marquis \u00e9crit la premi\u00e8re version des <em>Infortunes de la vertu<\/em> en 1787 : elle ne sera publi\u00e9e qu\u2019en 1930. La seconde version, <em>Justine ou les Malheurs de la vertu<\/em>, est publi\u00e9e en 1791. La troisi\u00e8me version (et la plus cons\u00e9quente), <em>la Nouvelle Justine<\/em>, voit le jour en 1799. Trois essais pour rivaliser avec Laclos, dont les <em>Liaisons<\/em>, parues en 1782, ont d\u00fb cruellement r\u00e9sonner dans le cr\u00e2ne de Monsieur de Sade \u2014 comme aurait dit Jacques Chessex. Des volumes en grand nombre, pour dissimuler son d\u00e9pit d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 battu sur son terrain par un artilleur sp\u00e9cialiste de castram\u00e9tation (je parle de Sade pour \u00e9voquer la m\u00e9moire de Pierre Guyotat, <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/culture\/quand-pierre-guyotat-nous-parlait-de-sade-et-de-la-prison-08-02-2020-2361772_3.php\">qui en parlait si bien<\/a> et qui vient de mourir \u2014 c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;un des derniers grands \u00e9crivains fran\u00e7ais en exercice).<\/p>\n<p>La vertu n\u2019est pas photog\u00e9nique. Elle n\u2019est pas litt\u00e9raire non plus. Elle est le syst\u00e8me oppressif que les castes au pouvoir, au cours de l\u2019Histoire, ont peaufin\u00e9 pour contenir le peuple dans les bornes de la d\u00e9cence \u2014 et de l\u2019impuissance. Le libertinage est un premier pas vers la libert\u00e9. Et tous ceux qui disent le contraire sont des supp\u00f4ts de l\u2019esclavage, ou des ali\u00e9n\u00e9s complets \u2014 et complices.<br \/>\nBien s\u00fbr le vice en soi ne suffit pas \u2014 il est aussi lassant que la vertu. De surcro\u00eet, un peu de vertu ne messied pas au plaisir : rien n\u2019est plus divertissant\u00a0que le spectacle de la vertu d\u00e9faite, surtout quand elle s\u2019accompagne d\u2019une reddition volontaire et d\u2019une jouissance honteuse mais violente. R\u00e9habilitons Don Juan, Casanova, Merteuil et Juliette, et laissons les peine-\u00e0-jouir s\u2019ab\u00eemer la sant\u00e9 sur des \u00ab steaks \u00bb de soja (l\u2019appellation devrait \u00eatre heureusement bient\u00f4t bannie) et des \u00ab vromages \u00bb \u2014 puisque \u00ab fromage \u00bb est un mot aussi interdit d\u00e9sormais que \u00ab s\u00e9duction \u00bb \u2014 dont l\u2019id\u00e9e seule me fait vromir.<\/p>\n<p>Jean-Paul Brighelli<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab I\u2019ve always been attracted to characters who are part scoundrel : I don\u2019t find virtue photogenic \u00bb (j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 attir\u00e9 par les personnages qui sont en partie des crapules : je ne trouve pas la vertu photog\u00e9nique), racontait Kirk Douglas au New York Times en 1984. Je ne reviendrai pas sur la filmographie [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[1951,1952,1953,1947,1948,1949,1954,1950,363,1955,53],"class_list":{"0":"post-3006","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","6":"category-non-classe","7":"tag-cest-avec-les-beaux-sentiments-que-lon-fait-de-la-mauvaise-litterature","8":"tag-andre-gide","9":"tag-benjamin-peret","10":"tag-kirk-douglas","11":"tag-laura-kipnis","12":"tag-le-sexe-polemique","13":"tag-liaisons-dangereuses","14":"tag-litterature-engagee","15":"tag-sade","16":"tag-si-le-grain-ne-meurt","17":"tag-vertu"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3006","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3006"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3006\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3006"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3006"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3006"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}