{"id":3333,"date":"2021-01-22T19:06:25","date_gmt":"2021-01-22T17:06:25","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/?p=3333"},"modified":"2021-04-22T18:48:01","modified_gmt":"2021-04-22T16:48:01","slug":"emmerdantes-emmerdeuses-et-emmerderesses-de-la-derivation-lexicale-en-francais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/emmerdantes-emmerdeuses-et-emmerderesses-de-la-derivation-lexicale-en-francais-3333","title":{"rendered":"Emmerdantes, emmerdeuses et emmerderesses : de la d\u00e9rivation lexicale en fran\u00e7ais"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/emmerdantes-emmerdeuses-et-emmerderesses-de-la-derivation-lexicale-en-francais-003333\/eliane_viennot_a_la_wikiconvention_francophone_aou%cc%82t_2016\" rel=\"attachment wp-att-3336\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-3336\" src=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/files\/2021\/01\/Eliane_Viennot_a\u0300_la_Wikiconvention_Francophone_aou\u0302t_2016-225x300.jpg\" alt=\"Eliane_Viennot_a\u0300_la_Wikiconvention_Francophone,_aou\u0302t_2016\" width=\"225\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2021\/01\/Eliane_Viennot_a\u0300_la_Wikiconvention_Francophone_aou\u0302t_2016-225x300.jpg 225w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2021\/01\/Eliane_Viennot_a\u0300_la_Wikiconvention_Francophone_aou\u0302t_2016-768x1024.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/><\/a>Deux professeurs de Lettres de mon lyc\u00e9e\u2026<\/p>\n<p>(Ne comptez pas sur moi pour \u00e9crire \u00ab professeures \u00bb, je ne travaille ni pour le <em>Monde<\/em>, ni pour <em>Lib\u00e9<\/em>, ces deux Pravda modernes de la bien-pensance. Je me contente d\u2019\u00e9crire en fran\u00e7ais.)<\/p>\n<p>Reprenons.<br \/>\nDeux professeurs de Lettres de mon lyc\u00e9e ont organis\u00e9 un magnifique colloque \u00e0 usage interne sur le th\u00e8me <em>Normes et Langues<\/em>. Vendredi 15 devait s\u2019exprimer Eliane Viennot, universitaire clermontoise et grande pr\u00eatresse du f\u00e9minisme lexical, dans une conf\u00e9rence intitul\u00e9e \u00ab S\u2019exprimer sans sexisme \u00bb. L\u2019avant-propos de la plaquette de pr\u00e9sentation \u00e9tait all\u00e9chant : \u00ab Objet de r\u00e9flexion, de travail scientifique et de pole\u0301mique depuis une quarantaine d\u2019anne\u0301es, la \u00ab fe\u0301minisation \u00bb de la langue franc\u0327aise a re\u0301cemment connu un changement d\u2019approche. Il appara\u00eet de\u0301sormais que la fameuse question des \u00ab noms de me\u0301tiers, fonctions, titres et dignite\u0301s \u00bb n\u2019e\u0301tait que la partie e\u0301merge\u0301e de l\u2019iceberg, mais aussi que la domination du masculin sur le fe\u0301minin dans les discours et la syntaxe est pour l\u2019essentiel un phe\u0301nome\u0300ne construit. La confe\u0301rence s\u2019attachera a\u0300 montrer les domaines ou\u0300 la langue a e\u0301te\u0301 masculinise\u0301e, et les diffe\u0301rentes ressources qu\u2019il convient de mobiliser pour nous exprimer sans sexisme, dans le double respect de la langue et des valeurs dont nos socie\u0301te\u0301s se re\u0301clament aujourd&rsquo;hui. \u00bb<\/p>\n<p>Qu\u2019une linguiste parle de \u00ab domination \u00bb du masculin sur le f\u00e9minin, comme si le m\u00e2le \u00e9crasait toujours la femelle sous son poids, est consternant. Le masculin en fran\u00e7ais, les trois-quarts du temps, est un neutre \u2014 et peu de m\u00e2les accepteraient, s\u2019ils s\u2019en souciaient, d\u2019\u00eatre ainsi r\u00e9ifi\u00e9s. Les mots n\u2019ont pas de sexe \u2014 ou alors, tout va de travers, puisqu\u2019on dit \u00ab le \u00bb vagin \u00bb (ou \u00ab le \u00bb con) et \u00ab la \u00bb verge (ou \u00ab la \u00bb bite)\u2026 Le masculin n\u2019est pas le m\u00e2le. Une caract\u00e9ristique grammaticale n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 une carte d\u2019identit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique.<\/p>\n<p>Tout comme il faut dissocier ce qui, dans le mot \u00ab homme \u00bb, renvoie au latin \u00ab homo \u00bb, l\u2019\u00eatre humain, et ce qui \u00e9voque le \u00ab vir \u00bb latin. Dans la <em>D\u00e9claration des Droits de l\u2019homme<\/em>, c\u2019\u00e9tait l\u2019\u00eatre humain. Pour ne pas l\u2019avoir compris, Olympe de Gouges, qui a cru malin d\u2019\u00e9crire la <em>D\u00e9claration des Droits de la femme<\/em>, a \u00e9t\u00e9 guillotin\u00e9e. C\u2019\u00e9tait violent, pour une faute de traduction digne d\u2019un gamin de six ans de l\u2019\u00e9poque, mais le tribunal r\u00e9volutionnaire ne badinait pas avec le latin.<br \/>\n\u00c0 noter que les badauds ont regard\u00e9 avec curiosit\u00e9 son ex\u00e9cution, mais ont protest\u00e9 lorsque l\u2019aide du bourreau a cru intelligent de souffleter la t\u00eate d\u00e9capit\u00e9e d\u2019Olympe. Ils ont exig\u00e9 son arrestation imm\u00e9diate. Le peuple sait ce qui est juste, et ce qui est abus, comme nous allons le voir.<\/p>\n<p>Eliane Viennot n\u2019est pas venue, alors que je me faisais une joie na\u00efve d\u2019y assister, afin de rentrer en moi-m\u00eame et me flageller de mes mauvaises opinions ant\u00e9rieures\u2026 J\u2019en pleure encore. Elle aurait eu un accident de voiture. Elle n\u2019en est pas morte. \u00ab Caramba, encorrre rat\u00e9 ! \u00bb aurait dit Herg\u00e9.<\/p>\n<p>Cela dit, qu\u2019en est-il des r\u00e8gles de d\u00e9rivation lexicale en fran\u00e7ais ?<\/p>\n<p>Avant tout, partons d\u2019un consensus. Le ma\u00eetre de la langue, c\u2019est l\u2019usage \u2014 et pas forc\u00e9ment \u00ab l\u2019usage de la plus saine partie de la Cour \u00bb, comme disait Vaugelas, \u00e9tant entendu que les oligarques \u00e0 pr\u00e9sent parlent une langue absconse. Non, simplement l\u2019usage majoritaire du peuple \u2014 c\u2019est la r\u00e8gle observ\u00e9e par l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise. Vous pouvez toujours oser un n\u00e9ologisme, il sera repris ou ne sera pas repris. On a tent\u00e9 d\u2019imposer \u00ab la \u00bb Covid en partant de l\u2019id\u00e9e que le \u00ab d \u00bb de Covid signifie <em>disease<\/em>, et que le mot se traduit par <em>maladie<\/em>, qui est f\u00e9minin \u2014 mais il n\u2019y a pas de masculin ou de f\u00e9minin en anglais pour les non-anim\u00e9s, \u00e0 l\u2019exception des bateaux\u2026 C\u2019est un neutre, et le neutre, en fran\u00e7ais, c\u2019est le masculin \u2014 voir ci-dessus. Et une tr\u00e8s large majorit\u00e9 de gens disent \u00ab le \u00bb Covid : l\u2019usage a toujours raison.<br \/>\nJ\u2019irai plus loin : l\u2019usage peut l\u00e9gif\u00e9rer <em>contre<\/em> la r\u00e8gle. \u00ab Apr\u00e8s que \u00bb requiert l\u2019indicatif. Mais l\u2019usage (fautif) impose peu \u00e0 peu le subjonctif, par contamination avec \u00ab avant que \u00bb. Vous n\u2019y pouvez rien \u2014 comme l\u2019horrible \u00ab se rappeler de \u00bb (alors que le verbe est transitif), contamin\u00e9 par \u00ab se souvenir de \u00bb. En fran\u00e7ais, le \u2013i- devant \u2013gn- ne se prononce pas lorsqu\u2019il marque la mouillure du \u2013gn- : voir \u00ab oignon \u00bb, ou \u00ab champagne \u00bb qui s\u2019\u00e9crivait jadis \u00ab champaigne \u00bb (comme Philippe de). Ou \u00ab montagne \u00bb et non plus \u00ab montaigne \u00bb (comme Michel de). Oui, mais l\u2019usage a ent\u00e9rin\u00e9 \u00ab poignard \u00bb, prononc\u00e9 poaniard. Vous n\u2019y pouvez rien.<\/p>\n<p>\u00ab La langue est fasciste \u00bb, disait Barthes pour \u00e9voquer les r\u00e8gles de fer de la syntaxe et de la morphologie. Bien plus, elle est arbitraire. Les grands \u00e9crivains seuls jouent au-del\u00e0 des r\u00e8gles \u2014 mais c\u2019est dans le cadre de la fonction po\u00e9tique. La fonction normative, elle, ne rigole pas.<br \/>\nAlors, auteur \/ autrice, comme spectateur \/ spectatrice, pourquoi pas ? Apr\u00e8s tout, <em>auctrix<\/em> existe en latin. Nous verrons bien ce qu\u2019en fait l\u2019usage \u2014 l\u2019usage, et pas des chiennes de garde d\u00e9cha\u00een\u00e9es. Mais pas \u00ab auteure \u00bb sous pr\u00e9texte que le e muet final serait f\u00e9minisant. Ah oui, comme dans \u00ab homme \u00bb. D\u2019autant que pour bien le faire sentir, \u00e0 l\u2019oral, vous voici forc\u00e9es, mesdames, d\u2019adopter l\u2019accent marseillais. \u00ab Je suis auteure, peuch\u00e8re\u2026 \u00bb<br \/>\nProfesseur \/ professeuse, comme masseur \/ masseuse, acceptons. Pourquoi pas professeuresse, comme doctoresse ? C\u2019est long, c\u2019est hideux et impronon\u00e7able, mais c\u2019est une d\u00e9rivation rigoureuse. Mais certainement pas professeure.<br \/>\n\u00ab Professeuse \u00bb est donc une d\u00e9rivation correcte. Mais alors que le \u00ab fesseur \u00bb ne s\u2019entend plus depuis lurette dans \u00ab professeur \u00bb, on entend malencontreusement \u00ab fesseuse \u00bb dans \u00ab professeuse \u00bb \u2014 comme on entend \u00ab vaine \u00bb dans \u00ab \u00e9crivaine \u00bb. Et les petits malins oseront sans faute la question : une professeuse est-elle une fesseuse pro \u2014 comme certaines Ma\u00eetresses de l\u2019univers SM ?<br \/>\nD\u2019autant que la langue va toujours vers le plus \u00e9conomique. \u00ab Professeur \u00bb devient \u00ab prof \u00bb \u2014 qui est masculin ou f\u00e9minin, le caract\u00e8re familier du mot, presque sentimental, joue contre la rigidit\u00e9 de la fonction.<br \/>\nParce que les mots qui \u00e9voquent une fonction (de \u00ab pr\u00e9sident \u00bb \u00e0 \u00ab ministre \u00bb) ne sont th\u00e9oriquement pas f\u00e9minisables. Si l\u2019usage accepte \u00ab pr\u00e9sidente \u00ab (jadis uniquement femme de pr\u00e9sident, voir <em>les Liaisons dangereuses<\/em> et la \u00ab pr\u00e9sidente \u00bb de Tourvel), allons-y. Mais appelleriez-vous votre avocate \u00ab ma\u00eetresse \u00bb \u2014 \u00e0 la barre ? Pourtant, les viragos modernes insistent : \u00ab Je suis ma\u00eetresse de conf\u00e9rence \u00bb. \u00c7a ne passera pas, le ridicule tue les barbarismes et les p\u00e9dantes en jupons. Un homme peut-il \u00eatre \u00ab sage-femme \u00bb ? Certainement \u2014 et il faut \u00eatre timbr\u00e9e, ou \u00ab chauffeuse routi\u00e8re \u00bb, pour tenter d\u2019imposer \u00ab sage-homme \u00bb.<\/p>\n<p>Simone de Beauvoir, qui avait plus d\u2019intelligence et de g\u00e9nie dans son petit doigt que toutes ces vocif\u00e9ratrices r\u00e9unies, \u00e9crit qu\u2019elle est nomm\u00e9e professeur \u00e0 Marseille, et qu\u2019elle est \u00e9crivain. Vous pensez vraiment faire mieux ?<\/p>\n<p>Je d\u00e9conseille d&rsquo;ailleurs fermement aux candidats \u00e0 des concours s\u00e9rieux de se lancer dans des fantaisies morphologiques \u00e0 haut risque. Il y a des examinateurs\u00a0qui ne plaisantent pas avec la correction de la langue, et qu&rsquo;un \u00ab\u00a0auteure\u00a0\u00bb dissuaderait de pousser plus avant l&rsquo;examen de la copie.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas sur la langue que les femmes ont des territoires \u00e0 conqu\u00e9rir. C\u2019est dans le champ culturel, dans le champ \u00e9conomique, dans le champ politique. Pas en imposant une politique de quotas : peu m\u2019importe d\u2019avoir un gouvernement exclusivement f\u00e9minin, pourvu qu\u2019il soit compos\u00e9 de clones d\u2019Elisabeth I\u00e8re ou de Christine de Su\u00e8de. Ou exclusivement masculin, pourvu qu\u2019il ressuscite Richelieu et Clemenceau.<\/p>\n<p>La critique porte aujourd\u2019hui sur les manuels scolaires de Lettres, o\u00f9 trop peu de femmes, etc. Au point que j\u2019ai recens\u00e9 pour mes \u00e9tudiants dans un POwerPoint d&rsquo;anthologie les femmes qui se sont illustr\u00e9es en art ou en litt\u00e9rature. Alors certes, Marguerite d\u2019Angoul\u00eame, l\u2019autrice de <em>l\u2019Heptam\u00e9ron<\/em>, mais pas forc\u00e9ment Marguerite de Navarre, la premi\u00e8re \u00e9pouse d\u2019Henri IV, et accessoirement la ch\u00e9rie d\u2019Eliane Viennot (pour devenir professeur d\u2019universit\u00e9, choisissez un champ peu labour\u00e9, c\u2019est plus s\u00fbr). Madame de La Fayette ou madame de S\u00e9vign\u00e9, madame Guyon \u00e0 la rigueur (d\u00e9j\u00e0 je vous sens h\u00e9sitants : \u00ab Qui \u00e7a ? \u00bb), mais pas Louise du N\u00e9ant. L\u2019ineffable Emilie du Ch\u00e2telet, mais pas madame de Genlis, \u00e9crivaillonne (fabriquons des n\u00e9ologismes f\u00e9minins !) bien-pensante. Sand ou peut-\u00eatre Rachilde, oui \u2014 mais Desbordes-Valmore ? Colette ou Yourcenar certainement, mais pas Christine Angot. Pourquoi pas Virginie Despentes, pendant que vous y \u00eates ?<\/p>\n<p>Pendant ce temps, des centaines de noms d\u2019\u00e9crivains, <em>Dead white males<\/em>, vous viennent \u00e0 l\u2019esprit. Il en est de m\u00eame en art. Artemisia Gentileschi, bien s\u00fbr, dont les Judith portent la castration \u00e0 l\u2019incandescence. Mais Rosa Bonheur ? De beaux tableaux de b\u0153ufs et de chevaux, c\u00e9l\u00e9br\u00e9s parce que Bonheur \u00e9tait lesbienne ? Allons donc !<br \/>\nJe n\u2019ai aucune difficult\u00e9 \u00e0 trouver du g\u00e9nie \u00e0 Virginia\u00a0Woolf. Mais pas \u00e0 Judith Butler. La possession d\u2019une paire d\u2019ovaires ne contribue en rien au talent, qui n\u2019a pas de sexe. Pas plus qu\u2019une paire de testicules. On voit \u00e7\u00e0 et l\u00e0 des \u00ab festivals de films de femmes \u00bb o\u00f9 sont pr\u00e9sent\u00e9s des rogatons irregardables. Si on faisait la m\u00eame chose pour des films d\u2019hommes, quel brouhaha \u2014 sauf\u00a0que l\u2019on aurait l\u2019embarras du choix parmi les chefs d\u2019\u0153uvre.<br \/>\nEt ne croyez pas que je m\u00e9prise les r\u00e9alisatrices (le f\u00e9minin s\u2019est impos\u00e9 sans complexe). J\u2019aime beaucoup Leni Riefenstahl (ah mince, elle pensait mal\u2026) ou Kathryn Bigelow. Mais avouez, Chantal Ackerman ou Marguerite Duras cin\u00e9aste, c\u2019est de la daube. M\u00eame avec Delphine Seyrig.<br \/>\nAllez, travaillez, prenez de la peine, cr\u00e9ez au lieu de convoquer des conf\u00e9rences oiseuses sur le sexe des dipt\u00e8res que l\u2019on sodomise. Peut-\u00eatre en sortira-t-il quelque chose.<\/p>\n<p>Jean-Paul Brighelli<\/p>\n<p>PS. Le titre vient, bien s\u00fbr, d\u2019une ineffable chanson de Brassens, <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=CVaUBBH3KZ0\"><em>Misogynie \u00e0 part<\/em><\/a>, inspir\u00e9e d\u2019une formule cinglante de Paul Val\u00e9ry. Mince, encore deux <em>dead white males<\/em> ! La prochaine fois, pour faire plaisir \u00e0 Eliane, je citerai Aya Nakamura, sublime ambassadrice de la langue fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>PPS. Le mot \u00ab\u00a0con\u00a0\u00bb (organe f\u00e9minin) avait enfant\u00e9 une forme augment\u00e9e, \u00ab\u00a0connasse\u00a0\u00bb \u2014 con de larges aptitudes. Quand le mot se m\u00e9taphorisa, vers 1810, on inventa \u00ab\u00a0conne\u00a0\u00bb qui est une sorte de sur-f\u00e9minisation de ce qu&rsquo;il y avait de plus f\u00e9minin \u2014 mais qui \u00e9tait r\u00e9gi, si je puis dire, par un masculin. Le mot s&rsquo;est rapidement impos\u00e9, vu sa n\u00e9cessit\u00e9. Comme quoi de temps en temps l&rsquo;usage ne rechigne pas \u00e0 la f\u00e9minisation. Alors, ne perdez pas courages, mesdames\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Deux professeurs de Lettres de mon lyc\u00e9e\u2026 (Ne comptez pas sur moi pour \u00e9crire \u00ab professeures \u00bb, je ne travaille ni pour le Monde, ni pour Lib\u00e9, ces deux Pravda modernes de la bien-pensance. Je me contente d\u2019\u00e9crire en fran\u00e7ais.) Reprenons. 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