{"id":360,"date":"2011-11-13T19:27:33","date_gmt":"2011-11-13T19:27:33","guid":{"rendered":"http:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/?p=360"},"modified":"2021-04-22T18:53:06","modified_gmt":"2021-04-22T16:53:06","slug":"tigres-de-papier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/tigres-de-papier-360","title":{"rendered":"Tigres de papier"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Crise par ci, crise par l\u00e0. Mais encore ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Gouvernement et opposition, unis dans la grande fiction n\u00e9olib\u00e9rale, tentent de nous culpabiliser en nous laissant croire qu&rsquo;un r\u00e9gime minceur (voire un r\u00e9gime anorexique) gu\u00e9rira le pays d&rsquo;abord, l&rsquo;Europe ensuite. Demandez un peu aux Grecs ce qu&rsquo;ils en pensent\u2026<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Mes comp\u00e9tences en \u00e9conomie sont\u2026 limit\u00e9es. Aussi ai-je demand\u00e9 \u00e0 un ami dont c&rsquo;est la profession de nous expliquer par quel processus fatal nous nous sommes retrouv\u00e9s dans l&rsquo;impasse \u2014 et par quelle man\u0153uvre nous pourrions en sortir.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Son analyse est un peu longue peut-\u00eatre, parce qu&rsquo;il faut remonter aux calendes\u2026 grecques pour expliquer le pr\u00e9sent. Mais je crois que \u00e7a vaut le coup d&rsquo;aller jusqu&rsquo;au bout de l&rsquo;analyse : cela permettra \u00e0 chacun d&rsquo;expliquer \u00e0 son voisin que purges et saign\u00e9es n&rsquo;ont jamais, depuis Moli\u00e8re, sauv\u00e9 un seul malade.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Cela ne signifie pas que je partage toutes les conclusions de la pr\u00e9sente Note. Mais je ne suis pas le premier \u00e0 dire que la politique de la France (ou de la Gr\u00e8ce, ou de l&rsquo;Italie, ou\u2026) ne doit pas se faire \u00e0 la corbeille. Et l&rsquo;intox actuelle sur le th\u00e8me \u00ab\u00a0il n&rsquo;y a rien d&rsquo;autre \u00e0 faire que prendre des mesures d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb \u2014 surtout qund on sait que ceux qui la pr\u00e9conisent n&rsquo;en souffrent pas vraiment \u2014 me h\u00e9risse. Je pense \u00e0 tous ceux qui se fichent pas mal de savoir s&rsquo;ils paieront leur baguette en euros ou en francs \u2014 ou en drachmes \u2014, ne serait-ce que parce qu&rsquo;ils ont, comme disait Pr\u00e9vert, le pain quotidien relativement hebdomadaire, gr\u00e2ce aux banques, aux traders et \u00e0 ces technocrates de Standard &amp; Poors qui ont si habilement camoufl\u00e9 les comptes de la Gr\u00e8ce et se retrouvent \u00e0 la t\u00eate de la Banque europ\u00e9enne ou de l&rsquo;Italie.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>JP Brighelli<\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">Dans la c\u00e9l\u00e8bre parabole de la \u00ab main invisible \u00bb d\u2019Adam Smith, pr\u00e9sentant les vertus du march\u00e9, le boucher vend de la bonne viande \u00e0 ses clients et r\u00e9alise du m\u00eame coup le bonheur de ces derniers et le sien propre, puisqu\u2019il gagne d\u2019autant mieux sa vie qu\u2019il aura satisfait les autres.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">Si le march\u00e9 de la viande fonctionnait comme un march\u00e9 financier, le boucher vendrait de la viande pourrie que ses clients ach\u00e8teraient avidement pour la revendre plus cher (et toujours plus pourrie) \u00e0 d\u2019autres op\u00e9rateurs eux-m\u00eames \u00e0 la recherche d\u2019une plus-value future, et non de quelque consommation. La viande parviendrait-elle finalement \u00e0 un v\u00e9ritable consommateur, ce dernier n\u2019en serait que promis \u00e0 l\u2019intoxication. Mais il est probable que le boucher n\u2019aurait m\u00eame pas vendu de la v\u00e9ritable viande, tout au plus la promesse d\u2019en fournir sur les bovins de l\u2019avenir\u2026<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">Prisonnier du mirage d\u2019une finance toute-puissante, les \u00c9tats Europ\u00e9ens abdiquent les uns apr\u00e8s les autres ce qui leur restait de souverainet\u00e9 pour communier dans la mortification annonc\u00e9e par les interpr\u00e8tes des \u00ab&nbsp;march\u00e9s&nbsp;\u00bb. Pourtant, rien d\u2019autre que la peur ne nous y oblige&nbsp;: <strong>d<\/strong><\/span><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\"><strong>u jour o\u00f9 la banque de France prendrait en charge le service de la dette de l&rsquo;\u00c9tat par \u00e9mission d\u2019euros ou de francs, le probl\u00e8me de la dette publique aurait disparu. Du jour o\u00f9 l&rsquo;\u00c9tat interdirait les op\u00e9rations sp\u00e9culatives et restaurerait le contr\u00f4le aux fronti\u00e8res des mouvements de capitaux, le cauchemar se dissiperait.<\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">Politiciens, journalistes et \u00ab&nbsp;sp\u00e9cialistes&nbsp;\u00bb du petit \u00e9cran se renvoient l\u2019ectoplasme des \u00ab&nbsp;march\u00e9s financiers&nbsp;\u00bb&nbsp;; \u00e0 force de r\u00e9p\u00e9tition il s\u2019empare des esprits&nbsp;; nul ne se hasarde \u00e0 tester sa consistance comme dans ces romans de science-fiction o\u00f9 un hologramme suffit \u00e0 interdire l\u2019entr\u00e9e d\u2019une salle secr\u00e8te par la seule terreur qu\u2019il inspire.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\"><strong>La finance est un tigre de papier, un syst\u00e8me institutionnel construit au travers des vicissitudes de l\u2019histoire dont la puissance et les vertus n\u2019existent que dans l\u2019imagination de nos \u00e9lites. S\u2019en lib\u00e9rer n\u2019est qu\u2019une question de lucidit\u00e9 et de courage politique.<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Inefficiente et destructrice (I), la finance ne s\u2019est form\u00e9e que sur la faiblesse politique des \u00c9tats (II)&nbsp;; la Crise pr\u00e9sente r\u00e9v\u00e8le sa nuisance (III) et cr\u00e9e une (derni\u00e8re&nbsp;?) occasion historique d\u2019\u00e9chapper au d\u00e9clin de l\u2019Europe (IV).<\/span><\/p>\n<p>I. L\u2019usine du diable<\/span><\/p>\n<p>Les manuels d\u2019\u00e9conomie conformistes pr\u00e9sentent les march\u00e9s financiers comme des march\u00e9s \u00ab&nbsp;efficients&nbsp;\u00bb o\u00f9 un financement pr\u00e9existant serait rationnellement r\u00e9parti en fonction des opportunit\u00e9s et des risques entre les agents \u00e9conomiques pour aboutir \u00e0 une r\u00e9partition optimale du capital. C\u2019est une fable inepte, produite par des gens qui n\u2019ont jamais compris que la monnaie n\u2019\u00e9tait plus une marchandise depuis plus de deux si\u00e8cles, et pour d\u2019autres gens qui ont trop bien compris combien l\u2019enfumage des premiers gonflait leur patrimoine au d\u00e9triment du reste du monde.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">La finance ne produit pas du financement comme des p\u00e9troliers produisent du carburant, et le dispensent, au-del\u00e0 des sp\u00e9culations, \u00e0 un prix ordonn\u00e9 au co\u00fbt de l\u2019extraction. Les \u00ab march\u00e9s financiers \u00bb empruntent de la monnaie et la repr\u00eatent, ach\u00e8tent et promettent de la monnaie centrale, chaque agent gageant ses propres remboursements sur ceux qu\u2019il attend de ses propres d\u00e9biteurs. L\u2019\u00e9quilibre de<span style=\"mso-spacerun: yes;\">&nbsp; <\/span>cette usine du Diable d\u00e9pend de la continuit\u00e9 des remboursements, qui suppose que les pr\u00eats continuent pour fournir les moyens de paiement que les d\u00e9biteurs capteront et utiliseront pour rembourser. Si les pr\u00eats se bloquent, les remboursements font n\u00e9cessairement de m\u00eame : avec quoi d\u2019autre que la monnaie nouvelle rembourserait-on les anciens engagements ?<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">La finance de march\u00e9 est incapable d\u2019\u00e9quilibrer ces flux \u00e0 long terme : chaque cycle est conditionn\u00e9 par le bouclage du pr\u00e9c\u00e9dent, quand les d\u00e9biteurs ne parviennent plus \u00e0 canaliser les flux \u00e0 leurs profits, les pr\u00eateurs perdent leur mise, la d\u00e9fiance s\u2019installe et c\u2019est le flux global qui se tarit : la crise s\u2019installe, sans autre m\u00e9canisme r\u00e9gulateur que la cr\u00e9ation d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de moyens de paiement par les banques centrales.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Times-Roman;\">Comprenons bien : le probl\u00e8me n\u2019est pas l\u2019interm\u00e9diation financi\u00e8re, qui est n\u00e9cessaire pour drainer le cr\u00e9dit vers les projets de production les plus prometteurs. Elle<span style=\"mso-spacerun: yes;\">&nbsp; <\/span>devrait \u00eatre l\u2019affaire de banques commerciales que rien n\u2019emp\u00eacherait alors d\u2019\u00eatre des entreprises priv\u00e9es comme les autres. Mais <strong>l\u2019activit\u00e9 financi\u00e8re n\u2019est plus une activit\u00e9 d\u2019interm\u00e9diation<\/strong><\/span><span style=\"font-family: Times-Roman;\">.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">Du jour o\u00f9 le cr\u00e9dit est \u00ab&nbsp;d\u00e9r\u00e9gul\u00e9&nbsp;\u00bb et finance aussi bien l\u2019activit\u00e9 de casino que la production, o\u00f9 les cr\u00e9ances sont \u00ab titris\u00e9es \u00bb, son moteur cesse d\u2019\u00eatre la capacit\u00e9 de remboursement du d\u00e9biteur, mais devient l\u2019acceptation au meilleur prix par un nouvel acheteur, qui lui-m\u00eame visera de nouvelles plus-values bien avant l\u2019\u00e9ch\u00e9ance. Ce qui compte n\u2019est plus le remboursement futur mais l\u2019anticipation d\u2019une revente profitable. Le lien entre cr\u00e9dit et r\u00e9alit\u00e9 productive se distend, au flux initialement consenti s\u2019ajoutent tous ceux qui nourrissent les reventes successives de la cr\u00e9ance, \u00e9tendant sans cesse le volume des moyens de paiements (ou promesses de moyens de paiements, ou promesse de promesse de promesse\u2026). La production n\u2019est plus qu\u2019un pr\u00e9texte d\u2019un syst\u00e8me dont la sp\u00e9culation est devenu le c\u0153ur de l\u2019activit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">De tels march\u00e9s ne sont plus \u00ab efficients \u00bb ; ils noient l\u2019information qu\u2019ils sont suppos\u00e9s produire. La valeur d\u2019un actif est cens\u00e9e repr\u00e9senter la somme actualis\u00e9e des revenus qu\u2019il produira ; mais d\u00e8s lors qu\u2019il devient lui-m\u00eame objet de transactions son prix de march\u00e9 ne d\u00e9pend plus que des pr\u00e9visions de revente, elles-m\u00eames fonction de la liquidit\u00e9 du march\u00e9, de la psychologie collective des op\u00e9rateurs, etc. Autant l\u2019interm\u00e9diation directe oblige les banques \u00e0 cr\u00e9er l\u2019information, autant la finance de march\u00e9 la d\u00e9truit et alloue le capital en fonction d\u2019engouements collectifs auto-validants et d\u00e9connect\u00e9s des v\u00e9ritables perspectives \u00e9conomiques. Ces march\u00e9s cr\u00e9ent eux-m\u00eames le surendettement que la th\u00e9orie voulait qu\u2019ils emp\u00eachent, et ils produisent une allocation aberrante du capital au gr\u00e9 des opportunit\u00e9s sp\u00e9culatives.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Times-Roman;\">Ce n\u2019est pas par hasard que des \u00e9conomistes parmi les plus les plus \u00ab lib\u00e9raux \u00bb (Irving Fisher, Maurice Allais\u2026) ont plac\u00e9 la r\u00e9organisation du syst\u00e8me de cr\u00e9dit au c\u0153ur de leur projet. Car un lib\u00e9ralisme cons\u00e9quent passe par une <strong>organisation des march\u00e9s autour de la production<\/strong><\/span><span style=\"font-family: Times-Roman;\">. La construction des conditions macro\u00e9conomiques de l\u2019efficience des march\u00e9s est un pont entre l\u2019approche keyn\u00e9sienne et la th\u00e9orie classique. Le fantasme du march\u00e9 tout puissant, principe universel et autor\u00e9gulateur psalmodi\u00e9 depuis trente ans par les \u00e9pigones n\u00e9olib\u00e9raux est la n\u00e9gation du march\u00e9 v\u00e9ritable.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">Qu\u2019un acteur majeur \u2014 \u00c9tat, ou une grande banque \u2014 soit priv\u00e9 des flux de cr\u00e9dit qui lui permettront de tenir ses engagements, et le risque syst\u00e9mique explose : toutes les anticipations s\u2019effondrent et la ruine des d\u00e9biteurs entra\u00eene celle des cr\u00e9anciers, domino apr\u00e8s domino. Or les v\u00e9ritables march\u00e9s ne fonctionnent que sous conditions que la circulation des moyens de paiement valide les plans des producteurs et solvabilise les besoins des consommateurs. Le faux march\u00e9 de la finance d\u00e9truit les vrais march\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">Mais aucune loi \u00e9conomique n\u2019impose de passer par des \u00ab march\u00e9s financiers \u00bb pour se financer \u2013 pas plus pour l&rsquo;\u00c9tat que pour les autres agents \u00e9conomiques. La fabrique du Diable n\u2019est pas un fait de nature mais la stratification de d\u00e9cennies de fautes de politique \u00e9conomique.<\/span><\/p>\n<p>II. La construction d\u2019un artefact <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">R\u00e9sumons les \u00e9tapes&nbsp;par lesquelles se constitue cette finance moderne :<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">&#8211; Les banques commerciales tirent leur statut de la p\u00e9riode o\u00f9 elles se contentaient de fournir des billets de banque en contrepartie de monnaie m\u00e9tallique d\u00e9pos\u00e9e par leurs clients. Un tel syst\u00e8me financier \u00e9tait insoutenable \u00e0 long terme, \u00e0 moins d\u2019imposer une d\u00e9flation permanente \u00e0 des \u00e9conomies dont les prix eussent d\u00fb se comprimer sans cesse \u00e0 hauteur du stock d\u2019or. C\u2019est donc \u00e0 la satisfaction g\u00e9n\u00e9rale que les banquiers \u00ab&nbsp;trichaient&nbsp;\u00bb avec la croyance dans la nature m\u00e9tallique de la monnaie\u2026<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Times-Roman;\">&#8211; Devenues <em>de facto<\/em><\/span><span style=\"font-family: Times-Roman;\"> cr\u00e9atrices de monnaie, les banques ont radicalement chang\u00e9 de nature&nbsp;: en cr\u00e9ant la monnaie, elles cess\u00e8rent d\u2019\u00eatre de simples fournisseurs d\u2019un service de courtage, pla\u00e7ant l\u2019\u00e9pargne des uns dans les d\u00e9penses des autres. Elles fournissaient d\u00e9sormais le bien public qui conditionne le fonctionnement de toute l\u2019\u00e9conomie moderne. Si le cr\u00e9dit tarit, ce sont les entreprises qui perdent leurs d\u00e9bouch\u00e9s, les salari\u00e9s leurs emplois et les cr\u00e9anciers\u2026 leurs remboursements&nbsp;!<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">&#8211; La panique des d\u00e9posants cherchant \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer \u00ab&nbsp;leur&nbsp;\u00bb or lors des crises financi\u00e8res pr\u00e9cipitait la faillite de banques d\u00e9pourvues de r\u00e9serves m\u00e9talliques suffisantes ; la r\u00e8gle de la convertibilit\u00e9 devenait insoutenable. La crise des ann\u00e9es 30 g\u00e9n\u00e9ralisa un mod\u00e8le b\u00e2tard, pr\u00e9servant le pouvoir de cr\u00e9ation mon\u00e9taire des banques mais en le supervisant d\u2019un pouvoir de r\u00e9gulation exerc\u00e9 par les banques centrales. L\u2019or, notoirement insuffisant, \u00e9tait remplac\u00e9 par la \u00ab&nbsp;monnaie banque centrale&nbsp;\u00bb &#8211; en gros des billets ou leur \u00e9quivalent, suppos\u00e9s constituer la r\u00e9serve de monnaie \u00ab&nbsp;s\u00fbre&nbsp;\u00bb dans laquelle chaque monnaie de banque devait \u00eatre toujours convertible. Une sorte d\u2019or virtuel, jouant le m\u00eame r\u00f4le que l\u2019or r\u00e9el mais multipliable \u00e0 volont\u00e9 par les Banques Centrales.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Times-Roman;\">-,Mais demeurait le pouvoir de cr\u00e9ation mon\u00e9taire des banques de second rang, pour un temps brid\u00e9 de s\u00e9v\u00e8res r\u00e9glementations&nbsp;: s\u00e9paration des banques de d\u00e9p\u00f4t et d\u2019investissement, contr\u00f4le des changes, interdiction de la titrisation, etc. Moyennant quoi se maintint un syst\u00e8me relativement stable durant les ann\u00e9es 50 et 60, jusqu\u2019\u00e0 ce que les d\u00e9ficits commerciaux am\u00e9ricains alimentent en dollars (\u00ab&nbsp;x\u00e9nodollars&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;p\u00e9trodollars&nbsp;\u00bb) des banques <em>off shore<\/em><\/span><span style=\"font-family: Times-Roman;\"> hors du contr\u00f4le du FED am\u00e9ricain&nbsp;; toute proportionnalit\u00e9 entre les moyens de paiements effectifs et les r\u00e9serves de monnaie centrale cessa rapidement d\u2019y \u00eatre respect\u00e9e.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">&#8211; Face \u00e0 l\u2019explosion d\u2019une finance d\u00e9r\u00e9gul\u00e9e, les banques centrales se r\u00e9sign\u00e8rent \u00e0 valider par leurs \u00e9missions de monnaie centrale les op\u00e9rations de cr\u00e9ation de monnaie de banque, de crainte d\u2019entra\u00eener les \u00e9conomies dans des crises majeures d\u2019illiquidit\u00e9. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">&#8211; D\u2019o\u00f9 la mise en place d\u2019un ordre financier sans pr\u00e9c\u00e9dent, que personne ne voulut ni peut-\u00eatre ne comprit tout \u00e0 fait au d\u00e9part&nbsp;: une finance gr\u00e9gaire, avide de gains faciles, gonflant toutes les sp\u00e9culations, stimulant la croissance des pays capable de l\u2019attirer et plongeant dans la d\u00e9flation ceux qui avaient le malheur de provoquer sa panique. Les gouvernements insensiblement adopt\u00e8rent la danse du ventre en guise de politique \u00e9conomique&nbsp;: inspirer confiance, plaire aux march\u00e9s \u2013 telle \u00e9tait d\u00e9sormais l\u2019obsession ultime de politiques aussi bien \u00ab&nbsp;social-d\u00e9mocrates&nbsp;\u00bb que \u00ab&nbsp;conservatrices&nbsp;\u00bb, que ne diff\u00e9renciaient plus que quelques nuances de vocabulaire. La compression des salaires soutenait les profits des entreprises (du moins des plus grandes) tandis que l\u2019endettement des salari\u00e9s et de l&rsquo;\u00c9tat soutenait un minimum de croissance.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">&#8211; Cette pullulation financi\u00e8re se traduisait en exc\u00e9dents et d\u00e9ficits commerciaux qui explos\u00e8rent d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de la plan\u00e8te, encha\u00eenant pays chroniquement exc\u00e9dentaires (Chine, Allemagne\u2026) et chroniquement d\u00e9ficitaires (\u00c9tats-Unis, Royaume-Uni, France et Italie plus r\u00e9cemment).<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">&#8211; \u00c0 cette d\u00e9rive mondiale les dirigeants europ\u00e9ens ajout\u00e8rent la construction baroque d\u2019une monnaie \u00ab&nbsp;unique&nbsp;\u00bb, dont le moindre m\u00e9rite n\u2019\u00e9tait pas de les d\u00e9douaner de la responsabilit\u00e9 de g\u00e9rer une monnaie nationale confront\u00e9e aux tourbillons sp\u00e9culatifs des ann\u00e9es 80-90. Un double abandon de souverainet\u00e9 s\u2019ensuivit&nbsp;: vers la bureaucratie de la Commission et de la BCE,<span style=\"mso-spacerun: yes;\">&nbsp; <\/span>d\u2019abord, et vers les tourbillons aveugles de la finance d\u00e9sormais d\u00e9livr\u00e9s de toute r\u00e9sistance nationale. Plus aberrant encore, la Banque Centrale Europ\u00e9enne se vit interdire de garantir la solvabilit\u00e9 des \u00c9tats membres. Les d\u00e9ficits publics devaient \u00eatre confi\u00e9s aux seuls \u00ab&nbsp;march\u00e9s&nbsp;\u00bb \u2014 cadeau somptueux mais au final empoisonn\u00e9.<\/span><\/p>\n<p>III. La Crise Comme r\u00e9v\u00e9lateur<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">La crise de 2008 intervint comme r\u00e9v\u00e9lateur de ces \u00e9volutions, r\u00e9alisant une par une les pr\u00e9dictions des quelques \u00e9conomistes \u00e0 n\u2019avoir pas renonc\u00e9 aux acquis de leur science pour les d\u00e9lices de la respectabilit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">La pyramide sp\u00e9culative des cr\u00e9dits immobiliers pourris (\u00ab&nbsp;subprimes&nbsp;\u00bb) s\u2019effondra aux \u00c9tats-Unis&nbsp;; la faillite annonc\u00e9e des grandes banques mena\u00e7a d\u2019enrayer soudainement le syst\u00e8me du cr\u00e9dit et les \u00c9tats r\u00e9agirent d\u2019un bel ensemble pour organiser le refinancement des fauteurs de crise, tentative \u00e0 courte vue de ramener la roue de l\u2019histoire deux ans plus t\u00f4t, au temps b\u00e9ni des bulles\u2026 <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">Mais la d\u00e9t\u00e9rioration de la \u00ab&nbsp;confiance&nbsp;\u00bb privait d\u00e9sormais la finance de la coh\u00e9rence conqu\u00e9rante que lui imprimait l\u2019euphorie&nbsp;: si hier l\u2019enthousiasme des uns levait les fonds qui validaient celui des autres, d\u00e9sormais chaque r\u00e9ticence \u00e0 pr\u00eater met en p\u00e9ril le refinancement d\u2019un autre agent, r\u00e9v\u00e9lant le risque autant que le cr\u00e9ant. En d\u00e9pit de la cr\u00e9ation forcen\u00e9e de liquidit\u00e9s par la FED (et m\u00eame, plus discr\u00e8tement, par la BCE), les circuits financiers ne se r\u00e9tablissent pas, tant le gigantisme des pyramides de dette accro\u00eet leur vuln\u00e9rabilit\u00e9, laquelle sape en retour la confiance.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">L\u2019Europe devient comme pr\u00e9vu l\u2019\u00e9picentre de la crise car aux conditions g\u00e9n\u00e9rales de l\u2019anarchie financi\u00e8re elle ajoute ses propres extravagances. Les \u00ab&nbsp;dettes souveraines&nbsp;\u00bb sont normalement abrit\u00e9es des tourbillons sp\u00e9culatifs par l\u2019adossement \u00e0 des banques centrales, pr\u00eateuses en dernier ressort. Il fallut une assez extraordinaire dose d\u2019incomp\u00e9tence aux dirigeants europ\u00e9ens, et tout particuli\u00e8rement \u00e0 ceux de la Banque Centrale, pour ne pas racheter imm\u00e9diatement les bons du Tr\u00e9sor des pays attaqu\u00e9s. La sp\u00e9culation en e\u00fbt imm\u00e9diatement cess\u00e9 puisque le risque de d\u00e9faut de paiement aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9finitivement \u00e9cart\u00e9. Au lieu de cela, les dirigeants europ\u00e9ens ne cess\u00e8rent de semer le doute sur la mobilisation des fonds n\u00e9cessaires pour s\u00e9curiser les dettes souveraines, d\u00e9cha\u00eenant la sp\u00e9culation contre ces pays et cr\u00e9ant l\u2019insoutenabilit\u00e9 de dettes qui demeuraient au d\u00e9part objectivement g\u00e9rables.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6pt; text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">Cet aveuglement se lit tout autant dans l\u2019imposition pays apr\u00e8s pays de politiques de purge (\u00ab&nbsp;aust\u00e9rit\u00e9&nbsp;\u00bb) totalement contraires aux besoins des \u00e9conomies concern\u00e9es, d\u00e9j\u00e0 ravag\u00e9es par le sous-emploi. La dynamique en est d\u00e9j\u00e0 visible en Gr\u00e8ce, qui s\u2019appauvrit plus vite que ne se r\u00e9duit sa dette\u2026 Non seulement le refus de la prise en charge par la BCE fait exploser le co\u00fbt des dettes publiques, mais de surcro\u00eet la d\u00e9flation vient m\u00e9caniquement en r\u00e9duire l\u2019assiette des remboursements futurs\u2026<\/span><\/p>\n<p>IV. Oser En finir avec \u00ab&nbsp;la dette&nbsp;\u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">\u00c0 ce stade de l\u2019histoire, il semble que les dirigeants europ\u00e9ens soient incapables de corriger leurs erreurs. Sans doute certains d\u2019entre eux sont-ils conscient de l\u2019engrenage d\u00e9flationniste o\u00f9 ils engagent leur pays, mais la crainte de l\u2019inconnu et de l\u2019isolement les paralyse et aucun ne trouve les ressources pour changer de cap.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">Pourtant la voie de la sortie de crise est claire pourvu qu\u2019on d\u00e9tourne les yeux du tigre de papier de la finance. Nous ne sommes pas face \u00e0 des contraintes naturelles, mais des contraintes que nous nous infligeons \u00e0 nous-m\u00eames.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\"><strong>Les mesures n\u00e9cessaires ne pr\u00e9sentent aucune complication \u00e9conomique&nbsp;: 1. gestion de la dette publique par la Banque de France, 2. r\u00e9quisition et r\u00e9glementation des banques et des mouvements de capitaux, 3. restauration d\u2019une monnaie nationale \u00e0 un taux de change r\u00e9aliste. <\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\"><strong>Notre premier probl\u00e8me est d\u2019oser. Quand nous le ferons, l\u2019hologramme se dissipera et nous pourrons commencer \u00e0 traiter nos v\u00e9ritables probl\u00e8mes, fruits empoisonn\u00e9s de 30 ans de n\u00e9olib\u00e9ralisme.<\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">Finissons-en avec les croque-mitaines que nous pr\u00e9sentent les tenants de la purge :<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Times-Roman;\">&#8211; Le financement mon\u00e9taire de la dette publique serait-il inflationniste&nbsp;? Tel est sans doute l\u2019argument le plus ressass\u00e9 \u00e0 son encontre. <strong>La r\u00e9alit\u00e9 est que non, ce qui est inflationniste c\u2019est la cr\u00e9ation d\u2019un volume excessif de moyens de paiement, quel que soit le proc\u00e9d\u00e9 de cr\u00e9ation de ces moyens de paiement. <\/strong><\/span><span style=\"font-family: Times-Roman;\"><span style=\"mso-spacerun: yes;\">&nbsp;<\/span>Cela fait 30 ans que la masse mon\u00e9taire augmente plus vite que la production \u2013 sans financement de l&rsquo;\u00c9tat par la Banque Centrale. Le n\u00e9olib\u00e9ralisme a fait exploser la cr\u00e9ation mon\u00e9taire, aspir\u00e9e par les march\u00e9s sp\u00e9culatifs. En accuser pour l\u2019avenir le financement mon\u00e9taire de la dette publique, c\u2019est l\u2019h\u00f4pital qui se moque de la charit\u00e9&nbsp;! La restauration de marges de man\u0153uvre budg\u00e9taire est n\u00e9cessaire pour combattre le ch\u00f4mage et la d\u00e9flation. Quant \u00e0 l\u2019inflation, le probl\u00e8me ne se posera que lorsque les engrenages d\u00e9flationnistes auront \u00e9t\u00e9 surmont\u00e9s.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Times-Roman;\">&#8211; Que les cr\u00e9anciers des \u00c9tats europ\u00e9ens subissent des pertes sur leurs cr\u00e9ances ne repr\u00e9senterait pas un cas de figure exceptionnel. Qui plus est, de telles pertes r\u00e9sultent pour l\u2019instant de la calamiteuse gestion europ\u00e9enne qui a conduit la Gr\u00e8ce \u00e0 un premier d\u00e9faut de 50%, et r\u00e9sulteront certainement des semblables politiques de purge partout impos\u00e9es. Cette spirale d\u00e9pressive fait la fortune des sp\u00e9culateurs avis\u00e9s, elle perfuse les rentiers de toutes les gouttes de sang qu\u2019elles parviennent encore \u00e0 aspirer \u2013 mais elle ne sauve pas les \u00e9pargnants promis au sacrifice lors de l\u2019ultime d\u00e9faut de paiement. Paradoxalement, <strong>ce sont les politiques de sortie de l\u2019euro qui repr\u00e9sentent la meilleure chance de pr\u00e9servation des int\u00e9r\u00eats des \u00e9pargnants<\/strong><\/span><span style=\"font-family: Times-Roman;\"> : la mon\u00e9tisation de la dette publique est la seule garantie que les contrats seront honor\u00e9s.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">&#8211; Comment, demandent encore les purgateurs, emprunterions-nous \u00e0 l\u2019\u00e9tranger apr\u00e8s avoir impos\u00e9 \u00e0 nos cr\u00e9anciers la conversions de leurs \u00ab&nbsp;bons&nbsp;\u00bb titres en euros en \u00ab&nbsp;mauvais&nbsp;\u00bb titres en francs&nbsp;? Comme expliqu\u00e9 plus haut, le financement mon\u00e9taire de la dette repr\u00e9sente un moindre mal pour nos cr\u00e9anciers. Et la sortie de la nasse europ\u00e9enne ouvrirait de nouvelles perspectives de croissance, fort attractives pour les capitaux \u00e9trangers. En revanche, on voit mal pourquoi les capitaux du reste du Monde s\u2019engageraient dans une Europe ravag\u00e9e par les politiques de purge\u2026 Mais avons-nous besoin&nbsp;de ces capitaux&nbsp;?<\/span><\/p>\n<p>&#8211; <em>A priori<\/em><\/span><span style=\"font-family: Times-Roman;\"> l\u2019apport de capitaux \u00e9tranger ne se justifie que pour combler un retard de d\u00e9veloppement en important le capital qui permettrait le paiement ult\u00e9rieur du service de la dette tout en d\u00e9veloppant le pays. Telle n\u2019est pas la situation de la France, qui a besoin de remettre en action ses propres facteurs de production, pas d\u2019importer des \u00e9quipements ou des technologies. Et sur le plan financier, l\u2019\u00e9pargne int\u00e9rieure est suffisante pour compenser les investissements. Il est vrai que les politiques d\u2019endettement nous l\u00e8guent un d\u00e9ficit commercial. La d\u00e9pr\u00e9ciation du franc aiderait \u00e0 le r\u00e9sorber, mais transitoirement il faudra probablement freiner la d\u00e9pr\u00e9ciation. Point n\u2019est besoin cependant de compter sur les \u00ab&nbsp;march\u00e9s&nbsp;\u00bb&nbsp;: nos partenaires commerciaux auraient dans ce cas de figure autant d\u2019int\u00e9r\u00eat que nous \u00e0 \u00e9viter une d\u00e9valuation agressive, et en dernier recours nous pourrions recourir \u00e0 des mesures temporaires de contingentement des importations.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\"><strong>L\u2019histoire nous a l\u00e9gu\u00e9 un syst\u00e8me mon\u00e9taire et financier dysfonctionnel. L\u2019accaparement du financement par des agents priv\u00e9s, et la perte de contr\u00f4le de ceux-ci dans l\u2019\u00e9conomie globalis\u00e9e, menacent le fonctionnement d\u2019ensemble des \u00e9conomies. La cr\u00e9ation de monnaie est un bien public, au m\u00eame titre que la justice, la d\u00e9fense ou la police. La puissance sociale qu\u2019elle procure et les cons\u00e9quences de son interruption interdisent de la laisser \u00e0 des agents priv\u00e9s. Elle n\u2019est pas r\u00e9sultat du march\u00e9, mais condition de celui-ci. <\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">Si les \u00c9tats europ\u00e9ens s\u2019enfoncent dans la surench\u00e8re d\u00e9flationniste, la crise sociale viendra t\u00f4t ou tard en marquer les limites, mais l\u2019exp\u00e9rience politique des ann\u00e9es 30 ne laisse pas d\u2019inqui\u00e9ter quant aux formes politiques qui \u00e9mergeraient de la d\u00e9composition. Les pr\u00e9c\u00e9dents du d\u00e9clin latino-am\u00e9ricain des ann\u00e9es 1970-2000, ou de la Russie post-communiste, ne sont gu\u00e8re encourageants non plus. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Times-Roman; font-size: small;\">Il reste la possibilit\u00e9 du retour \u00e0 la souverainet\u00e9 dont un seul exemple en Europe dissoudrait la peur du fantasme des \u00ab&nbsp;march\u00e9s&nbsp;\u00bb. En reprenant la main sur ses monnaies, l\u2019Europe retrouverait le cours de l\u2019histoire dont la sinistre exp\u00e9rience de l\u2019euro l\u2019avait d\u00e9tourn\u00e9.<\/span><\/p>\n<p>Jo\u00ebl Halpern<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Crise par ci, crise par l\u00e0. Mais encore ? 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