{"id":4237,"date":"2021-12-26T17:46:13","date_gmt":"2021-12-26T16:46:13","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/?p=4237"},"modified":"2021-12-27T18:34:18","modified_gmt":"2021-12-27T17:34:18","slug":"onze-mille-verges-plus-une","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/onze-mille-verges-plus-une-4237","title":{"rendered":"Onze mille verges \u2014 plus une"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>En juin 1972, passant le concours d\u2019entr\u00e9e \u00e0 l\u2019ENS Saint-Cloud, j\u2019eus la chance de me voir proposer, \u00e0 l\u2019oral, une explication de texte des huit premi\u00e8res strophes de \u00ab\u00a0la Chanson du mal-aim\u00e9\u00a0\u00bb. Chance \u00e0 double tranchant : j\u2019avais face \u00e0 moi Michel D\u00e9caudin, incontournable sp\u00e9cialiste d\u2019Apollinaire, dont il avait commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9diter les \u0153uvres dans la Pl\u00e9iade. Il avait, l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, sorti l\u2019album Apollinaire dans la m\u00eame collection \u2014 et par hasard ou divine intuition, je l\u2019avais lu.<br>Non seulement \u00e7a s\u2019est bien pass\u00e9, mais je me suis fait un ami de cet homme exquis, auquel rien de ce qui \u00e9tait po\u00e9sie et \u00e9rotisme n\u2019\u00e9tait \u00e9tranger. Je l\u2019avais eu aussi face \u00e0 moi pour un expos\u00e9 sur \u00ab Val\u00e9ry \u00bb, dont je fis devant ses yeux exorbit\u00e9s et sa chemise d\u00e9boutonn\u00e9e \u2014 il r\u00e9gnait une chaleur d\u2019enfer \u00e0 Paris cette ann\u00e9e-l\u00e0 \u2014 un grand po\u00e8te sensuel \u00e0 l\u2019\u00e9rotisme torridement froid. \u00c0 quoi tient le succ\u00e8s ou l\u2019\u00e9chec dans un concours\u2026<br>D\u00e9caudin me confia un peu plus tard combien il rageait de n&rsquo;avoir pu apposer l\u2019\u00e9tiquette \u00ab \u0152uvres compl\u00e8tes \u00bb sur ladite \u00e9dition, les ayant droit d\u2019Apollinaire s\u2019\u00e9tant oppos\u00e9s \u00e0 la parution sous la jaquette prestigieuse des \u0153uvres libertines du po\u00e8te. \u00ab En revanche, continuait l\u2019universitaire irrit\u00e9, ils veulent bien, ces salauds, toucher des droits en laissant para\u00eetre <em>les Onze mille verges<\/em> en \u00e9dition de poche \u00bb. Il avait d\u2019ailleurs pr\u00e9fac\u00e9 une \u00e9dition publi\u00e9e, si je me rappelle bien, chez <em>J\u2019ai lu<\/em>. Et il faudra attendre 1991 et 1993 pour que l\u2019ensemble des \u0153uvres en prose d\u2019Apollinaire paraisse dans la Pl\u00e9iade.<br>C\u2019est qu\u2019Apollinaire n\u2019\u00e9tait pas encore tomb\u00e9 dans le domaine public, \u00e0 cette date. Gallimard avait intrigu\u00e9 pour que le d\u00e9c\u00e8s de Guillaume Albert Vladimir Alexandre Apollinaire de Kostrowitzky, mort de la grippe espagnole le 9 novembre 1918, f\u00fbt imput\u00e9 \u00e0 la guerre, ce qui rallongeait de 36 ans  et 152 jours leur propri\u00e9t\u00e9 litt\u00e9raire \u2014 en sus des 50 ans classiques. Et longtemps il n\u2019y eut d\u2019autre \u00e9dition d\u2019<em>Alcools<\/em> que celle parue en <em>Po\u00e9sie \/ Gallimard<\/em>. Si vous vouliez quelques notes qui vous expliquent, par exemple, que Faltenin, dans \u00ab Lul de Faltenin \u00bb, est probablement une contraction apollinarienne de \u00ab phallum tenens \u00bb, il fallait trouver le <em>Dossier d\u2019Alcools<\/em> (D\u00e9caudin toujours) chez Droz. Et ce n\u2019\u00e9tait pas toujours simple, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, de d\u00e9nicher un livre paru 12 ans auparavant et \u00e0 tirage limit\u00e9.<br><br>Quelques baise-froid, pue-de-la-gueule et autres peine-\u00e0-jou\u00efr ont contest\u00e9 longtemps la paternit\u00e9 des <em>Onze mille verges<\/em> \u00e0 Apollinaire \u2014 qui n\u2019a jamais avou\u00e9 sa responsabilit\u00e9. D\u2019autre pisse-vinaigre lui ont reproch\u00e9 d\u2019avoir pomp\u00e9 <em>Odor di femina, amours naturalistes<\/em>, d&rsquo;Edmond Dumoulin, et <em>Kinder-Geilheit <\/em>(\u00ab Lubricit\u00e9s enfantines \u00bb), roman publi\u00e9 anonymement \u00e0 Berlin vers 1900. Ce sont les m\u00eames, sans doute, qui ont ruin\u00e9 la carri\u00e8re de Yambo Ouologuem en accusant l\u2019admirable <em>Devoir de violence<\/em> (1968) de plagiat \u2014 voir ce qu\u2019en a fait Mohamed Mbougar Sarr dans <em>la Plus secr\u00e8te m\u00e9moire des hommes<\/em>, <a href=\"https:\/\/www.marianne.net\/culture\/litterature\/jean-paul-brighelli-du-bonheur-davoir-lu-mohamed-mbougar-sarr\">dont je ne dirai jamais assez de bien<\/a>.<br><br>Apollinaire vivotait alors comme il pouvait ; Il servait de n\u00e8gre \u00e0 un avocat qui signait de son nom un feuilleton dans <em>Le Matin<\/em> \u2014 et Apollinaire, mal pay\u00e9, se d\u00e9dommagea en lui soufflant sa ma\u00eetresse : lire <em>Apollinaire et les femmes<\/em>, d\u2019Alexandre Dupouy \u2014 auquel on doit une <em>Anthologie de la fess\u00e9e et de la flagellation<\/em> (la Musardine, 1998), il n\u2019y a pas de hasard, sinon objectif. Il commettait donc des \u0153uvres libertines (Pierre Mac Orlan en faisait autant, dans le m\u00eame registre), et des Pages choisies de Sade, dont le manuscrit des <em>120 journ\u00e9es<\/em> venait de r\u00e9appara\u00eetre au monde apr\u00e8s plus d\u2019un si\u00e8cle de disparition. Pas de hasard, vous dis-je.<br><br>C\u2019est que non seulement Apollinaire et nombre de ses amis s\u2019adonnaient volontiers \u00e0 la flagellation, mais que l\u2019\u00e9poque enti\u00e8re s\u2019y int\u00e9ressait. L\u2019immortel auteur du <em>Myst\u00e9rieux docteur Corn\u00e9lius<\/em>, Gustave Le Rouge, achetait une nouvelle armoire \u00e0 glace chaque fois qu\u2019il \u00e9tait pay\u00e9 de ses travaux mercenaires, qu\u2019il parvenait \u00e0 caser dans sa maison d\u00e9labr\u00e9e de la \u00ab zone \u00bb (oui, comme le premier po\u00e8me d\u2019<em>Alcools<\/em> \u2014 pas de hasard, vous dis-je) de Saint-Ouen, afin que sa compagne y contempl\u00e2t sans cesse, o\u00f9 qu\u2019elle all\u00e2t, la balafre sans cesse suintante qui lui ouvrait le visage en deux, souvenir d\u2019un coup de fouet un peu appuy\u00e9. C\u2019est Cendrars, autre joyeux zigue de la m\u00eame bande, qui raconte \u00e7a. Cendrars qui avait \u00e9crit justement en 1911 la premi\u00e8re version de \u00ab P\u00e2ques \u00e0 New-York \u00bb, dont Apollinaire s\u2019inspira sans doute pour \u00e9crire\u2026 \u00ab Zone \u00bb, po\u00e8me initial d\u2019<em>Alcools<\/em> paru deux ans plus tard.<br><br>L\u2019attribution \u00e0 Apollinaire de ce petit chef d\u2019\u0153uvre de l\u2019\u00e9rotisme d\u00e9cal\u00e9 ne fait aucun doute. L\u2019amour des mots rares (qui savait \u00e0 part lui ce qu\u2019\u00e9tait un \u00ab hospodar \u00bb, ancien vassal du sultan plac\u00e9 \u00e0 la t\u00eate d\u2019une r\u00e9gion conquise \u2014 un pr\u00e9fet, en quelque sorte, mais dont le titre et la fonction \u00e9taient h\u00e9r\u00e9ditaires. De m\u00eame les r\u00e9f\u00e9rences tordues : les onze mille vierges de la l\u00e9gende de sainte Ursule illustr\u00e9e par Carpaccio deviennent les onze mille verges (phallus ou badine \u00e0 battre la chair rebelle, comme vous voulez). L\u2019humour enfin, partout pr\u00e9sent, \u00e0 commencer par les noms propres \u2014 Mony Vibescu, Culculine d\u2019Anc\u00f4ne, Alexine Mangetout\u2026 Apollinaire \u00e9tait aussi un grand sodomite devant l\u2019Eternel \u2014 mais qui ne l\u2019est pas ?<br>C\u2019\u00e9tait en tout cas un peu trop pour Louise de Coligny-Ch\u00e2tillon, dite \u00ab Lou \u00bb, qui l\u2019abandonna en pleine guerre pendant que dans les tranch\u00e9es il lui \u00e9crivait des po\u00e8mes somptueux. Madeleine Pag\u00e8s, professeur de Lettres \u00e0 Oran, rencontr\u00e9e en 1915 dans un train, lui succ\u00e8dera. Et c\u2019est \u00e0 elle, pas \u00e0 Lou, qu\u2019il \u00e9crira le magnifique \u00ab\u00a0les Neuf portes de ton corps\u00a0\u00bb :<br><br>\u00ab Ce po\u00e8me est pour toi seule Madeleine<br>Il est un des premiers po\u00e8mes de notre d\u00e9sir<br>Il est notre premier po\u00e8me secret \u00f4 toi que j&rsquo;aime<br>Le jour est doux et la guerre est si douce. &lsquo;il fallait en mourir !!<br><br>Tu &lsquo;ignores, ma vierge ? \u00e0 ton corps sont neuf portes<br>J&rsquo;en connais sept et deux me sont cel\u00e9es<br>J&rsquo;en ai pris quatre, j&rsquo;y suis entr\u00e9 n&rsquo;esp\u00e8re plus que j&rsquo;en sorte<br>Car je suis entr\u00e9 en toi par tes yeux \u00e9toil\u00e9s<br>Et par tes oreilles avec les Paroles que je commande et qui sont mon escorte.<br><br>Oeil droit de mon amour premi\u00e8re porte de mon amour<br>Elle avait baiss\u00e9 le rideau de sa paupi\u00e8re<br>Tes cils \u00e9taient rang\u00e9s devant comme les soldats noirs peints sur un vase grec, paupi\u00e8re rideau lourd<br>De velours<br>Qui cachait ton regard clair<br>Et lourd<br>Pareil notre amour.<br><br>Oeil gauche de mon amour deuxi\u00e8me porte de mon amour<br>Pareille \u00e0 son amie et chaste et lourde d&rsquo;amour ainsi que lui<br>\u00d4 porte qui m\u00e8ne \u00e0 ton coeur mon image et mon sourire qui luit<br>Comme une \u00e9toile pareille \u00e0 tes yeux que j&rsquo;adore<br>Double porte de ton regard je t&rsquo;adore<br><br>Oreille droite de mon amour troisi\u00e8me porte<br>C&rsquo;est en te prenant que j&rsquo;arrivai \u00e0 ouvrir enti\u00e8rement les deux premi\u00e8res portes<br>Oreille porte de ma voix qui t&rsquo;a persuad\u00e9e<br>Je t&rsquo;aime toi qui donnes un sens \u00e0 l`Image gr\u00e2ce \u00e0 l`Id\u00e9e<br><br>Et toi aussi oreille gauche toi qui des portes de mon amour est la quatri\u00e8me<br>\u00d4 vous, les oreilles de mon amour je vous b\u00e9nis<br>Portes qui vous ouvr\u00eetes \u00e0 ma voix<br>Comme les roses s&rsquo;ouvrent aux caresses du printemps<br>C&rsquo;est par vous que ma voix et mon ordre<br>P\u00e9n\u00e8trent dans le corps entier de Madeleine<br>J&rsquo;y entre homme tout entier et aussi tout entier po\u00e8me<br>Po\u00e8me de son d\u00e9sir qui fait que moi aussi je m&rsquo;aime<br><br>Narine gauche de mon amour cinqui\u00e8me porte de mon amour et de nos d\u00e9sirs<br>J&rsquo;entrerai par l\u00e0 dans le corps de mon amour<br>J&rsquo;y entrerai subtil avec mon odeur d&rsquo;homme<br>L&rsquo;odeur de mon d\u00e9sir<br>L&rsquo;\u00e2cre parfum viril qui enivrera Madeleine<br><br>Narine droite sixi\u00e8me porte de mon amour et de notre volupt\u00e9<br>Toi qui sentiras comme ta voisine l&rsquo;odeur de mon plaisir<br>Et notre odeur m\u00eal\u00e9e plus forte et plus exquise qu&rsquo;un printemps en fleurs<br>Double porte des narines je t&rsquo;adore toi qui promets tant de plaisirs subtils<br>Puis\u00e9s dans l&rsquo;art des fum\u00e9es et des fumets.<br><br>Bouche de Madeleine septi\u00e8me porte de mon amour<br>Je vous ai vue, \u00f4 porte porte rouge, gouffre de mon d\u00e9sir<br>Et les soldats qui s&rsquo;y tiennent morts d&rsquo;amour m&rsquo;ont cri\u00e9 qu&rsquo;ils se rendent<br>\u00d4 porte rouge et tendre<br><br>\u00d4 Madeleine il est deux portes encore<br>Que je ne connais pas<br>Deux portes de ton corps<br>Myst\u00e9rieuses<br><br>Huiti\u00e8me porte de la grande beaut\u00e9 de mon amour<br>\u00d4 mon ignorance semblable \u00e0 des soldats aveugles parmi les chevaux de frise sous la lune liquide des Flandres \u00e0 l&rsquo;agonie !<br>Ou plut\u00f4t comme un explorateur qui meurt de faim de soif et d&rsquo;amour dans une for\u00eat vierge<br>Plus sombre que l&rsquo;\u00c9r\u00e8be<br>Plus sacr\u00e9e que celle de Dodone<br>Et qui devine une source plus fra\u00eeche que Castalie<br>Mais mon amour y trouverait un temple<br>Et apr\u00e8s avoir ensanglant\u00e9 le parvis sur qui veille le charmant monstre de l&rsquo;innocence<br>J&rsquo;y d\u00e9couvrirais et ferais jaillir le plus chaud geyser du monde<br>\u00d4 mon amour, ma Madeleine<br>Je suis d\u00e9j\u00e0 le ma\u00eetre de la huiti\u00e8me porte<br><br>Et toi neuvi\u00e8me porte plus myst\u00e9rieuse encore<br>Qui t&rsquo;ouvres entre deux montagnes de perles<br>Toi plus myst\u00e9rieuse encore que les autres<br>Porte des sortil\u00e8ges dont on n&rsquo;ose point parler<br>Tu m&rsquo;appartiens aussi<br>Supr\u00eame porte<br>\u00c0 moi qui porte<br>La clef supr\u00eame<br>Des neuf portes<br><br>\u00d4 portes ouvrez-vous \u00e0 ma voix<br>Je suis le Ma\u00eetre de la Clef \u00bb<br><br>D\u2019o\u00f9 l\u2019on d\u00e9duit qu\u2019en 1915, il n\u2019avait pas encore enfonc\u00e9 les deux derni\u00e8res portes\u2026 Ainsi se s\u00e9duisent les profs de Lettres. C\u2019est \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une perm\u2019 qu\u2019il franchira la M\u00e9diterran\u00e9e pour retrouver celle qui est d\u00e9sormais sa fianc\u00e9e. Ah, faire tourner sa clef dans la neuvi\u00e8me porte sur l\u2019une des plages de la corniche oranaise, o\u00f9 moi-m\u00eame, en 1970\u2026<br><br>On fouette pas mal, dans les <em>Onze mille verges<\/em>. On fouette dru. Avec du fouet de fiacre, avec une naga\u00efka ou un knout. On ne jouit qu\u2019\u00e0 bout de forces, la peau z\u00e9br\u00e9e, parchemin d\u2019un texte illisible et scabreux. On explore, en fait, toutes les fantaisies possibles \u2014 c\u2019est un catalogue complet de \u00ab ce que les sots appellent des crimes \u00bb, comme dit Sade \u00e0 la derni\u00e8re ligne de <em>la Philosophie dans le boudoir<\/em>. Apollinaire, comme nous tous, n\u2019en a peut-\u00eatre pas fait autant qu\u2019il n\u2019en a \u00e9crit \u2014 mais pour bien l\u2019\u00e9crire, il faut en avoir une certaine exp\u00e9rience\u2026<br><br>Sur ce, dirigez-vous patiemment vers la fin de l\u2019ann\u00e9e. Et que cette ultime chronique de 2021 vous donne des id\u00e9es pour la nuit ou l\u2019ann\u00e9e prochaines.<br><br>Jean-Paul Brighelli<\/p>\n\n\n\n<p>PS. L&rsquo;image en t\u00eate d&rsquo;article est emprunt\u00e9e aux illustrations des <em>Onze mille verges<\/em> par Liberatore, chez Gl\u00e9nat, en 2011.<br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En juin 1972, passant le concours d\u2019entr\u00e9e \u00e0 l\u2019ENS Saint-Cloud, j\u2019eus la chance de me voir proposer, \u00e0 l\u2019oral, une explication de texte des huit premi\u00e8res strophes de \u00ab\u00a0la Chanson du mal-aim\u00e9\u00a0\u00bb. 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