{"id":4402,"date":"2022-10-10T08:04:58","date_gmt":"2022-10-10T06:04:58","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/?p=4402"},"modified":"2022-10-10T08:04:59","modified_gmt":"2022-10-10T06:04:59","slug":"coups-de-foudre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/coups-de-foudre-4402","title":{"rendered":"Coups de foudre"},"content":{"rendered":"\n<p><em>West Side Story<\/em>, 1961 \u2014 Natalie Wood (Maria) et Richard Beymer (Tony).<br><br>Comme son nom l\u2019indique, le coup de foudre est l\u2019affaire d\u2019un instant :<br><br>\u00ab \u2014 Vous voyez cette fille-l\u00e0 ? \u2026<br>\u2014 Chlo\u00e9 ?<br>\u2014 Vous la connaissez ? dit Colin. Je lui ai dit une stupidit\u00e9, et c&rsquo;est pour \u00e7a que je m&rsquo;en allais.<br>Il n&rsquo;ajouta pas qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du thorax, \u00e7a lui faisait comme une musique militaire allemande, o\u00f9 l&rsquo;on n&rsquo;entend que la grosse caisse.<br>\u2014 N\u2018est-ce pas qu&rsquo;elle est jolie ? demanda Alise.<br>Chlo\u00e9 avait les l\u00e8vres rouges, les cheveux bruns, l&rsquo;air heureux et sa robe n&rsquo;y \u00e9tait pour rien.<br>\u2014 Je n&rsquo;oserai pas, dit Colin.<br>Et puis, il l\u00e2cha Alise et alla inviter Chlo\u00e9. Elle le regarda. Elle riait et mit la main droite sur son \u00e9paule. Il sentait ses doigts frais sur son cou. Il r\u00e9duisit l&rsquo;\u00e9cartement de leurs deux corps par le moyen d&rsquo;un raccourcissement du biceps droit, transmis du cerveau, le long d&rsquo;une paire de nerfs cr\u00e2niens choisis judicieusement.<br>Chlo\u00e9 le regarda encore. Elle avait les yeux bleus. Elle agita la t\u00eate pour repousser en arri\u00e8re ses cheveux fris\u00e9s et brillants, et appliqua, d&rsquo;un geste ferme et d\u00e9termin\u00e9, sa tempe sur la joue de Colin.<br>Il se fit un abondant silence \u00e0 l&rsquo;entour, et la majeure partie du reste du monde se mit \u00e0 compter pour du beurre. \u00bb<br><br>J\u00e9r\u00f4me Robbins et Robert Wise avaient-ils lu <em>l\u2019\u00c9cume des jours<\/em> ? En tout cas, c\u2019est cet \u00ab abondant silence \u00bb qui r\u00e8gle <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=EfG3QokHk8A\">la fameuse sc\u00e8ne de la rencontre entre Tony et Maria dans <em>West Side Story<\/em><\/a> \u2014 au milieu du vacarme d\u2019un dancing. Et sans doute Shakespeare, qui a fourni l\u2019arch\u00e9type du coup de foudre, ne l\u2019imaginait-il pas autrement :<br><br>\u00ab                             ROM\u00c9O, <em>\u00e0 un valet, montrant Juliette<\/em>.<br>\u2014 Quelle est cette dame qui enrichit la main \u2014 de ce cavalier, l\u00e0-bas ?<br><br>                              LE VALET.<br>Je ne sais pas, monsieur.<br><br>                              ROM\u00c9O.<br>Oh ! elle apprend aux flambeaux \u00e0 illuminer ! \u2014 Sa beaut\u00e9 est suspendue \u00e0 la face de la nuit \u2014 comme un riche joyau \u00e0 l\u2019oreille d\u2019une \u00c9thiopienne ! \u2014 Beaut\u00e9 trop pr\u00e9cieuse pour la possession, trop exquise pour la terre ! \u2014 Telle la colombe de neige dans une troupe de corneilles, \u2014 telle appara\u00eet cette jeune dame au milieu de ses compagnes. \u2014 Cette danse finie, j\u2019\u00e9pierai la place o\u00f9 elle se tient, \u2014 et je donnerai \u00e0 ma main grossi\u00e8re le bonheur de toucher la sienne. \u2014 Mon c\u0153ur a-t-il aim\u00e9 jusqu\u2019ici ? Non ; jurez-le, mes yeux ! \u2014 Car jusqu\u2019\u00e0 ce soir, je n\u2019avais pas vu la vraie beaut\u00e9. \u00bb<br><br>Le tr\u00e8s anglophile Abb\u00e9 Pr\u00e9vost n\u2019a pas fait mieux lors de la rencontre \u00e0 Amiens du Chevalier des Grieux et de Manon Lescaut :<br><br>\u00ab J\u2019avais marqu\u00e9 le temps de mon d\u00e9part d\u2019Amiens. H\u00e9las ! que ne le marquai-je un jour plus t\u00f4t ! j\u2019aurais port\u00e9 chez mon p\u00e8re toute mon innocence. La veille m\u00eame de celui que je devais quitter cette ville, \u00e9tant \u00e0 me promener avec mon ami, qui s\u2019appelait Tiberge, nous v\u00eemes arriver le coche d\u2019Arras, et nous le suiv\u00eemes jusqu\u2019\u00e0 l\u2019h\u00f4tellerie o\u00f9 ces voitures descendent. Nous n\u2019avions pas d\u2019autre motif que la curiosit\u00e9. Il en sortit quelques femmes qui se retir\u00e8rent aussit\u00f4t ; mais il en resta une, fort jeune, qui s\u2019arr\u00eata seule dans la cour, pendant qu\u2019un homme d\u2019un \u00e2ge avanc\u00e9, qui paraissait lui servir de conducteur, s\u2019empressait de faire tirer son \u00e9quipage des paniers. Elle me parut si charmante, que moi, qui n\u2019avais jamais pens\u00e9 \u00e0 la diff\u00e9rence des sexes, ni regard\u00e9 une fille avec un peu d\u2019attention ; moi, dis-je, dont tout le monde admirait la sagesse et la retenue, je me trouvai enflamm\u00e9 tout d\u2019un coup jusqu\u2019au transport. J\u2019avais le d\u00e9faut d\u2019\u00eatre excessivement timide et facile \u00e0 d\u00e9concerter ; mais, loin d\u2019\u00eatre arr\u00eat\u00e9 alors par cette faiblesse, je m\u2019avan\u00e7ai vers la ma\u00eetresse de mon c\u0153ur. \u00bb<br><br>Le plus dr\u00f4le, c\u2019est que ces \u00e9clairs d\u2019amour r\u00e9sultent, d\u2019apr\u00e8s les litt\u00e9rateurs, du premier regard. C\u2019est vrai m\u00eame lorsque \u2014 <em>fatalitas<\/em> ! \u2014 le coup de foudre est \u00e0 sens unique. On se rappelle Ph\u00e8dre :<br><br>\u00ab \u00c0 peine au fils d\u2019\u00c9g\u00e9e<br>Sous les lois de l\u2019hymen je m\u2019\u00e9tais engag\u00e9e,<br>Mon repos, mon bonheur semblait \u00eatre affermi ;<br>Ath\u00e8nes me montra mon superbe ennemi :<br>Je le vis, je rougis, je p\u00e2lis \u00e0 sa vue ;<br>Un trouble s\u2019\u00e9leva dans mon \u00e2me \u00e9perdue ;<br>Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;<br>Je sentis tout mon corps et transir et br\u00fbler :<br>Je reconnus V\u00e9nus et ses feux redoutables,<br>D\u2019un sang qu\u2019elle poursuit tourments in\u00e9vitables ! \u00bb<br><br>M\u00eame sens unique dans <em>La Princesse de Cl\u00e8ves<\/em> :<br><br>\u00ab M. de Nemours fut tellement surpris de sa beaut\u00e9, que, lorsqu\u2019il fut proche d\u2019elle, et qu\u2019elle lui fit la r\u00e9v\u00e9rence, il ne put s\u2019emp\u00eacher de donner des marques de son admiration. \u00bb<br><br>Ou Fr\u00e9d\u00e9ric, dans <em>L\u2019\u00c9ducation sentimentale<\/em> \u2014 le plus fameux des paragraphes de cinq mots :<br><br>\u00ab Fr\u00e9d\u00e9ric, pour rejoindre sa place, poussa la grille des Premi\u00e8res, d\u00e9rangea deux chasseurs avec leurs chiens.<br>Ce fut comme une apparition.<br>Elle \u00e9tait assise, au milieu du banc, toute seule ; ou du moins il ne distingua personne, dans l\u2019\u00e9blouissement que lui envoy\u00e8rent ses yeux. En m\u00eame temps qu\u2019il passait, elle leva la t\u00eate ; il fl\u00e9chit involontairement les \u00e9paules ; et, quand il se fut mis plus loin, du m\u00eame c\u00f4t\u00e9, il la regarda.<br>Elle avait un large chapeau de paille, avec des rubans roses qui palpitaient au vent, derri\u00e8re elle. Ses bandeaux noirs, contournant la pointe de ses grands sourcils, descendaient tr\u00e8s bas et semblaient presser amoureusement l\u2019ovale de sa figure. Sa robe de mousseline claire, tachet\u00e9e de petits pois, se r\u00e9pandait \u00e0 plis nombreux. Elle \u00e9tait en train de broder quelque chose ; et son nez droit, son menton, toute sa personne se d\u00e9coupait sur le fond de l\u2019air bleu.<br>Comme elle gardait la m\u00eame attitude, il fit plusieurs tours de droite et de gauche pour dissimuler sa man\u0153uvre ; puis il se planta tout pr\u00e8s de son ombrelle, pos\u00e9e contre le banc, et il affectait d\u2019observer une chaloupe sur la rivi\u00e8re.<br>Jamais il n\u2019avait vu cette splendeur de sa peau brune, la s\u00e9duction de sa taille, ni cette finesse des doigts que la lumi\u00e8re traversait. Il consid\u00e9rait son panier \u00e0 ouvrage avec \u00e9bahissement, comme une chose extraordinaire. Quels \u00e9taient son nom, sa demeure, sa vie, son pass\u00e9 ? Il souhaitait conna\u00eetre les meubles de sa chambre, toutes les robes qu\u2019elle avait port\u00e9es, les gens qu\u2019elle fr\u00e9quentait ; et le d\u00e9sir de la possession physique m\u00eame disparaissait sous une envie plus profonde, dans une curiosit\u00e9 douloureuse qui n\u2019avait pas de limites. \u00bb<br><br>Cette vieille ganache d\u2019Aragon a cru malin de raconter un non-coup de foudre \u2014 ce qui en d\u00e9finitive revient au m\u00eame. C\u2019est l\u2019incipit d\u2019<em>Aur\u00e9lien<\/em>, et il proc\u00e8de l\u00e0 aussi de la vue :<br><br>\u00ab La premi\u00e8re fois qu&rsquo;Aur\u00e9lien vit B\u00e9r\u00e9nice, il la trouva franchement laide. Elle lui d\u00e9plut, enfin. Il n&rsquo;aima pas comment elle \u00e9tait habill\u00e9e. Une \u00e9toffe qu&rsquo;il n&rsquo;aurait pas choisie. Il avait des id\u00e9es sur les \u00e9toffes. Une \u00e9toffe qu&rsquo;il avait vue sur plusieurs femmes. Cela lui fit mal augurer de celle-ci qui portait un nom de princesse d&rsquo;Orient sans avoir l&rsquo;air de se consid\u00e9rer dans l&rsquo;obligation d&rsquo;avoir du go\u00fbt. \u00bb<br><br>Il n\u2019y a gu\u00e8re qu\u2019au Moyen Age que le regard est second, et o\u00f9 le sentiment premier na\u00eet, alors m\u00eame que les protagonistes ne se sont pas encore rencontr\u00e9s, de la r\u00e9putation. Lancelot est amoureux de Gueni\u00e8vre avant m\u00eame de l\u2019avoir vue. Et je ne parlerai pas de Tristan et Yseult, victimes d\u2019un \u00e9lixir d\u2019amour, comme dit Donizetti.<br>Les contes fonctionnent eux aussi sur le regard, capable d\u2019exhorter le prince charmant \u00e0 violer le tabou le plus profond qu\u2019est le respect des morts. Dans <em>Blanche-Neige<\/em>, c\u2019est d\u2019un vrai cadavre que le prince tombe amoureux \u2014 et dans <em>la Belle au bois dormant<\/em>, imaginez \u00e0 quoi ressemble Aurore apr\u00e8s un petit somme de cent ans.<br><br>En fait, l\u2019\u0153il cherche des excuses \u00e0 un sentiment soudain dont la cause biologique passe par cet organe roturier qu\u2019est le nez. C\u2019est ce qu\u2019explique en d\u00e9tail Jean-Didier Vincent dans <em>La Biologie des passions<\/em> (1986), et dans ce joli documentaire, mis partiellement en fiction, intitul\u00e9 <em>Biochimie du coup de foudre<\/em> \u2014 <a href=\"https:\/\/www.dailymotion.com\/video\/x81dtb\">disponible en quatre \u00e9pisodes sur DailyMotion<\/a>. On y pose des questions essentielles, auxquelles Shakespeare n\u2019avait pas pens\u00e9 : \u00ab Quelques grammes de lulib\u00e9rine dans le cerveau d\u2019Ab\u00e9lard peuvent-ils expliquer sa passion pour H\u00e9lo\u00efse ? Quelques milligrammes d\u2019oxyde nitrique dans le sang de Rom\u00e9o seraient-ils la cause de son d\u00e9sir pour Juliette ? Casanova \u00e9tait-il le jouet de sa dopamine ? \u00bb<br><br>Jean-Didier Vincent lui-m\u00eame, tout biologiste qu\u2019il soit, explique que les hormones sont inextricablement li\u00e9es \u00e0 une culture, qui fait du coup de foudre un \u00ab d\u00e9j\u00e0 vu \u00bb (ou \u00ab d\u00e9j\u00e0 lu \u00bb) auquel les protagonistes de l\u2019orage biochimique se r\u00e9f\u00e8rent inconsciemment pour expliquer ce qui se passe alors dans la psych\u00e9. Les ph\u00e9romones provoquent dans notre hypothalamus une r\u00e9action en cha\u00eene, qui \u00e0 son tour aguiche les r\u00e9f\u00e9rents culturels de l\u2019\u00e9v\u00e9nement. <br>Et, au passage, en dilatant les vaisseaux, cette r\u00e9action biochimique fait rougir (rappelez-vous Ph\u00e8dre, mais Louise Lab\u00e9 n\u2019est pas en reste, elle qui a \u00ab chaud extr\u00eame en endurant froidure \u00bb), elle permet le gonflement des l\u00e8vres d\u2019en haut et d\u2019en bas, dilate l\u2019iris, et provoque l\u2019\u00e9rection chez les messieurs qui n\u2019ont pas l\u2019aiguillette nou\u00e9e, comme on disait au XVIIIe si\u00e8cle.<br><br>L\u2019autre facteur de production du coup de foudre tient au terrain sur lequel il tombe. Un couple constitu\u00e9 depuis lurette a n\u00e9cessairement \u00e9puis\u00e9 les sollicitations hormonales ravageuses de l\u2019\u00e9v\u00e9nement pur. D\u2019o\u00f9 la fragilit\u00e9 des couples install\u00e9s, et leur capacit\u00e9 \u00e0 tomber amoureux comme on tombe malade. La conjugalit\u00e9 ne fournit aucun anticorps pour lutter \u00e0 \u00e9galit\u00e9 face \u00e0 la violence soudaine de la sollicitation hormonale. Si l\u2019amour dure trois ans (<em>dixit<\/em> Fr\u00e9d\u00e9ric Beigbeder), que dire lorsque cela fait dix ou vingt ans que l\u2019on s\u2019attelle au m\u00eame brancard ? Un an, trois ans, cinq ans, peu importe : au-del\u00e0 de cette limite, votre ticket n\u2019est plus valable.<br><br>Bien s\u00fbr, c\u2019est un leurre, un pi\u00e8ge dans lequel vous font tomber les hormones, m\u00e2tin\u00e9es d\u2019exemples litt\u00e9raires ou cin\u00e9matographiques de fa\u00e7on \u00e0 att\u00e9nuer la culpabilit\u00e9 (parce qu\u2019il n\u2019est pas de \u00ab passion simple \u00bb, n\u2019en d\u00e9plaise \u00e0 cette buse d\u2019Annie Ernaux). Un feu de paille : aucune union durable ne se fonde sur un coup de foudre, et les \u00e9crivains sont bien inspir\u00e9s de faire mourir pr\u00e9cocement leurs h\u00e9ros. Dans<em> Pyrame et Thisb\u00e9<\/em>, ils se poignardent, dans <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em>, il s\u2019empoisonne et elle se tue, et dans <em>Tristan et Yseult<\/em>, il est assassin\u00e9 par le vilain roi Marc, et elle se p\u00e2me \u00e0 mort sur son cadavre.<br>Il n\u2019y a gu\u00e8re qu\u2019Ab\u00e9lard et H\u00e9lo\u00efse qui survivent \u00e0 leur coup de foudre \u2014 mais Ab\u00e9lard a \u00e9t\u00e9 ch\u00e2tr\u00e9, et H\u00e9lo\u00efse est entr\u00e9e en religion : ils ont un mot d\u2019excuse pour continuer \u00e0 s\u2019aimer, puisque c\u2019est de fa\u00e7on purement intellectuelle, et \u00e0 distance.<br><br>\u00ab Il est de bons mariages, il n\u2019en est point de d\u00e9licieux \u00bb, \u00e9crit La Rochefoucauld, qui s\u2019y connaissait en amour. En fait de mariage, il n\u2019y a de durable que les mariages de raison ; la passion est bien trop brutale et \u00e9ph\u00e9m\u00e8re pour qu\u2019on fonde sur elle une liaison durable. \u00c0 moins que d\u2019autres perturbateurs culturels se substituent aux r\u00e9f\u00e9rences premi\u00e8res, faisant du couple une image de la dur\u00e9e, jusque dans la mort : voir et revoir le tr\u00e8s beau et insoutenable film de Michael Haneke, <em>Amour<\/em> (2012), o\u00f9 Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva s\u2019aiment jusqu\u2019au dernier soupir. C\u2019est ainsi que l\u2019on devient de \u00ab vieux amants \u00bb, comme dit Brel :<br><br>\u00ab Bien s\u00fbr tu pris quelques amants,<br>Il fallait bien passer le temps,<br>Il faut bien que le corps exulte\u2026<br>Finalement, finalement<br>Il nous fallut bien du talent<br>Pour \u00eatre vieux sans \u00eatre adultes\u2026 \u00bb<br><br>Jean-Paul Brighelli<br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>West Side Story, 1961 \u2014 Natalie Wood (Maria) et Richard Beymer (Tony). Comme son nom l\u2019indique, le coup de foudre est l\u2019affaire d\u2019un instant : \u00ab \u2014 Vous voyez cette fille-l\u00e0 ? \u2026\u2014 Chlo\u00e9 ?\u2014 Vous la connaissez ? dit Colin. 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