{"id":4457,"date":"2022-12-25T07:48:00","date_gmt":"2022-12-25T06:48:00","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/?p=4457"},"modified":"2022-12-25T07:48:01","modified_gmt":"2022-12-25T06:48:01","slug":"sirenes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/sirenes-4457","title":{"rendered":"Sir\u00e8nes"},"content":{"rendered":"\n<p>Herbert James Draper (1863-1920 \u2014 <em>Ulysse et les Sir\u00e8nes<\/em>, c.1909)<\/p>\n\n\n\n<p>Andersen l\u2019avait emport\u00e9 sur Hom\u00e8re, et quand j\u2019ai lu <em>l\u2019Odyss\u00e9e<\/em>, un certain temps apr\u00e8s <em>La Petite sir\u00e8ne<\/em>, j\u2019ai eu beaucoup de mal \u00e0 me repr\u00e9senter ces fatales s\u00e9ductrices comme les femmes-oiseaux de la tradition grecque. Je ne connaissais alors ni le tableau superbe de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ulysse_et_les_Sir%C3%A8nes_(Waterhouse)#\/media\/Fichier:WATERHOUSE_-_Ulises_y_las_Sirenas_(National_Gallery_of_Victoria,_Melbourne,_1891._%C3%93leo_sobre_lienzo,_100.6_x_202_cm).jpg\">John William Waterhouse (1849-1917 \u2014 <em>Ulysse et les Sir\u00e8nes<\/em>, 1891)<\/a>, ni le <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Stamnos#\/media\/Fichier:Odysseus_Sirens_BM_E440.jpg\">stamnos \u00e0 figures rouges<\/a> du British Museum.<br>J\u2019avais des excuses. La tradition picturale, dans ses repr\u00e9sentations de l\u2019\u00e9pop\u00e9e odyss\u00e9enne, n&rsquo;a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 tirer la sc\u00e8ne vers les mythologies d\u2019Europe du Nord. Voir Herbert James Draper ci-dessus, ou Arnold B\u00f6cklin (1827-1901 \u2014 <em><a href=\"https:\/\/fr.m.wikipedia.org\/wiki\/Fichier:Arnold_B%C3%B6cklin_001.jpg\">Les Sir\u00e8nes<\/a><\/em>, 1886). Je suis loin d\u2019\u00eatre le seul qui se soit all\u00e8grement repr\u00e9sent\u00e9 les sir\u00e8nes selon le sch\u00e9ma d\u2019Andersen. J\u2019\u00e9coutais passionn\u00e9ment Brassens, quand j\u2019\u00e9tais gosse, et le po\u00e8te s\u00e9tois n\u2019h\u00e9site pas, dans la \u00ab Supplique pour \u00eatre enterr\u00e9 sur la plage de S\u00e8te \u00bb. J\u2019avais 13 ans quand est sorti l\u2019album, je grattais d\u00e9j\u00e0 de la guitare, et j\u2019ai trouv\u00e9 sans peine les accords qui me permettaient de m\u2019accompagner en fredonnant :<br><br>\u00ab Et c&rsquo;est l\u00e0 que jadis \u00e0 quinze ans r\u00e9volus<br>\u00c0 l&rsquo;\u00e2ge o\u00f9 s&rsquo;amuser tout seul ne suffit plus<br>Je connus la prime amourette<br>Aupr\u00e8s d&rsquo;une sir\u00e8ne, une femme-poisson<br>Je re\u00e7us de l&rsquo;amour, la premi\u00e8re le\u00e7on<br>Avalais la premi\u00e8re ar\u00eate \u00bb<br><br>J\u2019adorais cette m\u00e9taphore fil\u00e9e, sir\u00e8ne \/ femme-poisson \/ ar\u00eate. Et j\u2019eus \u00e0 c\u0153ur de devancer cette limite des \u00ab quinze ans r\u00e9volus \u00bb, et d\u00e8s l\u2019ann\u00e9e suivante \u2014 <em>but that\u2019s another story<\/em>\u2026<br><br>Je dois \u00e0 Andersen un autre sch\u00e9ma libidinal, celui de la cruaut\u00e9 associ\u00e9e \u00e0 l\u2019amour. Il m\u2019est arriv\u00e9 plusieurs fois de renvoyer les \u00e9l\u00e8ves ou les \u00e9tudiants au texte du conteur danois, afin de les d\u00e9niaiser, eux qui ne connaissaient souvent de l\u2019histoire que la d\u00e9plorable version Walt Disney, sortie en 1989. Entre <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/La_Petite_Sir%C3%A8ne_(film,_1989)\">la bleuette produite par les studios d\u2019animation<\/a> et l\u2019\u0153uvre d\u2019Andersen, il y a un gouffre (pour ceux qui n\u2019ont pas eu \u00e0 confronter des enfants \u00e0 ce sous-produit de la niaiserie am\u00e9ricaine, le r\u00e9sum\u00e9 est l\u00e0). La voix de l\u2019h\u00e9ro\u00efne y est confisqu\u00e9e par la m\u00e9chante sorci\u00e8re, qui la conserve dans une coquille de nautile, pendue \u00e0 son cou. On se souvient que chez Andersen la sir\u00e8ne ne se change en jeune fille qu\u2019au prix de souffrances inou\u00efes :<br><br>\u00ab \u00ab Je sais ce que tu veux, s\u2019\u00e9cria [la sorci\u00e8re] en apercevant la princesse ; tes d\u00e9sirs sont stupides ; n\u00e9anmoins je m\u2019y pr\u00eaterai, car je sais qu\u2019ils te porteront malheur. Tu veux te d\u00e9barrasser de ta queue de poisson, et la remplacer par deux de ces pi\u00e8ces avec lesquelles marchent les hommes, afin que le prince s\u2019amourache de toi, t\u2019\u00e9pouse et te donne une \u00e2me immortelle. \u00bb<br>\u00c0 ces mots elle \u00e9clata d\u2019un rire \u00e9pouvantable, qui fit tomber \u00e0 terre le crapaud et les serpents.<br>\u00ab Enfin tu as bien fait de venir ; demain, au lever du soleil, c\u2019e\u00fbt \u00e9t\u00e9 trop tard, et il t\u2019aurait fallu attendre encore une ann\u00e9e. Je vais te pr\u00e9parer un \u00e9lixir que tu emporteras \u00e0 terre avant le point du jour. Assieds-toi sur la c\u00f4te, et bois-le. Aussit\u00f4t ta queue se r\u00e9tr\u00e9cira et se partagera en ce que les hommes appellent deux belles jambes.<br>Mais je te pr\u00e9viens que cela te fera souffrir comme si l\u2019on te coupait avec une \u00e9p\u00e9e tranchante. Tout le monde admirera ta beaut\u00e9, tu conserveras ta marche l\u00e9g\u00e8re et gracieuse, mais chacun de tes pas te causera autant de douleur que si tu marchais sur des pointes d\u2019\u00e9pingle, et fera couler ton sang. Si tu veux endurer toutes ces souffrances, je consens \u00e0 t\u2019aider.<br>\u2014 Je les supporterai ! dit la sir\u00e8ne d\u2019une voix tremblante, en pensant au prince et \u00e0 l\u2019\u00e2me immortelle.<br>\u2014 Mais souviens-toi, continua la sorci\u00e8re, qu\u2019une fois chang\u00e9e en \u00eatre humain, jamais tu ne pourras redevenir sir\u00e8ne ! Jamais tu ne reverras le ch\u00e2teau de ton p\u00e8re ; et si le prince, oubliant son p\u00e8re et sa m\u00e8re, ne s\u2019attache pas \u00e0 toi de tout son c\u0153ur et de toute son \u00e2me, ou s\u2019il ne veut pas faire b\u00e9nir votre union par un pr\u00eatre, tu n\u2019auras jamais une \u00e2me immortelle. Le jour o\u00f9 il \u00e9pousera une autre femme, ton c\u0153ur se brisera, et tu ne seras plus qu\u2019un peu d\u2019\u00e9cume sur la cime des vagues.<br>\u2014 J\u2019y consens, dit la princesse, p\u00e2le comme la mort.<br>\u2014 En ce cas, poursuivit la sorci\u00e8re, il faut aussi que tu me payes ; et je ne demande pas peu de chose. Ta voix est la plus belle parmi celles du fond de la mer, tu penses avec elle enchanter le prince, mais c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ta voix que j\u2019exige en payement. Je veux ce que tu as de plus beau en \u00e9change de mon pr\u00e9cieux \u00e9lixir ; car, pour le rendre bien efficace, je dois y verser mon propre sang.<br>\u2014 Mais si tu prends ma voix, demanda la petite sir\u00e8ne, que me restera-t-il ?<br>\u2014 Ta charmante figure, r\u00e9pondit la sorci\u00e8re, ta marche l\u00e9g\u00e8re et gracieuse, et tes yeux expressifs : cela suffit pour entortiller le c\u0153ur d\u2019un homme. Allons ! du courage ! Tire ta langue, que je la coupe, puis je te donnerai l\u2019\u00e9lixir.<br>\u2014 Soit ! \u00bb r\u00e9pondit la princesse, et la sorci\u00e8re lui coupa la langue. La pauvre enfant resta muette. \u00bb<br><br>Effroi dans la salle de classe. C\u2019est assez plaisant de voir s\u2019effondrer en direct live les r\u00eaves \u00e9dulcor\u00e9s d\u2019une quarantaine de cr\u00e9tins incultes. Mais nous sommes l\u00e0 pour \u00e7a, nous autres en\/saignants, comme dit plus ou moins Ionesco dans <em>La Le\u00e7on<\/em>. On obtient le m\u00eame effet en lisant \u00e0 ces victimes de la niaiserie anglo-saxonne et du <em>Bossu de Notre-Dame<\/em> \u2014 Disney encore \u2014 la mort d&rsquo;Esmeralda dans <em>Notre-Dame de Paris<\/em>.<br><br>Bien s\u00fbr, Andersen \u00e9tait plus port\u00e9 sur les gar\u00e7ons que sur les jeunes filles. Bien s\u00fbr, dans la soci\u00e9t\u00e9 luth\u00e9rienne danoise, il \u00e9tait hors de question de l\u2019avouer. Bien s\u00fbr, il se sentait beau cygne, mais tout le monde aurait vu en lui le vilain petit canard. Et cette cr\u00e9ature muette, qui souffre \u00e0 chaque pas, c\u2019est lui.<br>Il est remarquable que la sir\u00e8ne hom\u00e9rique, qui est pr\u00e9datrice, ait finalement fait place \u00e0 une sir\u00e8ne masochiste. C\u2019est cela, le bouleversement que le christianisme (Hans-Christian Andersen, hein\u2026) a impos\u00e9 au libre d\u00e9sir antique. Lire <em>Le Sexe et l\u2019effroi<\/em>, l\u2019essai fort stimulant de Pascal Quignard (1994) sur la castration g\u00e9n\u00e9rale que les religions du dieu unique ont inflig\u00e9e \u00e0 l\u2019Eros des Anciens. Ou <em>Elisabeth Finch<\/em>, de Julian Barnes : article \u00e0 venir sur <em>Causeur<\/em>.<br><br>Je me trouvais fort laid, enfant, et Andersen, vilain petit canard, me parlait \u00e0 l\u2019oreille. Et comme Ulysse j\u2019\u00e9tais bien d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 m\u2019attacher au m\u00e2t du navire pour r\u00e9sister \u00e0 la tentation sir\u00e9nienne. Cette bonne r\u00e9solution, formul\u00e9e \u00e0 un moment o\u00f9 la nature n\u2019avait pas encore parl\u00e9 clairement, et si conforme \u00e0 mon \u00e9ducation catholique et aux cours de cat\u00e9chisme, ne tint pas dix secondes quand, \u00e0 8 ans, je tombai raide amoureux de la monitrice de la colonie de vacances o\u00f9 je passais le mois de juillet. L\u2019id\u00e9e de Dieu, d\u2019ailleurs, n\u2019y r\u00e9sista pas non plus.<br><br>Mais par un cheminement obscur, je restai convaincu que l\u2019amour ne pouvait exister qu\u2019accompagn\u00e9e de grandes souffrances \u2014 \u00e0 infliger \u00e0 l\u2019autre. N\u2019est pas Andersen qui veut. <br><br>Les touristes qui s\u2019extasient \u00e0 Copenhague devant <a href=\"https:\/\/open.smk.dk\/artwork\/image\/KMS5441\">la petite sir\u00e8ne de bronze<\/a> pos\u00e9e sur son rocher dans une pose presque pudique devraient savoir que le sculpteur, Edvard Eriksen, utilisa comme mod\u00e8le pour le visage la danseuse Ellen Price, qui avait jou\u00e9 <em>La Petite sir\u00e8ne<\/em> en cette m\u00eame ann\u00e9e 1909, et pour le corps, sa propre \u00e9pouse, Eline, qui fut son mod\u00e8le pour nombre de ses \u0153uvres. Je n\u2019insisterai pas sur l\u2019ind\u00e9cence curieuse (et fr\u00e9quente chez les artistes et tous les candaulistes) consistant \u00e0 exhiber le corps de son \u00e9pouse ou de sa ma\u00eetresse \u2014 le pompon \u00e9tant d\u00e9cern\u00e9 \u00e0 Auguste Cl\u00e9singer et \u00e0 sa <em><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Apollonie_Sabatier#\/media\/Fichier:Femme_piqu%C3%A9e_par_un_serpent_1.jpg\">Femme piqu\u00e9e par un serpent<\/a><\/em>, qui permit au tout-Paris d\u2019admirer les formes suaves de sa ma\u00eetresse, Apollonie Sabatier. Il est vrai que la moiti\u00e9 masculine du tout-Paris, ou peu s\u2019en faut, la connaissait d\u00e9j\u00e0 \u2014 voir la fameuse \u00ab Lettre \u00e0 la Pr\u00e9sidente \u00bb que lui \u00e9crivit Th\u00e9ophile Gautier, et qu\u2019elle prenait plaisir \u00e0 d\u00e9clamer \u00e0 ses invit\u00e9s :<br><br>\u00ab De Milan \u00e0 Venise, je n\u2019ai rien de priapique \u00e0 dire, si ce n\u2019est une atroce \u00e9rection, caus\u00e9e par la masturbation d\u2019une voiture mal suspendue, dont les coussins me branlaient l\u2019entre-cuisses d\u2019une fa\u00e7on d\u00e9prav\u00e9e ; figurez-vous un os \u00e0 moelle, une corne de cerf, tout ce que vous pourrez imaginer de plus dur. On e\u00fbt dit un vit ant\u00e9diluvien, p\u00e9trifi\u00e9 dans une grotte de stalactites, un phallus de bronze, tomb\u00e9 des aines du dieu de Lampsaque, un Lingam indien, voulant faire la conjonction myst\u00e9rieuse avec l\u2019Ioni sacr\u00e9, un symbole g\u00e9n\u00e9rateur, sorte de van symbolique des processions d\u2019\u00c9leusis, une colonne napol\u00e9onienne, dress\u00e9e sur la place Vend\u00f4me de mon pubis, un pupitre pour lire l\u2019\u00c9vangile d\u2019amour, dans la messe de V\u00e9nus.<br>Oh ! qu\u2019une main s\u2019introduisant par l\u2019interstice de ma culotte effondr\u00e9e, et s\u2019arrondissant autour de ce b\u00e2ton de chair, comme un con id\u00e9al, m\u2019e\u00fbt \u00e9t\u00e9 agr\u00e9able, dans cette dure situation ! Comme une langue, m\u2019argentant d\u2019une salive luxurieuse ce filet de pr\u00e9puce, qui est le clitoris de l\u2019homme, m\u2019e\u00fbt fait lancer, au plafond de la voiture, un jet de pur\u00e9e spermatique ! Pourquoi un cul sph\u00e9rique et blanc, entr\u2019ouvrant ses cuisses rondes, \u00e9lastiques et fra\u00eeches, n\u2019a-t-il pas fait d\u00e9boucher dans le centre des d\u00e9lices, dans le paradis vermeil, dans le casse-noisette d\u2019amour, ce ma\u00eetre Jean Chouart, ce champignon de braguette, ce pilon du mortier de Cyth\u00e8re ? C\u2019e\u00fbt \u00e9t\u00e9 un fier carillon de couilles, et un rude brimbalement de choses et d\u2019autres. \u00bb<br><br>On mesure l\u2019effet sur les invit\u00e9s ordinaires du salon de Madame Sabatier, Alexandre Dumas p\u00e8re, Ernest Feydeau, Flaubert, Musset \u2014 et j\u2019en oublie, qui tous pass\u00e8rent \u00e0 un moment ou un autre dans \u00ab ce cul sph\u00e9rique et blanc, ces cuisses rondes, \u00e9lastiques et fra\u00eeches\u2026 \u00bb <br><br>Apollonie, qui tenait salon avec une grande intelligence, consentit m\u00eame \u00e0 coucher avec le pauvre Baudelaire \u2014 ils apparaissent tous deux dans la toile de Courbet, <em><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/L%27Atelier_du_peintre#\/media\/Fichier:Courbet_LAtelier_du_peintre.jpg\">l\u2019Atelier du peintre<\/a><\/em>, Baudelaire lit le journal, en bas \u00e0 droite, Mme Sabatier est devant lui, drap\u00e9e dans un ch\u00e2le d\u2019indienne. Le po\u00e8te d\u00e9diait \u00e0 sa muse po\u00e8me sur po\u00e8me \u2014 mais il resta coi et fort emp\u00each\u00e9, \u00e0 l\u2019instant fatal, devant cette cr\u00e9ature statuesque qui ressemblait si fort \u00e0 sa m\u00e8re. Ce qui aurait fourni un suppl\u00e9ment d\u2019\u00e2me \u00e0 certains noua l\u2019aiguillette du po\u00e8te \u2014 tant pis pour lui. Mais de cette concupiscence refoul\u00e9e est sortie \u00ab Harmonie du soir \u00bb (et ce n\u2019est pas rien), dont les vers sont peut-\u00eatre susceptibles de doubles sens allusifs :<br><br>\u00ab Voici venir les temps o\u00f9 vibrant sur sa tige<br>Chaque fleur s&rsquo;\u00e9vapore ainsi qu&rsquo;un encensoir ;<br>Les sons et les parfums tournent dans l&rsquo;air du soir ;<br>Valse m\u00e9lancolique et langoureux vertige ! \u00bb<br><br>Cette id\u00e9e de fleur vibrant sur sa tige ne vous ouvre-telle pas des ab\u00eemes interpr\u00e9tatifs ?<br><br>Jean-Paul Brighelli<br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Herbert James Draper (1863-1920 \u2014 Ulysse et les Sir\u00e8nes, c.1909) Andersen l\u2019avait emport\u00e9 sur Hom\u00e8re, et quand j\u2019ai lu l\u2019Odyss\u00e9e, un certain temps apr\u00e8s La Petite sir\u00e8ne, j\u2019ai eu beaucoup de mal \u00e0 me repr\u00e9senter ces fatales s\u00e9ductrices comme les femmes-oiseaux de la tradition grecque. 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