{"id":4652,"date":"2023-07-28T09:16:33","date_gmt":"2023-07-28T07:16:33","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/?p=4652"},"modified":"2023-07-29T19:33:52","modified_gmt":"2023-07-29T17:33:52","slug":"vice-versa-et-lycee-de-versailles-petit-exercice-en-voyeurisme-applique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/vice-versa-et-lycee-de-versailles-petit-exercice-en-voyeurisme-applique-4652","title":{"rendered":"Vice versa \u2014 et lyc\u00e9e de Versailles : petit exercice en voyeurisme appliqu\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Un commentateur de ma derni\u00e8re chronique a commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper un roman plein de sensualit\u00e9 et d\u2019exotisme. Ma foi, j\u2019ai, pens\u00e9 qu\u2019il ne serait pas mals\u00e9ant que je prouvasse, moi aussi, que je pouvais \u00e9crire sur le sujet. <\/em><br><br><br>C\u2019\u00e9tait l\u2019une de ces journ\u00e9es de d\u00e9cembre o\u00f9 par miracle la r\u00e9gion parisienne baigne dans une atmosph\u00e8re alpine : un froid de loup, un air cristallin et un ciel d\u2019un bleu miraculeux.<br>Ils \u00e9taient sortis du lyc\u00e9e La Bruy\u00e8re et avaient d\u00e9val\u00e9 l\u2019avenue de Paris jusqu\u2019au ch\u00e2teau. N\u00e9gligeant l\u2019\u00e9difice, ils s\u2019\u00e9taient accoud\u00e9s \u00e0 la balustrade qui domine la fabuleuse vue des jardins, des bassins silencieux et du grand canal.<br><br>Elle \u00e9tait un peu plus petite que lui, mais les talons hauts de ses escarpins \u00e9galisaient presque leurs tailles. Elle portait un grand manteau de laine brute dans lequel elle s\u2019emmitouflait frileusement, et, dessous \u2014 il l\u2019avait remarqu\u00e9 tout \u00e0 l\u2019heure, quand ils \u00e9taient au chaud \u2014, une robe de soie gr\u00e8ge \u00e9crue, qui lui collait au corps comme une seconde peau.<br>Comme lui, elle avait horreur des collants, et portait des bas \u2014 on \u00e9tait en 1986, l\u2019\u00e9poque b\u00e9nie o\u00f9 l\u2019on venait d\u2019inventer les Dim Up.<br>Juste en dessous, un groupe de Japonais, rassembl\u00e9s autour du petit drapeau rituel, \u00e9coutait les explications de leur guide, une jeune femme emmitoufl\u00e9e dans une parka polaire, d\u2019o\u00f9 ses propos savants s\u2019\u00e9chappaient en volutes de vapeur.<br><br>Il passa sa main gauche dans l\u2019\u00e9chancrure du manteau, et descendit jusqu\u2019\u00e0 la limite de la chair et du bas. Il pressentait le contact frissonnant de sa main glac\u00e9e sur la chair nue, et il la r\u00e9chauffa longuement, caressant les fesses magnifiquement rondes et fermes par-dessus la culotte de soie \u2014 il la lui avait offerte, il savait ce qu\u2019il en \u00e9tait des parures de La Perla.<br>Devant eux s\u2019allongeait la plus belle perspective du monde\u2026<br><br>Longtemps il laissa sa main errer sur les \u00e9minences tendues par la pose et la cambrure. L\u00e0-bas, l\u2019expos\u00e9 historique s\u2019\u00e9ternisait. Parfois l\u2019un ou l\u2019autre des Japonais perdait le fil, son regard s\u2019\u00e9garait et fixait ce couple qui les dominait \u2014 puis revenait docilement aux propos de la conf\u00e9renci\u00e8re.<br>Il remonta encore, et passa sous l\u2019\u00e9lastique sup\u00e9rieur du boxer. Puis il reprit sa caresse, \u00e0 m\u00eame la peau cette fois.<br><br>Il descendit enfin dans le sillon entre les globes, s\u2019attardant un instant sur l\u2019anus, qu\u2019il d\u00e9crispa de l\u2019index, avant de continuer vers le sexe \u2014 elle avait ouvert un peu plus les cuisses pour lui faciliter la t\u00e2che.<br>Elle \u00e9tait tremp\u00e9e. Il s\u2019y attendait \u2014 quoi qu\u2019il lui f\u00eet, quelque pr\u00e9liminaire qu\u2019il os\u00e2t, verbal ou manuel, voire m\u00eame en la brutalisant quelque peu, elle r\u00e9pondait dans l\u2019instant. <br>Il passa ses doigts dans la fente, s\u2019introduisit un instant dans le vagin mouill\u00e9, remonta le court p\u00e9rin\u00e9e et enfon\u00e7a doucement son pouce dans son cul, tout en remontant de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 vers le clitoris. Il avait des mains puissantes, des doigts assez longs, et elle se penchait assez pour faciliter la caresse. <br>Il vit ses phalanges se crisper sur la pierre de la balustrade.<br><br>Les Japonais, l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre, levaient la t\u00eate. Sans doute, par en-dessous, ce qui \u00e9tait invisible aux promeneurs d\u2019en haut \u00e9tait-il plus \u00e9vident pour les touristes d\u2019en bas. Ils commentaient \u00e0 voix basse, se poussaient du coude, riaient de toutes leurs dents \u2014 les femmes aussi, mais en se cachant la bouche, comme le font ordinairement les Nipponnes.<br><br>Il caressait le bouton gonfl\u00e9 de d\u00e9sir, tout en enfon\u00e7ant son pouce au plus profond du rectum. Il sentait les tressaillements de la chair, les hoquets de l\u2019extase \u00e0 venir, la pri\u00e8re muette d\u2019en finir vite.<br>Pourtant, son buste n\u2019avait pas boug\u00e9, appuy\u00e9 sur ses bras. Seule la crispation de ses mains sur la pierre t\u00e9moignait de l\u2019intensit\u00e9 de la sensation.<br>Il abandonna un instant le bouton fatal, et enfon\u00e7a ses quatre doigts dans le vagin. Il la tenait d\u00e9sormais en pince de crabe, saisie par le milieu du corps. Il la branlait si fort qu\u2019il la soulevait presque.<br>Les articulations de ses phalanges appuyaient sur le devant du vagin, en ce point d\u00e9fini jadis par Gr\u00e4fenberg. Elle eut une sorte de hoquet, son anus se contracta \u00e0 lui couper le pouce, et elle jouit, en saccades successives. <br>Ce fuit comme un tremblement de terre, avec une premi\u00e8re secousse et des r\u00e9pliques qui allaient s\u2019att\u00e9nuant.<br>Il retira d\u2019abord ses doigts, puis son pouce, et r\u00e9cup\u00e9ra sa main, qu\u2019il posa sur la balustrade. Elle tourna la t\u00eate vers lui, les l\u00e8vres entrouvertes, appelant le baiser.<br><br>Juste en dessous, les Japonais photographiaient fr\u00e9n\u00e9tiquement. Les deux amants sourirent. Alors seulement les touristes d\u2019un autre monde applaudirent.<br><br>Jean-Paul Brighelli<\/p>\n\n\n\n<p>Cette histoire (v\u00e9ridique, quoique j&rsquo;aie oubli\u00e9 le pr\u00e9nom de l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne) a paru une premi\u00e8re fois, sous une forme diff\u00e9rente, dans <em>Dolorosa Soror,<\/em> r\u00e9cit quelque peu \u00e9rotique que j&rsquo;ai publi\u00e9 en 1996 aux Editions Blanche, sous le pseudonyme \u2014 d\u00e9sormais \u00e9vent\u00e9 \u2014 de Florence Dugas.<br>Le texte du roman \u00e9tait le suivant :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Nous nous sommes arr\u00eat\u00e9es pour papoter \u00e0 l\u2019arri\u00e8re du grand Trianon, accoud\u00e9es<br>\u00e0 la balustrade qui surplombe les jardins \u00e0 la fran\u00e7aise et, au loin, le Grand<br>Canal.<br>Dans la demi-boucle qui relie les jardins \u00e0 l\u2019esplanade, un groupe d\u2019une quinzaine<br>de japonais \u00e9coutait avec une attention asiatique les commentaires de leur<br>charmante guide \u2014 de ces Japonaises, comme j\u2019en avais connu deux ou trois \u00e0 la<br>Fac, qui m\u00e9langent adroitement mode de vie traditionnel et \u00e9chapp\u00e9es dans la<br>culture fran\u00e7aise, et vivent, assez confortablement d\u2019ailleurs, de petits boulots de<br>ce genre, connectant leurs compatriotes press\u00e9s aux paysages fugaces de leur<br>Grand Tour \u00e0 eux.<br>Nathalie me tenait la main \u2013 les amoureux du Pont Mirabeau, vraiment. J\u2019\u00e9tais<br>dans un bon jour o\u00f9 le sentiment du ridicule, au lieu de tuer l\u2019amour, le<br>renfor\u00e7ait.<br>Je d\u00e9gageai mon bras, le laissai retomber entre nous, caressai distraitement sa<br>cuisse. Puis je la faufilai, par-devant, dans l\u2019\u00e9chancrure de l\u2019\u00e9pais manteau, et<br>roulai sa jupe entre mes doigts.<br>Accoud\u00e9es toujours \u00e0 la balustrade, juste au-dessus des Japonais, nous<br>semblions ne pas avoir boug\u00e9 d\u2019un iota. Ma main remonta le long de ses<br>jarretelles \u2014 je lui avais interdit les collants presque d\u00e8s le premier jour \u2014 et se<br>faufila sous ce pr\u00e9texte de dentelle qu\u2019on appelle un slip br\u00e9silien.<br>Elle eut presque un haut-le-corps lorsque mes doigts glac\u00e9s entr\u00e8rent en contact<br>avec ses cuisses et ses fesses.<br>Court r\u00e9pit, o\u00f9 je me r\u00e9chauffai \u00e0 sa chaleur\u2026<br>La vision de ma main froissant ce petit bout de tissu rouge (je le lui avais moim\u00eame choisi, ce matin-l\u00e0) m\u2019excita vraiment, et je l\u2019investis plus enti\u00e8rement.<br>Comme d\u2019habitude, je la trouvai tremp\u00e9e.<br>Ma main se faufila le long du sillon des fesses vertigineuses, \u00e0 travers les l\u00e8vres<br>souples, mon poignet froissant doucement son sexe, et vint tutoyer, l\u2019air de rien,<br>son clitoris. Elle \u00e9carta l\u00e9g\u00e8rement les jambes.<br>Il n\u2019y avait presque personne sur la terrasse du ch\u00e2teau, et de toute mani\u00e8re les<br>plis vagues du manteau occultaient ma man\u0153uvre.<br>En contrebas, les Japonais piaillaient toujours, avec ces hochements de t\u00eate de<br>poup\u00e9es m\u00e9caniques qui marquent moins leur acceptation que le fait qu\u2019ils<br>suivent la conversation.<br>L\u2019un d\u2019eux, assez audacieux pour cesser de suivre les commentaires \u00e9clair\u00e9s de<br>leur guide, fixa cette belle fille blonde accoud\u00e9e avec son amie juste au-dessus de<br>lui. Il visa rapidement, et nous photographia.<br>Juste au moment o\u00f9 il appuyait sur le d\u00e9clencheur, je ramenai ma main en<br>arri\u00e8re, et enfon\u00e7ai l\u2019index et le majeur dans le sexe de Nathalie. De surprise, elle<br>\u00e9carquilla un instant ses yeux et ses l\u00e8vres.<br>Ce fut alors que retentit le d\u00e9clic de l\u2019obturateur, dans l\u2019air froid de cette mid\u00e9cembre. Le Japonais abaissa un instant son appareil, l\u2019air l\u00e9g\u00e8rement<br>interloqu\u00e9, comme pour v\u00e9rifier \u00e0 l\u2019\u0153il nu ce que son objectif lui avait peut-\u00eatre<br>r\u00e9v\u00e9l\u00e9. \u00c0 nouveau il visa.<br>Nathalie le regardait fixement, sans rien cacher de la mont\u00e9e de son plaisir \u2014<br>alors que je savais qu\u2019elle pouvait jouir intens\u00e9ment sans remuer un cil. Tandis<br>que mes doigts la fouillaient, que mon pouce enfonc\u00e9 dans son cul se frottait<br>contre l\u2019index \u00e0 travers la mince paroi de chair, elle donna au Japonais un r\u00e9cital<br>singulier de narines crisp\u00e9es, bouche ouverte sur un spasme \u2014 puis un second,<br>mouvements de menton \u00e0 chaque soupir extasi\u00e9, lent passage de langue sur ses<br>l\u00e8vres s\u00e8ches de d\u00e9sir. \u00c0 chaque stase, le Japonais photographiait \u2014 rien qu\u2019\u00e0<br>regarder le visage si mobile de Nathalie, on pouvait deviner le moment o\u00f9<br>retentirait le d\u00e9clic attendu.<br>Son man\u00e8ge ne resta pas longtemps confidentiel. L\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre, les autres<br>types tourn\u00e8rent la t\u00eate, \u00e9changeant des commentaires pleins d\u2019excitation, et leur<br>cic\u00e9rone, \u00e0 son tour, cessa de parler et nous fixa.<br>Nathalie jouait l\u2019orgasme comme si elle \u00e9tait un piano sous mes doigts.<br>Les appareils photos se d\u00e9clench\u00e8rent en ch\u0153ur.<br>Je sentis son anus se contracter \u00e0 m\u2019en couper le pouce, et elle inclina son visage<br>vers moi, cherchant ma bouche.<br>Je l\u2019embrassai. Ses l\u00e8vres \u00e9taient froides de l\u2019air ambiant. Sa langue \u00e9tait une<br>boule de feu humide.<br>Nouvelle rafale de d\u00e9clics.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un commentateur de ma derni\u00e8re chronique a commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper un roman plein de sensualit\u00e9 et d\u2019exotisme. Ma foi, j\u2019ai, pens\u00e9 qu\u2019il ne serait pas mals\u00e9ant que je prouvasse, moi aussi, que je pouvais \u00e9crire sur le sujet. C\u2019\u00e9tait l\u2019une de ces journ\u00e9es de d\u00e9cembre o\u00f9 par miracle la r\u00e9gion parisienne baigne dans une atmosph\u00e8re [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":4657,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[3478,3351,3479,3477,3480,3348],"class_list":["post-4652","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe","tag-chateau-de-versailles","tag-exhibition","tag-japonais","tag-lycee-la-bruyere","tag-sexe-en-public","tag-voyeurisme"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4652","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4652"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4652\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4657"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4652"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4652"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4652"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}