{"id":5065,"date":"2024-07-09T17:36:38","date_gmt":"2024-07-09T15:36:38","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/?p=5065"},"modified":"2024-07-09T17:36:39","modified_gmt":"2024-07-09T15:36:39","slug":"strip-tease-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/strip-tease-2-5065","title":{"rendered":"Strip-tease"},"content":{"rendered":"\n<p>Rita Renoir (1934-2016)<br><br>Cette chronique sera un peu longue, et d\u00e9j\u00e0 je vous prie de m\u2019en excuser, sachant combien, au-del\u00e0 de la minute, le d\u00e9sir de lecture s\u2019\u00e9mousse d\u00e9sormais\u2026<br><br>Du strip-tease, je ne connaissais, \u00e0 12 ans, que ce r\u00e9cit de Ian Fleming :<br><br>\u00ab The drummer, on his calypso box, began a hasty beat like a quickened pulse. The service door opened and shut, and a curious object was wheeled into the circle of light. It was a huge hand, perhaps six feet tall at its highest point, upholstered in black leather. It stood, half open on its broad base, with the thumb and fingers outstretched as if ready to catch something. The drummer hastened his beat. The service door sighed. A glistening figure slipped through, and after pausing in the darkness, moved into the pool of light round the hand with a strutting jerk of belly and limbs. There was Chinese blood in her, and her body, totally naked and shining with palm oil, was almost white against the black hand. As she jerked round the hand she caressed its outstretched fingers with her hands and arms and then, with well-acted swooning motions, climbed into the palm of the hand and proceeded to perform languorous, but explicit and ingenious, acts of passion with each of the fingers in turn. The scene, the black hand, now shining with her oil and seeming to clutch at the squirming white body, was of an incredible lewdness, and Bond, himself aroused, noticed that even Scaramanga was watching with rapt attention, his eyes narrow slits. The drummer had now worked up to his crescendo. The girl, in well-simulated ecstasy, mounted the thumb, slowly expired upon it, and then, with a last grind of her rump, slid down it and vanished through the exit. The act was over. The lights came on and everyone, including the band, applauded loudly. The men came out of their separate animal trances. Scaramanga clapped his hand for the bandleader, took a note out of his case, and said something to him under his breath. The chieftain, Bond suspected, had chosen his bride for the night ! \u00bb<br>Ian Fleming, <em>The man with the golden gun<\/em>, chap.X, 1965.<br><br>Suivirent une s\u00e9quence c\u00e9l\u00e8bre dans <em>Le Laur\u00e9at<\/em>, et l\u2019article de Barthes sur la question, dans <em>Mythologies<\/em> :<br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"682\" height=\"908\" src=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/07\/Capture-de\u0301cran-2024-07-09-a\u0300-16.25.58-2-1.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5079\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/07\/Capture-de\u0301cran-2024-07-09-a\u0300-16.25.58-2-1.jpeg 682w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/07\/Capture-de\u0301cran-2024-07-09-a\u0300-16.25.58-2-1-225x300.jpeg 225w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/07\/Capture-de\u0301cran-2024-07-09-a\u0300-16.25.58-2-1-315x420.jpeg 315w\" sizes=\"auto, (max-width: 682px) 100vw, 682px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Je n\u2019ai vraiment saisi la complexit\u00e9 du strip qu\u2019en allant voir le one woman show exceptionnel de Rita Renoir, <em>Le Diable<\/em>, en 1972. Seule en sc\u00e8ne, elle d\u00e9bordait largement les codes de sa profession \u2014 et les attentes ordinaires des gogos. Elle exhibait et d\u00e9robait le myst\u00e8re. <br>Alors j\u2019ai un peu travaill\u00e9 la question. Je suis remont\u00e9 aux sources mythiques, le strip-tease de Salom\u00e9 devant les yeux \u00e9carquill\u00e9s du t\u00e9trarque \u2014 version Flaubert, la plus \u00e9labor\u00e9e :<br><br>\u00ab Mais il arriva du fond de la salle un bourdonnement de surprise et d\u2019admiration. Une jeune fille venait d\u2019entrer.<br>Sous un voile bleu\u00e2tre lui cachant la poitrine et la t\u00eate, on distinguait les arcs de ses yeux, les calc\u00e9doines de ses oreilles, la blancheur de sa peau. Un carr\u00e9 de soie gorge-pigeon, en couvrant les \u00e9paules, tenait aux reins par une ceinture d\u2019orf\u00e8vrerie. Ses cale\u00e7ons noirs \u00e9taient sem\u00e9s de mandragores, et d\u2019une mani\u00e8re indolente elle faisait claquer de petites pantoufles en duvet de colibri.<br>Sur le haut de l\u2019estrade, elle retira son voile. C\u2019\u00e9tait H\u00e9rodias, comme autrefois dans sa jeunesse. Puis, elle se mit \u00e0 danser.<br>Ses pieds passaient l\u2019un devant l\u2019autre, au rythme de la fl\u00fbte et d\u2019une paire de crotales. Ses bras arrondis appelaient quelqu\u2019un, qui s\u2019enfuyait toujours. Elle le poursuivait, plus l\u00e9g\u00e8re qu\u2019un papillon, comme une Psych\u00e9 curieuse, comme une \u00e2me vagabonde, et semblait pr\u00eate \u00e0 s\u2019envoler.<br>Les sons fun\u00e8bres de la gingras remplac\u00e8rent les crotales. L\u2019accablement avait suivi l\u2019espoir. Ses attitudes exprimaient des soupirs, et toute sa personne une telle langueur qu\u2019on ne savait pas si elle pleurait un dieu, ou se mourait dans sa caresse. Les paupi\u00e8res entre-closes, elle se tordait la taille, balan\u00e7ait son ventre avec des ondulations de houle, faisait trembler ses deux seins, et son visage demeurait immobile, et ses pieds n\u2019arr\u00eataient pas.<br>Vitellius la compara \u00e0 Mnester, le pantomime. Aulus vomissait encore. Le T\u00e9trarque se perdait dans un r\u00eave, et ne songeait plus \u00e0 H\u00e9rodias. Il crut la voir pr\u00e8s des Sadduc\u00e9ens. La vision s\u2019\u00e9loigna. Ce n\u2019\u00e9tait pas une vision. Elle avait fait instruire, loin de Mach\u00e6rous, Salom\u00e9 sa fille, que le T\u00e9trarque aimerait ; et l\u2019id\u00e9e \u00e9tait bonne. Elle en \u00e9tait s\u00fbre, maintenant !<br>Puis ce fut l\u2019emportement de l\u2019amour qui veut \u00eatre assouvi. Elle dansa comme les pr\u00eatresses des Indes, comme les Nubiennes des cataractes, comme les bacchantes de Lydie. Elle se renversait de tous les c\u00f4t\u00e9s, pareille \u00e0 une fleur que la temp\u00eate agite. Les brillants de ses oreilles sautaient, l\u2019\u00e9toffe de son dos chatoyait ; de ses bras, de ses pieds, de ses v\u00eatements jaillissaient d\u2019invisibles \u00e9tincelles qui enflammaient les hommes. Une harpe chanta ; la multitude y r\u00e9pondit par des acclamations. Sans fl\u00e9chir ses genoux en \u00e9cartant les jambes, elle se courba si bien que son menton fr\u00f4lait le plancher ; et les nomades habitu\u00e9s \u00e0 l\u2019abstinence, les soldats de Rome experts en d\u00e9bauches, les avares publicains, les vieux pr\u00eatres aigris par les disputes, tous, dilatant leurs narines, palpitaient de convoitise.<br>Ensuite elle tourna autour de la table d\u2019Antipas, fr\u00e9n\u00e9tiquement, comme le rhombe des sorci\u00e8res ; et d\u2019une voix que des sanglots de volupt\u00e9 entrecoupaient, il lui disait :<br>\u2013 Viens ! viens !<br>Elle tournait toujours ; les tympanons sonnaient \u00e0 \u00e9clater, la foule hurlait.<br>Mais le T\u00e9trarque criait plus fort :<br>\u2013 Viens ! viens ! Tu auras Capharna\u00fcm ! la plaine de Tib\u00e9rias ! mes citadelles ! la moiti\u00e9 de mon royaume !<br>Elle se jeta sur les mains, les talons en l\u2019air, parcourut ainsi l\u2019estrade comme un grand scarab\u00e9e ; et s\u2019arr\u00eata, brusquement.<br>Sa nuque et ses vert\u00e8bres faisaient un angle droit. Les fourreaux de couleur qui enveloppaient ses jambes, lui passant par-dessus l\u2019\u00e9paule, comme des arcs-en-ciel, accompagnaient sa figure \u00e0 une coud\u00e9e du sol. Ses l\u00e8vres \u00e9taient peintes, ses sourcils tr\u00e8s noirs, ses yeux presque terribles, et des gouttelettes \u00e0 son front semblaient une vapeur sur du marbre blanc.<br>Elle ne parlait pas. Ils se regardaient.<br>Un claquement de doigts se fit dans la tribune. Elle y monta, reparut ; et, en z\u00e9zayant un peu, pronon\u00e7a ces mots, d\u2019un air enfantin :<br>\u2013 Je veux que tu me donnes dans un plat, la t\u00eate\u2026<br>Elle avait oubli\u00e9 le nom, mais reprit en souriant :<br>\u2013 La t\u00eate de Iaokanann !<br>Le T\u00e9trarque s\u2019affaissa sur lui-m\u00eame, \u00e9cras\u00e9. \u00bb<br>Gustave Flaubert, <em>H\u00e9rodias<\/em>, 1877<br><br>\u00c0 peu pr\u00e8s \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque je me suis offert la traduction de Mardrus des <em>Mille et une nuits<\/em>, qui venait de para\u00eetre en huit volumes chez Tchou. Ciel ! L\u2019histoire d\u2019Ali-Baba, telle que l\u2019avait transmise le tr\u00e8s pudibond Antoine Galland au d\u00e9but du XVIIIe \u2014 la seule que je connaissais alors \u2014 n\u2019\u00e9tait pas exactement le texte d\u2019origine, et la performance de Morgane \u00e9clipse \u00e0 jamais <a href=\"https:\/\/www.dailymotion.com\/video\/x21r37e\">toutes celles qu&rsquo;a pu produire Dita von Teese<\/a> : <br><br>\u00ab Mais au bout d\u2019une heure, la jeune fille fit de nouveau son entr\u00e9e dans la salle. Et, \u00e0 la grande surprise d\u2019Ali Baba, elle \u00e9tait habill\u00e9e en danseuse, le front diad\u00e9m\u00e9 de sequins d\u2019or, le cou orn\u00e9 d\u2019un collier de grains d\u2019ambre jaune, la taille prise dans une ceinture aux mailles d\u2019or, et des bracelets \u00e0 grelots d\u2019or aux poignets et aux chevilles. Et de sa ceinture pendait, selon la coutume des danseuses de profession, le poignard \u00e0 manche de jade et \u00e0 longue lame \u00e9vid\u00e9e et pointue qui sert \u00e0 mimer les figures de la danse. Et ses yeux de gazelle enamour\u00e9e, d\u00e9j\u00e0 si grands par eux-m\u00eames et si profonds d\u2019\u00e9clat, \u00e9taient durement allong\u00e9s de kohl noir jusqu\u2019\u00e0 ses tempes, de m\u00eame que ses sourcils tendus en arc mena\u00e7ant. Et ainsi par\u00e9e et attif\u00e9e, elle s\u2019avan\u00e7a \u00e0 pas compt\u00e9s, toute droite et les seins en avant. Et, derri\u00e8re elle, entra le jeune esclave Abdallah tenant de sa main gauche, \u00e0 la hauteur de son visage, un tambour \u00e0 castagnettes de m\u00e9tal, sur lequel il frappait en mesure, mais tr\u00e8s lentement, de fa\u00e7on \u00e0 rythmer les pas de sa compagne. Et lorsqu\u2019elle fut arriv\u00e9e devant son ma\u00eetre, Morgane s\u2019inclina gracieusement et, sans lui donner le temps de revenir de la surprise o\u00f9 l\u2019avait plong\u00e9 cette entr\u00e9e inattendue, elle se tourna vers le jeune Abdallah et lui fit un l\u00e9ger signe avec ses sourcils. Et soudain le rythme du tambour s\u2019acc\u00e9l\u00e9ra sur un mode fortement cadenc\u00e9, et Morgane, glissant comme un oiseau dansa.<br>Et elle dansa tous les pas, inlassable, et esquissa toutes les figures, comme jamais ne l\u2019avait fait, dans les palais des rois, une danseuse de profession. Et elle dansa comme seul peut-\u00eatre, devant Sa\u00fcl noir de tristesse, avait dans\u00e9 le berger David.<br>Et elle dansa la danse des \u00e9charpes, et celle du mouchoir, et celle du b\u00e2ton. Et elle dansa les danses des Juives, et celles des Grecques et celles des \u00c9thiopiennes et celles des Persanes, et celles des B\u00e9douines, avec une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 si merveilleuse que, certes ! seule Balkis, la reine amoureuse de Sole\u00efm\u00e2n, aurait pu danser les pareilles.<br>Et quand elle eut dans\u00e9 tout cela, quand le c\u0153ur de son ma\u00eetre, et celui du fils de son ma\u00eetre, et celui du marchand, l\u2019invit\u00e9 de son ma\u00eetre, furent suspendus \u00e0 ses pas, et leurs yeux riv\u00e9s \u00e0 la souplesse de son corps, elle esquissa la danse onduleuse du poignard. En effet, tirant soudain l\u2019arme dor\u00e9e de sa gaine d\u2019argent, et tout \u00e9mouvante de gr\u00e2ce et d\u2019attitudes, au rythme acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 du tambour, elle s\u2019\u00e9lan\u00e7a, le poignard mena\u00e7ant, cambr\u00e9e, flexible, ardente, rauque et sauvage, avec des yeux en \u00e9clairs, et soulev\u00e9e par des ailes qu\u2019on ne voyait pas. Et la menace de l\u2019arme se tendait tant\u00f4t vers quelque ennemi invisible de l\u2019air, et tant\u00f4t se tournait de la pointe vers les beaux seins de l\u2019adolescente exalt\u00e9e. Et l\u2019assistance, \u00e0 ces moments-l\u00e0, poussait un long cri d\u2019effroi, tant le c\u0153ur de la danseuse paraissait proche de la pointe mortelle.<br>Puis peu \u00e0 peu le rythme du tambour se fit plus lent et la cadence fra\u00eechit et s\u2019att\u00e9nua jusqu\u2019au silence de la peau sonore. Et Morgane, la poitrine soulev\u00e9e comme une vague de la mer, cessa de danser. Et elle se tourna vers l\u2019esclave Abdallah qui, \u00e0 un nouveau signe de sourcil, lui jeta, de sa place, le tambour. Et elle l\u2019attrapa au vol et, le retournant, elle s\u2019en servit comme d\u2019une s\u00e9bile pour aller le tendre aux trois spectateurs et solliciter, selon la coutume des alm\u00e9es et des danseuses, leur lib\u00e9ralit\u00e9. Et Ali Baba, qui, bien qu\u2019un peu formalis\u00e9 de l\u2019action inattendue de sa servante, s\u2019\u00e9tait laiss\u00e9 gagner par tant de charme et tant d\u2019art, jeta un dinar d\u2019or dans le tambour. Et Morgane le remercia d\u2019une profonde r\u00e9v\u00e9rence et d\u2019un sourire, et tendit le tambour au fils d\u2019Ali Baba, qui ne fut pas moins g\u00e9n\u00e9reux que son p\u00e8re.<br>Alors, tenant toujours le tambour de la main gauche, elle le pr\u00e9senta \u00e0 l\u2019h\u00f4te qui n\u2019aimait pas le sel. Et hagg Hussein tira sa bourse et se disposait \u00e0 y puiser quelque argent pour le donner \u00e0 la si d\u00e9sirable danseuse, quand soudain Morgane, qui avait recul\u00e9 de deux pas, puis bondi en avant comme un chat sauvage, lui enfon\u00e7a dans le c\u0153ur, jusqu\u2019\u00e0 la lamelle de garde, le poignard brandi de la main droite. Et hagg Hussein, les yeux soudain rentr\u00e9s dans leurs orbites, ouvrit la bouche et la referma, en poussant \u00e0 peine un demi-soupir, puis s\u2019affaissa sur le tapis, sa t\u00eate pr\u00e9c\u00e9dant ses pieds, et d\u00e9j\u00e0 corps sans \u00e2me. \u00bb<br>Joseph-Charles Mardrus (1868-1949) <em>Les Mille et une nuits<\/em>, trad. 1898-1904.<br><br>Pardon pour cette longue citation \u2014 mais elle est au c\u0153ur de la question. Cette danse du poignard, <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=oLDe_2PKQz8\">que Khatchatourian a si magnifiquement mise en musique<\/a> (je gesticulais sur cet air quand j\u2019avais sept ans, si intens\u00e9ment que je perdis un jour l\u2019\u00e9quilibre, m\u2019agrippai \u00e0 la nappe qui couvrait la table autour de laquelle je m\u2019\u00e9lan\u00e7ais comme un sylphe maladroit, et fis tomber \u00e0 grands fracas le vase et les fleurs qui en ornaient le centre, <em>fatalitas<\/em>) est la m\u00e8re de tous les strip-tease mortels invent\u00e9s par la litt\u00e9rature et les donzelles \u2014 deux termes au fond synonymes. Le meurtre m\u00e9taphorique est la finalit\u00e9 du strip. Allez donc d\u00e9cider de qui poignarde qui\u2026<br><br>Barthes explique dans l\u2019article sus-cit\u00e9 que la musique bloque le potentiel \u00e9rotique du strip. Hmm\u2026 Vous rappelez-vous <a href=\"https:\/\/www.dailymotion.com\/video\/x2a3hfr\">l\u2019extraordinaire num\u00e9ro que livre Kim Basinger<\/a>, sur \u00ab\u00a0You can leave your hat on\u00a0\u00bb chant\u00e9 par Joe Cocker, devant un Mickey Rourke enthousiaste ? C\u2019est dans <em>9 \u00bd weeks<\/em> (et par parenth\u00e8se, le roman sign\u00e9 Elisabeth McNeill \u2014 nom de plume de Ingeborg Day \u2014 est autrement plus fascinant), et ce clip incorpor\u00e9 a assur\u00e9 le succ\u00e8s du long m\u00e9trage.<br><br>En tout cas, rien de plus d\u00e9primant qu\u2019une femme qui en neuf secondes et demie se d\u00e9carpille comme si elle allait prendre une douche avant de plonger dans vos bras. Il faut laisser du temps au temps \u2014 c\u2019est le secret le plus profond de l\u2019\u00e9rotisme, c\u2019est l\u2019un des points sur lesquels il s\u2019oppose le mieux \u00e0 la pornographie. Le strip-tease raconte une histoire, il doit vous donner le temps d\u2019y entrer, de vous en assimiler les codes. Le voil\u00e9 \/ d\u00e9voil\u00e9 est le pendant de la lumi\u00e8re qui joue \u00e0 vous donner le go\u00fbt de l\u2019ombre. Apr\u00e8s, bien s\u00fbr, \u00e9treintes et apocalypse moite. Mais avant, dans cette suspension du temps, les corps jouent \u00e0 s\u2019exhiber et \u00e0 s\u2019occulter, \u00e0 s\u2019offrir sans se donner, \u00e0 se deviner avant m\u00eame de se conna\u00eetre.<br><br>Jean-Paul Brighelli<br><br>Gustave Moreau (1826-1898), <em>l&rsquo;Apparition<\/em>, 1876 <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"690\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/07\/Gustave-Moreau-1826-1898-lApparition-1876--690x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5081\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/07\/Gustave-Moreau-1826-1898-lApparition-1876--690x1024.jpg 690w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/07\/Gustave-Moreau-1826-1898-lApparition-1876--202x300.jpg 202w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/07\/Gustave-Moreau-1826-1898-lApparition-1876--768x1140.jpg 768w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/07\/Gustave-Moreau-1826-1898-lApparition-1876--1035x1536.jpg 1035w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/07\/Gustave-Moreau-1826-1898-lApparition-1876--696x1033.jpg 696w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/07\/Gustave-Moreau-1826-1898-lApparition-1876--1068x1585.jpg 1068w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/07\/Gustave-Moreau-1826-1898-lApparition-1876--283x420.jpg 283w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/07\/Gustave-Moreau-1826-1898-lApparition-1876-.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 690px) 100vw, 690px\" \/><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rita Renoir (1934-2016) Cette chronique sera un peu longue, et d\u00e9j\u00e0 je vous prie de m\u2019en excuser, sachant combien, au-del\u00e0 de la minute, le d\u00e9sir de lecture s\u2019\u00e9mousse d\u00e9sormais\u2026 Du strip-tease, je ne connaissais, \u00e0 12 ans, que ce r\u00e9cit de Ian Fleming : \u00ab The drummer, on his calypso box, began a hasty beat [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":5073,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[3896,3286,526,3891,3892,3291,3895,3897,3288,894,2520,2518],"class_list":{"0":"post-5065","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-non-classe","8":"tag-9-1-2-weeks","9":"tag-dita-von-teese","10":"tag-flaubert","11":"tag-herodias","12":"tag-katchatourian","13":"tag-kim-basinger","14":"tag-mille-et-une-nuits","15":"tag-morgane","16":"tag-rita-renoir","17":"tag-roland-barthes","18":"tag-salome","19":"tag-strip-tease"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5065","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5065"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5065\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5073"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5065"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5065"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5065"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}