{"id":5098,"date":"2024-08-13T00:37:10","date_gmt":"2024-08-12T22:37:10","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/?p=5098"},"modified":"2024-08-13T01:41:23","modified_gmt":"2024-08-12T23:41:23","slug":"juliette-80","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/juliette-80-5098","title":{"rendered":"Juliette 80"},"content":{"rendered":"\n<p>Madeleine Renaud dans <em>Oh les beaux jours<\/em>, Samuel Beckett, 1969<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le texte qui suit a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 \u00e0 la demande d&rsquo;une amie pour \u00eatre jou\u00e9 dans un EHPAD, il y a quelques ann\u00e9es. Succ\u00e8s m\u00e9diocre \u2014 trop de mots, ils se sont endormis.<\/em> <em>Les vieux aussi sont un public difficile\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em> Juliette est assise dans un grand fauteuil, les jambes \u00e0 l\u2019horizontale, les pieds reposant sur une sorte de pouf. Elle a une revue sur les genoux \u2014 on apprendra plus tard qu\u2019il s\u2019agit du Figaro Magazine \u2014 et un stylo \u00e0 la main, qu\u2019elle su\u00e7ote de temps \u00e0 autre. Elle est habill\u00e9e comme pour sortir, longue robe de couleur claire, un tour-de-cou en velours noir auquel est accroch\u00e9e une grosse perle ovale. Ses chaussures sont juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019elle \u2014 elle est pieds nus, mais elle porte des bas. Tr\u00e8s bien coiff\u00e9e, les cheveux l\u00e9g\u00e8rement bleut\u00e9s. Le regard et le geste vifs.<\/em><br> <br>Alors, voyons\u2026 \u00ab Transformer le salon en living-room \u00bb \u2014 en 10 lettres\u2026 Ce Michel Laclos me fera devenir folle\u2026 Voyons voir\u2026 J\u2019ai un A initial et un G en troisi\u00e8me position \u2014 et ER ou IR sans doute \u00e0 la fin, puisque c\u2019est un infinitif\u2026 \u00ab Transformer le salon en living-room \u00bb \u2014 mais c\u2019est la m\u00eame chose ! Ah oui ! \u00ab Angliciser \u00bb ! Laclos, tu es une crapule !<br>\u00ab Angliciser \u00bb ! Tr\u00e8s dr\u00f4le ! Je la raconterai \u00e0 Rom\u00e9o quand il se r\u00e9veillera \u2014 la sieste, apr\u00e8s le caf\u00e9 d\u2019apr\u00e8s le d\u00e9jeuner, c\u2019est sacr\u00e9.<br>Il dort dans sa chambre, bien s\u00fbr\u2026 \u00c0 nos \u00e2ges, c\u2019est bien de sauvegarder un peu d\u2019intimit\u00e9\u2026 Quand j\u2019avais vingt ans, mon mari de l\u2019\u00e9poque me reprochait sans cesse \u00ab Mais ne te prom\u00e8ne donc pas toute nue ! \u00bb \u2014 un titre de Feydeau, mais il n\u2019en savait rien, le cher homme\u2026 S\u2019il me voyait maintenant\u2026<br>Rom\u00e9o\u2026 Bien s\u00fbr il ne s\u2019appelle pas Rom\u00e9o\u2026 Il s\u2019appelle Paul. Mais comme moi, c\u2019est Juliette, et que nous nous sommes rencontr\u00e9s dans une surprise-party\u2026 <br>Nous devons \u00eatre les derniers \u00e0 parler de surprise-party\u2026 Quelle d\u00e9finition Michel Laclos donnerait-il du mot ? Comment dit ma petite fille d\u00e9j\u00e0 ? M\u00e9gateuf, ou quelque chose comme \u00e7a\u2026 La France, ton fran\u00e7ais fout le camp !<br>Alors, voyons\u2026 \u00ab Anarchiste boh\u00e9mien \u00bb \u2014 oh, celle-l\u00e0, il l\u2019a d\u00e9j\u00e0 faite cent fois ! Ils exag\u00e8rent, au <em>Figaro Magazine<\/em> ! Sous pr\u00e9texte que Laclos est parti en vacances, en grandes vacances, depuis quatre ans, ils nous repassent de vieilles grilles\u2026 \u00ab Anarchiste boh\u00e9mien \u00bb, mais c\u2019est l\u2019amour, bien s\u00fbr ! (Fredonnant) \u00ab L\u2019amour est enfant de boh\u00e8me, il n\u2019a jamais jamais connu de loi, Si tu ne m\u2019aimes pas je t\u2019aime, Et si je t\u2019aime prends garde \u00e0 toi\u2026 \u00bb \u00ab Amour \u00bb ! Trop facile, comme dirait ma petite-fille\u2026<br>Ah, les enfants\u2026<br>(<em>Chantonne \u00e0 nouveau, en d\u00e9raillant un peu<\/em>) \u00ab Prends gaaaarde \u00e0 toi\u2026 \u00bb<br>Mes enfants n\u2019ont pas vu d\u2019un tr\u00e8s bon \u0153il l\u2019arriv\u00e9e de Paul dans ma vie. Ils \u00e9taient venus fin mai, comme ils viennent chaque mois, rituellement, ils croient que \u00e7a me fait plaisir de guetter le moment o\u00f9 ils regardent leur montre, en douce\u2026 Et fin juin, crac, ils me trouvent \u00e0 papoter avec Paul dans ma chambre \u2014 et \u00e7a crevait les yeux, para\u00eet-il\u2026 Mon fils surtout a eu l\u2019air choqu\u00e9 choqu\u00e9 choqu\u00e9\u2026 Les gar\u00e7ons comprennent \u00e7a moins bien que les filles\u2026 Maman, hein, c\u2019est sacr\u00e9 ! \u00c0 cinquante-trois ans, il doit toujours penser qu\u2019il est sorti d\u2019un chou. Ou d\u2019une cigogne.<br>Rom\u00e9o donc fait la sieste\u2026 Si vous trouvez que cela manque de romantisme, tant pis pour vous. Rom\u00e9o et Juliette, dans la vraie vie, sont des gens r\u00e9els, qui mangent du r\u00f4ti de veau dont le fibres restent entre les dents, qui s\u2019assoupissent apr\u00e8s-d\u00eener, ont des visc\u00e8res exigeants \u2014 de plus en plus exigeants d\u2019ailleurs\u2026 Pauvre Paul !<br>Au d\u00e9but \u2013 parce qu\u2019il y a eu un d\u00e9but\u2026<br>Qu\u2019est-ce qu\u2019il me dit, l\u00e0, le cher Michel ? \u00ab Bonne en dessins \u00bb \u2014 en 9 lettres. Bonne comme bonne \u00e0 tout faire, je parierais\u2026 En dessins, au pluriel ? Mais oui \u2014 B\u00e9cassine ! \u00c7a co\u00efncide bien avec le C vertical. C\u2019est \u00e7a !<br>Au d\u00e9but donc\u2026 En septembre dernier, le Pavillon des Bleuets \u2014 le mien \u2014 avait organis\u00e9 une surprise-party \u2014 enfin, plut\u00f4t un th\u00e9 dansant. L\u2019apr\u00e8s-midi vaut mieux que la soir\u00e9e \u2014 la plupart d\u2019entre nous se couchent t\u00f4t, m\u00eame s\u2019ils ne dorment pas \u2014 nous avons des sommeils d\u2019oiseaux. Enfin, d\u2019oiseaux sous somnif\u00e8res et tranquillisants ! Oui, un th\u00e9 dansant \u2014 l\u2019administration nous avait d\u00e9nich\u00e9 un vrai tourne-disques, et des disques qui grattaient d\u00e9licieusement\u2026<br>Paul, il \u00e9tait install\u00e9 aux Myosotis, \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u2014 c\u2019est de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du parc. Un peu moins chic qu\u2019aux Bleuets. \u00ab J\u2019ai suivi la musique \u00bb, m\u2019a-t-il dit plus tard. Comme un immigrant de quatri\u00e8me classe suit le bruit du bal pour acc\u00e9der au pont sup\u00e9rieur du <em>Titanic<\/em> !<br>Si beau, si\u2026 correct ! Tir\u00e9 \u00e0 quatre \u00e9pingles \u2014 j\u2019ai vite su que c\u2019\u00e9tait sa marque distinctive, chaque jour, toujours bien habill\u00e9, les souliers bien cir\u00e9s, le pli au pantalon, chemise impeccable et n\u0153ud papillon. Ah, les n\u0153uds papillons de Rom\u00e9o ! Il se sauve de sa propre vieillesse \u00e0 force de dandysme.<br>Il faut dire\u2026 Je n\u2019ai jamais connu de coup de foudre. M\u00eame adolescente. Vous savez, la grande avalanche qui vous emporte\u2026 Des amours raisonnables, toujours. Un mariage de raison. Une immense affection, et quelques\u2026 incartades ? Oui, incartades. Rien de bien passionnant. En tout cas, rien de passionn\u00e9\u2026 Je ne les reconna\u00eetrais pas, si je les croisais\u2026 Et eux, me reconna\u00eetraient-ils ?<br>\u00ab Fait des m\u00e9lancoliques de plomb \u00bb \u2014 en 7 lettres. Ce type me rendra folle. Voyons, j\u2019ai RNE \u00e0 la fin. \u00ab Fait des m\u00e9lancoliques de plomb \u00bb\u2026 Bien s\u00fbr, Saturne ! Le plomb \u00e0 cause du saturnisme ! Quant \u00e0 la m\u00e9lancolie\u2026 Ce n\u2019est pas ce qui manque ici. (Chantonnant) \u00ab Il est morne, il est taciturne, Il pr\u00e9side aux choses du temps, Il porte un joli nom Saturne\u2026 \u00bb<br>Alors, Rom\u00e9o, je l\u2019ai vu, sur le seuil de la grande salle \u2014 il h\u00e9sitait un peu. \u00ab Je vous cherchais \u00bb, m\u2019a-t-il dit\u2026 Vil s\u00e9ducteur ! Dom Juan de maisons de retraite ! Dragueur de petites vieilles ! \u00ab Mais nous ne nous connaissions pas \u00bb \u2014 \u00ab qu\u2019importe, je savais que vous seriez l\u00e0 \u00bb. Ah, Rom\u00e9o, Rom\u00e9o !<br>Le disque qui passait, c\u2019\u00e9tait <em>la Vie en rose<\/em>. Je sais, je sais, s\u2019offrir un coup de foudre \u00e0 82 ans sur Edith Piaf, c\u2019est d\u2019un commun !<br>Je l\u2019ai vu, il m\u2019a vue, et il y a eu un abondant silence. Je n\u2019entendais plus la musique \u2014 c\u2019\u00e9tait moi, la musique. Il a march\u00e9 vers moi, j\u2019ai avanc\u00e9 vers lui\u2026 \u00ab Vous n\u2019\u00eates pas d\u2019ici \u00bb, ai-je dit. \u00ab Non, je viens des Myosotis \u00bb, a-t-il avou\u00e9 en m\u2019enla\u00e7ant pour me faire danser. Cher homme ! Me faire danser, avec son arthrose de la hanche ! Mais il l\u2019a fait ! Il l\u2019a fait ! L\u2019amour ne serait pas un dieu s\u2019il ne faisait pas de temps en temps des miracles.<br>Le vrai miracle, c\u2019est qu\u2019il a entendu presque tout ce que je lui ai racont\u00e9, cet apr\u00e8s-midi-l\u00e0. Parce qu\u2019il est un peu sourd, Rom\u00e9o \u2014 et qu\u2019il refuse de s\u2019\u00e9quiper. Le dandysme, toujours. Deux ans de plus que moi !<br>Mais toujours vert\u2026<br><em>La Vie en rose<\/em>\u2026 Nous avons dans\u00e9 en silence, tout en entendant les paroles dans nos t\u00eates \u2014 et soudain, l\u2019un et l\u2019autre, nous avons fredonn\u00e9 au m\u00eame moment \u2014 (fredonnant) \u00ab Il est entr\u00e9 dans mon c\u0153ur Une part de bonheur Dont je connais la cause\u2026 \u00bb<br>C\u2019est lui pour moi, moi pour lui \u2014 pour la vie\u2026<br>Il a fallu trouver une solution. Traverser le parc chaque jour, lui ou moi, c\u2019est vite devenu terrible, avec la fin des beaux jours. L\u2019automne ici est tr\u00e8s beau, mais l\u2019hiver est un peu\u2026 s\u00e9v\u00e8re.<br>Mais il n\u2019y avait pas de place, aux Bleuets. Plein comme un \u0153uf de vieillards hauts les c\u0153urs !<br>Novembre, d\u00e9cembre, je traversais le parc solitaire et glac\u00e9\u2026 Parfois dans sa chambre, et souvent dans la mienne, parce qu\u2019il mettait un point d\u2019honneur \u00e0 s\u2019imposer l\u2019excursion plus souvent que moi.<br>Oh, n\u2019allez pas imaginer des \u00e9treintes indicibles ! Non que nous ayons pass\u00e9 l\u2019\u00e2ge \u2014 l\u2019arthrose n\u2019emp\u00eache pas une bonne circulation du sang. Mais vous savez, j\u2019ai du mal moi-m\u00eame \u00e0 me regarder. Alors, \u00eatre regard\u00e9e est un peu un supplice.<br>Mais il y a tant d\u2019amour dans ses yeux bleus ! Il me voit belle, il me l\u2019a dit cent fois \u2014 et apr\u00e8s tout, moi, je le vois si beau !<br>En janvier, Mademoiselle Eug\u00e9nie, ma voisine, au rez-de-chauss\u00e9e des Bleuets, est partie elle aussi \u2014 j\u2019allais dire \u00ab enfin \u00bb, Juliette, tu devrais avoir honte ! \u2014 est partie elle aussi en grandes vacances. Partie v\u00e9rifier ses hypoth\u00e8ses sur la survie de l\u2019\u00e2me et les cl\u00e9s de Saint Pierre.<br>J\u2019ai demand\u00e9 un rendez-vous \u00e0 la directrice, et j\u2019ai plaid\u00e9 la cause de Paul. \u00ab Oui, mais aux Bleuets, m\u2019a-t-elle dit, il y a des prestations diff\u00e9rentes, une salle de sport, une piscine, un jacuzzi\u2026 C\u2019est la partie \u00ab Priv\u00e9e \u00bb de la maison\u2026 Aux Myosotis, ils n\u2019ont pas\u2026 le m\u00eame confort h\u00f4telier, c\u2019est la partie \u00ab publique \u00bb \u00bb. Je l\u2019ai regard\u00e9e, en souriant, et je lui ai dit que je paierais la diff\u00e9rence \u2014 pourvu qu\u2019il n\u2019en sache rien. Mon mari m\u2019a laiss\u00e9 largement de quoi vivre jusqu\u2019\u00e0\u2026 jusqu\u2019aux vacances\u2026 Je suis s\u00fbre qu\u2019il serait heureux de me savoir heureuse, le cher homme ! Il a toujours \u00e9t\u00e9 si\u2026 accommodant\u2026<br>Et Rom\u00e9o a travers\u00e9 le parc une derri\u00e8re fois pour s\u2019installer dans la chambre mitoyenne. C\u2019est tr\u00e8s pratique. Chacun a son intimit\u00e9, jamais il ne para\u00eetrait devant moi sans \u00eatre ras\u00e9 de pr\u00e8s, et moi sans mon ruban ras du cou. Je suis comme une maison un peu d\u00e9labr\u00e9e qu\u2019il faut remettre en \u00e9tat, chaque matin, pour la visite de l\u2019agent immobilier charg\u00e9 de la vendre\u2026<br>Il va s\u2019\u00e9veiller maintenant, mais il ne viendra pas tout de suite. Rom\u00e9o a ses petites habitudes \u2014 il aime faire un tour du parc, le printemps est si beau cette ann\u00e9e, si pr\u00e9coce, \u00e0 peine s\u2019il reste un peu de neige saupoudrant les sommets alentour. Il aime aller jusqu\u2019au grand ch\u00eane, en lisi\u00e8re du parc. Il y a l\u00e0 un \u00e9cureuil avec lequel il s\u2019est li\u00e9 d\u2019amiti\u00e9, \u00e0 force de lui amener des noisettes. Vil s\u00e9ducteur ! Il me trompe avec un rongeur !<br>Je l\u2019entends qui se l\u00e8ve. En deux temps toujours, il a un peu de mal \u00e0 se mettre debout \u2014 une faiblesse dans  la jambe gauche. Puis il ira faire pipi. Et il remettra ses chaussures \u2014 toujours bien cir\u00e9es, c\u2019est le n\u0153ud pap\u2019 de ses pieds \u2014 pour arpenter le parc. J\u2019ai bien le temps de finir ma grille de mots crois\u00e9s\u2026<br>\u00ab Devient inqui\u00e9tante \u00e0 partir de 39-40 \u00bb \u2014 en 6 lettres. Et \u00e7a commence par un F.<br>Le tout est dans les mots. \u00ab Devient \u00bb, ce n\u2019est pas \u00ab est devenu \u00bb. Donc, rien \u00e0 voir avec la guerre\u2026<br>La guerre\u2026<br>\u00ab \u2026 \u00e0 partir de 39-40 \u00bb\u2026 Bah, la fi\u00e8vre, bien s\u00fbr. Michel, Michel, tu me feras devenir folle.<br>Allons, continuons.<br> <br><em>Rideau ou passage au noir<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Paul Brighelli<\/p>\n\n\n\n<p>PS. Bien s\u00fbr, c&rsquo;est ma m\u00e8re qui \u00e9tait une grande consommatrice de mots crois\u00e9s \u2014 particuli\u00e8rement ceux de Michel Laclos (1926-2013) dans le <em>Figaro Magazine<\/em>. Bien s\u00fbr, elle ne vivait pas dans un EHPAD\u2026<br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Madeleine Renaud dans Oh les beaux jours, Samuel Beckett, 1969 Le texte qui suit a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 \u00e0 la demande d&rsquo;une amie pour \u00eatre jou\u00e9 dans un EHPAD, il y a quelques ann\u00e9es. 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