{"id":5104,"date":"2024-08-18T12:54:54","date_gmt":"2024-08-18T10:54:54","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/?p=5104"},"modified":"2024-08-18T12:54:55","modified_gmt":"2024-08-18T10:54:55","slug":"le-raccourci","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/le-raccourci-5104","title":{"rendered":"Le Raccourci"},"content":{"rendered":"\n<p><em>J&rsquo;ai \u00e9crit \u00e7a il y a deux ans pile, pendant l&rsquo;\u00e9t\u00e9\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Neuf fois sur dix, en montagne, le raccourci rallonge la route. C\u2019est un fait, on n\u2019y peut rien. Je devrais le savoir. Le chemin fait une grande courbe, vous l\u2019avez vu sur la carte, vous pensez pouvoir couper en diagonale, et de combe en combe, de chemin de traverse en sente escarp\u00e9e, vous voil\u00e0 au diable.<br>\u00c7a n\u2019a pas rat\u00e9. J\u2019\u00e9tais fatigu\u00e9, ma chienne tirait la langue, il \u00e9tait sept heures du soir, \u00e0 l\u2019est le bleu passait \u00e0 l\u2019outremer et \u00e0 l\u2019ouest le jaune se teintait de rouge. Belle journ\u00e9e, mais longue route. Fichu chemin de saint Jacques.<br>Alors, j\u2019ai coup\u00e9. Le gros bourg rep\u00e9r\u00e9 sur la carte o\u00f9 je pensais m\u2019arr\u00eater n\u2019\u00e9tait qu\u2019\u00e0 quelques plis de collines. Les C\u00e9vennes sont une succession de pleins et de d\u00e9li\u00e9s, de sommets qui n\u2019ont l\u2019air de rien mais qui montent salement, et de descentes qui s\u2019av\u00e8rent sacr\u00e9ment pentues. Et interminables.<br>Ce qui me chagrinait, c\u2019est que j\u2019\u00e9tais au bout de mes r\u00e9serves d\u2019eau. J\u2019ai fait une pause, j\u2019ai vers\u00e9 dans la gamelle de quoi abreuver Salammb\u00f4 \u2014 dr\u00f4le de nom pour une chienne \u2014, et j\u2019ai bu le reste. \u00c7a allait tout de suite mieux \u2014 sauf que d\u00e9sormais, je n\u2019avais plus rien. Et le paysage, pel\u00e9 comme le cul d\u2019un singe, avec quelques vagues buissons \u00e9pineux et des bruy\u00e8res rases, ne promettait aucun vallon susceptible d\u2019abriter une source. <br>Nous avons march\u00e9. Le soir gagnait \u00e0 chaque pas de nouveaux territoires ; les ombres s\u2019allongeaient derri\u00e8re nous. De temps \u00e0 autre, Salammb\u00f4, qui avait cess\u00e9 depuis longtemps de gambader la queue en l\u2019air, me jetait un regard interrogateur \u2014 ou de lourd reproche. Mais elle avan\u00e7ait, en t\u00eate, jetant un \u0153il pour v\u00e9rifier, de temps \u00e0 autre, que le troupeau \u2014 moi \u2014 suivait.<br>Enfin, dans une vall\u00e9e encaiss\u00e9e, plus profonde que les autres, j\u2019ai cru d\u00e9celer des empilements de roches un peu plus g\u00e9om\u00e9triques que les chaos que nous croisions depuis le matin. Et quelques aulnes rabougris. Un hameau non signal\u00e9 sur les cartes, ! ai-je pens\u00e9 \u2014 contre toute logique, parce que les cartes ne mentent pas : c\u2019est nous qui ne savons pas les lire.<br>Le hameau \u00e9tait tout au fond d\u2019une gorge obscurcie d\u2019une vapeur pi\u00e9g\u00e9e entre les rocs. Et le chemin qui y descendait finit par dispara\u00eetre dans un \u00e9boulis qu\u2019il me fallut d\u00e9valer comme sur des skis, en chasse-neige.<br> Salammb\u00f4 avait horreur de \u00e7a. Elle glissait en cherchant \u00e0 remonter. Elle grognait sans arr\u00eat. Pas heureuse.<br>La nuit \u00e0 pr\u00e9sent l\u2019emportait sur le soir. Quand nous sommes arriv\u00e9s aux premi\u00e8res maisons, il faisait presque noir. <br>Au fur et \u00e0 mesure que nous descendions, le nuage sous lequel le hameau s\u2019engloutissait s\u2019\u00e9tait dissip\u00e9. <br>Aucune lumi\u00e8re. Un village abandonn\u00e9, quand les gens ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 vivre \u00e0 la ville que s\u2019esquinter les reins \u00e0 b\u00eacher des cailloux. Ou quand la fontaine a cess\u00e9 de couler\u2026<br>Je mourais de soif, de faim, de fatigue et de mauvaise humeur. <br><br>Mais non, la fontaine coulait \u2014 petitement, mais elle coulait. Salammb\u00f4 s\u2019est ru\u00e9e sur le bassin et a bu longuement. Moi aussi, la t\u00eate sous le bec verseur de vieux m\u00e9tal. De lumi\u00e8re, il n\u2019y avait que le reflet des \u00e9toiles, dans la vasque de la fontaine. <br>Je me suis redress\u00e9, il faisait noir \u00e0 pr\u00e9sent, j\u2019ai err\u00e9 deux minutes entre les maisons, et j\u2019ai trouv\u00e9 une grange, encore pleine de paille et de ballots de foin. Etrange, ai-je pens\u00e9. Ils sont partis il y a peu.<br>Mais peu m\u2019importait. Je me suis fabriqu\u00e9 un lit odorant, j\u2019ai donn\u00e9 \u00e0 la chienne les derni\u00e8res croquettes qui me restaient, j\u2019ai d\u00e9nich\u00e9 au fond du sac un quignon de pain, et nous nous sommes endormis, tous les deux, serr\u00e9s l\u2019un contre l\u2019autre. Apr\u00e8s avoir eu chaud toute la journ\u00e9e, une singuli\u00e8re fra\u00eecheur descendait sur les pierres.<br>N\u2019e\u00fbt \u00e9t\u00e9 la sensation de faim, j\u2019aurais dormi avec volupt\u00e9. Mais de temps \u00e0 autre, la morsure de mon estomac vide me r\u00e9veillait \u2014 ou une sourde inqui\u00e9tude, allez savoir\u2026 Le silence \u00e9tait si total, le ciel nocturne si d\u00e9pourvu de chouettes et de hiboux, qu\u2019ils en devenaient oppressants. Je me suis serr\u00e9 contre la chienne, qui dormait comme une souche. Les animaux n\u2019ont pas d\u2019inqui\u00e9tudes m\u00e9taphysiques, signe de leur sup\u00e9riorit\u00e9 sur nous. Et je me suis rendormi pour le compte.<br>Le silence m\u2019a r\u00e9veill\u00e9 trois ou quatre fois dans la nuit. Salammb\u00f4 dormait avec de petits mouvements de pattes, des g\u00e9missements confus. Sans doute chassait-elle en r\u00eave. Chaque fois, je me suis rendormi, hant\u00e9 de cauchemars indistincts et indicibles. Des sensations qui, au r\u00e9veil, m\u2019ont laiss\u00e9 un go\u00fbt \u00e9trange dans la bouche, et, dans l\u2019\u0153il, la persistance d\u2019une vision glauque.<br><br>Le soleil caressait le toit de la grange, et la chienne ne m\u2019avait pas attendu pour vaquer \u00e0 ses occupations matinales.  Je me suis \u00e9brou\u00e9, extirpant la paille qui s\u2019\u00e9tait log\u00e9e dans les recoins les plus inattendus de mes v\u00eatements. Et je suis sorti, d\u00e9vor\u00e9 par la soif.<br>En pleine lumi\u00e8re, le hameau paraissait encore plus \u00e9trange. Il y avait en tout huit maisons, serr\u00e9es les unes contre les autres, et relativement en bon \u00e9tat. Ce qui, le soir, m\u2019\u00e9tait apparu comme un empilement d\u00e9sordonn\u00e9 de rocs se r\u00e9v\u00e9lait \u00e0 cette heure comme un embo\u00eetement de cubes assis sur des fondations formidables, cyclop\u00e9ennes. Des maisons d\u2019avant l\u2019invention du Temps. Les toits \u00e9taient en bon \u00e9tat, portes et fen\u00eatres \u00e9taient closes.<br>Sauf une. J\u2019ai pass\u00e9 la t\u00eate \u2014 et je les ai vus, de face, l\u2019un et l\u2019autre attabl\u00e9s devant leur bol. Un homme et une femme, \u00e0 en croire leurs v\u00eatements. \u00ab Heu\u2026 \u00bb ai-je commenc\u00e9. Puis j\u2019ai vu que c\u2019\u00e9taient deux momies, comme celles des Catacombes des Capucins \u00e0 Palerme : la peau soulev\u00e9e par lambeaux sur les joues, les os saillants, les yeux vides.<br>La vision en soi \u00e9tait horrible. Mais ce qui m\u2019a fait passer dans l\u2019\u00e9chine un long frisson, ce fut de constater que les bols \u00e9taient encore pleins, les tartines sur la table encore luisantes de beurre. Les deux momies avaient au moins un si\u00e8cle, le reste remontait au matin pr\u00e9c\u00e9dent.<br>Je me suis pench\u00e9 sur le journal que lisait l\u2019homme en d\u00e9jeunant. Il datait de l\u2019avant-veille. Il \u00e9tait ouvert sur la page des sports et Clermont avait battu le Stade fran\u00e7ais. <br><br>Je suis sorti pr\u00e9cipitamment. Le soleil, qui montait tranquillement dans le ciel bleu, semblait apporter un d\u00e9menti \u00e0 la vision que je gardais imprim\u00e9e en moi. <br><br>J\u2019ai eu une inspiration.J\u2019ai couru d\u2019une maison \u00e0 l\u2019autre, ouvrant les portes \u00e0 la vol\u00e9e. <br>Les habitants, pour ce que j\u2019en trouvais, \u00e9taient tous pass\u00e9s au stade de la momie, des momies anciennes, us\u00e9es par le temps, arr\u00eat\u00e9es au milieu de leurs occupations. Je suis mont\u00e9 dans les \u00e9tages. Les enfants aussi \u00e9taient momifi\u00e9s dans leurs lits, preuve que le ph\u00e9nom\u00e8ne s\u2019\u00e9tait empar\u00e9 assez t\u00f4t du village. Une m\u00e8re dess\u00e9ch\u00e9e donnait le sein \u00e0 un nourrisson frip\u00e9 comme une vieille pomme. Mais \u00ab sein \u00bb n\u2019\u00e9tait pas le bon terme pour d\u00e9signer cette combinaison de peaux mortes, trou\u00e9es \u00e7\u00e0 et l\u00e0, et d\u2019os impitoyablement blancs, per\u00e7ant l\u2019\u00e9piderme parchemin\u00e9.<br>Les animaux domestiques avaient suivi leurs ma\u00eetres. Les chats dess\u00e9ch\u00e9s, les chiens parchemin\u00e9s \u2014 mais les uns et les autres avec un poil luisant encore de vie. La combinaison de ces cr\u00e2nes parchemin\u00e9es et de ces fourrures presque vivantes \u00e9tait insoutenable.<br><br>Je suis ressorti. Une grande paix r\u00e9gnait toujours sur les lieux. Pas d\u2019alouette pour c\u00e9l\u00e9brer l\u2019aube. Pas de poules ni de lapins. <br><br>J\u2019ai entendu un cri, je me suis tourn\u00e9 vivement. Une jeune fille s\u2019\u00e9tait arr\u00eat\u00e9e sur le seuil d\u2019une maison. Elle me regardait avec horreur, et d\u2019instinct, je me suis pass\u00e9 la main sur le visage, pour v\u00e9rifier que je n\u2019\u00e9tais pas moi aussi un spectre d\u00e9penaill\u00e9. Salammb\u00f4 a aboy\u00e9 \u2014 un aboiement qui a fait un bruit terrible dans ce silence maladif.<br>La fille h\u00e9sitait \u00e0 s\u2019enfuir. \u00ab Que s\u2019est-il pass\u00e9 ? \u00bb criai-je. Elle a h\u00e9sit\u00e9. \u00ab Je ne sais pas \u00bb \u2014 puis elle a fondu en larmes.<br>Je l\u2019ai rejointe. Elle n\u2019\u00e9tait ni jolie ni laide, les larmes n\u2019y faisaient rien. \u00ab J\u2019\u00e9tais venue voir ma grand-m\u00e8re, elle ne va pas bien\u2026 \u00bb Elle s\u2019est reprise ; \u00ab Elle n\u2019allait pas bien\u2026 \u00bb <br>On a toujours du mal \u00e0 mettre au pass\u00e9 les morts fra\u00eechement d\u00e9c\u00e9d\u00e9s.<br>\u00ab Et elle est\u2026 \u00bb<br>\u00ab Oui \u00bb, a-t-elle l\u00e2ch\u00e9 avant de repartir dans les larmes.<br><br>Et puis la chienne a aboy\u00e9 pour de bon. J\u2019ai lev\u00e9 les yeux. Trois v\u00e9hicules tout-terrain, peints dans ce vert hideux qu\u2019affectionnent les militaires, arrivaient en m\u00eame temps. Des soldats en ont jailli, l\u2019arme \u00e0 la main. Mais ils sont rest\u00e9s \u00e0 une vingtaine de m\u00e8tres. La chienne a grogn\u00e9. \u00ab Salammb\u00f4, arr\u00eate \u00bb, ai-je lanc\u00e9. <br>Un officier est descendu \u00e0 son tour, avec une lenteur qui t\u00e9moignait de son grade et de son pouvoir. \u00ab Qui \u00eates-vous ? \u00bb a-t-il cri\u00e9. \u00ab Nous passions \u00bb, ai-je dit. \u00ab J\u2019allais \u00e0 R*** \u00bb. \u00ab Depuis quand \u00eates-vous l\u00e0 ? \u00bb \u00ab Hier soir \u00bb \u2014 \u00ab Ce matin t\u00f4t \u00bb, a dit la fille en m\u00eame temps. \u00ab Ce n\u2019est pas possible \u00bb, a dit l\u2019officier. <br><br>Ils nous ont fait monter dans l\u2019un de leurs v\u00e9hicules, et nous ont emport\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 la ville \u2014 en fait, dans leur caserne.<br><br>Ils nous ont offert un caf\u00e9 et du pain. J\u2019ai d\u00e9vor\u00e9 \u2014 \u00e0 quignon donn\u00e9 on montre les dents. \u00ab Pas faim \u00bb, s\u2019est excus\u00e9e la gamine \u2014 elle avait vingt ans tout au plus. L\u2019officier lui a offert un mouchoir en papier. Elle s\u2019est mouch\u00e9e bruyamment, et \u00e7a nous a fait sourire \u2014 et elle aussi.<br>Nous avons racont\u00e9 notre histoire. L\u2019officier parut tout \u00e0 la fois contrari\u00e9 et content. Contrari\u00e9 que nous ne puissions pas lui en apprendre plus que ce qu\u2019il savait d\u00e9j\u00e0. Content que nous n\u2019en ayons pas devin\u00e9 davantage.<br>\u00ab Nous ne savons pas \u00bb, a-t-il avou\u00e9 \u2014 mais peut-\u00eatre mentait-il. \u00ab Mais vous comprenez que nous ne pouvons pas vous laisser repartir. Vous avez mis la main sur\u2026 \u00bb<br>Il s\u2019est lev\u00e9.<br>\u00ab Je reviens dans cinq minutes \u00bb, a-t-il lanc\u00e9 en me regardant fixement. <br>Il a ferm\u00e9 la porte derri\u00e8re lui. Je me suis lev\u00e9 vivement, j\u2019ai, pris la main de la gamine. \u00ab Salammb\u00f4, viens ! \u00bb \u2014 et la chienne ne s\u2019est pas fit prier.<br>\u00ab O\u00f9\u2026 \u00bb a commenc\u00e9 la jeune fille.<br>\u00ab Ailleurs \u00bb, ai-je dit. <br>Nous sommes sortis. Le soleil tapait dur \u00e0 cette heure. L\u2019esplanade devant la caserne \u00e9tait vide de soldats. Nous l\u2019avons travers\u00e9e rapidement, mais sans courir \u2014 \u00ab comme des apparences\u2026 \u00bb<br>Et nous sommes sortis. <br>Les rues de la ville \u00e9taient d\u00e9sertes. Les magasins \u00e9taient ouverts, mais vides. Les feuilles des arbres ne bruissaient pas dans l\u2019absence de brise.<br>Alors seulement j\u2019ai compris que nous \u00e9tions pass\u00e9s de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"894\" height=\"778\" src=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/08\/Capture-de\u0301cran-2024-08-18-a\u0300-12.52.31.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-5116\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/08\/Capture-de\u0301cran-2024-08-18-a\u0300-12.52.31.png 894w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/08\/Capture-de\u0301cran-2024-08-18-a\u0300-12.52.31-300x261.png 300w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/08\/Capture-de\u0301cran-2024-08-18-a\u0300-12.52.31-768x668.png 768w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/08\/Capture-de\u0301cran-2024-08-18-a\u0300-12.52.31-696x606.png 696w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/08\/Capture-de\u0301cran-2024-08-18-a\u0300-12.52.31-483x420.png 483w\" sizes=\"auto, (max-width: 894px) 100vw, 894px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><br>Yves Tanguy, Second message III, 1930<br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&rsquo;ai \u00e9crit \u00e7a il y a deux ans pile, pendant l&rsquo;\u00e9t\u00e9\u2026 Neuf fois sur dix, en montagne, le raccourci rallonge la route. 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