{"id":5194,"date":"2024-11-25T15:13:00","date_gmt":"2024-11-25T14:13:00","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/?p=5194"},"modified":"2024-11-25T15:13:00","modified_gmt":"2024-11-25T14:13:00","slug":"chapitre-deux-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/chapitre-deux-1-5194","title":{"rendered":"Chapitre deux, 1"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em>C&rsquo;est donc la suite de ce qui s&rsquo;appelait <\/em>Le Train de 12h37<em>, dont je vous ai fourni d\u00e9but octobre le premier chapitre.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ce qu\u2019il y a de bien dans les palaces, d\u00e8s que l\u2019on affecte un air d\u00e9cid\u00e9, c\u2019est que personne ne vous demande rien. Je monte donc directement sur l\u2019immense terrasse qui domine le port, et je scrute les messieurs seuls qui boivent un premier verre. Tout ce que je sais de mon rencart, c\u2019est qu\u2019il a  des cheveux gris et sera habill\u00e9 en bleu. Trop facile !<br><br>\u00ab Monsieur Galland ? \u00bb<br>Il l\u00e8ve la t\u00eate, me sourit de ce sourire m\u00e9canique qu\u2019ont les gens tristes. \u00ab Madame Delambre ? Judith Delambre ? \u00bb Nous nous sommes dit l\u2019essentiel.<br>Il boit un Perrier, me propose de prendre quelque chose, je remercie et refuse. J\u2019ouvre ma mallette, et j\u2019en sors le livre de Suar\u00e8s. Il le prend comme saint J\u00e9r\u00f4me se saisissait de la Bible. Il s\u2019attarde sur les pages de garde, v\u00e9rifie le mill\u00e9sime, la d\u00e9dicace \u00e0 Val\u00e9ry (\u00ab Au chantre impeccable du soleil m\u00e9diterran\u00e9en, son ami, Andr\u00e9 Suar\u00e8s \u2014 23 septembre 1940 \u00bb \u2014 il ne s\u2019est pas foul\u00e9, le grand S\u00e9tois !), et l\u2019\u00e9tat des gravures. <br>&#8211; Magnifique, me dit-il. La d\u00e9dicace, vous ne m\u2019aviez pas dit ! <br>&#8211; C\u2019\u00e9tait ma surprise ! Val\u00e9ry habitait \u00e0 l\u2019h\u00f4tel particulier <em>la Rose du ciel<\/em>, juste en face de Saint-Victor, dis-je. Vers le bout de la Rue Sainte. C\u2019\u00e9tait en 1940. Une grande b\u00e2tisse qui domine le port, avec deux admirables palmiers, vous voyez ?<br>&#8211; Je vois tr\u00e8s bien, dit-il. Une plaque de marbre noir c\u00e9l\u00e8bre d\u2019ailleurs l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Mais les palmiers ne vont pas tr\u00e8s bien\u2026<br>&#8211; Suar\u00e8s s\u2019occupait de <em>la Nouvelle Revue Fran\u00e7aise<\/em> avec Val\u00e9ry, Gide et Claudel. En septembre 1940, il a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 quitter Paris au moment de l\u2019entr\u00e9e des Allemands, et revenir \u00e0 Marseille, o\u00f9 il \u00e9tait n\u00e9. Val\u00e9ry l\u2019a certainement rencontr\u00e9 lorsqu\u2019il est venu ici, en septembre 1941, faire une conf\u00e9rence. Suar\u00e8s, qui \u00e9tait fort pauvre, n\u2019avait gu\u00e8re \u00e0 lui offrir que l\u2019une ou l\u2019autre de ses \u0153uvres\u2026 <br><br>Il fait partie de ces imb\u00e9ciles qui adorent qu\u2019on leur fasse un cours. Ce que je lui dis, il peut le trouver dans n\u2019importe quelle biographie un peu s\u00e9rieuse. B\u00e2tard, va ! <br><br>En attendant, il boit mes paroles. \u00ab Et vous me l\u2019offrez pour combien ? \u00bb demande-t-il enfin. \u00ab 7000 euros, dis-je \u2014 autant me faire payer le cours improvis\u00e9. Il para\u00eet soulag\u00e9, sans doute s\u2019attendait-il \u00e0 un montant sup\u00e9rieur, j\u2019aurais d\u00fb demander davantage, on n\u2019ose jamais m\u00e9priser \u00e0 la bonne hauteur. Il jette un coup d\u2019\u0153il circulaire, nous sommes install\u00e9s \u00e0 une table discr\u00e8te, il fouille dans le petit sac pos\u00e9 sur la table, en sort une \u00e9paisse liasse de billets de 200 euros et m\u2019en compte trente-cinq. Ce n\u2019est pas plus compliqu\u00e9. 3000 pour le vendeur, auquel j\u2019ai garanti ce prix, moins mes 20% de commission, et le reste pour moi. Jolie soir\u00e9e.<br>Il se l\u00e8ve enfin, me serre distraitement la main, et part tr\u00e8s vite avec son tr\u00e9sor de papier. Grand bien lui fasse. <br><br>Je regarde la Bonne M\u00e8re, juste en face, dont la statue \u00e9tincelle dans les feux horizontaux du couchant. Elle est impassible. Sans doute n\u2019a-t-elle rien \u00e0 objecter.<br>\u00ab Lionel L\u00e9vy est l\u00e0 ? \u00bb demand\u00e9-je \u00e0 un serveur. \u00ab \u00c0 cette heure, il est sans doute en cuisine \u00bb, me r\u00e9pond-il avec un regard l\u00e9g\u00e8rement r\u00e9probateur. \u00ab Pouvez-vous lui dire que Judith Ballard est l\u00e0 ? \u00bb<br>J\u2019ai tant d\u2019identit\u00e9s qu\u2019il m\u2019arrive de les m\u00e9langer. Delambre pour l\u2019un, Ballard pour l\u2019autre. Des noms de rues et de places. Mais je garde Judith.  Apr\u00e8s tout, elle a coup\u00e9 la t\u00eate d\u2019Holopherne.<br>Le chef finit par se montrer, bouille ronde et souriante derri\u00e8re ses lunettes de myope professionnel. Ravi de me voir. \u00ab Vous venez d\u00eener ? \u00bb Ma foi, oui, pourquoi pas ? Quelques noix de saint-jacques n\u2019ont jamais tu\u00e9 personne, et mon prochain rendez-vous est \u00e0 dix heures\u2026 \u00ab Oui \u2014 mais avant, j\u2019ai cela pour vous. \u00bb Et je lui tends le merveilleux livre de Brun. \u00ab Magnifique ! Vraiment magnifique ! Madame Ballard\u2026 \u00bb \u00ab Offrez-moi un verre de blanc, et je m\u2019estimerai largement pay\u00e9e. \u00bb Les petits cadeaux entretiennent l\u2019amiti\u00e9 \u2014 et j\u2019ai d\u00een\u00e9 gratuitement, ce soir-l\u00e0, entour\u00e9e de l\u2019attention des gar\u00e7ons. Fruits r\u00f4tis en dessert, l\u00e9ger et de bon go\u00fbt. Un cognac ? Ma foi\u2026<br>\u00ab Chambre 614 \u00bb, m\u2019a dit mon honorable correspondant. Il est port\u00e9 sur les escorts du type trentenaire \u00e9l\u00e9gante. Tr\u00e8s bien. On va lui en fournir\u2026<br><br>L\u2019homme qui ouvre la porte est un g\u00e9ant qui fut autrefois muscl\u00e9, mais qui s\u2019est laiss\u00e9 envahir par la graisse. Tel quel, une masse impressionnante, que le peignoir blanc peine \u00e0 contenir. \u00ab Bonsoir \u00bb, dit-il, avec une voix caressante. Il me propose \u00e0 boire sans conviction, et je refuse poliment, d\u2019autant que je n\u2019ai aucune envie de laisser trop de traces de moi. Il entrouvre (involontairement ? Va savoir) son peignoir. Ma foi, ce n\u2019est pas une z\u00e9zette de comp\u00e9tition, et sous ce ventre un peu avachi, elle para\u00eet vraiment d\u00e9risoire. Dois-je feindre de m\u2019extasier ?<br><br>La suite est ce que vous devinez \u2014 acrobaties rituelles rapidement men\u00e9es \u00e0 leur terme. Il est \u00e9puis\u00e9, \u00e0 genoux sur le bord du lit, affal\u00e9 en travers. Je me rel\u00e8ve en souplesse, je fais deux pas jusqu\u2019\u00e0 mon sac J\u00e9r\u00f4me Dreyfuss, et j\u2019en extrais le Beretta 92 SB qui l\u2019alourdit consid\u00e9rablement \u2014j\u2019ai toujours pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 sentir tout le poids d\u2019une arme, au lieu d\u2019avoir l\u2019un de ces pistolets en mat\u00e9riaux composites type Glock. <br>L\u2019homme est toujours couch\u00e9 \u00e0 moiti\u00e9 sur le lit, haletant. Pauvre petite chose, qui succombe \u00e0 la violence de son \u00e9jaculation. <br>Il n\u2019a pas compris tout de suite quand il a senti quelque chose de froid s\u2019appliquer \u00e0 son dos. Et il n\u2019a pas eu le temps de comprendre : la balle, 9 x 19mm parabellum, a travers\u00e9 tout droit dix centim\u00e8tres de graisse jaune, et lui a fracass\u00e9 le c\u0153ur. Puis, mise en app\u00e9tit, elle a fini dans le matelas. La police scientifique s\u2019y cassera les dents, le Beretta n\u2019a jamais servi. <br><br>Ce qu\u2019il y a de bien, avec les grands h\u00f4tels internationaux, c\u2019est l\u2019insonorisation. Je me rel\u00e8ve en souriant : \u00ab \u00c0 <em>l\u2019Intercontinental<\/em>, vous pouvez tirer au 9 mm, personne n\u2019entend rien ! \u00bb Slogan ! Pub !<br>Je passe dans la salle de bains, je me lave les mains, et j\u2019essuie rapidement ce que ce gros porc a laiss\u00e9 entre mes cuisses. Penser \u00e0 embarquer la serviette. V\u00e9rifier que l\u2019on n\u2019oublie rien. <br>Je regarde dans le miroir la t\u00eate de la fille que je sais \u00eatre moi. Les cheveux courts. La nuque bien d\u00e9gag\u00e9e. Les yeux sombres un peu fendus, presque asiatiques. Une jolie bouche un peu pulpeuse \u2014 n\u2019exag\u00e9rons rien. Des seins ronds, absolument parfaits. Une taille de gu\u00eape, malgr\u00e9 les muscles lat\u00e9raux. Et un certain sourire\u2026<br>Je sors de mon sac le petit Leica qui me suit depuis des ann\u00e9es, et je cadre soigneusement le lit d\u00e9fait, l\u2019homme affal\u00e9, le sang qui a coul\u00e9 sur son dos, les couilles d\u00e9finitivement flasques. Hmm\u2026 Apr\u00e8s un temps de r\u00e9flexion, je me d\u00e9cale un peu \u00e0 droite, pour saisir dans l\u2019objectif \u2014 je ne triche pas, j\u2019utilise un 50 mm, ce que l\u2019industrie photographique a fait de plus proche de l\u2019\u0153il humain \u2014 le regard stup\u00e9fait de l\u2019homme : ils ont tous dans la pupille la m\u00eame surprise, apr\u00e8s. C\u2019est ce qui m\u2019int\u00e9resse, ce vide, ce reflet du n\u00e9ant o\u00f9 je les ai envoy\u00e9s. Dieu est mort. Le reste n\u2019est que d\u00e9cor, le cadre de mon interrogation m\u00e9taphysique. Nous sommes un n\u00e9ant qui finit dans un trou.<br>Rhabill\u00e9e de pied en cap. Pimpante \u00e0 nouveau. J\u2019entrouvre la porte, je jette un \u0153il dans le couloir. Personne jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ascenseur, personne dans l\u2019ascenseur. Descendre au premier, finir par l\u2019escalier en se glissant dans un groupe de d\u00eeneurs. <br>Et la petite dinde du train ? Bah, il faut savoir faire des sacrifices.<br><br>Je descends sur le port, et je jette la serviette souill\u00e9e dans la premi\u00e8re poubelle. Puis je sors le portable \u00e0 usage unique, et j\u2019appelle le num\u00e9ro qui y est m\u00e9moris\u00e9. \u00ab C\u2019est fait \u00bb, dis-je. \u00c7a raccroche de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9. Je sais que 50 000 euros sont d\u00e9j\u00e0 en train de transiter via Jersey et les \u00eeles Vierges, vers un compte suisse num\u00e9rot\u00e9. Je vais pouvoir partir en vacances, si j\u2019en ai envie !<br>Puis marcher vers le fort Saint-Jean, et jeter le portable \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du port, aussi loin que possible. \u00ab Job done ! \u00bb dirait ce cr\u00e9tin de George Bush.<br>Je redescends vers <em>la R\u00e9sidence<\/em>. J\u2019aime bien cet h\u00f4tel dont toutes les fen\u00eatres regardent vers Notre-Dame-de-la-Garde. On se sent prot\u00e9g\u00e9e par les instances supr\u00eames\u2026<br>J\u2019ai dormi comme une souche.<br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"804\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/11\/Artemisia_Gentileschi_-_Judith_Beheading_Holofernes_-_WGA8563-804x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5216\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/11\/Artemisia_Gentileschi_-_Judith_Beheading_Holofernes_-_WGA8563-804x1024.jpg 804w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/11\/Artemisia_Gentileschi_-_Judith_Beheading_Holofernes_-_WGA8563-236x300.jpg 236w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/11\/Artemisia_Gentileschi_-_Judith_Beheading_Holofernes_-_WGA8563-768x978.jpg 768w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/11\/Artemisia_Gentileschi_-_Judith_Beheading_Holofernes_-_WGA8563-696x886.jpg 696w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/11\/Artemisia_Gentileschi_-_Judith_Beheading_Holofernes_-_WGA8563-1068x1360.jpg 1068w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/11\/Artemisia_Gentileschi_-_Judith_Beheading_Holofernes_-_WGA8563-330x420.jpg 330w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2024\/11\/Artemisia_Gentileschi_-_Judith_Beheading_Holofernes_-_WGA8563.jpg 1178w\" sizes=\"auto, (max-width: 804px) 100vw, 804px\" \/><figcaption>Artemisia Gentileschi (1593-1656), Judith d\u00e9capitant Holopherne, c.1612-1613<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&rsquo;est donc la suite de ce qui s&rsquo;appelait Le Train de 12h37, dont je vous ai fourni d\u00e9but octobre le premier chapitre. 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