{"id":5285,"date":"2025-02-20T13:48:41","date_gmt":"2025-02-20T12:48:41","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/?p=5285"},"modified":"2025-02-20T13:48:41","modified_gmt":"2025-02-20T12:48:41","slug":"erotique-des-cimetieres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/erotique-des-cimetieres-5285","title":{"rendered":"Erotique des cimeti\u00e8res"},"content":{"rendered":"\n<p>La Porta d&rsquo;Ampugnani, \u00e9glise Saint-Jean-Baptiste, 1720<br><br><em>Soudain vous \u00eates sorti des arbres, et la lune pleine illumine l&rsquo;asphalte. L&rsquo;odeur s\u00e8che des immortelles et du fenouil prend le dessus sur les senteurs d&rsquo;humus et de c\u00e8pes \u00e0 venir. Bient\u00f4t, \u00e0 droite, la masse imposante, ombrag\u00e9e de cypr\u00e8s, de la tombe Vittini &#8211; pauvre palais pour l&rsquo;au-del\u00e0. La nuit se fait plus dense tandis que vous longez le mur affreusement b\u00e9tonn\u00e9 du cimeti\u00e8re de La Porta. Au bout de la ligne droite, le clocher baroque, illumin\u00e9. Construit par Domenico Ba\u00efna \u00e0 partir de 1720 &#8211; mais il mourut avant d&rsquo;en voir la fin. Tiens, bient\u00f4t une heure\u2026<br> Vous faites presque une embard\u00e9e quand appara\u00eet dans le faisceau de vos phares une jeune fille affol\u00e9e qui court vers le village, &#8211; pour \u00e9chapper \u00e0 quel fant\u00f4me ?<\/em><br><br><br> La porte du cimeti\u00e8re se referme comme elle s&rsquo;est ouverte : en grin\u00e7ant, bien s\u00fbr.<br> &#8211; Viens, dit-il en lui prenant la main.<br> Invite inutile. Sans doute parce qu&rsquo;elle a \u00e0 c\u0153ur de camoufler ses craintes, ou d&rsquo;afficher son courage, Marion descend sans trop h\u00e9siter les marches qui m\u00e8nent vers les tombes. <br> Les cypr\u00e8s \u00e9paississent encore la nuit. Ils se dirigent sur la droite, vers les rectangles, luisant sous la lune, des dalles de marbre ou de granit.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"735\" height=\"493\" src=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/60897559ef6509c625be03a0144785ed-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5296\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/60897559ef6509c625be03a0144785ed-1.jpg 735w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/60897559ef6509c625be03a0144785ed-1-300x201.jpg 300w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/60897559ef6509c625be03a0144785ed-1-696x467.jpg 696w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/60897559ef6509c625be03a0144785ed-1-626x420.jpg 626w\" sizes=\"auto, (max-width: 735px) 100vw, 735px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><br> Le probl\u00e8me, en Corse, c&rsquo;est le regard des autres. Qu&rsquo;une fille se laisse embrasser, de jour comme de nuit, au c\u0153ur du maquis le plus imp\u00e9n\u00e9trable, et le village entier bat le rappel des comm\u00e8res. On alloue aux adolescents en mal d&rsquo;amour un espace d&rsquo;\u00e9bats, et rien d&rsquo;autre : ici, cela va de la plaque indicatrice qui, sur la route de Campu Morade, salue les victoires du g\u00e9n\u00e9ral Sebastiani jusqu&rsquo;au ch\u00e2taignier creus\u00e9 par la foudre, juste avant le virage, \u00ab\u00a0sur la route du haut\u00a0\u00bb, comme ils disent. Itin\u00e9raire officiel des promenades nocturnes, sous le regard des lampadaires. Au del\u00e0, on enfreint la loi tacite qui prot\u00e8ge la vertu des filles et le repos des m\u00e8re<br> Ils venaient de transgresser tous les codes, et par chance aucune voiture ne les avait happ\u00e9s dans le faisceau de ses phares, sur la route du cimeti\u00e8re, bien apr\u00e8s l&rsquo;arbre foudroy\u00e9. <br> Pendant tout le chemin, il l&rsquo;a entretenue du fatras de vieilles l\u00e9gendes corses, et comment \u00ab\u00a0l&rsquo;incantatora\u00a0\u00bb l\u00e8ve les mal\u00e9dictions en jetant du plomb ou de l&rsquo;huile dans l&rsquo;eau, <br><br>\u00ab\u00a0Tandis que son doigt sec s\u00e8me des gouttes d&rsquo;or<br>Scintillantes dans l&rsquo;eau qu&rsquo;\u00e9pouse la lumi\u00e8re,<br>Sur le sommeil fi\u00e9vreux de l&rsquo;enfant, la sorci\u00e8re<br>Dit les mots solennels qui conjurent le sort\u00a0\u00bb. (Charles Giovoni, \u00ab\u00a0Exorcisme\u00a0\u00bb, in <em>Mon \u00eele<\/em>, 1934)<br><br> Il lui r\u00e9cite, d&rsquo;un ton solennel qui e\u00fbt \u00e9t\u00e9 ridicule en toute autre circonstance, ces vers de Charles Giovoni et la formule qui \u00ab\u00a0cacci\u00e0 l&rsquo;ochju\u00a0\u00bb, casse l&rsquo;\u0153il : <br>\u00ab\u00a0Ges\u00f9, Giuseppe, Maria,<br>Chi questu male si ne vaga via\u00a0\u00bb. <br> &#8211; C&rsquo;est toi le mauvais \u0153il, dit-elle.<br> Croit-elle plaisanter ? Le fait est qu&rsquo;il a tout fait pour l'\u00a0\u00bbannochiare\u00a0\u00bb, selon la technique classique \u2014 par des compliments bien tourn\u00e9s sur ses capacit\u00e9s intellectuelles de fille de la ville en vill\u00e9giature dans la Corse profonde. <br> Autour d&rsquo;eux dansent les \u00ab\u00a0scappucioli\u00a0\u00bb, les \u00e2mes des enfants morts. Ou des vers luisants, selon ce que l&rsquo;imagination complote.<br><br> Et maintenant, enfin, \u00e0 l&rsquo;abri \u2014 au c\u0153ur des t\u00e9n\u00e8bres. Personne ne se risque ici, le soir. D&rsquo;abord, la grille grince horriblement. Il faut vraiment ne pas \u00eatre corse pour profaner ainsi la nuit &#8211; et le reste.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"536\" src=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/tumblr_2cf2bac863190b5d4d6efed0a2567dfd_62cace56_400.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5297\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/tumblr_2cf2bac863190b5d4d6efed0a2567dfd_62cace56_400.jpg 400w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/tumblr_2cf2bac863190b5d4d6efed0a2567dfd_62cace56_400-224x300.jpg 224w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/tumblr_2cf2bac863190b5d4d6efed0a2567dfd_62cace56_400-313x420.jpg 313w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><br> Ils trouvent une pierre tombale large comme un lit de noces. Le granit poli arrach\u00e9 aux carri\u00e8res de Corte brille dans le noir, ton sur ton. Rien n&rsquo;est encore inscrit sur la pierre, qui attend un corps &#8211; et qui en h\u00e9berge deux, soudain, au milieu de la nuit. Quand elle se d\u00e9shabille, son corps pourtant h\u00e2l\u00e9 se d\u00e9tache en courbes claires sur la pierre obscure.<br> La nuit est chaude, la dalle est glac\u00e9e. Il sent bien qu&rsquo;elle frissonne, il la serre et la r\u00e9chauffe, et il la prend sur lui. Galanterie, &#8211; et le plaisir de sentir sur soi tout le poids de ce corps si l\u00e9ger d&rsquo;adolescente.<br> Baisers partout et folle \u00e9treinte. La pierre se r\u00e9chauffe doucement contre son dos. Du pied, il trouve encore des espaces plus froids, comme dans un lit d&rsquo;\u00e9t\u00e9 lorsqu&rsquo;on cherche un coin de drap encore frais. Elle l&#8217;embrasse et l&#8217;embrasse et l&#8217;embrasse, &#8211; et v\u00e9rifie ensuite d&rsquo;une main prudente que ces pr\u00e9liminaires sentimentaux l&rsquo;ont rendu \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de pierre, ou, mieux, de bronze\u2026 Alors elle pivote sur l&rsquo;axe de son corps et engloutit sa verge dans sa bouche.<br> Elle le suce d\u00e9j\u00e0 qu&rsquo;il l&rsquo;aide encore \u00e0 passer son genou au dessus de sa t\u00eate. Ses cuisses et ses fesses lui obscurcissent soudain les \u00e9toiles. Il fouille d&rsquo;une langue adroite (ou suppos\u00e9e telle) les l\u00e8vres du sexe offert. Constatation toujours agr\u00e9able : leurs baisers l&rsquo;ont vraiment excit\u00e9e. Ou la marche jusqu&rsquo;au cimeti\u00e8re et les histoires de \u00ab\u00a0mazzeri\u00a0\u00bb, ces sorciers redout\u00e9s. Ou le grincement de la grille. Les hommes ont toujours tendance \u00e0 s&rsquo;attribuer ce qui n&rsquo;est que l&rsquo;effet de la nuit, et du scintillement des \u00e9toiles.<br> Le bourdon du c\u00e9l\u00e8bre clocher baroque du village \u00e9gr\u00e8ne une premi\u00e8re fois les douze coups de minuit.<br>  Si sa jeunesse \u00e9clate sur un point, c&rsquo;est qu&rsquo;elle n&rsquo;ose pas perdre de temps en d\u00e9licatesses de bouche. Elle va, vient et plonge, dispara\u00eet dans un buisson brun, avale jusqu&rsquo;\u00e0 la racine le sexe tendu, revient, dans une aspiration continue, jusqu&rsquo;au bout du gland, l&rsquo;enrobe de sa langue et replonge. Son manque tout relatif d&rsquo;exp\u00e9rience l&rsquo;incite \u00e0 pratiquer des fellations de prostitu\u00e9e press\u00e9e d&rsquo;avoir du sperme dans la bouche et de le recracher sur le ventre de son client. Mais du bout des ongles, elle caresse adroitement les cuisses et les couilles gonfl\u00e9es. <br> Il acc\u00e9l\u00e8re ses jeux de langue, explore d&rsquo;un doigt, de deux doigts, le vagin encore \u00e9troit mais complaisant, les ressort, les frotte sur l&rsquo;anus ; finalement, il enfonce le pouce entre les fesses tendues, index et majeur dans le sexe dilat\u00e9 et plus juteux encore que dans les livres.<br> C&rsquo;est presque \u00e9lectrique. Il lui semble qu&rsquo;elle aspire ses doigts, qu&rsquo;elle acc\u00e9l\u00e8re encore le rythme de sa bouche, qu&rsquo;elle le boit bien au del\u00e0 du ventre. Il joue de ses doigts quelques instants, caresse la boule au fond de son ventre et sa langue vibre toujours autour du clitoris, puis il les retire (y a-t-il comme une plainte ? une protestation ?), et imm\u00e9diatement plonge deux doigts dans le cul ouvert, deux autres dans le sexe qui lui irrigue les joues, le nez et le menton. Elle crie. Les cloches sonnent minuit pour la seconde fois.<br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"716\" height=\"854\" src=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/Capture-de\u0301cran-2025-02-20-a\u0300-13.38.41.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-5299\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/Capture-de\u0301cran-2025-02-20-a\u0300-13.38.41.png 716w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/Capture-de\u0301cran-2025-02-20-a\u0300-13.38.41-252x300.png 252w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/Capture-de\u0301cran-2025-02-20-a\u0300-13.38.41-696x830.png 696w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/Capture-de\u0301cran-2025-02-20-a\u0300-13.38.41-352x420.png 352w\" sizes=\"auto, (max-width: 716px) 100vw, 716px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><br> La derni\u00e8re vibration ach\u00e8ve de se r\u00e9soudre en silence quand la jeune fille, haletante, reprend l&rsquo;initiative. Elle se lib\u00e8re d&rsquo;un coup de la pince de crabe qui la fouille, l\u00e2che en m\u00eame temps la verge extasi\u00e9e et se retourne compl\u00e8tement, son visage au dessus du sien. Elle se redresse \u00e0 demi. A genoux sur lui, elle se penche en avant pour embrasser la bouche toute barbouill\u00e9e d&rsquo;elle, et s&rsquo;enfonce dans le ventre le sexe dress\u00e9 vers les \u00e9toiles &#8211; un peu de lyrisme ne messied pas en de tels paysages.<br> Elle a une langue habile et fureteuse, qui \u00e9volue en impacts soudains, vient et revient chercher quelque secret au plus profond des muqueuses. Elle lui mord doucement les l\u00e8vres, et les langues dures reviennent se battre. Ses hanches se frottent aux siennes, et elle appuie son ventre contre le sien, contre la base de la queue qui la fouille et qu&rsquo;elle s&rsquo;approprie.<br>  Au bout d&rsquo;un moment elle se redresse et d\u00e9plie les genoux. Elle est \u00e0 pr\u00e9sent assise sur lui, il est le mort qu&rsquo;elle chevauche, et il a l&rsquo;impression fugace qu&rsquo;il s&rsquo;enfonce encore et encore, bien au del\u00e0 de son ventre. A peine s&rsquo;il a le temps de penser qu&rsquo;il va la d\u00e9foncer : elle prend appui sur ses hanches, remonte autour de la colonne de chair tendue, et s&rsquo;y empale \u00e0 nouveau, toujours plus loin, plus fort. Elle a \u00e0 chaque fois un cri grave, profond, comme un sanglot heureux.<br> Il se force \u00e0 penser \u00e0 des choses futiles. Au clocher de l&rsquo;\u00e9glise, typique du rococo j\u00e9suite du d\u00e9but XVIIIe. Aux concerts d&rsquo;orgue que l&rsquo;on y organise. Aux voitures de sport qui stationnent parfois sur la place, t\u00e9moignages de la r\u00e9ussite spectaculaires de quelques enfants du pays qui ont fait construire \u00e0 leurs vieilles mamans quelques jolies bicoques. Qui se soucie de savoir si les fondations ont \u00e9t\u00e9 creus\u00e9es au marteau-piqueur ou au colt 45 ?<br> Mais tout, clocher, tuyaux d&rsquo;orgues, marteaux-piqueurs, colts et Testarossa (surtout la Testarossa) le ram\u00e8ne \u00e0 la situation pr\u00e9sente et \u00e0 ce ventre qui le poss\u00e8de.<br> Elle a de petits seins tr\u00e8s ronds, des seins de jeune fille tendre, qu&rsquo;il a caress\u00e9s tout \u00e0 l&rsquo;heure tout en d\u00e9licatesse, et qu&rsquo;il p\u00e9trit maintenant \u00e0 pleines mains, malmenant les pointes rondes, \u00e0 peine perceptibles, griffant la peau de marbre, presque bleue sous la lune.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"698\" src=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/Victoir-Noir-Treiben-frivol.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5301\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/Victoir-Noir-Treiben-frivol.jpg 800w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/Victoir-Noir-Treiben-frivol-300x262.jpg 300w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/Victoir-Noir-Treiben-frivol-768x670.jpg 768w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/Victoir-Noir-Treiben-frivol-696x607.jpg 696w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/Victoir-Noir-Treiben-frivol-481x420.jpg 481w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><br> Il se soul\u00e8ve, s&rsquo;assoit tout contre elle, elle replie ses jambes derri\u00e8re ses reins &#8211; embo\u00eet\u00e9s l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre comme les \u00eatres doubles de Platon dans le Banquet. Il penche la t\u00eate et suce longuement ces seins insensibles, les mord, de plus en plus sauvagement. A chaque fois, elle g\u00e9mit, secoue la t\u00eate pour refuser et rejette un peu plus les \u00e9paules en arri\u00e8re pour s&rsquo;offrir davantage.<br> Puis elle appuie sur ses \u00e9paules, et le renverse \u00e0 nouveau. Sous son dos, la pierre a eu le temps de refroidir, et il r\u00e9prime un frisson bizarre, coinc\u00e9 entre cette glace et la chaleur du fourreau qui l&#8217;emprisonne.<br> Un instant elle s&rsquo;arr\u00eate, le fixe et lui dit qu&rsquo;elle l&rsquo;aime, &#8211; et, par bonheur, ne semble pas exiger de r\u00e9ponse &#8211; ni y croire.<br> Alors elle se soul\u00e8ve un peu plus haut, saisit de la main droite la verge visqueuse, et sans t\u00e2tonner vraiment, la d\u00e9place de quelques centim\u00e8tres vers l&rsquo;arri\u00e8re et se rassoit sur sa conqu\u00eate &#8211; \u00e0 peine plus lentement.<br> Trois ou quatre fois elle joue \u00e0 ce jeu. Elle le lib\u00e8re soudain, le replonge en elle par devant, le parcourt avec son ventre, puis \u00e0 nouveau se soul\u00e8ve, et l&rsquo;enfonce dans son cul, \u00e0 chaque fois plus ouvert. A chaque fois elle l&rsquo;am\u00e8ne (mais comment le sait-elle ?) \u00e0 son point d&rsquo;explosion, le lib\u00e8re doucement, lui laisse quelques secondes pour ma\u00eetriser ses \u00e9motions, le temps de d\u00e9placer \u00e0 nouveau l&rsquo;objet de son tourment exquis en avant ou en arri\u00e8re. Et pour rester encore un peu dans la douleur d\u00e9licieuse d&rsquo;une d\u00e9livrance diff\u00e9r\u00e9e, il se prend \u00e0 penser qu&rsquo;\u00e0 16 ans elle a d\u00e9j\u00e0 troqu\u00e9 les sentiments pour la technique\u2026 Mais elle lui dit encore qu&rsquo;elle l&rsquo;aime, et il la croit, car l&rsquo;heure tardive, les odeurs du maquis, la flamme noire des cypr\u00e8s, tout conspire \u00e0 le lui faire croire.<br> Bient\u00f4t, de plus en plus vite, il passe du ruissellement doux de son sexe, dont il heurte \u00e0 chaque fois le fond avec une violence mal retenue, et la chaleur d&rsquo;\u00e9tuve de ce cul sans limite qui le happe, le rel\u00e2che et le reprend. Et quand enfin il jouit, il ne sait m\u00eame plus o\u00f9 il est, dans son ventre ou dans ses reins, dans quelle bouche chaude et huileuse\u2026 D&rsquo;ailleurs, c&rsquo;est \u00e0 peine si elle le sent se r\u00e9pandre en elle, goutte d&rsquo;eau apport\u00e9e aux mar\u00e9cages de son corps. Elle le regarde fixement, assise sur lui, immobile sphinx.<br><br> Il y a un mouvement de l&rsquo;air. Les cimes des cypr\u00e8s oscillent, la lune qui s&rsquo;\u00e9tait tenue \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart roule dans le ciel constell\u00e9. Il la regarde, pench\u00e9e au-dessus de lui, \u00e0 le scruter dans son orgasme comme elles font toutes quand elles ne sont pas trop press\u00e9es de se remaquiller. Le rayon de lune met un reflet argent\u00e9 sur ses cheveux, et il pense que cette aur\u00e9ole sied bien au cimeti\u00e8re et que les morts n&rsquo;ont pas grand-chose \u00e0 y redire. Le visage reste invisible, \u00e0 contre-jour, \u00e0 contre-nuit. Face noire encadr\u00e9e de cheveux argent\u00e9s, &#8211; comme une tr\u00e8s vieille femme venue du fond des \u00e2ges pour r\u00e9clamer un \u00e9trange d\u00fb.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"682\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/yscotm0j4jn81-682x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5304\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/yscotm0j4jn81-682x1024.jpg 682w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/yscotm0j4jn81-200x300.jpg 200w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/yscotm0j4jn81-768x1153.jpg 768w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/yscotm0j4jn81-1023x1536.jpg 1023w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/yscotm0j4jn81-696x1045.jpg 696w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/yscotm0j4jn81-1068x1604.jpg 1068w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/yscotm0j4jn81-280x420.jpg 280w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/yscotm0j4jn81.jpg 1364w\" sizes=\"auto, (max-width: 682px) 100vw, 682px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><br> Ils se rhabill\u00e8rent, commod\u00e9ment assis sur le bord de la tombe. Elle remit son pull l\u00e9ger qui occulta la blancheur des seins, et cette peau laiteuse irrigu\u00e9e de lune.<br> Elle se leva pour achever d&rsquo;enfiler son jeans, et un hurlement hyst\u00e9rique, terreur \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat brut, lui \u00e9chappa : <br> &#8211; Qu&rsquo;est-ce qui t&rsquo;arrive ?<br> Mais juste le hurlement se brise. Dans le gargouillis qui suit, il ne distingua que ces mots d\u00e9form\u00e9s par le cri : \u00ab\u00a0Une main !\u00a0\u00bb<br> Elle fit un effort d\u00e9mesur\u00e9 pour \u00e9chapper \u00e0\u2026 \u00e0 quoi ? Il y eut un bruit caract\u00e9ristique de griffes labourant la toile cartonneuse du pantalon. L&rsquo;instant d&rsquo;apr\u00e8s elle s&rsquo;\u00e9tait enfuie, courant comme une folle.<br> Il se pencha. Des ronces, bien s\u00fbr. Rien que des ronces. Il \u00e9clata de rire, regarda le nom grav\u00e9 sur le tombeau, et pensa que les *** n\u00e9gligeaient fort leurs morts.<br> L\u00e0-haut, le bruit de la grille, que l&rsquo;on ouvre et que l&rsquo;on ne referme pas. Puis les talons claquant sur le bitume. Juste apr\u00e8s, le ronronnement d&rsquo;un moteur, et deux phares \u00e0 iodes balay\u00e8rent les cimes des cypr\u00e8s.<br> &#8211; Je me demande ce que le chauffeur va raconter, dit-il en reprenant lentement la direction du village. Il a vu, \u00e0 minuit et des poussi\u00e8res, la petite Une Telle qui sur la route du cimeti\u00e8re courait tout en reboutonnant son jean\u2026<br> Il referma soigneusement la grille derri\u00e8re lui. D\u00e8s qu&rsquo;il fut arriv\u00e9 au bout du mur du cimeti\u00e8re, l&rsquo;ombre protectrice des arbres disparut soudain, et il se retrouva baign\u00e9 de lune, face au village endormi. Cette goutte de lait suspendue au-dessus du clocher avait, \u00e0 bien y regarder, un faci\u00e8s ironique. Quand, deux cents m\u00e8tres plus loin, il se retrouva dans l&rsquo;ombre \u00e9paisse et humide des ch\u00e2taigniers, la cloche sonna une fois. Si profond, si parfait avait \u00e9t\u00e9 son d\u00e9lire qu&rsquo;il ne savait plus si c&rsquo;\u00e9tait la demie de minuit, ou bien d\u00e9j\u00e0 une heure.<br> &#8211; Si c&rsquo;est une heure, il y aura un second coup, dans cinq minutes, dit-il tout haut. Et curieusement cette certitude le pr\u00e9serva contre les ombres. <br><\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Paul Brighelli<\/p>\n\n\n\n<p>PS. Les images sont issues de performances r\u00e9alis\u00e9es sur la tombe c\u00e9l\u00e8bre de Victor Noir, au P\u00e8re-Lachaise.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"778\" height=\"1000\" src=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/6110Xzfa8mL._AC_UF10001000_QL80_.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5307\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/6110Xzfa8mL._AC_UF10001000_QL80_.jpg 778w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/6110Xzfa8mL._AC_UF10001000_QL80_-233x300.jpg 233w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/6110Xzfa8mL._AC_UF10001000_QL80_-768x987.jpg 768w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/6110Xzfa8mL._AC_UF10001000_QL80_-696x895.jpg 696w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/02\/6110Xzfa8mL._AC_UF10001000_QL80_-327x420.jpg 327w\" sizes=\"auto, (max-width: 778px) 100vw, 778px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Porta d&rsquo;Ampugnani, \u00e9glise Saint-Jean-Baptiste, 1720 Soudain vous \u00eates sorti des arbres, et la lune pleine illumine l&rsquo;asphalte. L&rsquo;odeur s\u00e8che des immortelles et du fenouil prend le dessus sur les senteurs d&rsquo;humus et de c\u00e8pes \u00e0 venir. Bient\u00f4t, \u00e0 droite, la masse imposante, ombrag\u00e9e de cypr\u00e8s, de la tombe Vittini &#8211; pauvre palais pour l&rsquo;au-del\u00e0. [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":5294,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[4109,4110,4112,2563,4113],"class_list":["post-5285","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe","tag-cimetieres","tag-erotique-des-cimetieres","tag-la-porta-dampugnani","tag-necrophilie","tag-victor-noir"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5285","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5285"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5285\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5294"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5285"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5285"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5285"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}