{"id":5460,"date":"2025-08-02T10:03:50","date_gmt":"2025-08-02T08:03:50","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/?p=5460"},"modified":"2025-08-08T09:05:53","modified_gmt":"2025-08-08T07:05:53","slug":"les-grenades-de-monsieur-teste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/les-grenades-de-monsieur-teste-5460","title":{"rendered":"Les Grenades de Monsieur Teste"},"content":{"rendered":"\n<p>Rene\u0301-Antoine Houasse (1645-1710), <em>Minerve naissant toute arme\u0301e du cerveau de Jupiter<\/em>, c.1687<\/p>\n\n\n\n<p><em>J\u2019ai dans mes archives un roman \u00ab p\u00e9dagogique \u00bb absolument fini que l\u2019on m\u2019a d\u00e9conseill\u00e9 de proposer \u00e0 qui que ce soit, tant, para\u00eet-il, le m\u00e9pris y affleure partout \u2014 et que l&rsquo;aspect r\u00e9actionnaire de ma p\u00e9dagogie s&rsquo;y \u00e9tale avec impudence. C\u2019est l\u2019histoire d\u2019une n\u00e9oprof \u2014 la narratrice \u2014, confi\u00e9e en stage \u00e0 un certain Loutrel, vieil enseignant de kh\u00e2gne qui lui en fait voir de rudes \u2014 mais qui lui l\u00e8guera toutefois sa biblioth\u00e8que, \u00e0 sa mort.<\/em><br><em>Dans le passage qui suit, elle assiste, fascin\u00e9e et navr\u00e9e, \u00e0 une kh\u00f4lle, comme on dit dans le langage des classes pr\u00e9paratoires de Lettres, qui pose des -kh- et des circonflexes un peu partout. <\/em><br><br><br>\u00ab La nuit tombe pr\u00e9cocement, \u00e0 la mi-janvier. Il devait \u00eatre sept heures du soir, nous avions d\u00e9j\u00e0 assist\u00e9 \u00e0 quelques \u00e9tudes non d\u00e9nu\u00e9es d\u2019int\u00e9r\u00eat, mais sans relief particulier.<br>Le jeune homme qui se pr\u00e9senta avait tir\u00e9 \u2014 quelle chance\u2026 \u2014 un po\u00e8me de Val\u00e9ry qui me sembla limpide, quoiqu\u2019obscur. Val\u00e9ry, hein\u2026 ! Intitul\u00e9 \u00ab les Grenades \u00bb, il \u00e9tait extrait de <em>Charmes<\/em>, le seul recueil en bonne et due forme du po\u00e8te :<br><br>Dures grenades entr\u2019ouvertes,<br>C\u00e9dant \u00e0 l\u2019exc\u00e8s de vos grains,<br>Je crois voir des fronts souverains<br>\u00c9clat\u00e9s de leurs d\u00e9couvertes !<br><br>Si les soleils par vous subis,<br>\u00d4 grenades entre-b\u00e2ill\u00e9es,<br>Vous ont fait d\u2019orgueil travaill\u00e9es<br>Craquer les cloisons de rubis,<br><br>Et que si l\u2019or sec de l\u2019\u00e9corce<br>\u00c0 la demande d\u2019une force<br>Cr\u00e8ve en gemmes rouges de jus,<br><br>Cette lumineuse rupture<br>Fait r\u00eaver une \u00e2me que j\u2019eus<br>De sa secr\u00e8te architecture.<br><br>Et l\u2019imp\u00e9trant s\u2019en tira plut\u00f4t bien. Il fit un parall\u00e8le plein de sens entre l\u2019\u00e2ge de Val\u00e9ry lorsqu\u2019il \u00e9crivit le po\u00e8me (la cinquantaine, ce qui en 1920 avait un autre sens qu\u2019aujourd\u2019hui) et ce fruit d\u2019hiver qu\u2019est la grenade. Il \u00e9voqua habilement les accusations toujours r\u00e9currentes, d\u00e8s qu\u2019il s\u2019agit de Val\u00e9ry, de pr\u00e9ciosit\u00e9 et d\u2019intellectualisme, et \u00e9tudia en d\u00e9tail la forme exquise de ce petit sonnet d\u2019octosyllabes quelque peu irr\u00e9gulier.<br>Dehors, il ventait comme il vente \u00e0 Marseille lorsque le mistral souffle. On entendait les rafales qui se d\u00e9chiquetaient entre les arbres nus de la cour, juste en dessous de nous. Instinctivement, le jeune homme haussa la voix.<br>Je regardais Loutrel pendant l\u2019exercice. Il avait comme d\u2019habitude les yeux mi-clos, un matou sommeillant \u00e0 l\u2019ombre de la souris qu\u2019il guette, ou l\u2019iguane guettant l\u2019arriv\u00e9e de Darwin aux Galapagos. Il \u00e9tait somme toute inqui\u00e9tant, mais le petit bonhomme en face ne se laissa pas d\u00e9monter. En janvier, les \u00e9l\u00e8ves les moins born\u00e9s avaient depuis longtemps fait la part de ce qui \u00e9tait, chez leur professeur de Lettres, attitude et fond r\u00e9el, cruaut\u00e9 pure et p\u00e9dagogie suave \u2014 ou les deux simultan\u00e9ment<br>L\u2019\u00e9l\u00e8ve conclut finement, en rassemblant les divers fils tir\u00e9s au fur et \u00e0 mesure, pour pr\u00e9senter \u00ab les Grenades \u00bb comme l\u2019art po\u00e9tique d\u2019un anti-lyrisme, et la grenade comme la m\u00e9taphore de l\u2019Intellect c\u00e9dant \u00e0 la force des Id\u00e9es. Platonisme pr\u00e9cieux qui ferait bondir un philosophe, mais qui passe assez bien en po\u00e9sie. Il eut m\u00eame l\u2019habilet\u00e9 de construire un projet de pont entre ce petit bijou d\u2019intellectualit\u00e9 pure et ce qui s\u2019\u00e9laborait, au m\u00eame moment, dans les cr\u00e2nes venteux des surr\u00e9alistes, auxquels Val\u00e9ry avait souffl\u00e9 le titre de leur premi\u00e8re revue, <em>Litt\u00e9rature<\/em>.<br>Puis il s\u2019arr\u00eata, au bout des vingt-cinq minutes r\u00e9glementaires. Qu\u2019il soit arriv\u00e9 d\u2019ailleurs \u00e0 meubler agr\u00e9ablement 1500 secondes avec 112 syllabes \u00e9tait en soi une performance\u2026<br><br>Loutrel rel\u00e8ve la t\u00eate.<br>&#8211; Oui, dit-il. Il y a de l\u2019id\u00e9e.<br>Puis, comme dit Beckett : \u00ab Silence \u00bb. Il laisse le jeune homme mac\u00e9rer pendant dix interminables secondes.<br>\u00ab Mais, ajoute-t-il, je crois que l\u2019on peut apporter \u00e0 votre explication, tout \u00e0 fait honorable, et qui vous vaudrait sans doute une note flatteuse au concours, quelques compl\u00e9ments significatifs. \u00bb <br>Il se l\u00e8ve, prend une craie comme on se saisit d\u2019une cigarette (l\u2019id\u00e9e me vient soudain qu\u2019il a peut-\u00eatre fum\u00e9, jadis, tant la pose lui para\u00eet famili\u00e8re) et reprend l\u2019explication. Je me rappelle soudain une phrase prononc\u00e9e un jour au-dessus d\u2019un caf\u00e9 (\u00ab le caf\u00e9, m\u2019a-t-il expliqu\u00e9, est ce qui a produit les Lumi\u00e8res \u2014 c\u2019est du moins ce que pensait Michelet lu par Barthes \u00bb), pendant une r\u00e9cr\u00e9ation : \u00ab Nous sommes l\u00e0 pour apporter la valeur ajout\u00e9e. Les bons \u00e9l\u00e8ves comprennent assez vite ce qu\u2019ils ont \u00e0 faire pour avoir 12 \u2014 mais 12, ce n\u2019est pas assez \u00e0 l\u2019oral de Normale Sup\u2019, ni \u00e0 l\u2019\u00e9crit des IEP, que passent les moins patients. Nous, nous devons leur fournir de quoi passer de 12 \u00e0 16 \u2014 ou davantage. Un \u00e9cart. Un pas de c\u00f4t\u00e9. Deux marches de plus. \u00bb<br><br>La valeur ajout\u00e9e \u2014 il consacra dix minutes tout au plus \u00e0 cette reprise lumineuse de l\u2019explication de l\u2019\u00e9tudiant \u2014 fut magistrale. Elle commen\u00e7a d\u2019une fa\u00e7on assez abrupte.<br>&#8211; Bien s\u00fbr, dit-il, vous ne connaissez pas le proven\u00e7al\u2026<br>Ce n\u2019\u00e9tait pas une question.<br>&#8211; En proven\u00e7al, reprit-il, \u00ab grenade \u00bb se dit \u00ab mi\u00f3ugrano \u00bb. Oui, vous entendez bien, \u00e7a a \u00e0 voir avec la migraine\u2026<em> La Mi\u00f3ugrano entreduberto<\/em>, la Grenade entrouverte, expliqua-t-il, est un recueil de po\u00e8mes publi\u00e9 en 1860 par Th\u00e9odore Aubanel, l\u2019un des trois grands noms (avec Roumanille et Mistral) du F\u00e9librige. Homme du Midi, o\u00f9 fleurit le grenadier, Val\u00e9ry a pu rencontrer ces textes \u2014 ne serait-ce que l\u2019avant-propos : \u00ab La mi\u00f3ugrano boudenflo t\u00e8n rejuncho tan que p\u00f3u souto sa rusco si b\u00e8lli grano rouginello, si b\u00e8lli chato vergougnoso \u00bb \u2014 je vous traduis ? \u00ab La grenade gonfl\u00e9e tient renferm\u00e9es, tant qu\u2019elle peut, sous son \u00e9corce ses belles graines roses, ses belles filles pudibondes&#8230; \u00bb N\u2019est-il pas remarquable qu\u2019en proven\u00e7al \u2014 la langue qui se parlait alors autour de Val\u00e9ry \u00e0 S\u00e8te ou \u00e0 Marseille, o\u00f9 il r\u00e9sida \u2014, la grenade soit la \u00ab mi\u00f3ugrano \u00bb \u2014 la migraine ? Le fruit en soi est une m\u00e9taphore \u2014 celle de la t\u00eate pr\u00eate \u00e0 exploser. Et vice versa. Rien de surprenant de la part d\u2019un homme qui a fait d\u2019un certain \u00ab Monsieur Teste \u00bb son double intellectuel.<br>\u00ab Alors, cette grenade entr\u2019ouverte\u2026 La migraine de Zeus, vous vous souvenez ? Trait\u00e9e d\u2019un coup de hache par H\u00e9pha\u00efstos. Et du cr\u00e2ne fendu du dieu est sortie Ath\u00e9na, la Pens\u00e9e pure et arm\u00e9e. \u00ab Eclat\u00e9s de leurs d\u00e9couvertes ! \u00bb Nous y voil\u00e0. \u00bb<br>Et il encha\u00eena avec une virtuosit\u00e9 \u00e9tourdissante \u2014 reprenant l\u2019explication tr\u00e8s honorable du jeune homme pour en faire du petit bois, et reb\u00e2tir une lecture coh\u00e9rente \u2014 comme avec des kaplas.<br>De la magie noire. <br><br>(En sortant de la salle, Loutrel m&rsquo;expliqua que son \u00e9tymologie \u00e9tait toute fantaisiste. \u00ab\u00a0Mi\u00f3ugrano\u00a0\u00bb veut dire \u00ab\u00a0mille graines\u00a0\u00bb ;\u00a0\u00bbgrano\u00a0\u00bb c\u2019est la graine, alors que dans \u00ab\u00a0migraine\u00a0\u00bb , \u00ab\u00a0graine\u00a0\u00bb vient du latin \u00ab\u00a0cranium\u00a0\u00bb . La migraine, c&rsquo;est <em>hemicranium<\/em> \u2014 une c\u00e9phal\u00e9e qui vous fend le cr\u00e2ne en deux ;\u00a0\u00ab splitting headache\u00a0\u00bb, disent les Anglais. Mais son \u00e9tymologie fantaisiste lui permettait de relier les grenades \u00e0 Monsieur Teste, et c&rsquo;\u00e9tait l\u00e0, dit-il sur le ton tranquille d&rsquo;un meurtrier r\u00e9cidiviste, une raison qui l\u00e9gitimait toutes les distorsions impos\u00e9es \u00e0 la langue. Parce que Val\u00e9&amp;ry y avait forc\u00e9ment pens\u00e9, lui.). \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><br>L\u00e0 s\u2019arr\u00eate l\u2019extrait de ce roman p\u00e9dagogique \u2014 on juge assez que trois cents pages sur ce ton seraient insupportables. <br>Mais l\u2019envie m\u2019est venue d\u2019aller un peu plus loin.<br>Dans <em>Le Signe des quatre <\/em>(1890), Watson, exc\u00e9d\u00e9, lance \u00e0 Holmes : \u00ab Vous \u00eates vraiment un automate\u2026 une machine arithm\u00e9tique. \u00bb Cette m\u00eame ann\u00e9e, le jeune Paul Val\u00e9ry est introduit par Pierre Lou\u00ffs dans le cercle tr\u00e8s \u00e9troit de ses amis symbolistes, Heredia, Mallarm\u00e9 \u2014 et Gide, qui en \u00e9tait \u00e0 sa p\u00e9riode de mysticisme esth\u00e9tique. Peu de temps apr\u00e8s, comme en \u00e9cho de ces soir\u00e9es dignes de Des Esseintes, Val\u00e9ry publie ce qui s\u2019approche le plus d\u2019un roman, dans son \u0153uvre : <em>Une soir\u00e9e avec Monsieur Teste <\/em>\u2014 autrement dit lui-m\u00eame :<br><br>\u00ab M. Teste avait peut-\u00eatre quarante ans. Sa parole \u00e9tait extraordinairement rapide, et sa voix sourde. Tout s\u2019effa\u00e7ait en lui, les yeux, les mains. Il avait pourtant les \u00e9paules militaires, et le pas d\u2019une r\u00e9gularit\u00e9 qui \u00e9tonnait. Quand il parlait, il ne levait jamais un bras ni un doigt : il avait tu\u00e9 la marionnette. \u00bb<br><br>Les grenades de Monsieur Teste sont-elles la bonne m\u00e9taphore pour faire taire les gonades de Val\u00e9ry ? Tuer la marionnette et tuer le d\u00e9sir. Ne laisser subsister que de rares mots choisis. Avancer dans un floril\u00e8ge. Faire cendre de tout bois.<br>Il est curieux que cette fin de si\u00e8cle, dans des domaines fort divers, ait produit ce que la litt\u00e9rature a invent\u00e9 de plus d\u00e9charn\u00e9, au sens propre du terme, et de plus essentiel : l\u2019Id\u00e9e ramen\u00e9e \u00e0 son squelette. Gautier s\u2019y \u00e9tait essay\u00e9 dans <em>Emaux et cam\u00e9es<\/em> \u2014 mais chez Gautier un exc\u00e8s de chair passe sans cesse au-dessus ou au-dessous de la ceinture, le ventre du viveur et la queue du vivant.<br><br>(Il me vient soudain \u00e0 l\u2019id\u00e9e que c\u2019est ce que l\u2019on me reproche de plus en plus, depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, dans mes travaux de critique litt\u00e9raire \u2014 y compris de simples corrig\u00e9s de dissertations. Une formulation abrupte, un style asynd\u00e9tique o\u00f9 les exemples se font rares, partant de l\u2019id\u00e9e que le lecteur et moi avons les m\u00eames r\u00e9f\u00e9rences et qu\u2019il est bien inutile de les articuler. J\u2019en suis l\u00e0 avec la derni\u00e8re femme de ma vie, pour notre plus grand bonheur : nous parlons par lambeaux, que l\u2019autre compl\u00e8te <em>in petto<\/em>, sans se soucier de les expliciter puisqu\u2019ils vont de soi.)<br><br>Je me d\u00e9sole de ne pas avoir la capacit\u00e9 de produire quelques phrases exactes. Je n\u2019en ai que l\u2019intention.<br><br>\u00ab Les Grenades \u00bb appartiennent \u00e0 la m\u00eame mystique de l\u2019Id\u00e9e pure symbolis\u00e9e jadis par la naissance d\u2019Ath\u00e9na : elle na\u00eet arm\u00e9e, le mythe nous \u00e9pargne les vagissements de la Raison enfant : c\u2019est que la Raison n\u2019a pas d\u2019enfance, elle est adulte de toute \u00e9ternit\u00e9. Il a fallu attendre Rousseau \u2014 Rousseau ! \u2014 pour que l\u2019enfant commence \u00e0 exister et \u00e0 d\u00e9vorer le champ du discours en le renvoyant au B-A-BA, au babil et au bafouillement. Le stupide XIXe s\u2019est engouffr\u00e9 dans ces borborygmes devant lesquels des parents niais s\u2019extasient.<br>En r\u00e9action aux d\u00e9luges romantiques qui noyaient l\u2019intellect depuis un si\u00e8cle, ces litt\u00e9rateurs fin de si\u00e8cle reconstruisent la citadelle litt\u00e9raire inexpugnable de l\u2019Intelligence divorc\u00e9e du vivant. C\u2019est \u00e0 cet exercice que s\u2019amusa Val\u00e9ry, sa vie durant, en se levant vers 4 heures du matin pour \u00e9crire, deux ou trois heures de rang, ce qui deviendra les <em>Cahiers<\/em>, exercices math\u00e9matiques et d\u2019analyse logique. Car, comme il le disait dans \u00ab Ebauche d\u2019un serpent \u00bb (<em>Charmes<\/em>, toujours), \u00ab l\u2019univers n\u2019est qu\u2019un d\u00e9faut \/ Dans la puret\u00e9 du Non-\u00catre ! \u00bb<br>Seule anicroche dans cette asc\u00e8se impeccable, l\u2019ombre de la femme. Pendant la r\u00e9daction de <em>Charmes<\/em>, Val\u00e9ry entretient une relation enflamm\u00e9e avec Catherine Pozzi \u2014 et il trahira, par sa rentr\u00e9e dans le monde des hommes et des pince-fesses, l\u2019ambition tr\u00e8s haute de fusion intellectuelle et charnelle qu\u2019avait \u00e9labor\u00e9e la jeune femme. L\u2019intellect a c\u00e9d\u00e9 la place aux honneurs et \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise, la grenade s\u2019est referm\u00e9e, gardant pour elle les soleils prisonniers. Et les maux de t\u00eate. Val\u00e9ry n\u2019a plus \u00e9crit de vers. Tout juste des discours de remise des prix. Vainement brillants. (1)<br><br>Jean-Paul Brighelli<br><br>(1) Je suis de mauvaise foi. Les essais de Val\u00e9ry sont bien au-dessus des hommes de son temps \u2014 et du n\u00f4tre. Mention sp\u00e9ciale pour le discours prononc\u00e9 \u00e0 la mort de Bergson, devant des Agagad\u00e9miciens p\u00e9trifi\u00e9s que l\u2019un des leurs ose, en janvier 1941, faire \u00e0 voix haute et en public l\u2019\u00e9loge d\u2019un Juif.<br><br><br>Jacques Linard (1600-1645), <em>Panier de grenades, pe\u0302ches et raisins<\/em>, c. 1643<br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"650\" height=\"488\" src=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/08\/Jacques-Linard-1600-1645-panier-de-grenades-peches-et-raisins-c.-1643-.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5469\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/08\/Jacques-Linard-1600-1645-panier-de-grenades-peches-et-raisins-c.-1643-.jpg 650w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/08\/Jacques-Linard-1600-1645-panier-de-grenades-peches-et-raisins-c.-1643--300x225.jpg 300w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/08\/Jacques-Linard-1600-1645-panier-de-grenades-peches-et-raisins-c.-1643--559x420.jpg 559w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/08\/Jacques-Linard-1600-1645-panier-de-grenades-peches-et-raisins-c.-1643--80x60.jpg 80w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/08\/Jacques-Linard-1600-1645-panier-de-grenades-peches-et-raisins-c.-1643--265x198.jpg 265w\" sizes=\"auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px\" \/><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rene\u0301-Antoine Houasse (1645-1710), Minerve naissant toute arme\u0301e du cerveau de Jupiter, c.1687 J\u2019ai dans mes archives un roman \u00ab p\u00e9dagogique \u00bb absolument fini que l\u2019on m\u2019a d\u00e9conseill\u00e9 de proposer \u00e0 qui que ce soit, tant, para\u00eet-il, le m\u00e9pris y affleure partout \u2014 et que l&rsquo;aspect r\u00e9actionnaire de ma p\u00e9dagogie s&rsquo;y \u00e9tale avec impudence. 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