{"id":5466,"date":"2025-08-06T06:43:12","date_gmt":"2025-08-06T04:43:12","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/?p=5466"},"modified":"2025-08-06T06:45:54","modified_gmt":"2025-08-06T04:45:54","slug":"proies-et-predateurs-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/proies-et-predateurs-2-5466","title":{"rendered":"Proies et pr\u00e9dateurs"},"content":{"rendered":"\n<p>Lucien Clergue, <em>N\u00e9e de la vague<\/em>, 1968<br><br>Proies ou pr\u00e9dateurs \u2014 et pas d\u2019autre choix. Au d\u00e9but de <em>Bel-Ami<\/em>, Maupassant montre son h\u00e9ros arpentant les grands boulevards \u00e0 six ou sept heures du soir, au d\u00e9but de l\u2019\u00e9t\u00e9, d\u00e9vor\u00e9 de soif, et pas un sou en poche, pr\u00eat \u00e0 tuer pour un demi de bi\u00e8re \u2014 un bock, comme on disait alors. Un peu plus tard dans la seconde partie du roman, et en \u00e9t\u00e9 encore, Georges Duroy attend l\u2019une de ses conqu\u00eates dans le petit square install\u00e9 devant l\u2019\u00e9glise de la Trinit\u00e9. Dans les deux cas, il marche lentement, parce qu\u2019il est un fauve, un pr\u00e9dateur : c\u2019est \u00e0 cela qu\u2019on les reconna\u00eet, la lenteur de la d\u00e9marche, l\u2019\u0153il aux aguets, fixant des d\u00e9tails dans leur m\u00e9moire de chasseurs\u2026 Alors que les proies se d\u00e9placent vite, et consid\u00e8rent le paysage en vrac, de leurs yeux un peu myopes.<br><br>Je marchais lentement sur le quai de Rive-Neuve. Mais aussi lentement que je me d\u00e9pla\u00e7asse, je suis arriv\u00e9 \u00e0 hauteur d\u2019une jeune femme rousse \u2014 petite, fesses rondes prises dans un short en jean assez court, les \u00e9paules l\u00e9g\u00e8rement vo\u00fbt\u00e9es. Je la d\u00e9passais quand j\u2019ai d\u00e9couvert, en arrivant \u00e0 sa hauteur, une paire de seins invraisemblables, pointant sous le tee-shirt couleur de rose-th\u00e9. Invraisemblables t\u00e9tons, dard\u00e9s comme s\u2019ils avaient \u00e9t\u00e9 suc\u00e9s l\u2019instant d\u2019avant. <br>Si un groupe de touristes, immobiles soudain devant un magasin de savons suppos\u00e9s marseillais, ne m\u2019avait pas forc\u00e9 \u00e0 me rapprocher d\u2019elle, sans doute ne se serait-il rien pass\u00e9. Mais je me suis trouv\u00e9 brutalement \u00e0 distance de communication. <br>&#8211; Vous avez des seins somptueux, ai-je os\u00e9. <br>Elle a tourn\u00e9 la t\u00eate, m\u2019a jaug\u00e9 et a souri. Un quinquag\u00e9naire aux tempes grises, allons, aucun danger. <br>&#8211; J\u2019en suis la premi\u00e8re encombr\u00e9e, a-t-elle dit.<br>Le fait est que les deux globes occupaient glorieusement l\u2019espace.<br>&#8211; J\u2019aimerais les photographier, dis-je \u2014 et je me surpris moi-m\u00eame, n\u2019ayant jamais \u00e9t\u00e9 amateur de fortes poitrines. Mais il y avait quelque chose de marmor\u00e9en, presque inhumain, dans ces deux demi-globes parfaits. Qu\u2019elle marche elle aussi lentement \u00e9vitait qu\u2019ils se balancent : elle d\u00e9fiait la gravit\u00e9. J\u2019ai pens\u00e9 \u00e0 Baudelaire : \u00ab Elle se d\u00e9veloppe avec indiff\u00e9rence\u2026 \u00bb<br>Elle a \u00e9valu\u00e9 la proposition. <br>&#8211; Ici ? a-t-elle souri, avec un geste circulaire qui couvrait le troupeau aveugle ballot\u00e9 \u00e7\u00e0 et l\u00e0. <br>&#8211; J\u2019habite \u00e0 deux pas\u2026 J\u2019ai besoin de projecteurs, voyez-vous. Rien de beau ne s\u2019improvise.<br>J\u2019ai eu l\u2019air de r\u00e9fl\u00e9chir un instant.<br>&#8211; Je crois que le noir et blanc conviendrait bien. <br>Elle s\u2019est arr\u00eat\u00e9e. <br>&#8211; Pourquoi pas ? a-t-elle murmur\u00e9. <br><br>J\u2019habitais effectivement \u00e0 deux pas. La vol\u00e9e de marches ne l\u2019a pas d\u00e9concert\u00e9e, malgr\u00e9 la chaleur \u00e9paisse qui r\u00e9gnait de jour-l\u00e0. Mais la premi\u00e8re chose, en arrivant, fut de lui offrir un verre d\u2019eau fra\u00eeche. <br>Pendant qu\u2019elle le d\u00e9gustait \u00e0 petites gorg\u00e9es, j\u2019ai install\u00e9 deux projecteurs, l\u2019un lat\u00e9ral, l\u2019autre en contre-plong\u00e9e, au pied du lit. Les murs de la chambre sont peints en noir, le drap-housse \u00e9tait couleur abricot \u2014 un joli gris en noir et blanc. Et le tissu satin\u00e9 \u00e9tait susceptible de prendre des reflets int\u00e9ressants.<br>&#8211; Ici ? a dit sa voix dans mon dos.<br>&#8211; Oui, ici. <br>Elle a pos\u00e9 son verre. <br>&#8211; J\u2019imagine que je dois \u00f4ter mon tee-shirt ?<br>&#8211; Pas tout de suite !<br>J\u2019ai saisi le Nikon. L\u2019objectif, un 18-135, me permettrait aussi bien des plans larges que des gros plans. Je lui ai demand\u00e9 de s\u2019asseoir, et je l\u2019ai photographi\u00e9e ainsi. Elle ressemblait, en plus charnu, \u00e0 certains mod\u00e8les de Toulouse-Lautrec ou de Balthus, femmes battues ou en instance de l\u2019\u00eatre. Je l\u2019ai photographi\u00e9e pour l\u2019habituer \u00e0 l\u2019appareil, aux d\u00e9clics, aux lumi\u00e8res. \u00ab Non, sans sourire \u00bb, ai-je pr\u00e9cis\u00e9.<br>Puis \u00e0 ma demande, elle a tr\u00e8s lentement \u00f4t\u00e9 son tee-shirt, croisant les bras sur sa poitrine pour soulever le tissu. J\u2019avais r\u00e9gl\u00e9 le syst\u00e8me sur la prise en rafale, et j\u2019ai obtenu d\u2019embl\u00e9e ce que je recherchais \u2014 un abandon, un consentement muet, un don de soi.<br>Elle avait une peau conforme \u00e0 sa rousseur, un \u00e9piderme de lait ros\u00e9, un r\u00eave de tatoueur japonais, sur lequel les veines se dessinaient en nuances bleut\u00e9es. J\u2019ai r\u00e9gl\u00e9 les projecteurs \u00e0 plusieurs reprises, pour cr\u00e9er des contre-jours, mettre en valeur l\u2019orbe inf\u00e9rieure, cadrer en plan de coupe de fa\u00e7on \u00e0 ne photographier que ces volumes insolents. <br>Tout cela a pris vingt minutes \u00e0 peu pr\u00e8s. Vers la fin, je me suis gliss\u00e9 de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du lit, et je lui ai demand\u00e9 de tourner la t\u00eate vers moi sans bouger le buste. Ses cheveux balay\u00e8rent sa joue, son \u0153il bleu avait une expression effar\u00e9e, elle transpirait l\u00e9g\u00e8rement et la sueur perlait sur sa l\u00e8vre sup\u00e9rieure. Une fois, deux fois. Puis je lui ai demand\u00e9 de s\u2019\u00e9tendre sur le drap soyeux, les seins restaient glorieusement dard\u00e9s au plafond. <br>Evidemment, je lui ai sugg\u00e9r\u00e9 d\u2019\u00f4ter ce qui lui restait de v\u00eatements. J\u2019ai dit cela sur le ton d\u2019un ordre, et elle a ob\u00e9i. Sous le short en jean, elle portait un boxer de dentelle noire qui seyait fort \u00e0 cette peau de marbre. Je lui ai demand\u00e9 de le remettre, et j\u2019ai fait quelques plans qui en noir et blanc seraient probablement suggestifs. <br>Elle avait une ombre de toison pubienne, aussi rousse que ses cheveux, juste de quoi mettre un relief sur un pubis soigneusement \u00e9pil\u00e9, et un sexe referm\u00e9 sur lui-m\u00eame comme un coquillage. Je l\u2019ai photographi\u00e9e en plan large, sous tous les angles. Puis je lui ai offert un autre verre d\u2019eau. \u00ab Je veux bien \u00bb, a-t-elle dit.<br>Quand elle a eu bu, assise sur le bord du lit, j\u2019ai pris le verre vide dans sa main, je l\u2019ai pos\u00e9 sur la table de nuit, et je l\u2019ai saisie par les poignets, la for\u00e7ant \u00e0 se lever d\u2019abord, et \u00e0 s\u2019agenouiller ensuite. Elle n\u2019a pas eu trois secondes d\u2019h\u00e9sitation : elle a ouvert mon pantalon \u2014 et je me suis f\u00e9licit\u00e9 de ne rien porter dessous \u2014, a d\u00e9gag\u00e9 ma queue bandante et l\u2019a engloutie dans sa bouche avide, aussi consistante qu\u2019elle f\u00fbt. Elle avait la bouche fra\u00eeche de l\u2019eau glac\u00e9e qu\u2019elle venait de boire. La sensation \u00e9tait exquise.<br>J\u2019ai cru qu\u2019elle allait m\u2019avaler. Ses l\u00e8vres s\u2019\u00e9crasaient sur les poils de mon ventre, Elle pompait avec application et m\u00e9thode, et je l\u2019ai laiss\u00e9e faire, confiant dans mes ressources d\u2019apn\u00e9iste pour ne pas risquer une \u00e9jaculation intempestive. J\u2019en ai profit\u00e9 pour faire une vingtaine de plans tr\u00e8s rapproch\u00e9s de sa bouche gourmande.<br>Cela a paru l\u2019amuser. Elle a abandonn\u00e9 un instant la verge dilat\u00e9e, a lev\u00e9 le visage vers moi : \u00ab Vous ne voulez pas\u2026 \u00bb <br>&#8211; Pas tout de suite, ai-je dit d\u2019une voix aussi froide que possible.<br>Je l\u2019ai relev\u00e9e, je l\u2019ai retourn\u00e9e et l\u2019ai mise \u00e0 genoux sur le bord du lit. Sa chatte s\u2019\u00e9tait ouverte, ses l\u00e8vres \u00e9taient tremp\u00e9es, j\u2019y ai enfonc\u00e9 deux doigts de la main gauche, puis trois. J\u2019ai mouill\u00e9 mon pouce \u00e0 ses s\u00e9cr\u00e9tions, et je le lui ai pos\u00e9 sur l\u2019anus, d\u00e9licatement ros\u00e9. Je n\u2019ai m\u00eame pas eu besoin de forcer pour que le sphincter s\u2019ouvre et t\u00e8te le gros doigt qui le harcelait.<br>De la main droite, je tenais toujours le Nikon, multipliant les gros plans, toujours sur le mode rafale. B\u00e9n\u00e9diction de l\u2019\u00e9lectronique : autrefois, j\u2019aurais d\u00fb changer d\u00e9j\u00e0 quatre ou cinq fois de pellicule, ce qui immanquablement cisaillait la s\u00e9quence.<br>Elle a g\u00e9mi quand je me suis enfonc\u00e9 en elle, sans que mon pouce abandonne son cul. Je sentais ma queue occuper le vagin d\u00e9tremp\u00e9, j\u2019ai but\u00e9 au fond du gouffre, je suis revenu \u00e0 la surface, et \u00e0 nouveau je me suis renfonc\u00e9. Elle a joui tr\u00e8s vite, en pleurnichant comme une m\u00e9nade.<br>J\u2019ai attendu que les palpitations de son anus autour de mon pouce ralentissent, j\u2019ai sorti ma verge toujours extasi\u00e9e, et je l\u2019ai encul\u00e9e aussi profond\u00e9ment que possible \u2014 aussi profond\u00e9ment que ce qu\u2019elle m\u2019avait gob\u00e9 tout \u00e0 l\u2019heure. Je n\u2019avais aucun souci, il \u00e9tait \u00e9vident qu\u2019elle n\u2019en \u00e9tait pas \u00e0 son coup d\u2019essai.<br>Le feulement est mont\u00e9 en gamme, elle a cri\u00e9 et s\u2019est cambr\u00e9e en m\u00eame temps pour tenter de gagner un ou deux centim\u00e8tres illusoires, puisque j\u2019\u00e9tais enfonc\u00e9 dans son rectum jusqu\u2019\u00e0 la garde.<br>&#8211; Oui, oui, d\u00e9foncez-moi ! a-t-elle cri\u00e9. Jusqu\u2019au c\u0153ur !<br>J\u2019ai appr\u00e9ci\u00e9 qu\u2019elle en reste au \u00ab vous \u00bb de politesse. En m\u00eame temps, cela m\u2019a confirm\u00e9 dans mon opinion : cette fille avait l\u2019habitude de la domination, et son statut de proie lui convenait parfaitement.<br>Je l\u2019ai abandonn\u00e9e quelques instants \u2014 son anus restait d\u00e9mesur\u00e9ment ouvert, b\u00e2illant comme une bouche de carpe, la bouche d\u2019ombre dont parle quelque part Hugo. J\u2019ai r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 mon pantalon \u00e0 mes pieds, et d\u00e9gag\u00e9 le lourd ceinturon. Puis je me suis renfonc\u00e9 dans ce cul palpitant, et je lui ai ass\u00e9n\u00e9 quelques coups de plat du cuir sur les fesses. Elle a g\u00e9mi, cri\u00e9, et joui \u00e0 grands jets, en vraie femme-fontaine qu\u2019elle \u00e9tait. Et elle s\u2019est effondr\u00e9e sur le lit.<br>Alors seulement je suis sorti de son cul, stri\u00e9 horizontalement de marques rouge\u00e2tres. Je l\u2019ai laiss\u00e9e haleter quelques minutes, puis je l\u2019ai relev\u00e9e, elle a gliss\u00e9 \u00e0 mes pieds et j\u2019ai r\u00e9occup\u00e9 sa bouche docile. Elle m\u2019a pomp\u00e9 de toutes ses forces, et, ma foi, elle le m\u00e9ritait bien, j\u2019ai joui longuement sur sa langue \u00e9paisse. Elle a tout aval\u00e9, avec de curieux bruits de glotte.<br><br>Elle a fini par se rhabiller, il se faisait tard, j\u2019avais des courses \u00e0 faire. Comme elle allait partir, je l\u2019ai saisie \u00e0 nouveau par les poignets, et elle s\u2019est remise \u00e0 genoux.<br>&#8211; Regarde-moi, ai-je ordonn\u00e9.<br>Elle a lev\u00e9 vers moi son beau visage harass\u00e9.<br>&#8211; Je te veux au bas de mon escalier demain \u00e0 18 heures. Je te montrerai les photos. Et nous reprendrons cette s\u00e9quence, en profondeur. Puis je t\u2019emm\u00e8nerai d\u00eener.<br>Elle a hoch\u00e9 la t\u00eate. \u00ab Tu as compris ? \u00bb ai-je insist\u00e9.<br>&#8211; Oui\u2026 <br>&#8211; Oui, Ma\u00eetre. R\u00e9p\u00e8te.<br>&#8211; Oui, Ma\u00eetre\u2026<br>&#8211; Qu\u2019est-ce que tu es ?<br>&#8211; Je suis une petite salope, a-t-elle articul\u00e9.<br>L\u2019expression lui \u00e9tait venue spontan\u00e9ment aux l\u00e8vres, elle devait l\u2019avoir articul\u00e9 souvent. Peut-\u00eatre se nommait-elle ainsi elle-m\u00eame, dans l\u2019intimit\u00e9 de ses doigts.<br>J\u2019ai souri. \u00ab Ce n\u2019est pas faux. Mais pr\u00e9sentement, tu es mon esclave. R\u00e9p\u00e8te. \u00bb<br>&#8211; Je suis votre esclave, a-t-elle murmur\u00e9 docilement. <br>&#8211; Mets une robe courte. Et rien dessous.<br>\u00c0 nouveau elle a acquiesc\u00e9. Et juste avant de refermer la porte :<br>&#8211; Je m\u2019appelle Sandra, dit-elle.<br><br>Le lendemain, j\u2019ai pass\u00e9 pr\u00e8s de trois heures \u00e0 s\u00e9lectionner les photos, \u00e9liminant d\u2019embl\u00e9e celles qui \u00e9taient mal cadr\u00e9es, ou qu\u2019un mouvement ardent avait flou\u00e9es. Je les ai examin\u00e9es d\u2019abord en couleur, avant de basculer sur un noir et blanc le plus contrast\u00e9 possible, pour rendre justice \u00e0 cette peau d\u2019un blanc inhumain. Sur certains gros plans, j\u2019ai un peu trich\u00e9 en augmentant le grain \u2014 comme autrefois, quand je travaillais avec de l\u2019Ilford 3200.<br>Je n\u2019\u00e9tais pas m\u00e9content. Sur les quelque deux cents clich\u00e9s, une bonne quarantaine \u00e9taient vraiment saisissants. <br>Je me suis rendu dans une petite boutique en face du th\u00e9\u00e2tre du Gymnase, o\u00f9 j\u2019ai fait tirer la s\u00e9rie s\u00e9lectionn\u00e9e en 18 x 24. \u00ab Chouettes photos ! \u00bb a lanc\u00e9 le patron barbu, ami de longue date. \u00ab Et quels nichons ! \u00bb<br>Des photos o\u00f9 l\u2019on voyait les jolies l\u00e8vres s\u2019\u00e9carteler sur ma queue, il ne dit rien, bien s\u00fbr. Ni de celles o\u00f9 l\u2019on distinguait nettement les traces des coups de ceinture. \u00ab Elle devrait \u00eatre contente \u00bb, ajouta-t-il. \u00ab Je suis impatient de voir la suite. \u00bb<br>&#8211; Moi aussi, dis-je en \u00e9cho.<br><br>Elle \u00e9tait l\u00e0, \u00e0 six heures, assise sur les marches, sa robe sagement repli\u00e9e sur ses cuisses. Elle s\u2019est lev\u00e9e quand je suis arriv\u00e9. \u00ab Tt-tt, reste assise. \u00bb Je lui ai soulev\u00e9 la t\u00eate, pour la regarder bien en face. \u00ab Bonjour, esclave\u2026 \u00bb \u00ab Bonsoir, Ma\u00eetre\u2026 \u00bb<br>&#8211; Tu sais pourquoi tu es l\u00e0 ?<br>&#8211; Pour me faire baiser. <br>&#8211; Et puis ? <br>&#8211; Et me faire enculer. <br>&#8211; Et puis ? <br>&#8211; Peut-\u00eatre serai-je punie de quelque faute ?<br>&#8211; Certainement. Tu l\u2019as d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 ?<br>&#8211; Oui, dit-elle simplement.<br>&#8211; Souvent ? <br>&#8211; Non, pas tr\u00e8s souvent.<br>&#8211; Fort ?<br>&#8211; Oui \u2014 une fois surtout. <br>&#8211; Jusqu\u2019au sang ?<br>&#8211; Oui, dit-elle dans un souffle.<br>&#8211; Viens, maintenant\u2026<br>Elle se leva. Elle avait de jolies jambes, un peu courtes mais bien dessin\u00e9es, c\u2019\u2019est \u00e0 peine si l\u2019on devinait le genou, cette mal\u00e9diction des femmes, \u00e0 en croire Chanel.<br>Elle a gravi l\u2019escalier devant moi. J\u2019ai indiscr\u00e8tement pass\u00e9 une main entre ses cuisses. Elle n\u2019avait pas de culotte, et elle mouillait d\u2019abondance. Je le lui ai fait remarquer.<br>&#8211; Forc\u00e9ment ! a-t-elle r\u00e9pondu. <br>Quand nous sommes entr\u00e9s, je l\u2019ai dirig\u00e9e vers un coin de la chambre, et je l\u2019ai mise au piquet \u2014 avec la consigne de remonter sa robe, par derri\u00e8re, jusqu\u2019aux reins. J\u2019ai r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 mon appareil photo, j\u2019ai fait deux clich\u00e9s rapides, puis j\u2019ai \u00e9tal\u00e9 tous les clich\u00e9s de la veille sur le lit.<br>&#8211; Regarde-toi, ai-je propos\u00e9.<br><br>Vers neuf heures, nous sommes all\u00e9s grignoter un petit quelque chose chez Paule &amp; Kopa, ma gargote favorite \u00e0 Marseille. Sandra se tortillait sur la chaise. <br>&#8211; Qu\u2019est-ce qui t\u2019arrive ? <br>Bien s\u00fbr, je connaissais la r\u00e9ponse.<br>&#8211; C\u2019est la cravache, dit-elle. \u00c7a pince un peu. <br>Elle s\u2019est frott\u00e9 les seins.<br>&#8211; Et les pinces sur les t\u00e9tons et sur les grandes l\u00e8vres\u2026<br>J\u2019ai vaguement souri. \u00ab Alors, ces photos ? \u00bb ai-je demand\u00e9 en d\u00e9signant la pochette de carton rouge o\u00f9 je les avais rang\u00e9es, et qu\u2019elle emportait avec elle.<br>&#8211; C\u2019est magnifique, a-t-elle r\u00e9pondu vivement. Jamais je n\u2019ai \u00e9t\u00e9 si belle. Je ne me savais pas si belle !<br>&#8211; Nous en avons fait d\u2019autres aujourd\u2019hui. Diff\u00e9rentes, certainement.<br>&#8211; C\u2019est vous qui les tirez ?<br>&#8211; Non, il faut des machines de professionnel. Un particulier ne dispose pas de ce type de mat\u00e9riel chez lui.<br>Elle s\u2019est tue quelques secondes.<br>&#8211; Quand m\u00eame, \u00e7a me fait quelque chose de penser qu\u2019un type que je ne connais pas va scruter mon corps, mes trous, mes marques\u2026<br>&#8211; \u00c7a te fait quoi ?<br>&#8211; Je mouille ! \u2014 et elle a \u00e9clat\u00e9 de rire.<br><br>Je l\u2019ai raccompagn\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 une station de taxi, sur le port. Elle habitait avec une copine, dans un appartement lou\u00e9 pour quelques jours, sur la Corniche. Elles venaient de Valenciennes, elles voulaient une vue sur la mer. Et par chance, il avait fait beau. <br>&#8211; Vous reverrai-je ? a-t-elle demand\u00e9, assise d\u00e9j\u00e0 dans la voiture.<br>Y avait-il du d\u00e9sir dans sa question ? Difficile \u00e0 dire. J\u2019ai pens\u00e9 que si je racontais un jour cette histoire, je mettrais un accent de d\u00e9sir dans sa question. \u00ab Mais ce serait tricher \u00bb, ai-je pens\u00e9.<br>&#8211; Je ne crois pas\u2026 Tu repars demain, je n\u2019ai aucune raison de passer \u00e0 Valenciennes\u2026 Mais tu peux m\u2019appeler, ai-je ajout\u00e9 en lui tendant une carte de visite. Ou m\u2019\u00e9crire. <br>Je lui ai caress\u00e9 la joue de la main gauche. <br>&#8211; Tu trouveras d\u2019autres ma\u00eetres. Fais attention \u00e0 toi, il y en a tant de maladroits. <br>Le chauffeur de taxi s\u2019impatientait. Alors j\u2019ai ferm\u00e9 la porte.<br><br>Jean-Paul Brighelli, 6 ao\u00fbt 2025<br><br>PS. Il y a un prolongement \u00e0 cette histoire, mais hors cam\u00e9ra, et je n\u2019en sais que ce qu\u2019elle m\u2019en a dit au t\u00e9l\u00e9phone, quelques jours plus tard. Son amie a \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9e, quand elle l\u2019a vue nue au sortir de la douche. Elle l\u2019a allong\u00e9e sur le lit, et a suivi, du bout de l\u2019ongle et de la langue, toutes les estafilades dessin\u00e9es sur ce corps d\u2019alb\u00e2tre. Puis elle l\u2019aurait fist\u00e9e simultan\u00e9ment par le con et le cul, et Sandra aurait joui comme jamais. Nous sommes bien peu de chose, nous, les hommes.<br><br>Balthus (1908-2001), <em>La Chambre<\/em>, 1952-1954<br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"950\" height=\"762\" src=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/08\/Capture-decran-2025-08-06-a-06.42.29.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-5474\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/08\/Capture-decran-2025-08-06-a-06.42.29.png 950w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/08\/Capture-decran-2025-08-06-a-06.42.29-300x241.png 300w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/08\/Capture-decran-2025-08-06-a-06.42.29-768x616.png 768w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/08\/Capture-decran-2025-08-06-a-06.42.29-524x420.png 524w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2025\/08\/Capture-decran-2025-08-06-a-06.42.29-696x558.png 696w\" sizes=\"auto, (max-width: 950px) 100vw, 950px\" \/><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lucien Clergue, N\u00e9e de la vague, 1968 Proies ou pr\u00e9dateurs \u2014 et pas d\u2019autre choix. 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