{"id":845,"date":"2015-08-25T15:42:16","date_gmt":"2015-08-25T15:42:16","guid":{"rendered":"http:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/?p=845"},"modified":"2021-04-22T18:49:41","modified_gmt":"2021-04-22T16:49:41","slug":"la-isla-minima","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/la-isla-minima-845","title":{"rendered":"La isla minima"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/files\/2015\/08\/00.La-isla-minima.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-849\" src=\"http:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/files\/2015\/08\/00.La-isla-minima.jpg\" alt=\"\" width=\"599\" height=\"440\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2015\/08\/00.La-isla-minima.jpg 599w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2015\/08\/00.La-isla-minima-300x220.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 599px) 100vw, 599px\" \/><\/a>D\u00e8s le g\u00e9n\u00e9rique, on est pris : la cam\u00e9ra survole les marais du Guadalquivir (et moi, estupido, qui n\u2019y ai pas pass\u00e9 mes vacances !) et on croirait surplomber un gigantesque cerveau, plein de m\u00e9andres et de retours vers des souvenirs enfouis.<a href=\"http:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/files\/2015\/08\/3la-isla-minima-marismas.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-850\" src=\"http:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/files\/2015\/08\/3la-isla-minima-marismas.jpg\" alt=\"\" width=\"598\" height=\"398\" srcset=\"https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2015\/08\/3la-isla-minima-marismas.jpg 598w, https:\/\/blog.causeur.fr\/bonnetdane\/wp-content\/uploads\/sites\/25\/2015\/08\/3la-isla-minima-marismas-300x199.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 598px) 100vw, 598px\" \/><\/a><br \/>\n<em>La isla minima<\/em> est un film \u00e9touffant, o\u00f9 la g\u00e9ographie dicte les m\u00e9faits et gestes des protagonistes \u2014 on se croirait devant une illustration sanglante de la th\u00e9orie des climats. Les gens qui vivent l\u00e0-bas \u2014 riziculteurs en gr\u00e8ve, p\u00eacheurs d\u2019\u00e9crevisses, gamines submerg\u00e9es d\u2019ennui, d\u00e9traqu\u00e9s en tous genres \u2014 ne sont pas vernis.<br \/>\nPas verni non plus le flic madril\u00e8ne mut\u00e9 l\u00e0 alors que sa femme rest\u00e9e dans la capitale couve sa grossesse. D\u2019autant qu\u2019il est coupl\u00e9 avec un tordu, un ex-membre de la BPS, la Brigada Politico-Social, la police secr\u00e8te franquiste \u2014 et pour faire du social, comme on le voit dans les derni\u00e8res images, il faisait du social\u2026<br \/>\nEn attendant, nous sommes au tout d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, quand les grands propri\u00e9taires croient encore qu&rsquo;il leur est permis d&rsquo;avoir des esclaves. Chez les flics aussi les vieux r\u00e9flexes sont durs \u00e0 oublier, et \u00e7a tabasse s\u00e9rieusement, peu importe le sexe. Il faut dire que ce qui est arriv\u00e9 aux deux gamines pr\u00e9textes de l\u2019enqu\u00eate (et, si l\u2019on comprend bien, \u00e0 deux ou trois autres les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes) ne fut pas beau \u00e0 voir \u2014 agressions sexuelles avec des objets contondants et d\u00e9chirants, tortures, mutilations, et mort finalement. Deux petites imb\u00e9ciles, mais ce n\u2019est pas une raison.<\/p>\n<p>La couleur ordinaire des films policiers, c\u2019est le vert \u2014 ce que j\u2019appellerais volontiers l&rsquo;esth\u00e9tique\u00a0<em>Derrick<\/em> : un vert pisseux, qui est effectivement la teinte des commissariats et des h\u00f4pitaux, partout o\u00f9 la souffrance et la mort s\u2019essuient les doigts sur les murs. Ici, ce qui domine, c\u2019est la terre, la poussi\u00e8re, la feuille morte, et la poussi\u00e8re de feuilles mortes. <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=QX9x7E4IJdg\">Voir la bande-annonce<\/a>.<br \/>\nOn est au d\u00e9but de l\u2019automne. Il fait encore une chaleur macabre, hant\u00e9e de moustiques. Mais il pleuvra bient\u00f4t : il y a dans le film un orage d\u2019anthologie, et une poursuite d\u2019anthologie sous l\u2019orage.<\/p>\n<p>Et l\u2019on retrouve alors le marais, lieu \u00e9quivoque o\u00f9 la terre et l\u2019eau \u2014 et le ciel, sous la pluie \u2014 se m\u00ealent indistinctement. C\u2019est bien le probl\u00e8me : les deux enqu\u00eateurs se battent contre une nature d\u00e9l\u00e9t\u00e8re, o\u00f9 rien n\u2019est \u00e0 sa place.<br \/>\nIls vont trouver, bien s\u00fbr, et notre Madril\u00e8ne retournera vers ses terres natales, l\u00e0 o\u00f9 l\u2019eau ne corrompt pas le paysage. \u00c0 ce propos, le film est aussi un conseil donn\u00e9 aux instances polici\u00e8res. Quand vous avez sur les bras, dans une r\u00e9gion tout \u00e0 fait hostile, un ou plusieurs meurtres particuli\u00e8rement r\u00e9pugnants, expatriez-y d\u2019autorit\u00e9 un enqu\u00eateur qui se sentira vraiment motiv\u00e9 pour trouver \u2014 surtout si vous lui avez expliqu\u00e9, ce qui est le cas ici, que sa mutation de retour d\u00e9pend de son succ\u00e8s. La prime au r\u00e9sultat !<\/p>\n<p>Le film (et son acteur principal, Javier Guttierez Alvarez)\u00a0a eu toutes les r\u00e9compenses possibles et imaginables en Espagne et ailleurs, et laisse tr\u00e8s loin derri\u00e8re tous les blockbusters de l\u2019\u00e9t\u00e9. Il vient de sortir \u00e0 Marseille, avec un peu de chance vous le trouverez dans l\u2019un ou l\u2019autre des petites salles de la France p\u00e9riph\u00e9rique \u2014 la seule qui vaille. Heureux veinards que vous \u00eates, qui avez encore \u00e0 le voir, ce qui n\u2019est plus mon cas !<\/p>\n<p>Jean-Paul Brighelli<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e8s le g\u00e9n\u00e9rique, on est pris : la cam\u00e9ra survole les marais du Guadalquivir (et moi, estupido, qui n\u2019y ai pas pass\u00e9 mes vacances !) et on croirait surplomber un gigantesque cerveau, plein de m\u00e9andres et de retours vers des souvenirs enfouis. 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