Gilets jaunes : la nouvelle stratégie médiatique

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Ou comment grotesquiser un mouvement.

Bon, j’avoue, hier soir, je voulais regarder The Revenant, sur France 2. Voilà, voilà…

Et au lieu de voir lui : Résultat de recherche d'images pour "di caprio titanic" (ok je sais, il ne ressemble plus à ça),

j’ai vu lui :2gilet jauneOh, il est beau aussi, hein ? C’est pas la question.

Mais surtout, je me suis aperçue que la stratégie médiatique vis-à-vis du mouvement des « gilets jaunes » s’était sensiblement modifiée.

Nos journalistes poursuivent certes dans le refrain « mouvement radicalisé etc. » mais admettent de plus en plus que ce mouvement, par nature peu structuré, est en train d’être débordé par des casseurs qui profitent de l’opportunité qui leur est offerte de semer la pagaille et de casser du flic. Le problème n’est plus là. D’ailleurs, hier soir sur France 2, le représentant d’un syndicat de police a fini par faire sentir son agacement en constatant qu’on ne s’intéressait pas à lui et, après quelques phrases énervées, est tout bonnement parti parce qu’il avait autre chose à faire que pot de fleur sur un plateau télé.

« Mouvement d’extrême droite » a disparu. Il faut croire que l’insulte ne prenait pas.

On a trouvé mieux pour les ridiculiser : on fait croire qu’ils ont des « revendications institutionnelles ». Et évidemment, comme on trouve facilement des « gilets jaunes » qui demandent tout et n’importe quoi, on en trouve qui viennent expliquer qu’il faut dissoudre l’assemblée, rendre le pouvoir au peuple, et qui prétendent que des gilets jaunes vont se lancer en politique. Notez que le coup des « personnes issues de la société civile » qui entrent en politique pour rafraîchir le paysage, on nous l’a déjà fait il n’y a pas si longtemps. Je ne sache pas que cela ait changé grand-chose. M’enfin j’dis ça, j’dis rien, pas vrai ?

La vérité est que les gilets jaunes étaient légitimes, audibles et compréhensibles tant qu’ils râlaient contre les taxes, le prix de l’essence et les tarifs du contrôle technique.

Quand ils commencent à exprimer des idées politiques tout en niant vouloir faire de la politique, quand ces gens fatigués et en colère jouent les insurgés-théoriciens en faisant semblant d’avoir des projets à long terme, on sombre dans le grotesque et ils feraient mieux de rentrer chez eux.

Pour les ridiculiser, il suffit donc de tirer les bons numéros et de les laisser parler. C’est ce qu’ont fait Léa Salamé et Thomas Sotto, dimanche soir sur France 2.

Eh bien, j’aurais préféré qu’on me laisse regarder le beau Léo.

Ceci dit, elle est pas mal non plus, « Ingrid », propulsée porte-parole des gilets jaunes par les médias tout en prétendant ne pas l’être mais en acceptant d’être traitée comme telle :

Ingrid gilet jaune

On est comme ça, nous, les Ingrid, on est un peu la voix du peuple. On a ça dans le sang.