Une contraception d’urgence bon marché, à performances égales ou meilleures :

 l’Asie montre le chemin

… avec une invention française du Pr Etienne Baulieu,

L’amicale pression sur une bloggeuse est un phénomène dont je n’avais pas idée lorsque je me suis lancée dans l’aventure de «En nourrissant mon hérisson». Comme Taiwanaise,  on m’a demandé un peu d’exotisme et de fraicheur dans la découverte, pour les lecteurs de Causeur, de la Chine et de Formose. Puis on m’a recommandé – puisque je suis photographe – de parler d’images et d’en glisser dans mes tranches de blog. Plus discrètement, certains lecteurs m’ont recommandé — dans une époque qui ne manque pas d’évènements dramatiques ni de perspectives inquiétantes — une pincée d’érotisme pour pimenter le site web plutôt austère de Causeur. La plus récente des suggestions a été de me demander si je n’avais pas en tête un «sujet de société» où l’Asie pourrait servir de miroir à la France. J’avais raté l’occasion, en décembre dernier, avec le Prix Nobel de Mme Tu YouYou (parce que c’était très difficile de rédiger court et compréhensible). Vite dit, vite fait, j’ai enfin rencontré le bon sujet : 

Je dinais la semaine dernière avec une amie étudiante vietnamienne (d’origine chinoise) qui me raconta que – très émue par un nouvel amant, un coup de foudre  [一見鍾情 YīJiàn ZhōngQíng] – elle avait été imprudente.

C’est à dire qu’elle n’avait pas trouvé, au moment fatidique, dans son baizenville, les deux capotes [保險套 BǎoXiǎnTào ] que toute jeune femme prudente doit avoir avec elle en permanence. Son partenaire, sans doute aussi imprévoyant et ému qu’elle même, n’en avait pas non plus dans son porte-feuille.

Comme c’était à l’évidence un garçon très sage, elle se préoccupait moins de dépister une éventuelle MST [性病 Xìng Bìng ] que de tomber en cloque [une expression que je viens d’ajouter à mon dico personnel, progressant en français de nuit après le français de jour].

Mon amie alla donc le lendemain dans une pharmacie du quartier chinois du XIIIe arrondissement, où elle réside, demander un contraceptif d’urgence [事後避孕藥 Shì Hòu BìYùn Yào ].

Le potard [je viens d’apprendre ce mot ! ] lui demanda si le «rapport non-protégé» [不安全性行為 BùAnQuán  XìngXíngWéi]  datait de la veille ou de plus longtemps, car le tarif n’était pas le même :

* 6,34 € ttc pour du NorLevo ® (ou un autre levonorgestrel de génériqueur) — si l’imprudence datait de moins de trois jours,

* 18,6 € ttc pour de l’ullipristal (EllaOne ®) — si le rapport non-protégé datait de plus de trois jours et de moins de cinq.

Etant majeure, elle paya donc, le prix fort, pour la molécule la plus récente. Et – faute d’ordonnance – ne put en demander le remboursement.

Ce sera ici ma première suggestion : si les autorités sanitaires françaises ont de la suite dans les idées et veulent vraiment limiter le nombre d’IVG, il serait judicieux que les contraceptifs d’urgence soient remboursables sur simple présentation de la carte Vitale, sans ordonnance. Donc, en fait, gratuits en pharmacie sur présentation de la carte Vitale. Prendre un RV avec son gynéco ou son généraliste, en urgence, pour demander une simple ordonnance pour un produit «over the counter» dans un délai de 3 jours après un rapport non protégé, est totalement absurde, voire impossible.  Et 18,6 € la médication d’urgence, ça fait cher pour certaines bourses.

Le pharmacien ajouta obligeamment que si elle avait eu moins de 18 ans, la fourniture eut été anonyme et gratuite.

Dans les deux cas  (levonorgestrel sous trois jours, ou ulipristal sous cinq jours) ajouta le pharmacien, les chances de succès dépassent 93% – en partie à cause de l’efficacité des molécules de la contraception d’urgence – en partie parce que «statiquement»  un rapport sexuel sur sept seulement est potentiellement susceptible d’aboutir à la fécondation d’une ovule par un spermatozoïde. Je ne sais pas qui de l’ovule ou du spermatozoïde lit les statistiques, mais ils semblent s’y conformer …

La cause en est simple à comprendre même pour un spermatozoide inculte : sur un cycle usuellement de 28 jours, seuls les 4 jours précédant l’ovulation sont fertiles. Quand l’ovulation a eu lieu, il ne sert plus à grand’chose pour le spermatozoïde de se tenir en embuscade (sa durée de vie est très courte).

Rajoutons une journée «après l’ovulation» pour ne pas être mesquine (et mettre d’accord les gynécos et physiologistes qui se disputent sur ces 24 h supplémentaires. (Et je dois avouer que je n’ai pas pensé à en parler aux spermatozoïdes qui me passaient à portée de main hier soir).

Donc la contraception d’urgence est – aussi – en partie – une loterie naturelle : en fonction de la date du cycle, il y a 3 chances sur 4 pour qu’elle soit inutile (puisque la fécondation est impossible), mais ce qui compte c’est qu’elle soit effective pour le quart restant de la statistique, lorsqu’effectivement le créneau, la «fenêtre d’opportunité» de 4 ou 5 jours est fertile.

Par ailleurs, le mécanisme physiologique précis de chaque molécule est particulier, chacune ayant son mode d’action. Disons que cela retarde l’ovulation et/ou empêche la rencontre d’une ovule qui descend dans une trompe et d’un spermatozoide.

Ce petit souci réglé sur le champ (mieux vaut ne pas attendre), avec un verre d’eau offert par la pharmacie, mon amie vietnamienne poursuivit le dialogue plus avant avec ce pharmacien pédagogue (et sans doute un peu dragueur)..

Elle lui expliqua qu’au Vietnam, la contraception d’urgence était également libre, sans ordonnance de fait, mais infiniment moins coûteuse : l’équivalent d’un demi-euro environ, car basée sur une molécule plus ancienne (que le levonorgestrel et l’ulipristal) la mifepristone, en abrégé la Mf ;  i.e. un choix des autorités sanitaires vietnamiennes pour une solution à la fois éprouvée de très longue date, avec le minimum d’effets secondaires, et très bon marché.

Le pharmacien confirma : entre 200 et 600 mg, la Mf est abortive ; donc d’usage, mondialement, pour les IVG de moins de 7 semaines (en comptant depuis le dernier jour des précédentes règles). Mais — à 10 mg par comprimé — la MF microdosée est pour tous les spécialistes la meilleure possible des contraceptions d’urgence. 

Au Vietnam la marque la plus connue de contraception d’urgence est la Mifestad 10 i.e. 10 pour dix milligrammes [à moins d’un demi-euro ! ]. C’est une mifepristone d’origine européenne et, donc, bon marché.

La Mf 10mg diffusée au Vietnam, au prix public en pharmacie de un demi euro, en contraception d’urgence. Ce succès, et ce tarif, devraient inspirer les industriels français et les autorités sanitaires françaises, sans oublier les Gynécos et les pharmaciens. Et peut-être aussi désormais les banquiers d’affaires et d’investissement qui viennent de se spécialiser en contraception d’urgence.

En Chine est le plus gros marché au monde pour la mifespristone. La Mf  microdosée en CU (contraception d’urgence) historiquement y précéda le levonorgestrel.  Quatre grands labos pharmaceutiques au moins en produisent. La marque la plus connue est le Mifolian 10 mg vendu à un prix public de 18 RMB (soit l’équivalent de 2,5 euros).
Toujours pour un prix de vente public plus que modeste de 3 euros environ,  un microdosage à 25 mg  est également disponible pour – parait-il – allonger la période contraceptive efficace de 5 à 7 jours après un rapport non-protégé.  Mais sur ce point je dois me renseigner plus précisément auprès de mes correspondants en Chine qui m’ont envoyé ces deux images.

Je me suis donc tournée vers mon gynéco pour lui demander des précisions et si – en sus de mes deux capotes dans mon sac à main – je devais par précaution tenir prête dans ma table de nuit une contraception d’urgence française  ? ou vietnamienne ? ou chinoise.

En dehors du prix d’achat (un critère qui en vaut un autre) il me recommanda — si je pouvais m’en procurer lors de mes voyages en Asie — de préférer la Mf vendue au Vietnam et en Chine aux deux autres molécules (levonorgestrel et ulipristal) utilisées en France car c’était probablement la plus efficace, mais encore – assurément – celle avec le moins possible d’effets secondaires.

Mon gynéco me signala également qu’en dehors du Vietnam, plus près de Paris, une mifepristone microdosée fabriquée en Allemagne, le Gynepriston ™, était en vente en Ukraine, en Moldavie, etc, pour environ 4€ (équivalent) la dose ; en Arménie et en Russie et d’autres pays d’Europe également.

Et que les étudiantes moldaves parisiennes en avait dans leurs placards —  en tous cas au moins l’une de ses patientes, elle même étudiante en médecine.

Mais alors, le problème de société dans tout cela ?

Et bien c’est le coût pour la collectivité., 

et les possibles économies que je préconise 

en faisant références aux exemples asiatiques.

Mon propre gynéco m’expliqua que si la Mf était disponible en France, microdosée en indication autorisée de contraception d’urgence, bref avec son AMM (autorisation de mise sur la marché), cela ferait économiser chaque année des dizaines millions d’euros à la CNAM (Caisse nationale d’assurance maladie) i.e. la Sécurité sociale française :

Celle-ci rembourse à 100% les pharmaciens qui dispensent l’une ou l’autre contraception gratuitement aux mineures ; et elle rembourse également les femmes non- mineures qui – de plus en plus nombreuses – demandent à leur médecin de prescrire (avec une ordonnance pour délivrance renouvelable pour le remboursement) quelques doses de CU (contraception d’urgence) par précaution.

Cela représente plus d’un million et demi de doses par an en France : à la louche pas loin de 15 millions d’euros pour les deux molécules autorisées, en France.

Par ailleurs, une contraception ratée engendre bien souvent des frais d’IVG pris en charge par la Caisse d’assurance maladie.

La plupart des IVG (les médicamenteuses) coûtent 200 euros à la Sécu, soit près de 30 M€ l’an.  Les autres (chirurgicaux) beaucoup plus cher. Il y  a – en France – en tout – près de 250 000  IVG(s) par an.

Ceci explique en grande partie la récente acquisition, ajouta mon gynéco, du laboratoire français HRA (en avance historique sur ces questions, car il lança judicieusement la contraception d’urgence par levonorgestre dès 1996, puis innova avec l’ulipristal par la suite) par les banques d’affaires et d’investissement GoldmanSachs et Astorg.

Après sa récente acquisition (avec la holding Astorg) de l’entreprise pharmaceutique parisienne HRA, Lloyd Craig Blankfein, le CEO de la Banque Goldman Sachs, devient le principal fournisseur de contraception d’urgence en France et en Europe.  C’est un investissement à vocation médicale et sociale qui devrait le rendre généreux en faveur de la santé des femmes — s’il met en vente très vite la mifepristone microdosée à 10mg  en contraception d’urgence, à son prix réel — moins de 4 € prix public ttc — plus modeste et beaucoup moins onéreux que les molécules actuellement vendues en France (beaucoup trop cher,  aux frais de la sécurité sociale et du contribuable).  L.C. Blankfein sait que la Mf est une invention française, désormais dans le domaine public, et qu’au Vietnam la dose contraceptive d’urgence de Mf est vendue moins d’un demi euro, et 4 euros en Moldavie …  La Mf GoldmanSachs-Astorg pourrait changer la vie des femmes ! et réduire le nombre des avortements.

J’ai donc demandé à mon gynéco s’il serait plus coûteux en France (qu’au Vietnam ou en Chine ou en Moldavie ou en Ukraine) de diffuser la Mf microdosée en CU.

Il me répondit que la France connaît déjà très bien la Mf :

En 1982, le Pr Baulieu, célèbre biochimiste et médecin français (qui deviendra professeur au Collège de France et Président de l’Académie des Sciences) met en valeur les propriétés abortives et contraceptives (selon le dosage) de cette molécule.

Il avait conduit – dès avant 1979 – les recherches de deux chimistes Philibert & Teutsch, employés de Roussel-Uclaf (d’où le nom RU486).

Son indication primordiale fut alors l’IVG médicamenteuse, nécessairement précoce, pour réduire le nombre des avortements chirurgicaux (dit chirurgicaux car par aspiration ou par curetage dans un cadre hospitalier).

Si l’indication en contraception d’urgence de la Mf fut dans, le même temps, parfaitement prouvée et documentée, avec son absence d’effets secondaires, elle fut négligée médicalement et socialement – en France – pour des raisons absurdes. C’est la Chine qui en reçu le cadeau, puis le Vietnam, puis la Moldavie, puis l’Ukraine, puis le reste du monde …

Aujourd’hui, continua mon gynéco, la Mf à dose IVG est vendue en France par ses fabricants (à leurs grossistes qui alimentent les pharmacies) — seulement à bonne dose donc pour les IVG par la médecine de ville — sur la base d’un prix modeste de un dixième d’euro le mg.

Un comprimé de 10 ou 15 mg de Mf en indication CU (trente ou soixante fois moins qu’en usage IVG) pourrait donc être vendu au grossistes/distributeurs 2 euros, sous blister et étui.

Ce qui revient à anticiper (marge de grossiste/distributeur et de pharmacien incluses) un tarif public au grand maximum de 4 euros aux femmes (comme en Moldavie !), pour une efficacité en CU de 5 voire 6 jours (pour un quart – ou moins – du prix payé pour le trop cher ulipristal !  et même un tiers moins cher que le levonorgestrel …).

Première économie pour la Sécurité sociale : au minimum 10  millions € / an.

Cela signifierait bien évidemment une désaffection certaine pour le lévonorgestrel et sans doute de l’ulipristal (et  sans doute  l’amenuisement des espoirs de poulozeudor pour GoldmanSachs — que certains pessimistes croient plus intéressé par la molécule du poulozeudor que par le bonheur et la santé des femmes).

Mais je suis incorrigiblement naïve, optimiste, et je crois à la bonne volonté de tous : GoldmanSachs & Astorg ont sans doute acquis HRA pour subventionner la contraception d’urgence, dans le cadre d’une opération de relations publiques. Je suis donc prête, pour ma part, à décerner un bon-point du mécénat à ces deux richissimes philanthropes.

Ma question naïve fut lors de demander si à un prix aussi modeste, la MF microdosée en CU pouvait intéresser les industriels de la pharmacie (et là on retombe dans l’hypothèse inverse à la mienne, celle des «banquiers – dont on connaît l’appétit pour les plus-values les plus cossues – surtout aux frais des contribuables avec la bénédiction des autorités sanitaires» — me glisse méchamment mon gynéco).

Selon le récent livre du Pr David Serfaty, aux Editions Eska, référence sur les questions de contraception  (que je me suis procurée pour relire cette tranche de blog), il se vend en France 1,3 M de doses de levonorgestrel par an. Sur l’Europe entière c’est un (très) gros multiple.

Mon gyneco m’expliqua que la Mf microdosée en contraception d’urgence, avec un potentiel de deux millions de doses annuelles, en France (puis un gros multiple plus encore en Europe), pour le reste du monde on serait rapidement à plusieurs milliards de doses chaque année (comme en Chine) et que je n’avais pas à me soucier de la profitabilité pour les labos pharmaceutiques même pratiquant leur métier avec une marge de profit décente et raisonnable. 

J’ai presque convaincu mon gynéco de la gentillesse des laboratoires pharmaceutiques : désormais il pense que à la tête de la petite fortune payée par GoldmanSachs (pour des molécules plus récentes mais bientôt sans avenir), les anciens vendeurs de levonorgestrel et d’ulipristal – généreusement – aideront des start-ups à la lancer à un logique tarif bon-marché une Mf  en contraception d’urgence.

A moins – rajoute mon gynéco – malgré tout encore un peu sceptique sur les motivations précises et la générosité des uns et des autres –  qu’il n’aient déjà prévu de diffuser leur propre Mf microdosée en CU via une autre entité —— et ainsi de «faire un enfant dans le dos» à GS, pour le plaisir de lancer en sus un nouveau proverbe français «faire un enfant dans le dos en vendant de la contraception».  Ça, c’est un expression que je n’aurais pas osé inventer : c’est de l’humour – noir – de gynéco.

De plus, insista mon gynéco, l’ulipristal fonctionne à peu près physiologiquement comme la mifépristone microdosée. Sa seule véritable différence, pouvoir être facturé  beaucoup plus cher à la Sécu et récemment vendu aux banques d’investissement qui vont être ipso facto financées par la Sécu : bref, pour mon gyénco, c’est un t-shirt Tati vendu au prix d’un foulard Hermès, ou un Carambar vendu au prix d’un chocolat de chez Hermé.

Je ne connaissais pas l’expression «faire un enfant dans le dos». Elle est drôle. Je ne me lasse pas d’apprendre le français.

En fait le mouvement serait déjà lancé : toujours selon mon gynéco,  assez «militant droit des femmes»  (et je lui laisse la responsabilité de son pronostic) les autorités sanitaires françaises agacées par ce prix excessif de l’ulipristal, soucieuses d’économie et d’efficacité feraient déjà pression sur les vendeurs de Mf à dose IVG pour qu’ils ne méprisent pas le dossier socialement important de la contraception d’urgence ; et de sa solution idéale – médicalement et très bon-marché – que serait la Mf microdosée.

Il y a une forte logique derrière cet argument : chacun convient que l’IVG doit être évitée autant que faire se peut, surtout l’IVG tardive chirurgicale couteuse pour la collectivité et (je pense) traumatisante pour la femme..

Alors que l’IVG précoce médicamenteuse, s’assimile  pour les femmes qui ont dû y avoir recours, à un retard de règles.

Le livre du Pr Baulieu, l’inventeur de la miéfepristone,  fut publié pour la première fois en chinois à Taipei en 1999  — lorsque le RU486 y fut introduit..

A Taiwan, d’où je viens, l’arrivée de la mifépristone (il y a donc un peu plus d’une  quinzaine d’années) a été une véritable révolution.

Les statistiques sont difficiles à réunir et sensibles, mais tous s’accordent à dire qu’à Taiwan le nombre des avortements (à l’époque tous chirurgicaux) était – au moins – équivalent au nombre des naissances ! Sinon beaucoup plus …   (En France, le ratio est d’une IVG pour 4 ou 5 naissances).

Aller chez le gynéco se faire avorter se disait «crocheter une peluche» [ 抓娃娃 Zhua WáWá] ; un jeu de mots (sinistre) que l’on peut traduire plus clairement par par «faire un tour dans la rue des crocs à nounours», ce jeu des marchés de nuit et des fêtes foraines où, derrière une vitre, en manipulant avec un joystick une grue qui ressemble à une pince à sucre, on peut essayer d’attraper un ourson en peluche.

Le correcteur de presse qui relit ma copie me dit qu’on pourrait traduire en détournant une vieille expression populaire française «décrocher l’arlequin dans le paletot» – puisqu’en vieux français on disait «je me suis fait coller un arlequin dans le paletot» pour parler – avec précaution – à sa maman – d’une grossesse non-désirée.

Comme au Japon, à Formose, il y a des temples et des cérémonies pour les «esprits» des «embryons pas nés».  Marc L. Moskowitz a même écrit un  livre sur ce sujet :  The Haunting Fetus: Abortion, Sexuality, and the Spirit World in Taiwan. Ce n’est pas le seul ouvrage sur le sujet. Et le web regorge de coupures de presse en chinois et en anglais sur la question.

城隍廟 [Chéng Huáng Miào ]

Le RU486 utilisé en IPG (interruption précoce de grossesse), sept semaines d’aménorrhée (soit le plus souvent un retard de règles de deux semaines) a fait diminuer considérablement le nombre des IVG (tardives) chirurgicales à Taiwan.

Et globalement le nombre des IVG a diminué à Taiwan avec l’arrivée concomitante de la contraception d’urgence (en l’occurrence, ce fut à Taiwan le 后安錠 [HòuAnDìng ].

La santé, physique et mentale, des femmes et des jeunes filles s’en est trouvé d’un coup considérablement améliorée. Et leur plaisir aussi : on néglige souvent que le principal obstacle à l’orgasme – chez celles des femmes qui couchent avec des hommes – donc un grand nombre – est la crainte de tomber enceinte.

Il y’a donc comme un raison fondamentale médicale et morale à ce que les vendeurs de Mf pour IVG se mobilisent pour la Mf en contraception d’urgence, qui demeure la solution ultime idéale pour faire diminuer le nombre des IVG précoces médicamenteuses (sans traumatisme psychologique)  et le nombre des avortements chirurgicaux (dont je pense et répète qu’ils sont psychologiquement traumatisants).

A ces arguments irréfutables, quelques esprits chagrins opposeront qu’une vingtaine de comprimés de Mf microdosée à 10 mg, cela aboutit à une dose cumulée abortive de RU486 ; et qu’il peut être dangereux de laisser des femmes (ou des ados un peu paumées) prendre le risque d’une IVG – même précoce – hors de tout contrôle médical .

(La grossesse ectopique est souvent mentionnée – de manière peu pertinente – par les plus réticent car le problème n’est pas propre à un contexte d’IVG :  c‘est un risque à éliminer lors de toute grossesse ; et c’est une urgence médicale car une grossesse extra-utérine, dans une trompe, est une pathologie mortelle).

Pourquoi se compliquer la vie à acheter vingt doses de Mf en contraception d’urgence alors que l’IVG  médicamenteuse chez un médecin généraliste ou un gynéco est gratuite ?  L’argument d’un abus, d’un surdosage, de Mf , est très spécieux : la plus paumée des adolescentes peut être aidée à trouver le chemin du cabinet médical, en particulier par les pharmaciens. 

Prendre en considération cet argument spécieux des adversaires de la contraception reviendrait à prohiber le pack de six magnums d’eau minérale car son total de 9 litres peut être dangereux — s’il est utilisé avec un entonnoir et en ligotant la femme sur une planche pour «jouer à la Question» comme sous l’Inquisition, dont ce fut une des tortures favorites.

Le chewing gum est également dangereux si, après en avoir mâchouillé une dizaines de plaquettes, on se les enfonce dans les narines. Mais on peut rapidement enseigner que ce n’est pas le bon usage.

On n’allume pas son barbecue avec l’essence de son scooter, et on ne la boit pas non plus, même quand il fait chaud. L’éducation des femmes, jeunes ou adolescentes, est primordiale : il n’y a pas besoin d’une tranche de blog par une Taiwanaise sur le site de Causeur pour le faire comprendre.

Vu le niveau de compétence et la cordialité des pharmaciens français, comme celui qui renseigna mon amie vietnamienne, on peut leur faire confiance pour aider les ados les plus perdues (après un coup de foudre sans capuchon) à comprendre la contraception d’urgence et – bientôt j’espère – les avantages de la Mf en contraception d’urgence (bon marché et efficace).

C’est la seule bonne voie pour faire diminuer le nombre des grossesses non-désirées et donc des IVG précoces médicamenteuses et des avortements chirurgicaux.

La revue Prescrire, aussi bien que Que Choisir, peuvent relayer ce message au ministère de la Santé et à la Caisse primaire d’assurance maladie.

Sur mes premières trente tranches de blog, j’ai enfin mis en ligne un sujet social, moral et économique ! Où l’Asie aura été un excellent miroir pour la France (mission accomplie !).

Comme disait SiMa Guang [司馬光] dans le ZiZhi TongJian [資治通鑑], l’histoire est un miroir qui permet de lire l’avenir [以古為鏡,可以知興替 Yǐ Gǔ Wéi Jìng ,Kě Yǐ Zhī Xìng Tì ]:

L’histoire de la contraception d’urgence (pas chère) en Moldavie comme au Vietnam,  et en Chine, grâce à une invention française, la Mf microdosée en CU, permet d’en comprendre le souhaitable avenir en France !

Pour inspirer le Chairman Lloyd Blankfein à être généreux avec les femmes (et la sécurité sociale), je lui offre un portrait deSiMa Guang et une image. 

Elle montre le jeune SiMa Guang sauvant un de ses jeunes compagnons qui se noyait dans une jarre pleine d’eau. Ne pouvant le tirer de ce mauvais pas en grimpant sur la jarre, il la cassa et ainsi sauva son ami d’une mort certaine. 

M. Blankfein avec sa récente prise de contrôle de la contraception d’urgence en France a rendu (très très) riches les actionnaires de HRA (qui étaient déjà riches grâce à la caisse primaire d’assurance maladie et aux généreux remboursements de molécules hors de prix, sinon à la fabrication (très bon marché) du moins à la vente. 

Comme M. Blankfein est lui-même déjà hors du besoin, ainsi que ses actionnaires, je me permet de lui suggérer qu’il casse la jarre de la contraception d’urgence et mette sur le marché une mifépristone microdosée à un prix honnête et raisonnable.  

Si 600 mg de mifepristone (Mifegyne ™ en dose IVG) sont vendues 71 € ttc prix public en France, on peut penser que GoldmanSach pourrait vendre 10 mg (dose contraception d’urgence) –  proportionnellement – soixante fois moins cher –  1,16 euros la dose (de contraception d’urgence, quinze fois moins cher que l’ulipristal). 

Ne soyons pas mesquins et pensons aux frais de la hotline téléphonique sur la contraception d’urgence qui vient d’être mise en place : jusqu’à quatre euros la dose de CU, prix public ttc, GoldmanSachs aura bien mérité de la cause des femmes (tout en maintenant un bénéfice non négligeable).

J’ai l’intention de publier un petit livre sur la question, destiné au grand public en particulier aux jeunes femmes, en faisant appel aux gynécos les plus articulés et aux endocrinologues les plus motivés. Si M. Blankfein suit mon conseil de générosité et de solidarité avec les femmes, je reprendrai sa photo à coté de celle de SiMa Guang dans ce petit livre et dans le DVD que je voudrais en tirer.

[Je remercie le Pr Etienne Baulieu d’avoir eu la grande gentillesse de répondre à mes questions lorsque j’ai commencé à rédiger cette tranche de blog. Les possibles manques de nuances sont naturellement à mon débit et demeurent ma responsabilité].