Le CNESCO et la stratégie Colgate

Franchement, homme ou femme politique, moi, je ne pourrais pas.
Déjà, femme politique, je n’ai pas le physique. Ni le rictus ravageur. Trop de sarcasme dans le regard : il faut avoir la tête absolument vide pour oser l’un de ces sourires enjôleurs qui affichent amplement les quenottes et désarment les commentateurs.Et puis il faut savoir mentir. Tout le temps. Endormir l’électeur. Pimprenelle ou Nicolas. Le marchand de sable est passé. Bonne nuit les petits Français.
De temps en temps, bien sûr, quand par hasard un proviseur, — celui du lycée Turgot, par exemple — dit ce qu’il pense d’un algorithme qui envoie dans son établissement 75% de boursiers, on montre les dents — si je puis dire. Lire la suite

Coupons les Lumières !

Retour sur une polémique qui a égayé la fin de l’année scolaire 2014-2015, et qui pousse ses pseudopodes dans l’actualité d’aujourd’hui.
On est alors en pleine discussion sur la réforme du collège — et nous savons désormais ce qu’il en est — et sur les programmes qui l’accompagneront. Souci officiel : alléger lesdits programmes de façon à ce que les enseignants aient du temps pour se consacrer à des projets d’EPI — louable souci.
L’Europe médiévale, l’Humanisme et les Lumières sortent grands perdants de la consultation organisée par Michel Lussault, sur lequel (entre autres grands nuisibles de l’Education) le dernier livre de Carole Barjon jette une lumière vive. C’est que notre maître d’œuvre a un objectif : éliminer le « roman national » cher à Dimitri Casali, et même le « récit national » cher à Jean-Pierre Chevènement (qui a analysé avec beaucoup de finesse les sous-entendus idéologiques de notre concepteur de programmes et de sa patronne, qui fidèle à sa tactique lubrifiante et émolliente a tenté de désamorcer le débat). Lire la suite

Valmy, 20 septembre

C’était le 20 septembre 1792.
Les Prussiens marchaient sur Paris.
Kellermann et Dumouriez, à la tête d’une armée de va-nu-pieds, repoussèrent l’invasion — profitant entre autres de l’extraordinaire supériorité de l’artillerie française, pensée par Monsieur de Gribeauval dans les années 1770.
20 septembre 2016. L’Europe n’en finit plus de nous marcher sur les pieds — voire sur la tête.
Claude Beaulieu et le Comité Valmy m’ont expédié, en ce jour anniversaire de la première grande raclée — il y en a eu d’autres — flanquée aux ancêtres d’Angela Merkel par une France révolutionnaire, un petit texte sur la question européenne. Je le reproduis tel quel, en espérant qu’il donnera du grain à moudre à tous les lecteurs assidus ou de passage qui se commettent sur Causeur en général et Bonnet d’âne en particulier. Lire la suite

Etienne de la Boétie, la tyrannie et nous

Vous vous rappelez : « Parce que c’était lui, parce que c’était moi… » (Montaigne, Essais, I, 28 — « De l’amitié »)

Comme je suis un grand paresseux, j’ai passé l’été à travailler mes cours de l’année à venir. En particulier, sur le programme imposé en classes prépas scientifiques — renouvelé chaque année.
À savoir, le Discours de la servitude volontaire, les Lettres persanes et la Maison de poupée, trois œuvres majeures rassemblées sous l’intitulé « Servitude et soumission ».
On sait que l’Inspection générale, à qui le ministre ne laisse presque plus rien à faire depuis que tout se décide à la DGESCO où l’inépuisable et irremplaçable Florence Robine joue le rôle effacé de vrai ministre pendant que l’autre papillonne devant les écrans télé, a un strict devoir de réserve. Ce qu’elle a à dire, elle l’exprime par la bande — en l’occurrence par les programmes, étant entendu que ce que l’on fait en classes préparatoires — tous des enfants de bourgeois — n’intéresse guère un ministère qui se penche avec sollicitude sur l’art et la manière d’abrutir le plus grand nombre possible d’élèves dans le minimum de temps. Lire la suite

Déradicalisation

« Un surveillant a été agressé à l’arme blanche dimanche par un détenu islamiste, aidé par plusieurs complices. »
Ainsi commence dans le Figaro du 6 septembre le récit circonstancié de l’agression qui a eu lieu dimanche à la prison d’Osny, en région parisienne. « Le détenu auteur des faits, Bilal T., a frappé sa victime à l’aide d’«une lame de 25 cm très fine et très aiguisée qui a transpercé de part en part la gorge du surveillant à 2 mm de la carotide puis est passée à quelques millimètres du poumon», affirme-t-on de sources pénitentiaires. Selon ces dernières, l’individu bénéficiait de fortes complicités parmi les autres détenus avec lesquels cette agression aurait été programmée. Les enquêteurs auraient trouvé sur un autre détenu des liens qui font penser que l’idée était de procéder à une «exécution» telle que Daech a l’habitude de les pratiquer. Selon des personnels pénitentiaires, l’auteur de l’agression «aurait badigeonné l’une des portes de cellules du sang du surveillant et aurait levé les mains afin de prier». »
Du coup, le secrétaire général de l’UFAP-UNSa, le principal syndicat de surveillants de prison, n’est pas content. « Les établissements pénitentiaires sont assis sur une véritable poudrière. Ils comptent 300 détenus prévenus pour faits de terrorisme et un millier en voie de radicalisation. Bien avant l’ouverture de ces unités, l’UFAP a demandé que la sécurité prévale et que ces quartiers soient totalement étanches du reste de la détention. Autrement dit, ces individus ne doivent pas se rencontrer, et il faut qu’il y ait au moins trois surveillants par détenu. Mais l’on préfère mettre en place des programmes qui n’ont ni queue ni tête. Nous sommes fatigués de ce mot de déradicalisation qui ne veut rien dire ».
Aux Editions Michalon, Julien Revial a sorti l’année dernière Cellule de déradicalisation où il s’amuse à comparer les deux visages de la déradicalisation — l’une à dimension théologique, l’autre à dimension affective. « Psychologie de bazar », a dit un parlementaire. Déradicalisation au doigt mouillé, si je puis dire. Arnaque, dit carrément l’auteur. Lire la suite