Présentation

Depuis  »la Fabrique du crétin » (2005), rien n’a changé, sinon en pire. L’école se meurt, mais l’école n’est pas morte. Partout se manifestent des oppositions à la plus grande entreprise de destruction intellectuelle des temps modernes. Bonnet d’Âne se veut le point d’ancrage de cette résistance. Pour une vraie école de la République, pour la transmission des savoirs, pour la culture. Pour les élèves. Pour demain.

16 réflexions au sujet de « Présentation »

  1. Bonjour,

    Je viens de découvrir la Fabrique du crétin, que je n’ai pas encore entièrement terminé mais qui me semble très instructif. Vous vous concentrez sur la France, mais il me semble que le problème va plus loin. Je m’explique :

    J’ai fait mes études de traducteur-interprète dans une université du Royaume-Uni, et je dois admettre qu’après 4 ans d’études et le diplôme en main, je suis resté avec la même impression décevante qui m’a frappée la première année : on recycle les mêmes sujets, on revoit les mêmes théories, et au final, on passe 4 ans à étudier quelque chose qui, selon moi, ne demanderait que quelques mois de travail « à plein temps » (car je tiens à préciser que ce diplôme universitaire portait le titre d’un diplôme « à plein temps »… avec 12 heures de cours par semaine !). Manque de matériel ? Peut-être. Après tout, la traduction est un sujet académique plutôt récent, mais cela ne justifie en rien ce manque académique.

    Bref, au vu de votre roman, il semblerait que les études en France ne soient pas sur une meilleure voie (j’ai passé ma scolarité obligatoire en Suisse et ne connais donc pas directement le système français). J’aimerais toutefois continuer à étudier, à apprendre, car c’est une nécessité dans le domaine de la traduction. J’aimerais notamment améliorer mon style d’écriture, mais clairement je ne peux pas me tourner vers les écoles, puisque jusqu’à présent, elles n’ont malheureusement été que sources de déceptions. Auriez-vous des conseils à ce sujet ? Comment étudieriez-vous ce genre de chose ?

    Félicitations encore pour vos écrits ; je compte bien lire le reste de la série. Merci d’avance pour vos réactions et bonne soirée !

    Gil Michel

    • Je crois sincèrement que le meilleur moyen de bien écrire, c’est de beaucoup lire — dans des genres divers. Pratiquant moi-même la traduction (de l’anglais), je sais qu’il est essentiel d’être bon en français — prioritairement. Et qu’il faut faire comme les artistes-peintres — en s’inspirant des maîtres. Cordialement… JPB

      • Merci pour votre conseil ! Cela fait environ dix ans que je ne lis presque plus en français (je me concentrais sur l’anglais, l’espagnol et l’allemand), et maintenant que je recommence à lire dans ma langue maternelle, il semble de plus en plus facile de trouver les expressions adéquates en traduisant. Comme quoi, à force de se concentrer sur les langues étrangères, on en oublie sa propre langue…

        Merci encore et bon week-end !

        Gil Michel

  2. Bonjour Monsieur Brighelli.
    J’ai lu il y a déjà quelques années de cela « la fabrique du crétin » avec grand bonheur. Je vous ai redécouvert récemment lorsque j’ai commencé à écrire et je me régale à chacun de vos articles. N’étant pas littéraire d’origine, personne n’est parfait, je suis prof de physique, enfin plus pour longtemps. Je souhaiterais avoir un avis éclairé, en l’occurrence très éclairé s’il vient de vous et quelques conseils pour le novice que je suis dans le domaine de la publication . Voici tout d’abord son texte de présentation en 4e de couverture.

    Le HU devenu prof

    Beaucoup de fonctionnaires ne sont pas à leur place dans l’Education Nationale, à commencer par moi, c’est d’ailleurs pour cela que j’en suis parti. En outre, sont-ce les personnes qui ne sont pas à leur place, ou l’Education Nationale qui n’a pas sa place dans la vie de ces gens ? Le sens du dédain en serait inversé. Car quand j’ai décidé de démissionner, certains m’ont admiré pour mon courage, je l’ai entendu, d’autres mon déprécié pour ma lâcheté, je l’ai deviné. En 2016 la gestion des ressources humaines est encore une notion abstraite de ce ministère, le service existe, c’est déjà ça, mais son rôle n’est en aucun cas en rapport avec son nom. Sa mission se limite à caser chaque professeur devant des élèves, alors qu’elle devrait caser chaque compétence à sa tâche. Récit de vingt six années de « carrière », réussie, oui réussie, car je ne considère pas que, durant quarante deux ..ou plus… années, rabâcher les mêmes schémas, en les dégradant un peu plus à chaque réforme, dans le seul but d’accéder à la hors classe pour la retraite, c’est réussir sa « carrière ». L’homme, comme tout animal, a un pouvoir d’adaptation remarquable qui lui fait découvrir de nouvelles compétences, mais la résilience atteint ses limites, celles de l’absurde. Je ne compte pas profiter du délabrement du système éducatif, ni trouver dans la ruine de l’école une mine d’or à exploiter au moyen d’un livre facile, je n’ai pas le talent de certains essayistes, calomniés de le faire, au grand dam des têtes bien pensantes. Je souhaite juste témoigner, remplir ma mission de lanceur d’alerte, tant que j’ai encore la liberté de le faire. Aujourd’hui sorti de ce système infantilisant, je propose à ceux qui doivent y passer, élèves, parents, collègues, de collèges, de lycées, voire même d’école préparatoire, l’historique des vingt six dernières années de bouleversement de l’Education Nationale. Les subtilités des options d’exploration, MPS et SL, des TPE, des ECE, de l’ENT, des EPI, des corrections d’examens, jusqu’alors très abstraites pourraient vous être révélées comme jamais vous ne l’auriez imaginé, vues de l’intérieur, vues de la vie d’un prof de physique-chimie, qui était HU et qui a réussi, à prendre le meilleur de l’Education Nationale avant d’en partir.

  3. C’est celui qui y écrit qui y est
    Invitation à ne e-promenade, choisissez votre portail
    http://ministre.education/
    http://googlehome.school/
    Extrait: « allez y chiner découvrir peut être la panoplie complète du parfait http://www.Ministre de l’Éducation. Location à l’année pour jouer au Ministre pendant le carnaval éducatif, c’est facile! »

    Bonjour Monsieur Brighelli.
    Je n’ai pas lu « la fabrique du crétin » J’aime à chaque intervention vous lire avec plaisir et je vous trouve bien rodé réaliste du terrain . Mille bravoS.
    J’ai été prof ya longtemps, réussi mes concours à vie. J’ai tout arrêté très vite; je me suis juré quand j’aurai des enfants je ferai tout pour ne pas les mettre dans la machine à laver de la Grande Maison . On (les parents) s’est occupé de leur éducation. On a élargi la Grande Maison! Puis petit à petit des années après est né ce blog- »magasin » qui devrait vous faire sourire, ma façon à moi de participer d’éduquer au carnaval de « l’apocalypse scolaire ». Meilleures salutations JC Marcel

  4. Bonjour,
    Je viens de lire votre billet paru sur le Point « Pour en finir avec la culture de l’excuse ».
    Je vous invite à vous procurer (si vous ne l avez déjà) un ouvrage de Christian Jelen, intitulé « la Guerre des Rues » qui illustre avec force statistiques, les différences entre populations asiatiques, nord-africaines et sub-sahariennes.
    M. Jelen, jusqu’à son décès en 1998, était journaliste au Point.
    Bonne fin de journée,

    Arnaud Longuefosse

  5. Bonjour Jean-Paul Brighelli
    J’ai 19 ans et je suis en classe préparatoire à Toulouse (CPP/INP). J’ai écrit une pièce de théâtre sur le harcèlement à l’école que j’ai auto-éditée.
    J’ai lu votre article sur le sujet sur la page du Point faisant suite à la ridicule campagne de prévention du ministère de l’éducation nationale.
    Seriez-vous intéressé pour lire cette pièce? Je pourrais vous la faire parvenir au format numérique.
    Merci pour vos articles et votre attention.

    David Micouin–Jorda

    Voici la quatrième de couverture :
    L’enfer d’Élodie
    Je ne comprends pas… Je n’ai rien fait pour mériter ça, alors que cherchent-ils ? Un souffre-douleur ? Je n’y suis pour rien si je suis légèrement enrobée, si j’ai des boutons et que je ne plais pas aux garçons. Attendent-ils que je me suicide pour arrêter ? … (Un temps, elle se lève, et hausse le ton) Car ils pourront attendre longtemps, jamais je ne me soumettrai, jamais je ne me suiciderai, je ne leur ferai pas ce plaisir ! Je me battrai par tous les moyens pour qu’ils cessent, qu’ils m’écoutent, et que je puisse enfin avoir une vie normale !

    Les mots d’Alexandra Recchia championne du monde de karaté et soutien dans la lutte contre le harcèlement scolaire :
    Dur, dur d’être un adolescent, qui plus est, quand on ne colle pas vraiment à la norme imposée par la société. La différence constitue bien trop souvent une source de harcèlement.
    Cette pièce très réaliste représente le quotidien de nombreux jeunes dans leur vie scolaire. Prise de conscience, considération d’un véritable mal-être et reconnaissance d’un important problème social, en sont les maîtres mots. C’est à chacun d’agir au quotidien pour faire que cela cesse. A vous de jouer… en commençant par amener vos enfants voir la pièce.

  6. Bonjour,

    J’ai lu que vous seriez aux Estivales de Marine.
    J’ai toujours grand plaisir à vous lire et serai très heureuse de vous y rencontrer, hors table ronde, si c’est possible.
    Très cordialement
    Isabelle Gilbert

  7. Nous aussi nous dirons « de notre temps ».
    Bien sûr ce ne sera pas le même temps, notre temps sera d’un autre passé, d’un autre regret, d’une autre mémoire et de notre devoir.
    Nous aussi nous pourrons dire « de notre temps » à la différence que nous, nous ne tirerons aucune gloire de ce temps-là. Nous ne dirons pas quelque chose comme « c’était mieux avant », non, nous dirons quelque chose qui ressemble à « c’était pas terrible déjà ». On ajoutera « mais on a fait avec, on s’est construit malgré tout, malgré les mauvaises briques et le ciment qui ne tient pas bien, on s’est fait quand même et ça a donné quelques fautes d’orthographes ».
    On a oublié les majuscules.
    On n’est pas revenu à la ligne.
    On a fait faute de conjugaison, faute de vocabulaire, et faute d’expression.
    Et faute de mots ça a crié dans le vent : à peine des onomatopées qui sortaient de nos gosiers brûlant, à vif, cramés par l’absence de véritables sources auxquelles s’abreuver.
    On a regardé sur l’écran, on a ouvert à plat le Grand Livre des Visages, on a essayé de géolocaliser les montagnes pour retrouver les premiers ruisseaux et retrouver coûte que coûte les premier gouttes à gouttes.
    Oui mais voilà ! on a paumé l’Hélicon et les Monts d’or, reste plus que les images virtuelles de buildings de mille cinq cents mètres pas encore construits au cœur du désert.
    Babel !
    Entre les collines, toujours à l’horizon, on a cherché à parler et on a juste trouvé de quoi ne pas se comprendre.
    Babel !
    Alors bien sûr on aura des souvenirs, quelques beaux souvenirs à raconter aux jeunes quand on ne le sera plus tout à fait, mais ce ne sera pas pareil, ce sera de la petite histoire : on restera dans l’anecdote, dans le pas-très-important-non-plus, ce ne seront pas de grands rêves rimbaldiens mais des fragments arrachés (aux jours qui filent) par des faussaires du risque zéro.
    Quel Homère pour raconter notre guerre lasse ?
    Quel homme erre pour retrouver son pays ?
    Quelle Ithaque pour des marins à la ramasse, qui n’ont plus le cœur de lever les amarres, qui n’ont plus le souffle pour gonfler les voiles – et vogue, vogue, vogue la galère…
    A quoi penseront les historiens du futur quand ils trouveront nos vestiges ? Avec les ruines de quel monument essaieront-ils de nous inventer ? Il faudrait leur dire qu’il n’y a rien à imaginer, que ce n’est simplement pas la peine de chercher – on a laissé des traces dans la neige et avec tous les étés arides qui ont suivi il ne reste déjà plus rien.
    Notre génération marquera son temps d’un pas dans la neige mais les Sirocco et les machines à bétonner seront passés dessus et rien, non rien ne sera décidément à léguer.

    Ô jeunesse ! Ô jeunesse ! Ô jeunesse ! Ô jeunesse dépolitisée ! Ô jeunesse à l’histoire agrammaticale ! Ô jeunesse bègue et aphasique qui cherche ses mots dans ses poches comme on cherche ses clés à jamais perdues – on ne pourra pas rentrer chez soi.
    Il faut que souffle un vent de révolte – pas révolution, ô jeunesse, pas de révolution : mais vraiment une révolte.
    Car tout n’est pas perdu, non tout n’est pas perdu.
    On a longtemps cru que ce serait un vieil homme barbu qui insufflerait la révolte ou un jeune homme vigoureux (barbu aussi) qui la porterait et personne n’a vu que tout viendrait d’une jeune fille aux murmures souvenir du vent.
    Le vieux sage dit : « Il faut que je reprenne ma respiration -pas mes esprits qui sont perdus depuis longtemps, perdus dans un désert de sable qu’on a traversé en les laissant en libation- mais il faut que je me pose un instant et que je retrouve mon souffle. Je n’ai plus toutes mes forces, je commence à fatiguer et je sens que ma voix se casse, mes poumons s’assèchent plus vite, je sens que mon cœur perd de sa superbe et qu’il rage de sa folie morte. Il me faudra plus de temps désormais pour me remettre de mes colères. Mais plus que toutes les mélancolies accumulées depuis des siècles ce soir il me vient un espoir nouveau porté par un vent frais. Je sais maintenant que si mon cœur bat moins vite ou s’il lui faut davantage de temps pour reprendre ses palpitations, je sais qu’il y en a un autre pour prendre le relais et pour s’enflammer si le temps est aux braseros. Je sais qu’il y a un autre cœur pour battre et un autre corps pour s’élancer bien mieux que je ne pourrai le faire dans le tumulte de la mêlée. »

    Et une jeune fille a pris la parole pour dire,
    pour dire un poème – voilà nous y revenons, voilà nous y revoilà,
    enfin un poème
    un poème pour nous sauver
    un poème pour nous porter
    un poème pour s’envoler
    révolution! ô révolution : trois petits tours et puis s’en vont
    tous les rêves du monde dans notre embarcation
    Babel et les frères réunis du le pont
    à franchir des océans
    à viser l’horizon
    à se concentrer sur le soleil
    à fixer la crête des vagues et se dire en chœur :
    « il sourit à ce calme enchanteur ; et son âme, enfin plus tranquille, s’ouvre au charme de l’espérance. Il ordonne qu’à l’instant tous les mâts soient dressés, qu’à l’instant la vergue aux longs bras déploie de tous côtés ses voiles. Soudain les cordages sifflent, tendus de toutes parts ; de toutes parts la toile aux plis mouvants s’enfle au gré des zéphyrs : l’antenne gémissante tourne, descend, remonte, sous l’effort de cent câbles ; et la flotte, poussée par les vents prospères, vole sur l’humide empire. Du haut de la proue royale, il dirige l’armée flottante : c’est sur lui que l’escadre entière doit régler sa manœuvre. »

  8. Bonjour Mr Brighelli,
    j’ai une question quelque peu originale à vous formuler.
    Enseignant avec ma femme dans la région lilloise, nous avons le projet de changer de région.
    Vous semblez porter dans votre cœur votre ville de Marseille mais avez également un sentiment contrasté la concernant. Nous avons eu l’ occasion de visiter cette région et nous avons été conquis par la vie e, la culture et la beauté des paysages (je suis tombé en émoi devant le port des Goudes). Pour autant, nous n’avons pas idée de ce que peut y être la vie et essayons de nous détacher des caricatures persistantes sur l’ambiance ou l’accueil froid réservé aux venus d’ailleurs.
    Auriez vous la gentillesse de me donner un avis sur ce projet?
    Bien cordialement
    Antoine

    • Je vais tenter d’être objectif — il y a d’autres Marseillais ici, ils me corrigeront en cas.
      Disons que Marseille est une ville contrastée.
      Géographiquement, le site est superbe — surtout pour quelqu’un qui aime la mer, les grandes balades, la randonnée, le poisson, et vivre dehors.Des montagnes du Garlaban au site des Calanques en passant par la Côte bleue,c’est un enchantement. Prendre la navette du Frioul pour aller se baigner au-delà du Château d’If à six heures du soir après le boulot, rentrer à 10 heures par beau temps — un pied intégral.
      Les gens sont comme ailleurs — il y a ce qu’il faut de connards, pas plus qu’ailleurs, Et on se fait très facilement des ais — mais de façon superficielle : on vous tutoie vite, on s’embrasse de même,on ne s’invite pas aisément chez soi. Le côté méditerranéen est une façade.
      Cela dit, il faut bien réfléchir avant de s’y installer — analyser les lieux, le quartier, surtout si l’on a des enfants en âge scolaire. Choisir son quartier avec soin — c’est une ville de quartiers qui se juxtaposent et s’ignorent. L’apparente unanimité du stade vélodrome est une façade — même les associations de supporters reproduisent les clivages sociaux, et les « quarts de virage » ne fréquentent pas la tribune officielle.
      C’est par ailleurs une ville dangereuse — les médias s’en font suffisamment l’écho. Voir http://www.lepoint.fr/invites-du-point/jean-paul-brighelli/brighelli-marseille-ou-la-fabrique-du-monstre-21-02-2016-2020028_1886.php
      Y compris dans le centre-ville — c’est la seule ville de France dont le centre n’a pas été réhabilité.
      C’est une ville extrêmement sale, en moyenne — sauf ans les 7ème et 8ème arrondissements. Voir ma chronique sur « la ville dont le prince est un rat » (http://www.causeur.fr/la-ville-dont-le-prince-est-un-rat-25308.html).
      C’est enfin une dépendance territoriale de l’Algérie (les journaux algériens parlent sans rire de la « Wilaya de Marsilia » — comme s’il s’agissait d’une préfecture d’outre-mer). 350 000 musulmans officiels — plus les clandestins. Sur 850 000 habitants;
      C’est globalement une ville pauvre : plus de la moitié des habitants sont en dessous du seuil qui leur permettrait d’être assujettis à l’impôt — contre 15% à Lyon, par exemple. Quand on est enseignant, on sait que souvent bon nombre d’élèves vivent dans des circonstances misérables — mais bon, ça ne vous changera pas de la région lilloise.
      Et il faut supporter le grand vent…
      Aujourd’hui 30 novembre grand beau, 13 degrés. À vous de voir.

  9. Bonjour,

    Je m’aperçois que c’était ici et directement que je devais vous adresser ce petit mot, vous m’aviez bien dit l’autre soir que vous gériez personnellement les commentaires, cela est vrai.

    Je suis Christian, j’étais à vos côtés dans le fond de la Mutualité mercredi soir chez Dupont-Aignan. Hé bien, éducation et culture n’ont pas été abordées, vous avez eu raison de vous éclipser pour ne pas manquer la fin du journal tv ! (enfin je m’avance un peu !)

    La question de la fiscalité est revenue souvent sur la fin, un petit côté Etats-Généraux, me disais-je pour me consoler, moi que ces questions n’intéressent guère. (A côté de cela, l’idolâtrie dont fait l’objet NDA de la part des Gentils m’a toujours fasciné et intrigué..)

    Cordeliers, Jacobins, Feuillants, Incroyables et Merveilleuses (enfin non, aucune – mauvaise signe), je n’ai donc pas tranché. C’était gratuit, voilà… rien de censitaire… Mais disons que votre présence à la Mutualité m’a réactivé le cœur, ce vieux machin rouillé, endormi malgré les vivats des supporters de NDA, spongieux, boursouflé, atrocement gonflé à force d’être plongé dans le formol sentimental et démocratique de notre époque.

    Mais où donc étaient les chauffeurs de salle ?

    Western moribond, vous l’avez dit. Il faudrait prôner aujourd’hui le contraire de C. Desmoulins . Il ne faudrait plus dire : « Gare ! vous allez toucher au rocher de l’Exagération », mais : « Gare ! vous touchez au banc du modérantisme ! »

    Outre ces remerciements d’un grognard (malgré les apparences d’hier soir) déguisé disiez-vous en muscadin, quelques mots pour vous apprendre aussi que la métis à chapeau dont la présence masquée nous narguait (un peu), nous vieux spadassins à qui normalement on ne la fait pas ^^, a réussi, au moment où le fauve quittait l’arène, à le convaincre d’un magnifique « selfie » ! – c’est alors que son visage m’est apparu, à cette fille, brûlé par un soleil mystérieux, et nullement célèbre : ma jalousie comme un vieux molosse s’est recouchée, rassurée. Fausse alerte.

    Moi qui qui jadis rédigeait un blog du nom du Père Duchesne, voilà donc que ma soirée a été sauvée par la présence d’un Enragé aux silences éloquents, vous-même. Pour cela encore merci.

    Du fond de ma thébaïde, veuillez recevoir l’assurance de ma considération sincère.

    Christian Pinal

    Et si un jour, sur Paris cela vous chante de boire un bock, j’en serais heureux. Ou bien si vous-même êtes de passage chez moi, dans la cité de Balzac, à Saint Cosme!

    Et puisque le ridicule ne tue pas, (je vous passe le bla bla de mes romans – je n’ai toujours pas trouvé mon Max Brod – et entre autres, mes pages sur les monstruosités de l’école, mes dégoûtances sur les femmes, la société, etc ) je vous dédie avec votre permission une ballade qui me résume un peu je crois (et peut-être vous-même, – mais j’ai peut-être mauvais instinct). (Ah les nus glabres de l’art pompier… – je fais allusion à votre article – j’avais oublié la Vénus de Cabanel – un Flaubert a dû adoré, tant pis pour les grincheux ! je  » plussoie  » comme on dit, mes yeux vous disent merci, pour le reste je fais barrage! Bonne journée!)

    BALLADE A L’INTERIEUR D’UN HOMME

    Pour parler de l’Homme, ce chien céleste,
    Je prendrais bien mon cœur à raz de bile,
    Lui reniflant tout ce qui sent la peste,
    Voyeur, jaloux, hautain, veule, débile.
    Dedans ne sont que sentiments labiles,
    Doute moisi, gluant, amour qui dort,
    - En ses côtes et cage de Pandore
    Deux grands sbires : la Colère et la Haine.
    Et pourtant, là : un éclat ! Un peu d’or !…
    C’est en nous que vit l’homme de Diogène.

    Que ne faut-il pour te dompter, agreste
    Organe, influençable et malhabile :
    Pagne déchiré en façon d’asbeste ?
    Un long bâton ? Et mieux qu’une sébile,
    La main ? Nu comme un ver, las, immobile
    Comme un vieux chien, te faut-il donc dehors
    La jarre monacale pour décor,
    L’humble solitude pour oxygène ?
    Cœur engraissé, âme qui se dédore :
    C’est en nous que vit l’homme de Diogène.

    Homme, pour briser en ton cœur le ceste
    Doit-on t’ôter des foules amabiles ?
    Et pour chasser l’Ennui et tout le reste,
    Peur, Dégoût, Mort, demoiselles nubiles,
    Te visser dans la terre indélébile
    Comme au sol la lance du picador ?
    Te condamner comme un conquistador
    Loin de sa ville, et te faire indigène ?
    Il est vrai : mère Nature redore.
    C’est en nous que vit l’homme de Diogène.

    Mais, si la civilisation funeste
    A ton encontre se moque et jubile,
    De ses tentations stériles te leste,
    Te ligote d’artifices habiles,
    Ne vaut-il mieux pour toi, fier atrabile
    Pour compagnon buste muet, labrador ?
    Pour or les écailles du poisson d’or,
    Et pour femmes la Pensée et la Gène ?
    Sans passion, plus d’amour, autre trésor !
    C’est en nous que vit l’homme de Diogène.

    Rien qu’en nos cœurs voyager nous moleste,
    Or c’est tourment que les gens volubiles ;
    La ville crie, et les destins empestent
    Le désir d’imposer leur moi mobile !
    Suis-je cela ? Mon œil luit de voir l’Île
    Comme un tambour dans un corps de mandore !
    Loin de moi le Christ pantocrator
    Cloué aux croix des sociétés humaines.
    « Epargne mon Soleil, Imperator !… »
    C’est en nous que vit l’homme de Diogène.

    Je cherche le bon, le bien, le beau. Preste,
    Il me faut dans mes entrailles de bile
    Glisser jusqu’à déraciner un zeste
    De pain, brillant sous la lanterne agile.
    Seigneur ! Comme paraît la nuit docile !
    D’être frugal, la Vanité se tord,
    Mais la Liberté se nourrit encor
    En puisant dans la si creuse bedaine.
    C’est en nous que l’Espoir peut prendre corps ;
    C’est en nous que vit l’homme de Diogène.

    Hommes, vivez, jouissez, prenez le mords !
    Ma moisson d’Idéal court dans mes gênes ;
    Aussi hospitalier que la baleine,
    Je préfère pour ami Antisthène
    Dans les boyaux duquel quelqu’un m’adore !
    C’est en moi que la paix prend son essor ;
    C’est en nous que vit l’homme de Diogène.

  10. Bonjour,
    Je découvre votre blog et vos articles suite à une recherche d’avis sur le CNED dans google. Mon fils est inscrit pour la première fois au CNED en complément de cours car nous sommes à l’étranger pour 2 ans. Il est en quatrième et doit suivre les cours de maths, français et histoire-géo. Ayant commencé il y 2 semaines à travailler les cours de maths, je suis choquée et surtout très très en colère car dés les premiers exercices nous nous sommes rendu compte que les corrigés comportent des erreurs.
    Nous y avons appris entre autre que 2050 m = 2,5 km, que µ s’écrit 0.000 000 001 quand nano s’écrit 0,000 001 et 1,001 = 1/1000…
    Toutes ces fautes sont dans la seule séance 2 de la séquence 1.
    L’exercice 6 de cette séance comporte 3 erreurs de réponses sur seulement 5 questions !
    Bref, considérant que ces cours sont destinés à des élèves qui travaillent seuls, je trouve cela particulièrement inadmissible. Nous sommes obligés de vérifier tous les corrigés fournis par le CNED.
    De plus ces fautes semblent d’un niveau tellement bas que j’en viens à me demander qui a rédigé ces exercices et leurs corrections.
    N’hésitez pas à me contacter, si d’autres exemples des mathématiques revus et corrigés par le CNED vous intéressent.
    Nous n’avons pas encore abordé l’histoire-géo et le français, mais je me demande déjà si ces cours seront bien utiles. Pour information, il m’en a coûté 499€ pour ces 3 matières, en version numérique uniquement. Des livres auraient été sans doute plus utiles, moins onéreux et surtout moins frustrant pour mon fils.

    Cordialement

    • Bonjour…
      En général, ce que fait le CNED est assez bien fait — du moins au niveau supérieur (j’ai l’exemple récent d’un cours d’agrégation d’un très bon niveau).
      En revanche, au niveau du collège, je n’ai que des retours épars, et assez dissemblables.
      Bien sûr que votre témoignage m’intéresse. Donnez-moi tous les détails — ce peut être le fait d’un seul correcteur, et c’est déjà assez grave, mais si c’était une tendance profonde, ça vaudrait le coup d’alerter l’opinion et les autorités à ce sujet.
      Dans un premier temps, écrivez donc à la direction — ils recrutent sur diplômes, mais que valent les diplômes aujourd’hui, surtout en maths…
      Cordialement.
      JP Brighelli

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