Le Chirac Tour continue!

Le Chirac Tour continue!


À Jérusalem, agacé par les agents de sécurité israéliens, Macron nous a fait une Chirac! Et si le Chirac Tour ne faisait que commencer?


Notre président a fait des siennes à Jérusalem. Hier, la vidéo de son altercation avec la police israélienne a connu le bruit médiatique qu’il espérait sans doute. L’acteur Emmanuel Macron, celui qui est né au lycée de la Providence à Amiens, au contact d’un professeur auquel il demeure très attaché, a réalisé une imitation de Jacques Chirac que nous qualifierons de belle facture. Sa pratique de la langue de Shakespeare, d’habitude si élégante, s’est muée en un anglais qui rappelait en effet celui de son lointain prédécesseur, mais aussi celui, encore plus drôle, de Jacques Delors. Certains ont moqué le manque de spontanéité. Telle n’est pas notre intention. Nous ne participerons pas ce concert de lèse-majesté.

Au contraire, nous souhaitons même encourager cette louable intention et lui prodiguer des conseils, en l’occurrence un agenda précis et les paroles à prononcer afin de réaliser le Chirac Tour que toute la France attend.

Jeudi 23 janvier – Aller au concert de Madonna. Prévoir que cette dernière lui jette sa culotte.

Vendredi 24 janvier – Orléans – « Hier je me promenais avec Édouard Philippe à La Goutte d’or. Imaginez ce travailleur français qui vit à la Goutte d’or. Et qui a sur son palier une famille avec le père avec trois ou quatre femmes et une quinzaine de gosses, qui touche 20000 euros d’allocs sans naturellement travailler. Si on rajoute le bruit et l’odeur, le travailleur français, il devient fou. Il devient fou ! »

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Mercredi 29 janvier – Parlement européen – « Tout nous conduit à penser que, derrière le masque des mots et le jargon des technocrates, on prépare l’inféodation de la France, on consent à l’idée de son abaissement. […] Comme toujours quand il s’agit de l’abaissement de la France, le parti de l’étranger est à l’œuvre avec sa voix paisible et rassurante. Français, ne l’écoutez pas. C’est l’engourdissement qui précède la paix de la mort ».

Jeudi 6 février – Élysée, discours aux forces vives – « Et je voudrais saluer Stanislas Guerini, qui est probablement le meilleur d’entre nous ».

Mardi 11 février – Tarmac de l’aéroport du Bourget, au pied de l’avion présidentiel – Prière adressée à genoux à l’adresse de Sainte Greta Thunberg – « Notre maison brûle. Et, nous regardons ailleurs ».

Samedi 22 février – Discours d’inauguration du salon de l’agriculture –  « J’aime les pommes. Chez moi en Picardie, on a des pommes avec lesquelles on fait un petit cidre sans prétention, mais que j’aime bien ».

Dimanche 8 mars – Discours prononcé à l’occasion de la Journée internationale du droit des femmes – « Pour moi la femme idéale c’est la femme picarde, celle de l’ancien temps, dure à la peine, qui sert les hommes à table, ne s’assied jamais avec eux et ne parle pas ».

Mardi 21 avril – Message télévisé aux Français – Élysée – « Après consultation du premier ministre et des présidents des deux assemblées, j’ai décidé de dissoudre l’Assemblée nationale ».

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Fin de la plaisanterie.

Dans les années soixante-dix, Pierre Tchernia réalisait un film inoubliable, écrit par Jean Poiret, La gueule de l’autre. Martial Perrin, joué par Michel Serrault, et qui avait des mimiques qui rappelaient celles de Jacques Chirac, craignait la vengeance d’un tueur et se faisait remplacer par son cousin Gilbert Brossard, joué par le même Serrault, comédien raté qui jouait dans des publicités pour déodorant. A la fin du film, il était opposé à un personnage joué par Roger Carel dans un débat et prononçait ces mots : « Vous trouvez que je ne suis pas un bon comédien ? ».

À Jérusalem, il y avait davantage de Gilbert